Budget du Québec - À quoi bon ?
Quelle riche matière à indignation dans le budget présenté mardi à Québec! Outre ce cortège de tickets modérateurs, tarifs et hausses de tout acabit, des annonces sont passées à la trappe, notamment en éducation. Elles n'en sont pas moins rebutantes.
À côté du pire, le moins pire devient presque invitant. Juxtaposez donc une hausse des droits de scolarité à une nouvelle franchise en santé, et ce qui jadis aurait provoqué la colère des foules reste un écho lointain. Les étudiants passeront à la caisse; personne ne s'en émeut.
Et pour les modalités — qui paiera quoi, comment et quand —, roulements de tambour... le réseau entier est convié à un grand banquet, à l'automne. Au menu: hausse des droits de scolarité, la démocratie scolaire et les besoins futurs en main-d'oeuvre. Air connu. Le réseau de
l'éducation, déjà adepte de la réunion où tout se discute, s'analyse et s'argumente, n'a que faire d'un autre symposium qui prétend refaire le monde. Ils s'achèvent toujours en festival des espoirs déçus.
Il ne faut pas creuser loin derrière pour retrouver de ces forums, commissions parlementaires, débats et appels à la réflexion censés dénouer quelques importantes crises en éducation. Combien de fois a-t-on convié l'ensemble des acteurs du réseau à préparer des mémoires, à défiler en audiences? Chaque fois, tout le monde est rentré bredouille.
- Février 2004, le ministre Pierre Reid ouvre une commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités. Y trônent le sous-financement des établissements et le spectre d'un dégel des droits. Cela soulève les passions. Mais le remue-méninges est vain. Sur l'essentiel, pas de consensus.
- Juin 2004, voilà le Forum sur l'avenir de l'enseignement collégial. On s'y entredéchire à propos de la pertinence des cégeps. Ceux-ci arrachent la promesse d'une survie, mais l'imposante reconfiguration promise n'aura jamais lieu.
- 2005. Autour de Michel Gervais, tous les acteurs de l'éducation sont regroupés avec comme mission de revoir l'accès à l'éducation et le financement. Quelques discussions sont houleuses. La démographie et l'état des finances publiques forcent un nouveau contrat, mais personne ne s'entend sur la manière de le rédiger.
- 2007. Québec renvoie donc à quatre experts le soin de proposer des scénarios financiers. Leurs propositions, sur le gel des droits, le financement public des écoles privées et la taxation scolaire, sont condensées dans le rapport Boudreau, qui s'empoussière.
- Février 2008, une autre grand-messe sur la démocratie et la gouvernance scolaires fait grand bruit. On y remet en question l'existence même des commissions scolaires. En bout de piste, rien ne bouge. Le débat sur la démocratie scolaire vient donc tout juste de prendre fin, sans qu'il ait entraîné de révolution. Pourquoi le reprendre?
Tous ces appels publics à la discussion sont signes d'une démocratie en santé, où chacun s'exprime. Soit. Mais que donnent-ils réellement, à part l'impression de brasser un grand vide? Les coûts de ces forums inutiles sont élevés et grèvent des finances qu'on dit fragiles. Ils entraînent des dépenses d'énergie importantes, encouragent la querelle et la division. Ce énième appel au brassage d'idées et au grand changement importune plus qu'il n'enthousiasme. À la vérité, on n'y croit plus tellement.
À côté du pire, le moins pire devient presque invitant. Juxtaposez donc une hausse des droits de scolarité à une nouvelle franchise en santé, et ce qui jadis aurait provoqué la colère des foules reste un écho lointain. Les étudiants passeront à la caisse; personne ne s'en émeut.
Et pour les modalités — qui paiera quoi, comment et quand —, roulements de tambour... le réseau entier est convié à un grand banquet, à l'automne. Au menu: hausse des droits de scolarité, la démocratie scolaire et les besoins futurs en main-d'oeuvre. Air connu. Le réseau de
l'éducation, déjà adepte de la réunion où tout se discute, s'analyse et s'argumente, n'a que faire d'un autre symposium qui prétend refaire le monde. Ils s'achèvent toujours en festival des espoirs déçus.
Il ne faut pas creuser loin derrière pour retrouver de ces forums, commissions parlementaires, débats et appels à la réflexion censés dénouer quelques importantes crises en éducation. Combien de fois a-t-on convié l'ensemble des acteurs du réseau à préparer des mémoires, à défiler en audiences? Chaque fois, tout le monde est rentré bredouille.
- Février 2004, le ministre Pierre Reid ouvre une commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités. Y trônent le sous-financement des établissements et le spectre d'un dégel des droits. Cela soulève les passions. Mais le remue-méninges est vain. Sur l'essentiel, pas de consensus.
- Juin 2004, voilà le Forum sur l'avenir de l'enseignement collégial. On s'y entredéchire à propos de la pertinence des cégeps. Ceux-ci arrachent la promesse d'une survie, mais l'imposante reconfiguration promise n'aura jamais lieu.
- 2005. Autour de Michel Gervais, tous les acteurs de l'éducation sont regroupés avec comme mission de revoir l'accès à l'éducation et le financement. Quelques discussions sont houleuses. La démographie et l'état des finances publiques forcent un nouveau contrat, mais personne ne s'entend sur la manière de le rédiger.
- 2007. Québec renvoie donc à quatre experts le soin de proposer des scénarios financiers. Leurs propositions, sur le gel des droits, le financement public des écoles privées et la taxation scolaire, sont condensées dans le rapport Boudreau, qui s'empoussière.
- Février 2008, une autre grand-messe sur la démocratie et la gouvernance scolaires fait grand bruit. On y remet en question l'existence même des commissions scolaires. En bout de piste, rien ne bouge. Le débat sur la démocratie scolaire vient donc tout juste de prendre fin, sans qu'il ait entraîné de révolution. Pourquoi le reprendre?
Tous ces appels publics à la discussion sont signes d'une démocratie en santé, où chacun s'exprime. Soit. Mais que donnent-ils réellement, à part l'impression de brasser un grand vide? Les coûts de ces forums inutiles sont élevés et grèvent des finances qu'on dit fragiles. Ils entraînent des dépenses d'énergie importantes, encouragent la querelle et la division. Ce énième appel au brassage d'idées et au grand changement importune plus qu'il n'enthousiasme. À la vérité, on n'y croit plus tellement.
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