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    Sentiments partagés envers un important virage

    Le budget marqué par les «lucides» met de l'avant «l'utilisateur-payeur»

    1 avril 2010 |Kathleen Lévesque | Québec
    Le budget du gouvernement Charest déposé mardi constitue un virage important qui porte la marque des «lucides», une influence néo-libérale qui enthousiasme les uns et inquiète les autres.

    Que l'on soit lucide ou solidaire, plus à droite ou à gauche, tous s'entendent pour dire que le budget présenté par le ministre des Finances, Raymond Bachand, modifie en profondeur les façons du gouvernement dans le financement de ses activités. «C'est un virage très important au sens où l'État du Québec abandonne ses responsabilités collectives. On fait passer le principe de l'utilisateur-payeur à l'avant-plan», critique Bernard Élie, professeur de sciences économiques à l'UQAM.

    Ce dernier rappelle que depuis 2007, le gouvernement a réduit l'impôt sur le revenu de quelque 5 milliards de dollars. Avec le budget 2010-11, on assiste à une hausse équivalente des taxes à la consommation et l'introduction de tarifs. Ce que l'on a donné d'une main, on le reprend de l'autre, explique le professeur Élie.

    Son collègue Claude Montmarquette, de l'Université de Montréal, se réjouit de son côté que le gouvernement prenne à bras-le-corps les problèmes de finances publiques. «C'est la reconnaissance qu'il y a un problème alors qu'on négligeait de le nommer jusque-là. Enfin, on s'y attaque avec des solutions», commente M. Montmarquette.

    Ce dernier a signé un rapport le printemps dernier sur la tarification des services publics qui recommandait notamment de s'attaquer à différents mythes ou vaches sacrées comme les droits de scolarité ou la hausse des tarifs d'électricité. Pour M. Montmarquette, le gouvernement fait des choix à travers ce budget qu'il qualifie de «courageux». «Pour passer un budget comme celui-là qui choisit de financer le rôle de l'État autrement, il faut qu'il y ait un consensus très fort au sein du gouvernement. [...] Je suis heureux que l'on sache où l'on s'en va», note-t-il.

    Bernard Élie donne une autre interprétation de la situation qui augmentera, selon lui, les inégalités de richesse. «On remet en question les principes de solidarité qui ont guidé nos gouvernements. En plus, en coupant dans les dépenses, on coupe dans les services. C'est la mise en place d'une vision néo-libérale», croit-il.

    Avec le premier budget Bachand, on assistera à une hausse marquée de la taxe sur l'essence, des tarifs d'électricité et l'imposition d'une taxe en santé en plus d'une franchise pour l'utilisation des soins. Dans le seul secteur de la santé, Bernard Élie estime que les changements annoncés ouvreront la porte à une forme de privatisation du réseau de la santé. Pour Claude Montmarquette, il s'agit surtout d'être plus efficace. «Les gens ne sont pas tous égaux en fortune, en santé et en intelligence», a-t-il souligné.

    Les deux hommes sont d'accord pour dire que ce budget provoquera de nombreux débats au cours des prochains mois.












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