Un coup de jeunesse pour la social-démocratie au PQ
La décision de la conférence nationale des présidents du Parti québécois de ne pas reconduire le mandat du club politique SPQ Libre au dernier colloque du PQ, à Lévis, a fait couler beaucoup d'encre en quelques jours. De nombreux commentateurs de la vie politique y ont vu une concrétisation du «virage à droite» prétendument effectué par le parti. Si l'on peut déplorer l'ampleur qu'a prise cette situation, elle n'en pose pas moins des questions importantes quant à la place des valeurs de la nouvelle social-démocratie au sein du Parti québécois.
Le PQ est une coalition de militants de différentes tendances dont l'objectif premier est la réalisation de l'indépendance nationale du Québec. Historiquement, cependant, ce parti a été le véhicule des grandes avancées sociales des quarante dernières années: loi antiscab, loi sur l'assurance automobile, loi sur les normes du travail, zonage agricole, mise en place du réseau des centres de la petite enfance, congés parentaux, etc. Autant de mesures avant-gardistes qui ont placé le Parti québécois à la gauche de l'échiquier politique, et ce, dès sa fondation.
En considérant les événements des derniers jours, force est d'admettre qu'il y a manifestement un problème de perception lié à cette aile gauche de notre formation. Le progressisme au PQ ne se mesure pas seulement à travers l'existence — ou non — du SPQ Libre. Ce progressisme existait avant la naissance du SPQ Libre en 2005 et doit continuer d'exister après le prochain congrès national de 2011.
À la majorité
Si la question du club politique a liquidé dans l'esprit de plusieurs personnes l'aile progressiste du Parti québécois, c'est qu'il y a un champ à gauche au sein de ce parti qui n'était, visiblement, que l'apanage médiatique de quelques ténors syndicalistes et que doit maintenant se réapproprier une majorité de nos militants et de nos députés. Si cette perception s'est installée, elle est sûrement due au fait que la gauche a échoué à jouer son rôle au sein de notre formation en laissant le soin à d'autres de s'exprimer, souvent bruyamment.
Il y a présentement un rajeunissement de la vision sociale-démocrate qui s'opère au sein du PQ. Une social-démocratie rajeunie, c'est un discours qui ne s'articule plus uniquement et exclusivement autour du discours syndical. Le Parti québécois doit résolument faire siennes les revendications des groupes communautaires et sociaux qui portent bien souvent à bout de bras, dans nos villes et nos régions, les services donnés aux plus vulnérables de notre société. C'est sur ce terrain que se bâtit désormais notre solidarité nationale. Si être progressiste, c'est placer l'humain et notre collectivité au coeur de notre projet social, ces groupes qui forment le tissu de nos communautés doivent devenir des partenaires majeurs.
Une social-démocratie rajeunie, c'est un État qui fait de l'indépendance énergétique du Québec et de la préservation de nos ressources naturelles la clé du développement durable de notre nation, bien loin du marchandage à outrance qui prévaut actuellement. Une social-démocratie rajeunie, c'est un gouvernement qui comprend que l'avenir du Québec passe, dans une planète mondialisée, par l'éducation de la jeunesse québécoise qui n'a pas à payer et à faire les frais de l'incompétence du gouvernement actuel et de la mauvaise gestion de certaines administrations universitaires. Une éducation qui doit aller de pair avec une accessibilité maintenue et étendue. Enfin, une social-démocratie renouvelée, c'est s'assurer que le modèle québécois survive à la génération qui l'a mis en place et qui en a largement bénéficié.
Aller de l'avant
Bref, si nous devons réactualiser le discours progressiste du Parti québécois, cela ne peut se faire sans la participation active des jeunes militants qui forment la relève et de tous les membres et députés. À l'heure où la spéculation et le laisser-faire ont plongé nos économies dans l'une des pires récessions depuis la Grande Crise, nous devons réaffirmer que l'État est et doit être le fer de lance de notre développement, la clé de voûte de notre cohésion sociale. Renier cette idée, c'est renier ce qui fait le Parti québécois depuis sa fondation.
Le Parti québécois n'est pas et ne doit pas être un «PLQ-soft», un PLQ à la sauce nationaliste. Si tel devait être le cas, il perdrait vite son essence en plus de démobiliser une base militante active. Ce message est aussi celui qu'ont exprimé les militants lors des ateliers du dernier colloque. Le Parti québécois doit demeurer le principal véhicule de la social-démocratie québécoise et c'est à nous de faire en sorte qu'il le reste pour longtemps.
*****
Collectif de militants de l'aile jeunesse du Parti québécois
*
Ont signé ce texte: Alexandre Banville, Andrée-Anne Bouvette-Turcot, Pierre-Luc Brisson, Simon-Robert Chartrand, Isabelle Fontaine, Émile Grenier-Robillard, Nicolas Hamel-Côté, Martine Leblanc-Constant, Gabrielle Lemieux, Alexandre Mailloux, Frédéric Roiné, Vincent Roy, Frédéric St-Jean et Alexandre Thériault-Marois.
Le PQ est une coalition de militants de différentes tendances dont l'objectif premier est la réalisation de l'indépendance nationale du Québec. Historiquement, cependant, ce parti a été le véhicule des grandes avancées sociales des quarante dernières années: loi antiscab, loi sur l'assurance automobile, loi sur les normes du travail, zonage agricole, mise en place du réseau des centres de la petite enfance, congés parentaux, etc. Autant de mesures avant-gardistes qui ont placé le Parti québécois à la gauche de l'échiquier politique, et ce, dès sa fondation.
En considérant les événements des derniers jours, force est d'admettre qu'il y a manifestement un problème de perception lié à cette aile gauche de notre formation. Le progressisme au PQ ne se mesure pas seulement à travers l'existence — ou non — du SPQ Libre. Ce progressisme existait avant la naissance du SPQ Libre en 2005 et doit continuer d'exister après le prochain congrès national de 2011.
À la majorité
Si la question du club politique a liquidé dans l'esprit de plusieurs personnes l'aile progressiste du Parti québécois, c'est qu'il y a un champ à gauche au sein de ce parti qui n'était, visiblement, que l'apanage médiatique de quelques ténors syndicalistes et que doit maintenant se réapproprier une majorité de nos militants et de nos députés. Si cette perception s'est installée, elle est sûrement due au fait que la gauche a échoué à jouer son rôle au sein de notre formation en laissant le soin à d'autres de s'exprimer, souvent bruyamment.
Il y a présentement un rajeunissement de la vision sociale-démocrate qui s'opère au sein du PQ. Une social-démocratie rajeunie, c'est un discours qui ne s'articule plus uniquement et exclusivement autour du discours syndical. Le Parti québécois doit résolument faire siennes les revendications des groupes communautaires et sociaux qui portent bien souvent à bout de bras, dans nos villes et nos régions, les services donnés aux plus vulnérables de notre société. C'est sur ce terrain que se bâtit désormais notre solidarité nationale. Si être progressiste, c'est placer l'humain et notre collectivité au coeur de notre projet social, ces groupes qui forment le tissu de nos communautés doivent devenir des partenaires majeurs.
Une social-démocratie rajeunie, c'est un État qui fait de l'indépendance énergétique du Québec et de la préservation de nos ressources naturelles la clé du développement durable de notre nation, bien loin du marchandage à outrance qui prévaut actuellement. Une social-démocratie rajeunie, c'est un gouvernement qui comprend que l'avenir du Québec passe, dans une planète mondialisée, par l'éducation de la jeunesse québécoise qui n'a pas à payer et à faire les frais de l'incompétence du gouvernement actuel et de la mauvaise gestion de certaines administrations universitaires. Une éducation qui doit aller de pair avec une accessibilité maintenue et étendue. Enfin, une social-démocratie renouvelée, c'est s'assurer que le modèle québécois survive à la génération qui l'a mis en place et qui en a largement bénéficié.
Aller de l'avant
Bref, si nous devons réactualiser le discours progressiste du Parti québécois, cela ne peut se faire sans la participation active des jeunes militants qui forment la relève et de tous les membres et députés. À l'heure où la spéculation et le laisser-faire ont plongé nos économies dans l'une des pires récessions depuis la Grande Crise, nous devons réaffirmer que l'État est et doit être le fer de lance de notre développement, la clé de voûte de notre cohésion sociale. Renier cette idée, c'est renier ce qui fait le Parti québécois depuis sa fondation.
Le Parti québécois n'est pas et ne doit pas être un «PLQ-soft», un PLQ à la sauce nationaliste. Si tel devait être le cas, il perdrait vite son essence en plus de démobiliser une base militante active. Ce message est aussi celui qu'ont exprimé les militants lors des ateliers du dernier colloque. Le Parti québécois doit demeurer le principal véhicule de la social-démocratie québécoise et c'est à nous de faire en sorte qu'il le reste pour longtemps.
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Collectif de militants de l'aile jeunesse du Parti québécois
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Ont signé ce texte: Alexandre Banville, Andrée-Anne Bouvette-Turcot, Pierre-Luc Brisson, Simon-Robert Chartrand, Isabelle Fontaine, Émile Grenier-Robillard, Nicolas Hamel-Côté, Martine Leblanc-Constant, Gabrielle Lemieux, Alexandre Mailloux, Frédéric Roiné, Vincent Roy, Frédéric St-Jean et Alexandre Thériault-Marois.
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