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Un coup de jeunesse pour la social-démocratie au PQ

Collectif de militants de l'aile jeunesse du Parti québécois  24 mars 2010  Québec
La décision de la conférence nationale des présidents du Parti québécois de ne pas reconduire le mandat du club politique SPQ Libre au dernier colloque du PQ, à Lévis, a fait couler beaucoup d'encre en quelques jours. De nombreux commentateurs de la vie politique y ont vu une concrétisation du «virage à droite» prétendument effectué par le parti. Si l'on peut déplorer l'ampleur qu'a prise cette situation, elle n'en pose pas moins des questions importantes quant à la place des valeurs de la nouvelle social-démocratie au sein du Parti québécois.

Le PQ est une coalition de militants de différentes tendances dont l'objectif premier est la réalisation de l'indépendance nationale du Québec. Historiquement, cependant, ce parti a été le véhicule des grandes avancées sociales des quarante dernières années: loi antiscab, loi sur l'assurance automobile, loi sur les normes du travail, zonage agricole, mise en place du réseau des centres de la petite enfance, congés parentaux, etc. Autant de mesures avant-gardistes qui ont placé le Parti québécois à la gauche de l'échiquier politique, et ce, dès sa fondation.

En considérant les événements des derniers jours, force est d'admettre qu'il y a manifestement un problème de perception lié à cette aile gauche de notre formation. Le progressisme au PQ ne se mesure pas seulement à travers l'existence — ou non — du SPQ Libre. Ce progressisme existait avant la naissance du SPQ Libre en 2005 et doit continuer d'exister après le prochain congrès national de 2011.


À la majorité


Si la question du club politique a liquidé dans l'esprit de plusieurs personnes l'aile progressiste du Parti québécois, c'est qu'il y a un champ à gauche au sein de ce parti qui n'était, visiblement, que l'apanage médiatique de quelques ténors syndicalistes et que doit maintenant se réapproprier une majorité de nos militants et de nos députés. Si cette perception s'est installée, elle est sûrement due au fait que la gauche a échoué à jouer son rôle au sein de notre formation en laissant le soin à d'autres de s'exprimer, souvent bruyamment.

Il y a présentement un rajeunissement de la vision sociale-démocrate qui s'opère au sein du PQ. Une social-démocratie rajeunie, c'est un discours qui ne s'articule plus uniquement et exclusivement autour du discours syndical. Le Parti québécois doit résolument faire siennes les revendications des groupes communautaires et sociaux qui portent bien souvent à bout de bras, dans nos villes et nos régions, les services donnés aux plus vulnérables de notre société. C'est sur ce terrain que se bâtit désormais notre solidarité nationale. Si être progressiste, c'est placer l'humain et notre collectivité au coeur de notre projet social, ces groupes qui forment le tissu de nos communautés doivent devenir des partenaires majeurs.

Une social-démocratie rajeunie, c'est un État qui fait de l'indépendance énergétique du Québec et de la préservation de nos ressources naturelles la clé du développement durable de notre nation, bien loin du marchandage à outrance qui prévaut actuellement. Une social-démocratie rajeunie, c'est un gouvernement qui comprend que l'avenir du Québec passe, dans une planète mondialisée, par l'éducation de la jeunesse québécoise qui n'a pas à payer et à faire les frais de l'incompétence du gouvernement actuel et de la mauvaise gestion de certaines administrations universitaires. Une éducation qui doit aller de pair avec une accessibilité maintenue et étendue. Enfin, une social-démocratie renouvelée, c'est s'assurer que le modèle québécois survive à la génération qui l'a mis en place et qui en a largement bénéficié.


Aller de l'avant

Bref, si nous devons réactualiser le discours progressiste du Parti québécois, cela ne peut se faire sans la participation active des jeunes militants qui forment la relève et de tous les membres et députés. À l'heure où la spéculation et le laisser-faire ont plongé nos économies dans l'une des pires récessions depuis la Grande Crise, nous devons réaffirmer que l'État est et doit être le fer de lance de notre développement, la clé de voûte de notre cohésion sociale. Renier cette idée, c'est renier ce qui fait le Parti québécois depuis sa fondation.

Le Parti québécois n'est pas et ne doit pas être un «PLQ-soft», un PLQ à la sauce nationaliste. Si tel devait être le cas, il perdrait vite son essence en plus de démobiliser une base militante active. Ce message est aussi celui qu'ont exprimé les militants lors des ateliers du dernier colloque. Le Parti québécois doit demeurer le principal véhicule de la social-démocratie québécoise et c'est à nous de faire en sorte qu'il le reste pour longtemps.

*****

Collectif de militants de l'aile jeunesse du Parti québécois

*

Ont signé ce texte: Alexandre Banville, Andrée-Anne Bouvette-Turcot, Pierre-Luc Brisson, Simon-Robert Chartrand, Isabelle Fontaine, Émile Grenier-Robillard, Nicolas Hamel-Côté, Martine Leblanc-Constant, Gabrielle Lemieux, Alexandre Mailloux, Frédéric Roiné, Vincent Roy, Frédéric St-Jean et Alexandre Thériault-Marois.
 
 
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  • Yves Côté
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 07h25
    Croire ou ne pas croire
    Les propos de ces jeunes me réjouissent, moi qui n'est plus tout à fait de cette tranche d'âge...
    La question qui reste toutefois soulevée est celle de la confiance en l'outil, le Parti Québécois. Se renouvellera, se renouvellera pas, à court terme, le coeur du problème de ce regroupement d'invidualités est selon moi ainsi posé. Et celui-ci importe d'autant plus qu'un autre parti indépendantiste, Québec Solidaire, se fait maintenant valoir à gauche.
    La première difficulté qui se présente, mais pas la seule, à ce rajeunissement, est et sera la certitude de certains qu'ils ne sont pas seulement les initiateurs historiques de ce parti mais aussi, qu'ils en sont plus que d'autres les héritiers. Donc, qu'ils sont ceux-là qui, légitimement, sont en position de commander aux autres.
    Comme s'il y avait deux genres distincts de militants indépendantistes...
    Pourtant, que le Québec n'appartienne à personne d'autre qu'à son peuple tout entier n'est-il pas une des prémisses historiques du Parti Québécois ? Prémisse républicaine et démocratique précédant tout autre ?
    A mon avis, que les jeunes puissent toujours avoir la parole, individuellement ou en groupe tel ce l'est pour cette lettre, que cela soit essentiel j'en conviens, mais que cela soit suffisant j'en doute. Pour le bien de tous, ce qu'il faut, c'est qu'ils prennent le contrôle de ce parti. Parce que ce qu'il faut, c'est que celui-ci redevienne ce parti d'avant-garde et de fougue qu'il fut lorsque ses dirigeants actuels lui donnaient son âge.
    L'indépendance du Québec n'a jamais été voulue pour les vieux, tels celui que je suis (presque) devenu moi-même aujourd'hui à 53 ans. Elle a toujours été voulue pour les jeunes. Ceux de demain qui viendront bientôt, ceux d'aujourd'hui qui en toute justice poussent les anciens de leur vitalité, et ceux d'hier qui s'y sont investis de toutes leurs énergies; il ne faut pas le nier.
    Tel il ne faut pas nier non plus qu'un outil puisse devenir un jour inadapté au changement désiré, lorsque celui-ci tarde trop à se renouveler lui-même en profondeur...
    A bon entendeur, salut.

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 07h46
    Le modèle Québécois
    Comme l'écrivait l'autre jour l'éditorialiste. Quel est ce modèle Québécois que personne ne cherche à imiter?

    On ne doit pas blâmer la jeunesse d'être idéaliste. Mais en devenant plus lucide, elle se rendra compte que si le PQ veut prendre le pouvoir et songer un jour à rassembler les conditions gagnantes, il doit rassembler les citoyens de toute allégeance, droit, gauche et centre. C'est pour cela que le SPQ libre l'ennuyait. Il ne peut pas être constamment tiré à gauche. Il doit être réaliste. Dire qu'il faut pour réussir, créer de la richesse, individuelle et collective. Il doit rappeler qu'avant de multiplier les mesures sociales, il faut se demander si l'État a les moyens de les appliquer durablement.

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 08h18
    Deux options idéologiques
    Ou l'on pense qu'il faut développer l'économie à tout prix et par tous les moyens, moraux ou non, pour pouvoir offrir des services sociaux de qualité à la population, ou on l'on pense le contraire, c'est-à-dire que le développement de l'économie doit être moralement contrôlé en vue d'assurer ces mêmes services. Le manifeste de militants de l'aile jeunesse du PQ a du souffle. Reste à ce parti de cesser d'élargir son électorat en faisant exactement le contraire de ce qu'il propose, ou à l'aile jeunesse d'aller déployer son énergie à l'intérieur de Québec solidaire, dont l'orientation idéologique est de loin moins nébuleuse.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Michel Mongeau
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 08h36
    Une contribution très rafraîchissante!
    Deux idées clefs animent le PQ depuis sa fondation: la souveraineté et sa vision sociale-démocrate. Il est clair qu'elles doivent être régulièrement rediscutées en fonction de tout ce qui change autour de nous et dans le monde. Cependant, quand le parti les sacrifie au profit de la politique politicienne, les partisans se questionnent sur le bien-fondé d'une prise de pouvoir anémique et contrainte de prioriser la gestion au quotidien. Moult militants ne se reconnaissent ni dans le ''réalisme'' de madame Marois, ni dans l'angélisme idéaliste de Québec-Solidaire. D'où l'importance que l'aile gauche du PQ s'active et s'affirme avec davantage de conviction. Cette prise de position de l'aile jeunesse me semble aller en ce sens.

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 08h42
    Des preuves
    Reste à le prouver par le discours et pas seulement une lettre.

  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 10h15
    Qu'est-ce que la social-démocratie?
    S'il fut un temps où le PQ posa des gestes socialement progressistes, le fait demeure qu'il fut aussi et surtout l'instrument des tenants de la droite qui l'amenèrent ébranler dramatiquement les services publics du Québec. Si le gouvernement Charest ne parvient pas à remettre sur rail le système public de santé et d'éducation, cela ne tient pas uniquement à sa propre turpitude. C'est par le fond que le système est miné par des années de coupures et de réductions des services dont le PQ a fait ses «choux gras». Pendant ce temps, les subventions à l'entreprise privée furent haussées à la hauteur de 6 milliards de dollars.

    Le problème avec la social-démocratie péquiste c'est, me semble-t-il, qu'elle ne fut pas en mesure de maintenir un juste équilibre entre un secteur privé, apte à produire les biens de consommation individuels, et un secteur public et parapublic dédié à assurer le bien-être commun. Prenant l'habitude de tourner toujours à droite, il n'a fait que tourner en rond... Ce n'est pas parce que le PQ se préoccuperait des groupes communautaires que cela serait suffisant pour le faire tourner vers la gauche et le faire avancer un peu.

    Bernard Dupuis, Berthierville

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 12h51
    Plus social-démocrate qu'indépendantiste ?
    Une liste des actions de gauche par le PQ au pouvoir, en ommettant ses actions de droite, n'est pas très convainquante à en faire un parti social-démocrate.

  • Galarneau2
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 19h04
    Ce n'est pas l'aile jeunesse
    C'est signé par un collectif de l'aile jeunesse. Ce n'est pas signé par le président ou la présidente de l'aile jeunesse mais par 14 membres. Nuance. Donc, il est fort possible que ce collectif ne soit pas représentatif des idées actuelles de l'aile jeunesse.
    Seront-ils entendus par la direction du PQ ? Laissez-moi en doutez !
    Qu'est-ce que c'est très précisément(j'ai dit précisément) une social-démocratie renouvellée à la façon PQ ?
    Le PQ n'est plus à gauche depuis 1994, donc depuis qu'il a repris le pouvoir après 9 ans dans l'opposition.
    Toutes les politiques néolibérales qu'on observe présentement avec le PLQ on les a connues aussi avec le PQ. Informez-vous.

  • Ernest Boudreau
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 20h31
    Bravo!
    Bravo, trois fois Bravo!
    D'un militant souverainiste de la première heure qui arrive à l'âge vénérable de 80.
    Vous incarnez les forces vives du Québec. Ne vous laissez pas enfermer dans la dichotomie droite-gauche, ni dans la sociale-démocratie vs (néo)libéralisme économique. Épousez la cause des pauvres, des déshérités de la terre, des plus vulnérables et vous verrez que les Québécois de toutes tendances vous appuyeront pour créer un pays où les gens s'entraident, où l'État devient le principal levier de justice social. C'est ainsi qu'on a pris le pouvoir en '76.
    Le discours sur l'enrichissement individuel ne fera que faire de nous qu'une copie conforme du parti libéral.Les indépendantistes de la droite n'achèteront pas ce virage non plus. Ne cessez pas de marteler que la sociale-démocratie ne rêve pas en couleurs.L'économie garde tous ses droits. Bien sûr qu'il faut créer de la richesse avant de la distribuer. Cependant l'État peut créer cette richesse aussi bien que l'entreprise privée comme le démontre le succès fulgurant du projet éminemment économique de la Baie James.
    Je vous laisse sur cet éditorial de Paul Krugman, prix nobel d'économie et journaliste émérite du New-York Times:Learning from Europe (11 janvier 2010):
    "L'Europe est souvent montrée comme un danger à éviter, une preuve que si vous tentez de créer une économie moins brutale, de prendre davantage soin de votre concitoyen(...),vous finirez par tuer le progrès économique. En fait, ce que l'expérience Européenne démontre c'est le contraire: la justice sociale et le progrès peuvent marcher main dans la main".

  • Emile Grenier Robillard
    Inscrit
    jeudi 1 avril 2010 22h14
    Merci
    Merci pour vos commentaires, c'est toujours agréable de se savoir lu.

    À Galarneau2: En fait, oui le président des jeunes à signé: Alexandre Thériault Marois.

    Pour le reste, c'est sur que notre dernier mandat a vu vraiment plein de politiques néo-libérales: les garderies, l'assurance parentale renforcée, adoption de l'équité salariale...

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