Irrégularités sur les chantiers de construction - Hamad convoque Arsenault d'urgence
Irrité, le président de la FTQ ira à Québec, mais soutient que le ministre du Travail est en proie à la «panique»
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
«Avant de dire qu’il y a des “pommes pourries” dans le panier, je pense qu’on devrait attendre qu’il y ait des enquêtes et des accusations de portées», s’est indigné le président de la FTQ, Michel Arsenault, faisant référence aux propos du ministre du Travail, Sam Hamad.
Le ministre du Travail a convoqué d'urgence le chef syndical de la FTQ à Québec aujourd'hui, qui n'a pas digéré les «pommes pourries» évoquées par le ministre.
Québec — Estimant «important de démontrer que le gouvernement du Québec est très préoccupé par la situation sur la Côte-Nord», Sam Hamad a fait savoir aux médias, hier, qu'il avait convoqué d'urgence pour aujourd'hui à Québec le président de la FTQ, Michel Arsenault. Le chef syndical s'y rendra, mais soutient que le ministre du Travail est en proie à la «panique».
M. Hamad veut que le syndicat s'engage à «collaborer» au bon déroulement des enquêtes en cours. Ensuite, il souhaite que la FTQ contribue à empêcher tout geste d'intimidation et de discrimination, notamment sur le chantier hydroélectrique de la Romaine. Il a insisté sur ce dernier, le qualifiant d'«investissement majeur et historique» de 6,5 milliards. M. Hamad a fait cette annonce lors d'un point de presse impromptu vers 16h45 hier, au sortir du Conseil des ministres.
Pommes pourries indigestes
Joint quelques minutes après cette annonce, Michel Arsenault s'est dit étonné de la démarche et du caractère public que le ministre lui avait donné. «C'est anormal qu'un ministre panique suite à des déclarations de gens masqués», a-t-il pesté, faisant référence au récent reportage de l'émission Enquête de la SRC. Une manifestation symbolique de travailleurs en colère contre certains éléments de la FTQ-Construction a perturbé le chantier de la Romaine lundi. «Le ministre Hamad est très vite sur la gâchette», a dit le chef syndical, déplorant ses récentes déclarations au sujet des «pommes pourries» qu'il faudrait «sortir» des chantiers de la Côte-Nord.
«Avant de dire qu'il y a des "pommes pourries" dans le panier, je pense qu'on devrait attendre qu'il y ait des enquêtes et des accusations de portées», s'est indigné M. Arsenault. Et même lorsque des constats d'infraction sont délivrés ou que des accusations sont portées, «dans une société de droit, les gens [...] ont le droit à une défense pleine et entière, à la présomption d'innocence». Le président de la FTQ ajoute: «Il me semble que quand tu es ministres, tu devrais t'abstenir de porter des jugements jusqu'à ce qu'il y ait des verdicts. [...] Ça va être le ton de mes arguments avec lui [aujourd'hui].»
Aux yeux de M. Arsenault, on plaque sur l'époque actuelle des violences qui ont éclaté dans les années 1970 à la Baie-James. «C'est fort différent de la situation des chantiers de l'époque [...]. J'étais là. C'était un autre monde!» Il souligne qu'il a envoyé une équipe faire des vérifications sur la Côte-Nord et qu'on est loin du chaos.
À la FTQ-Construction, on se disait du reste «très surpris» que le ministre ait convoqué M. Arsenault et non la direction de la filiale construction du syndicat, puisque c'est cette dernière qui a compétence en ces matières. De toute façon, le directeur général Richard Goyette, vedette d'une longue conférence de presse lundi, n'aurait pas pu s'y rendre puisqu'il sera «absent pour une période indéterminée», a appris Le Devoir hier. Malgré la tourmente, M. Goyette a décidé de «prendre les vacances qu'il a reportées à plusieurs reprises récemment», a-t-on expliqué.
Catania a trop donné au PLQ
Par ailleurs, Paolo Catania, fils du fondateur d'une des plus importantes entreprises de construction au Québec, Frank Catania et associés, a été trop généreux avec le Parti libéral. Le Directeur général des élections a confirmé hier que le PLQ a dû rembourser certains «dons excédentaires» que l'entrepreneur avait faits en 2003, 2004, 2005 et 2007. L'opposition péquiste avait mis en relief, en matinée, les montants importants versés au PLQ par M. Catania et toute sa famille, depuis 2000, soit 141 000 $. Jean Charest, lui, venait de dénoncer la proximité entre la FTQ et le PQ.
Québec — Estimant «important de démontrer que le gouvernement du Québec est très préoccupé par la situation sur la Côte-Nord», Sam Hamad a fait savoir aux médias, hier, qu'il avait convoqué d'urgence pour aujourd'hui à Québec le président de la FTQ, Michel Arsenault. Le chef syndical s'y rendra, mais soutient que le ministre du Travail est en proie à la «panique».
M. Hamad veut que le syndicat s'engage à «collaborer» au bon déroulement des enquêtes en cours. Ensuite, il souhaite que la FTQ contribue à empêcher tout geste d'intimidation et de discrimination, notamment sur le chantier hydroélectrique de la Romaine. Il a insisté sur ce dernier, le qualifiant d'«investissement majeur et historique» de 6,5 milliards. M. Hamad a fait cette annonce lors d'un point de presse impromptu vers 16h45 hier, au sortir du Conseil des ministres.
Pommes pourries indigestes
Joint quelques minutes après cette annonce, Michel Arsenault s'est dit étonné de la démarche et du caractère public que le ministre lui avait donné. «C'est anormal qu'un ministre panique suite à des déclarations de gens masqués», a-t-il pesté, faisant référence au récent reportage de l'émission Enquête de la SRC. Une manifestation symbolique de travailleurs en colère contre certains éléments de la FTQ-Construction a perturbé le chantier de la Romaine lundi. «Le ministre Hamad est très vite sur la gâchette», a dit le chef syndical, déplorant ses récentes déclarations au sujet des «pommes pourries» qu'il faudrait «sortir» des chantiers de la Côte-Nord.
«Avant de dire qu'il y a des "pommes pourries" dans le panier, je pense qu'on devrait attendre qu'il y ait des enquêtes et des accusations de portées», s'est indigné M. Arsenault. Et même lorsque des constats d'infraction sont délivrés ou que des accusations sont portées, «dans une société de droit, les gens [...] ont le droit à une défense pleine et entière, à la présomption d'innocence». Le président de la FTQ ajoute: «Il me semble que quand tu es ministres, tu devrais t'abstenir de porter des jugements jusqu'à ce qu'il y ait des verdicts. [...] Ça va être le ton de mes arguments avec lui [aujourd'hui].»
Aux yeux de M. Arsenault, on plaque sur l'époque actuelle des violences qui ont éclaté dans les années 1970 à la Baie-James. «C'est fort différent de la situation des chantiers de l'époque [...]. J'étais là. C'était un autre monde!» Il souligne qu'il a envoyé une équipe faire des vérifications sur la Côte-Nord et qu'on est loin du chaos.
À la FTQ-Construction, on se disait du reste «très surpris» que le ministre ait convoqué M. Arsenault et non la direction de la filiale construction du syndicat, puisque c'est cette dernière qui a compétence en ces matières. De toute façon, le directeur général Richard Goyette, vedette d'une longue conférence de presse lundi, n'aurait pas pu s'y rendre puisqu'il sera «absent pour une période indéterminée», a appris Le Devoir hier. Malgré la tourmente, M. Goyette a décidé de «prendre les vacances qu'il a reportées à plusieurs reprises récemment», a-t-on expliqué.
Catania a trop donné au PLQ
Par ailleurs, Paolo Catania, fils du fondateur d'une des plus importantes entreprises de construction au Québec, Frank Catania et associés, a été trop généreux avec le Parti libéral. Le Directeur général des élections a confirmé hier que le PLQ a dû rembourser certains «dons excédentaires» que l'entrepreneur avait faits en 2003, 2004, 2005 et 2007. L'opposition péquiste avait mis en relief, en matinée, les montants importants versés au PLQ par M. Catania et toute sa famille, depuis 2000, soit 141 000 $. Jean Charest, lui, venait de dénoncer la proximité entre la FTQ et le PQ.
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