Lettres - Un tournant au PQ
Jean Baillargeon - Expert-conseil, communication et développement stratégique, Québec
17 mars 2010
Québec
Cela faisait presque 10 ans que j'avais assisté à titre d'observateur à ce que plusieurs appellent «une grand-messe du Parti québécois». Surprise! J'y ai découvert un univers totalement différent de ce que les médias véhiculent traditionnellement. Curieusement, première constatation, il y avait beaucoup de jeunes: on est loin du vieux parti des nostalgiques des années 1970. Deuxième constatation, le langage utilisé pendant les discours et dans les documents du colloque reflétait des enjeux clairs, sans tabous, sans clivage idéologique gauche-droite, entreprises contre syndicats, riches contre pauvres, victimes contre exploiteurs. Ce n'était plus le discours revanchard, dogmatique et suffisant que j'avais jadis connu et qui faisait sentir aux non-souverainistes (voir les non-croyants) qu'ils seraient sauvés malgré eux par le grand soir de la libération du «oui» référendaire.
Au contraire, les discussions dans les ateliers reflétaient une réelle prise de conscience des enjeux économiques et sociaux de la société québécoise moderne. Il ne s'agissait plus d'un événement de lamentation, mais plutôt d'un échange franc de suggestions constructives et réalistes concernant les problèmes économiques et sociaux de l'heure. Dans un tel contexte, faut-il voir une malédiction ou une trahison envers l'orthodoxie de la pensée de gauche traditionnelle, quand les militants péquistes parlent enfin ouvertement de richesse individuelle plutôt que du concept «faisons payer les riches»? Faut-il également s'étonner que 95 % des délégués aient voté pour le non-renouvellement d'un club politique associé justement à une culture et à une pratique politique d'une autre époque, et ce, dans un contexte où un certain pouvoir syndical semble être associé au crime organisé?
Enfin, madame Marois a su exprimer, dans un langage non-équivoque, ce qui crée un malaise non seulement au sein de la classe politique et de la population en général, mais chez beaucoup de travailleurs et d'entrepreneurs témoins du dérapage actuel dans la gestion éthique des fonds publics, soit une apparence évidente de collusion et de corruption au sein de la gouvernance publique, ce qui rappelle malheureusement les jours sombres de la Grande Noirceur du régime Duplessis dans les années 1950.
Le Parti québécois et madame Marois sauront-ils relever les défis de l'intégrité et de la modernité? En tout cas, j'ai senti lors de ce colloque un tournant décisif et de l'espoir pour l'avenir de nos enfants.
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Jean Baillargeon - Expert-conseil, communication et développement stratégique, Québec
Au contraire, les discussions dans les ateliers reflétaient une réelle prise de conscience des enjeux économiques et sociaux de la société québécoise moderne. Il ne s'agissait plus d'un événement de lamentation, mais plutôt d'un échange franc de suggestions constructives et réalistes concernant les problèmes économiques et sociaux de l'heure. Dans un tel contexte, faut-il voir une malédiction ou une trahison envers l'orthodoxie de la pensée de gauche traditionnelle, quand les militants péquistes parlent enfin ouvertement de richesse individuelle plutôt que du concept «faisons payer les riches»? Faut-il également s'étonner que 95 % des délégués aient voté pour le non-renouvellement d'un club politique associé justement à une culture et à une pratique politique d'une autre époque, et ce, dans un contexte où un certain pouvoir syndical semble être associé au crime organisé?
Enfin, madame Marois a su exprimer, dans un langage non-équivoque, ce qui crée un malaise non seulement au sein de la classe politique et de la population en général, mais chez beaucoup de travailleurs et d'entrepreneurs témoins du dérapage actuel dans la gestion éthique des fonds publics, soit une apparence évidente de collusion et de corruption au sein de la gouvernance publique, ce qui rappelle malheureusement les jours sombres de la Grande Noirceur du régime Duplessis dans les années 1950.
Le Parti québécois et madame Marois sauront-ils relever les défis de l'intégrité et de la modernité? En tout cas, j'ai senti lors de ce colloque un tournant décisif et de l'espoir pour l'avenir de nos enfants.
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Jean Baillargeon - Expert-conseil, communication et développement stratégique, Québec
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