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La purge

Michel David   16 mars 2010  Québec
Le jour où elle est devenue chef du PQ, Pauline Marois avait déjà décidé de se débarrasser du SPQ Libre. La question était simplement de savoir quand et comment.

Il n'était pas nécessaire qu'elle accorde cette malheureuse entrevue à La Presse canadienne pour savoir que sa longue et dure rivalité avec Bernard Landry lui avait permis de développer un «instinct de tueuse».

La liquidation de l'ancien directeur général du PQ Raymond Bréard et la rapidité avec laquelle elle a sorti Gilles Duceppe de la course à la succession d'André Boisclair l'avaient déjà démontré. Les dirigeants du SPQ Libre n'ont pas eu le temps de voir venir le coup.

Dans un parti où la contestation avait été la règle depuis quarante ans, autoriser la création de «clubs politiques» autonomes revenait à institutionnaliser la dissidence. C'était comme si René Lévesque avait donné sa bénédiction aux Caribous libres.

Bernard Landry, inspiré par le modèle du Parti socialiste français, souhaitait que d'autres clubs viennent s'ajouter au SPQ Libre. Heureusement que cette floraison ne s'est pas produite. Le PQ serait devenu carrément ingouvernable. Déjà, il était absurde de conférer un statut spécial à un club dont la majorité des membres pouvaient théoriquement être membres d'un autre parti.

Un parti qui se prétend ouvert au débat a cependant le devoir de lui fournir un cadre. Jusqu'en 2005, les conseils nationaux prévoyaient une période pour l'étude des propositions dites d'urgence, qui permettaient aux militants de s'exprimer publiquement sur n'importe quel sujet.

La refonte des statuts a renvoyé l'étude de ces propositions à une autre instance, la Conférence nationale des présidentes et des présidents, dont les travaux se déroulent essentiellement à huis clos.

***

Le principal reproche fait au SPQ Libre est d'avoir constamment critiqué les positions du parti dans les médias plutôt que dans les instances du parti. Certes, il ne s'en est pas privé, mais quel autre choix avait-il? Actuellement, les structures du PLQ laissent plus de latitude à ceux qui veulent contester les politiques de leur parti que le PQ. C'est dire.

Les prédécesseurs de Mme Marois ont eu la même frustration de voir un petit groupe peu représentatif donner la fausse impression d'une profonde division. Entre un désaccord sur une orientation et la contestation du leadership, il peut être très difficile de tracer la ligne.

S'il veut conserver une chance de faire l'indépendance, le PQ doit néanmoins demeurer une coalition, ce qui suppose une cohabitation de gens qui peuvent diverger d'opinion sur tout le reste. Un parti qui favorise le statu quo n'a pas ce genre de problème.

Il serait assez inquiétant qu'un parti qui a toujours défendu une vision collective du développement économique décide soudainement que «l'enrichissement des individus de tous les âges sera au centre de la politique économique» sans que personne s'en émeuve. On peut contester la manière, mais il demeure que la critique la plus articulée du virage à droite que Mme Marois veut faire prendre au PQ est venue du SPQ Libre.

Cinquante ans après la Révolution tranquille, on peut plaider que l'État doit être moins interventionniste et que l'entreprise privée est mieux à même de créer la richesse nécessaire au maintien du filet de sécurité sociale.

Il est cependant légitime de se demander jusqu'à quel point la fiscalité québécoise doit être plus généreuse pour les entreprises que celle de l'Ontario et s'il est bien équitable de recourir davantage à la taxation indirecte plutôt qu'à l'impôt sur le revenu. Celui dont le revenu est déjà trop faible pour être imposé est-il en mesure de payer plus de taxes à la consommation?

***

Le problème du SPQ Libre, qui est également celui du front commun des employés du secteur public, était que l'on ne savait pas trop dans quelle mesure il défendait les intérêts de la population ou ceux des syndicats. Au lendemain du congrès péquiste de 2005, ses dirigeants se félicitaient ouvertement que le nouveau programme soit calqué sur l'«agenda» syndical.

Selon le secrétaire du SPQ Libre, Pierre Dubuc, le PQ a voulu se dissocier de sa base syndicale. En réalité, Mme Marois veut surtout se rapprocher de l'électeur moyen — pas seulement adéquiste — qui se méfie des syndicats. Une méfiance que les négociations dans le secteur public et les allégations d'intimidation systématique sur les chantiers de construction risquent de renforcer.

Le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir a donné la mesure (70 %) de l'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest, mais il indique tout aussi clairement que la confiance envers le PQ et Mme Marois elle-même demeure fragile.

Amir Khadir semble tout disposé à accueillir les membres du SPQ Libre à Québec solidaire, qui en abrite déjà quelques-uns, mais la gauche communautaire et la gauche syndicale ne font pas nécessairement bon ménage. Le ralliement à QS n'a jamais intéressé beaucoup les dirigeants du SPQ Libre, qui promettent maintenant un geste «surprenant». La plus grande surprise serait qu'ils décident de se taire.

*****

mdavid@ledevoir.com
 
 
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  • Godefroy
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 00h35
    Rassemblement et en avant toutes et tous
    Une démocratie adulte, qu'elle soit de gauche ou de droite, est toujours TRÈS EXIGEANTE - ce n'est pas seulement de la tarte aux pommes à distribuer -. Le PQ a, pour moi, un but essentiel : l'indépendance du Québec. Pour vaincre, iI faut un chef, des principes, un plan et des objectifs à court, moyem et long termes. Restez on a besoin de vous, plus que vous ne pensez, et adaptez-vous. Sinon... allez-vous faire voir ailleurs. Pas de "tirent aux flancs" et en avant.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 04h44
    Le virage à droite du PQ ?
    Michel David nous dit :

    Ça me fait toujours assez rigoler d'entendre des «surpris» parler du virage à droite du PQ...

    Ce virage à droite n'est pas d'aujourd'hui !

    Il est pris depuis belle lurette !

    Pour ne pas carrément dire "institutioinnaliser" !

    Ne pensons qu'à la réforme de la santé de Jean Ronchon :
    Foutre à la porte 4000 infirmières et 1500 médecins !

    Ou encore les coupures dégueulasses dans les médicaments de Lucide Bouchard à l'aide sociale et de la désindexation des prestations, pendant qu'il réduisait les impôts des plus nanstis de 4.5 milliards entre 1998 et 2001 !

    Autrement dit, leur foutu déficit zéro, s'est fait sur le dos des plus pauvres !

    - Wow ! - Quel progressisme !!

    Je me demande comment le PQ peut bien pouvoir virer encore plus à droite, sans revenir carrément sur ses propres pas !

    Selon toutes apparences, le pértendu progressiste SPQ-Libre n’a été formé que dans le but de donner un croc-en-jambe à la fondation de Québec Solidaire, état donné que ce virage à droite du PQ était déjà bien implanté lors de leur fondation.

    Il serait donc fort étonnant qu’ils viennent à Québec Solidaire.

    Comme quoi on peut s’attendre à tout en politique..

    Et même à du monde soi-disant de gauche qui milite dans un parti de droite !


    C’est-ti pas beau ce que peut parvenir à faire avec la question nationale ?

    - Hein ?




    _______________________

    Christian Montmarquette

    Membre et militant de Québec Solidaire

    Article d'intérêt :

    « Fédéralisme -Souverainisme » : Une dialectique aliénante
    http://www.vigile.net/Federalisme-Souverainisme-Un


    .

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 04h45
    Correction
    Retirer : " Michel David dit : "

  • Normand Carrier
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 06h45
    Pas de parti a l'intérieur du parti ......
    Le SPQ libre s'était donné comme mission de défendre une classe et c'était la classe syndicale et les derniers reproches pour blamer madame Marois parce qu'elle avait affimé que les demandes syndicales étaient peut-être un peu élevées , étaient déplacés ! Un chef de parti doit répondre a la population d'une facon globale et doit être le plus inclusif possible et élargir la base du parti .....
    Cette fonction de lobbyiste du SPQ ne convenait plus a la grande coalition que la cheffe du P.Q. , les instances du parti ainsi que la grande majorité des membres souhaitent ! Le P.Q. dans l'opposition et au pouvoir doit élargir sa base et éviter de segmenter et fragmenter la population . Son positionnement est est social démocrate comme le sont les pays scandinaves qui sont devenus très réalistes et tendrent vers le centre sur l'échiquier politique ....
    Qui va se plaindre de plus de dicipline a part les journalistes qui faisaient leurs chous gras des déclarations de Marc Laviolette . D'ailleurs , pour le moment ils demeurent membres actifs au P.Q. et feront leur déclarations en toute liberté mais sans statut particulier comme tous les membres du parti qui travaillent , financent et font du porte-a-porte . Si dans le PLQ , les structures du parti permettent de parler , il est surprenant de constater que pas un être vivant ne conteste les mensonges , les erreurs , les manipulations , les suppléments de salaires du chefs et des gaffes des ses ministres ......Avez-vous entendu un libéral courageux venir dire qu'il souhaitait une enquête publique et indépendante alors que 90% de la population la souhaite ? Alors pour la démocratie libérale , on repassera .....

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 07h51
    Le retour de l'Union nationale
    On croyait l'UN morte. Elle revit. Sous la férule de la maîtresse d'école que vous connaissez. «Toé, tais-toé»....vous vous souvenez!

    Une nouvelle église est née au Québec. Hors d'elle, point de salut. C'est pourquoi, selon le dernier sondage d'hier, le PQ ne grimpe pas, il descend. Il plafonne à 38 % des suffrages populaires. Devant tous ls déboires des libéraux, le PQ ne fait pas le plein de votes. Les électeurs se réfugient dans les partis marginaux. Pas étonnant. Le PQ ayant abandonné l'article I de son programme (décision prise par Pauline), les indépendantistes se cherchent une chapelle. La conférence de presse du SPQ libre donnera sans doute une autre voie jeudi. A force de faire la purge pour ne garder que les nationaleux avides du pouvoir, Pauline n'arrivera pas à son ultime objectif: devenir la Première ministre du Québec provincial.
    Vive l'Union nationale !

  • Yvon Roy
    Abonnée
    mardi 16 mars 2010 08h40
    arc-en-ciel
    Un arc-en-ciel de moins dans les visions de Mme Beaudoin.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 09h12
    D'apprentis sorciers en faux jetons....
    Depuis plus de 40 ans que les diverses factions «indépendantistes-souverainistes-associationnistes ou whatever advienne que pourra!» se déchirent entre elles à défaut de pouvoir convaincre la majorité des Québécois de la faisabilité de leur fluctuante option (laquelle exactement?) constamment soumise aux aléas, avec raison, des sondages et circonstances, bien empêtrés seraient-ils d'en définir de façon claire et précise les modalités et aboutissements dans un Québec vieillissant, multiculturel et de plus «éclaté»!

    N'ayant pas le courage politique (because la carrière avant tout...) d'avouer honnêtement aux Québécois ce que serait une «indépendance de quêteux» dans cette société également la plus endettée et taxée du monde industrialisé aux infrastructures socio-économiques en décrépitude: vive le Québec libre et indépendant...de qui et de quoi au juste???

  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 09h27
    La répétition de la purge
    Je me souviens qu'au début des années 80, René Lévesque avait réussi à purger le PQ de ses éléments antianglophones. Électoralement parlant, René Lévesque sentait que cette purge allait être bénéfique pour le parti étant donné la grande admiration qu'une bonne partie des Québécois francophones avaient toujours eue pour les anglophones. Contrairement aux francophones, petits salariés qui végétaient près du seuil de la pauvreté, les «Anglais» représentaient les «boss» qui avaient réussi à s'enrichir et qui menaient la «belle vie». La purge fut bénéfique pour le PQ qui quelques mois plus tard remportait haut la main les élections malgré la cuisante défaite au référendum de mai 1980.

    Par certains côtés, la purge de Mme Marois ressemble à celle de M. Lévesque. Mme Marois reconnaît toute l'admiration que la grande majorité des Québécois francophones ont toujours pour les riches qui sont, selon cette majorité, parvenus au summum de la réussite. Mme Marois se débarrasse de ceux qui représentent les petits Québécois ouvriers et salariés, plus ou moins paumés, n'ayant d'autres recours que de critiquer les idéologies de droites, néolibérale, hyperlibérale, ultralibérale, etc. Il reste à voir maintenant si cette nouvelle purge sera aussi bénéfique pour Mme Marois que celle de 1981 le fut pour M. Lévesque.

    En attendant, il faudra aussi que Mme Marois s'explique au sujet de certaines contradictions. Comment peut-elle concilier le principe de l'enrichissement individuel des Québécois avec le fait qu'elle trouve que les augmentations salariales des employés de l'état sont trop élevées? Est-ce que tous ont le droit de s'enrichir, y compris les salariés?

    Bernard Dupuis, Berthierville.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 09h30
    Les coalitions devraient être «temporaires» et «circonstancielles»
    Le PQ est une coalition (on le sait) et qui aurait donc dû exister pour un temps limité, comme c'est normalement l'usage avec les coalition au nom d'une cause comme :

    «Faire la souveraineté du Québec».

    Une telle coalition avait un certain sens, en autant que l'appui de population aurait été vraiment très majoritaire dans cette seule conjoncture.

    Or, comme tout le monde le sait, le PQ a tenté de «durer».

    Mais faire «durer» une coalition, était de tenter de mélanger de l'huile avec de l'eau ; de là, toute l'aliénation de la gauche, puisque même s'il y avait une base social-démocrate au PQ, ce fût de plus en plus la droite qui menait le parti.

    Tout le retard et l'aliénation politique du Québec viennent de là.

    Si le PQ avait été véritablement souverainiste, il se serait empressé d'instituer le scrutin proportionnel - tel que recommandé par René Lévesque lui-même - afin de préserver la cause nationale et faire en sorte que la gauche ET la droite souverainiste puissent voter sans renier leurs convictions fondamentales.

    Mais on sait ce qui s'est passé.

    Le PQ a préféré «le pouvoir» et qui plus est, en tentant de nous faire accroire qu'on peut être à la fois de gauche ET de droite !

    Dieu qu'il aura fallu que nous soyons naïfs..!

    Bon réveil...

    Christian Montmarquette

    .

    .

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 09h33
    Le PQ : un parti de coalition parfois difficile
    On l'oublie souvent mais, comme l'a plusieurs fois rappelé Bernard Landry, le PQ reste un parti de coalition. Les personnes, qui en font partie, sont des gauchistes, centristes ou des gens de droite et ce qui les unit est leur désir commun de faire la souveraineté du Québec.

    Le problème, cependant, est que ses membres les plus radicaux de gauche ont souvent tenté d'imposer leur idéologie aux autres.

    À ce sujet, qu'on se rappelle les propos qu'ils avaient tenus, à l'automne 2002, à l'égard de MM. Legault, Boisclair et Facal. Ces anciens ministres avaient alors été accusés par plusieurs péquistes très gauchistes de tenir un discours trop à droite !

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 10h27
    Centrer pour mieux faire avancer la souveraineté
    Les souverainistes devraient commencer par voter pour le candidat souverainiste de son comté qui a plus de chances de vaincre le candidat fédéraliste, selon les derniers sondages locaux, avant une élection, s'il veut finir par obtenir la souveraineté.

    Après la souveraineté du Québec, il devrait y avoir des partis politiques de l'extrême gauche à l'extrême droite pour se disputer le pouvoir du Québec souverain. En attendant, un parti souverainiste devrait se tenir au centre pour aller de l'avant...simple.

    Des souverainistes qui se chicanent, pendant que nous sommes encore dans la fédération canadienne, pour des questions de droite ou de gauche, manquent d'esprit pratique élémentaire en faisant reculer ainsi leur cause politique.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mardi 16 mars 2010 10h44
    Merveilleux....
    Avez-vous entendu un libéral courageux venir dire qu'il souhaitait une enquête publique et indépendante alors que 90% de la population la souhaite ? Alors pour la démocratie libérale , on repassera (N. Carrier)
    -----------------------

    Non, parce que, contrairement aux pkiss, ils font confiance à leur chef et aux mécanismes mis en place par le gouvernement, à titre de préambule, pour enquêter sur les allégations de corruptions ayant cours dans le domaine de la construction.

    Pour ce qui est du supplément de salaire versé au premier ministre, il n'y a rien là pour fouettter un chat; le PQ n'avait-il pas autorisé le paiement d'une salaire de 110$ par année à André Boisclair. Alors, où est donc la différence, si ce n'est qu'il n'y a que le PQ qui peut s'arroger ce droit...... Pour ce qui est de l'incompétence et des supposés gaffes de ses ministres, elles sont moindre que celles qui prévalaient dans le temps du PQ, facteurs qui ont largement contribué à sa défaite en 2003.

    J'aime bien la déclaration de M. Montmarquette, faite précédemment sur cette tribune, en référence au PQ, à l'effet que: "Autrement dit, leur foutu déficit zéro, s'est fait sur le dos des plus pauvres !"

    Merveilleux, n'est-ce pas. Vous qui recherchez des hommes courageux, monsieur Carrier, adressez-vous donc à Christian Montmarquette qui n'y va pas avec le dos de la cuillère!

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 11h24
    Rien ne vaut la clarté
    Rien ne vaut les choses claires.
    En fin de semaine dernière, Mme Marois a précisé sans ambiguïté où se situe le PQ sur l'échiquier politique.

    Le PQ est un parti qui a glissé de façon constante vers la droite.
    Aux dernières élections on disait avec raison qu'ils étaient tous pareils (ADQ, PQ, PLQ). Tous ces partis veulent «créer» de la richesse.

    Mme Marois, par sa déclaration de droite, nous offre une excellente chance de préciser nos aspirations politiques.

    Il faut réfléchir aux idées politiques. Il y a bien sûr le Pays à faire, mais il y a aussi cette bipolarité mondiale. Il faut savoir où on veut situer le Québec.

    Je crois que la politisation, c’est avant tout une "conscientisation". Je crois aussi que la politique puise en bonne partie son carburant dans l’idéologie. Nos idées "politiques" en plus d’être générées par les besoins de gestions élémentaires sont aussi déterminées par des idéaux. Suite à des constats, des déductions, des analyses, on en vient à se dire que si la société fonctionnait de telle ou telle façon, tout irait mieux.

    Je vous invite à lire:

    « Mme Marois a fait une magnifique déclaration ! »

    http://www.vigile.net/Mme-Marois-a-fait-une-magnif


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Andre Gignac
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 11h24
    42 années perdues...
    Depuis la fondation du MSA (Mouvement Souveraineté Association) en 1968, devenu par la suite le PQ, tout a commencé croche pour ce nouveau parti politique. L'erreur fondamentale du PQ fut de ne pas déclarer l'indépendance du Québec lorsqu'il a pris le pouvoir pour la première fois en 1976. Acculé au mûr, le gouvernement fédéral aurait été obligé d'en tenir compte sur-le-champ, d'agir vite et de négocier l'actif et le passif dans la passation des pouvoirs avec le nouvel État du Québec. Trop frileux et peureux pour déclarer cette indépendance, le PQ a tenu 2 référendums sur le thème de la souveraineté-association avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui et le gouvernement fédéral n'a pas bougé d'un poil. Il n'a même pas tenté de réparer l'injustice flagrante du rapatriement unilatéral de la constitution de 1982 sans l'accord du Québec. Aujourd'hui, nous nous retrouvons à la case départ avec 2 partis fédéralistes comme à l'époque de l'Union Nationale. Je ne serais même pas surpris que les dirigeants du PQ nous ressortent la vieille expression de l'autonomie du temps de l'Union Nationale. Nous régressons sur tous les plans au Québec parce que nos dirigeants politiques manquent de courage à réaliser l'indépendance du Québec qui est la seule solution à nos problèmes économiques et culturels. Ils sont tellement habitués à gérer à la petite semaine dans la dépendance avec Ottawa et pris dans la confusion identitaire qu'ils ne peuvent s'imaginer de le faire autrement. Le chien de Pavlov, ça vous dit quelque chose?

    André Gignac le 16/3/10

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 11h44
    @ Montmarquette pour une stratégie souverainiste
    J'aime bien mieux m'entendre avec M. Montmarquette aussi et je lui fais une suggestion, plus utile pour Québec que celle de simplement taper sur le PQ : Recrutez de forts candidats, comme M. Lauzon, pour présenter à la prochaine élection, de telle façon que certains d’entre eux deviennent plus populaires que certains candidats du PQ, avant la prochaine élection. Ça ne pourrait pas de faire facilement dans tous les comtés mais, probablement, au moins dans quelques-uns uns.

    Le message aux souverainistes seraient alors : Attendez de voir les derniers sondages locaux dans votre comté et votez pour le candidat souverainiste qui a plus de chances de battre le fédéraliste.

    Une entente, entre partis souverainistes « même si vous pensez que le PQ n’en est pas un » ou une fusion électorale était très ou trop difficile à atteindre par le haut, les souverainistes de la base pourraient, s'ils le sont vraiment, voter stratégiquement afin de ne pas diviser leurs votes pour favoriser les fédéralistes.

    Les souverainistes de gauche et de droite auraient l'occasion de se reprendre après la souveraineté vu que ce n’est pas à l'intérieur de la fédération actuelle qu'ils veulent mettre en force leurs penchants sociaux...à long terme.

    Si Québec solidaire montait à, disons, 20 % en faisant recuiler le PQ à, disons, 30 %, sans stratégies électorales, le PLQ pourrait gouverner le Québec encore longtemps, jusqu'à ce que la souveraineté devienne impossible.

  • France Marcotte
    Abonnée
    mardi 16 mars 2010 11h46
    Question d'étiquette
    La gauche syndicale... c'est vrai que par les temps qui courent, c'est pas la meilleure étiquette à avoir. Mais comme le dit M.David, c'est tout de même du SPQ Libre dont est venue "la critique la plus articulée du virage à droite que Mme Marois veut faire prendre au PQ." Qu'on ne sache pas de cette gauche syndicale si elle défend les intérêts de la population ou ceux des syndicats n'est pas pour se rallier l'appui de l'électeur moyen qui justement se méfie des syndicats. Et puisque madame Marois avait déjà, dès le jour où elle est devenue chef du PQ, décidé de se débarrasser du SPQ Libre, on peut dire que actuellement, les "conditions gagnantes" étaient réunies pour passer à l'acte avec ce dossier brûlant et encombrant, surtout pour des doigts pressés de tenir le volant.

  • Normand Carrier
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 12h12
    Cré Raymonde va , toujours aussi comique .....
    ``Les libéraux contrairement aux péquissss font confiance a leur chef ``, mais ils ne sont que 10% a faire confiance et ne pas vouloir d'enquête publique !
    ``Le P.Q. a donné 110$ par année a André Boisclair , pas de quoi fouetter un chat !`` Sachant que les détails vous passent par dessus la tête , je vais apporter quelques points d'éclaircissement . A. Boisclair a recu un an de salaire car il n'avait aucun salaire avant d'être élu comme député alors qu'il exercait le rôle de chef d'opposition a plein temps . Ce n'était pas un supplément de salaire en espérant que vous voyez la différence et ce salaire était de notoriété publique ayant été approuvé par le parti et non décidé en catimini par Jean Charest et le président du PLQ sans que personne le sache durant neuf longues années .....Cela aurait causé une révolution au PQ car ce n'est pas une bande de béni-oui-oui ......
    Croyez vous , que le déficit actuel ne se fera pas sur le dos des pauvres et croyez vous que si Q.S. serait au pouvoir , ils imprimeraient l'argent comme dans le temps des crédidistes .....
    Raymonde , je vous demandé de me trouver un libéral qui aurait le courage de demander une enquête publique , pas un Q.S. qui peuvent dire et revendiquer n'importe quoi car l'exercise du pouvoir ne leur est pas connu et dieu merci je ne crois qu'ils le connaissent un jour ......
    Comme d'habitude c'est n'importe quoi avec Raymonde et votre association avec Q.S. est contre nature et j'imagine que vous allez vous en rendre compte un jour ........

  • Paul Corbeil, Québec et Labrador
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 12h29
    42 années perdues Messieur André Gignac vous avec raison
    Messieurs André Gignac vous avez raison et je rajoute de plus que suite à la fraude référendaire du camp du non du comité de l’unité canadienne de canada anglais (ou leurs budgets étaient illimités, sans rendre aucune justification et comptabilité) au référendum de 1995 on a effectivement gagné ce référendum mais la lâcheté du Partie Québécois est de ne pas avoir porté cette fraude référendaire en appel et devant les instances internationales c'est-à-dire devant les Nations-Unis , le Tribunal et la Court Pénal de La Haye! On a gagné le référendum on avait tous les droits légaux et légitime de procéder; ou lieu de cela le Partie Québécois, le Bloc Québécois nous a lâchement laisser tomber!
    Paul Corbeil
    Saint-Joseph de Mékinac, Trois-Rives

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 13h06
    Le centralisme démocratique de Pauline
    Michel David analyse fort bien la réorientation structurelle du PQ, car c'est bien de cela qu'i s'agit. Si au départ le PQ résultait d'une coalition de différentes orientations, aujourd'hui il s'oriente vers ce que Lénine avait appelé le «centralisme démocratique», c'est-à-dire la discussion au Politbureau des grandes orientations et l'acceptation servile de ces orientations par les délégués au Congrès.

    En conséquence, si les membres du SPQLibre veulent demeurer un club politique pouvant influencer les politiques québécoises, il devrait se joindre à un parti qui leur permet d'exister comme club politique. Or QS est aussi un parti issu de la coalition de différentes tendances de gauche. Et il permet structurellement l'existence de ces groupes politiques en son sein.

    Les militants du SPQLibre doivent se demander aujourd'hui s'ils doivent demeurer individuellement membre d'un parti qui est ouvertement de droite. Or la présence de syncdicalistes au sein du PQ ne sert plus que de caution à Madame Marois pour prétendre encore qu'il y a de la place pour la gauche au sein du PQ. Vous admettrez avec moi qu'il y a une grande différence entre militer individuellement au sein d'un parti politique et représenter le mouvement syndical au sein de ce parti. Michel David l'a bien vu : c'est la voix du mouvement syndical qui vient d'être expulsé du PQ et pas seulement celle de quelques individus.

    Si Marc Laviolette, Pierre Dubuc et les membres du SPQLibre sont conséquents avec eux-mêmes et veulent maintenir et défendre une orientation politique qui tiennent compte des revendications du mouvement syndical, ils doivent faire amende honorable et négocier avec QS comment leur club politique pourrait intégrer les rangs de ce parti.

    Ce serait plus que dommage que ces gens fondent un autre parti de gauche, retournant ainsi au temps des querelles de chapelles entre militants issus du communautaire et militants issus du mouvement syndical. Le temps est venu de faire l'union de la gauche, de toutes les tendances, face au pouvoir énorme de la droite que convoitent les trois principaux partis politiques québécois : le Parti Libéral, l'ADQ et le PQ.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 13h26
    « Les coalitions ont des limites»
    Oui, les coalitions ont des limites.

    Et je le dis sans mesquineries.

    Mais le PQ a été soit bien naïf, soit bien opportuniste de tenter de maintenir une telle tension «gauche-droite» durant plus de 40 ans au nom de la question nationale.

    Un éclatement était , ou est , pratiquement inévitable.

    On ne peut «TOUT» assujettir à la question nationale durant aussi longtemps : y’a d’autres sujets et d’autres causes dans la vie et pas des moindre, comme le débat gauche-droite tout aussi crucial…

    Cela crée ce dont le PQ se plaint sans cesse :

    Des chicanes internes encore, encore et toujours..

    Les coalitions trop longtemps maintenues ne peuvent mener à termes qu’à ça puisqu'elles mettent ensembles des associations contre nature.

    Il aurait définitivement fallu que le PQ mette l'intérêt démocratique et l'intérêt national au dessus de ses propres intérêts électoraux du temps où il détenait le pouvoir et institue - tel que René Lévesque le prônait dès le départ - le scrutin proportionnel.

    Ainsi, la gauche comme la droite auraient pu se battre ensembles pour «UNE» cause commune : «Faire l'indépendance du Québec».

    C'est bien triste à dire…

    Mais c'est à mon sens, c’est précisément à cause de cette faiblesse démocratique du Parti québécois que nous sommes aujourd’hui face à une rude situation.

    Je me suis tellement exprimé sur la chose que je n'arrive même plus trouver de nouveaux mots pour essayer de me faire comprendre sur ce sujet qui pour moi est pourtant clair comme de l’eau de roche et si simple à comprendre.

    Je tenterai une fois de plus de le faire en vous disant que :

    «Indépendance» ne peut rimer qu'avec «démocratie».

    Les forces indépendantistes ne se divisent que parce que nous sommes perpétuellement devant la même perverstion démocratique, issue du système parlementaire colonial britannique et du bipartisme, dont le PQ s'est constamment servi pour se remettre au pouvoir ; et il en paye aujourd’hui le prix, et au frais mêmes de la question nationale.

    Et il m’est toujours bien difficile de comprendre pourquoi le Parti québécois, s’il se prétend véritablement souverainiste, ne réclame pas comme nous de Québec Solidaire, le scrutin proportionnel afin de ne pas diviser les force souverainistes et de préserver nos chances d’accéder à notre pays…

    Il faut croire que leurs véritables priorités se trouvent quelque part ailleurs..



    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec Solidaire
    Militant pour l'éradication de pauvreté et l'indépendance du Québec


    P.S. Je vous recommande vivement de fréquenter tous les édifiants articles de mon brillant et vif camarade Serge Charbonneau chez Vigile.net


    À titre d'information :

    «L’erreur fondamentale du PQ» :
    Le référendum : Une stratégie perdante
    http://www.vigile.net/L-erreur-fondamentale-du-PQ

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 14h04
    Un long détour
    Ceux et celles qui militent en faveur de la souveraineté politique du Québec depuis les années 1960 savent que les premiers groupes de lutte étaient largement formés d'esprits conservateurs. Puis est venu le RIN, plus social-démocrate, et Pierre Bourgault, qui a mené ses troupes plus loin dans cette direction. Les Gagnon (Lysiane) et Bombardier (Denise) ont alors quitté le navire.
    Puis est apparu René Lévesque, qui voyait d'abord la souveraineté comme une menace à utiliser contre le gouvernement fédéral, non comme l'état normal d'un peuple. D'abord habité par de nombreux intellectuels plutôt à gauche, le Parti québécois a continué de parler de social-démocratie, croyant à tort que la majorité des Québécoise étaient pour la justice sociale. Son départ et l'arrivée des Landry, Bouchard et Boisclair a consacré le virage à droite. Seul Jacques Parizeau. pourtant plus qu'à l'aise financièrement, a tenté de réunir souveraineté et social-démocratie. Le couronnement de Pauline Marois a sonné le glas des deux. Le SPQ libre aurait dû avoir l'intelligence de tirer sa révérence et d'aller militer dans un QS encore à bâtir avant de se lapide publiquement.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Andre Gignac
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 14h24
    RÉFÉRENDUM VOLÉ DE 1995...
    @ Monsieur Paul Corbeil

    Je suis d'accord à 100% avec vos propos. Comment voulez-vous maintenant avoir confiance en eux sur cette question? Ils ont une mentalité de perdant depuis la fondation de leur parti. Un autre point de vue: Bouchard, selon moi, s'est infiltré au PQ, se servant de sa popularité comme chef du Bloc Québécois pour en devenir chef. Étant un fédéraliste, il n'a pas réclamé une enquête sur ce vol référendaire, ce qui allait de soi. C'est mon opinion; nous avons été trahis! Au Québec, ça prend un nouveau parti politique consacré à l'indépendance du Québec puisque le PQ n'est plus solvable sur cette question. Il m'a fait plaisir.

    André Gignac le 16 mars 2010

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 16h16
    Le vote stratégique...
    Premièrement, je tiens à féliciter Roland Berger et André Gignac pour leurs intéressants commentaires.

    C'est toujours très rafraîchissant de vous lire.

    De côté, Monsieur Bousquet fait de gros efforts...

    Mais disons que son jupon dépasse un ti peu il me semble...

    Sa façon de voir les chose relève de la pensée unique qui est le «tout à la question nationale» en plus du «tout aux sondages».. Ce qui apparaît à la fois dépassé et parfait pour renier ses convictions, puisque c'est une méthode qui n'a tendance qu'à remettre les mêmes vieux partis au pouvoir en plus de maintenir les mêmes régimes désuets en place, alors qu'on essaie d'en sortir..

    Étant donné que la différence entre le PQ et le Parti libéral est si ténue...Je recommanderais plutôt aux citoyens de voter «selon leur conscience» pour le candidat le plus différent des libéraux, le plus progressiste et qui est le plus crédible pour changer le bordel du régime politique dans lequel le Québec s'est empêtrer depuis 40 ans.

    En politique, chaque vote compte pour financer et faire avancer le parti politique que l'on appuie et qui portera nos convictions pour faire avancer nos valeurs sur la place publique durant les 4 ou 5 années suivantes....

    En ce sens, chaque vote «compte» pour faire circuler ses idées et faire pression à la fois sur le gouvernement et sur tous les autres partis...

    Avec les libéraux nous aurons droit au fédéralisme de droite…

    Et avec le PQ nous aurons doit à la droite provincialiste...

    Devant une telle richesse de "variétés" de positions..

    Je propose donc de voter différemment et courageusement.

    Ça fait 40 ans qu'on a droit au même show plate au Québec..

    Un peu d'air frais ne pourra que nous faire que du bien...

    De toutes façons… De la manière dont ça se passe avec le PQ… Il semble que ce devra être la société civile qui devra se prendre en main et s'occuper de la question nationale...

    Car on le sait… Avec Pauline...

    Les prochaines élections générales ne porteront même pas sur la souveraineté du Québec...

    Ce n'est donc même pas un enjeu valable…

    Bonne réflexion…

    Bonnes élections…

    Christian Montmarquette

    .

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mardi 16 mars 2010 20h15
    Qui a peur de Virginia Wolf.....
    Dernièrement, à l'occasion de la journée de la femme, Pauline Marois nous a révélé ce côté sombre de sa personnalité et des véléités qu'elle entretient à l'égard de Jean Charest.

    La question qui se pose est: "pourra-t-elle s'arrêter à temps...et réfréner les instincts qui l'habitent"; c'est très inquiétant et ça demande investigation!

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