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Le gouvernement Charest - Une passivité dommageable

Bernard Descôteaux   16 mars 2010  Québec
L'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest est telle que si des élections avaient lieu aujourd'hui, le Parti libéral retournerait à l'opposition, nous dit un sondage Léger Marketing-Le Devoir. Le Parti québécois l'emporterait, mais ce serait par défaut puisqu'il n'enregistre aucun progrès. Un sondage qui donne matière à réflexion à l'un comme à l'autre parti.

Le contraste est patent. Les premières années des libéraux au pouvoir furent marquées par de forts taux d'insatisfaction. Son attitude de matamore avait soulevé l'ire de tous les groupes de pression, à tel point qu'à l'élection de 2007, il n'obtint que 33 % des suffrages pour se retrouver minoritaire. Jean Charest comprit et fit la paix avec ses opposants, ce qui lui valut d'être réélu avec 42 % des suffrages. Or, 16 mois plus tard, il revient à la case départ avec un taux d'insatisfaction de 70 % et des intentions de vote de seulement 32 %.

Si cela va mal pour ce gouvernement, ce n'est surtout pas parce qu'il est en mode d'affrontement avec qui que ce soit, c'est plutôt le contraire. C'est sa passivité qui pose problème. Les débats traînent et perdurent, qu'il s'agisse de la laïcité, de l'éthique des élus, de la langue, des problèmes dans le monde de la construction, des hôpitaux universitaires ou encore de la gestion des urgences dans le système hospitalier. La perception négative est telle que même ce qu'il fait bien, comme la promotion économique du Québec à l'étranger, est reçu négativement.

Ce gouvernement aura bientôt sept ans. Sa fatigue devient de plus en plus évidente. L'état général du système de santé et la situation particulière des urgences le démontrent bien. En 2003, il avait promis de reconstruire ce que les gouvernements péquistes avaient détruit par la mise à la retraite de cohortes de médecins et d'infirmières. De l'entendre encore rejeter la responsabilité sur le Parti québécois et réclamer cinq autres années pour redresser la situation n'est pas crédible. Au bout de sept ans aux commandes, on se serait attendu à de réels progrès, à défaut d'avoir rempli son engagement.

L'actuel ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, manque d'autorité, comme plusieurs autres ministres. La récente volte-face du ministre de la Famille, Tony Tomassi, sur la religion à la garderie illustre éloquemment l'indécision qui est devenue la marque de commerce de ce gouvernement. Une indécision que seul Jean Charest peut corriger en exerçant davantage son autorité de premier ministre. Dans le passé, on a reproché à un Lucien Bouchard d'avoir été un chef de gouvernement trop présent. Personne ne doutait toutefois du fait qu'il y avait un capitaine à bord de son bateau et que le gouvernement gouvernait. Le prochain budget permettra de juger de la capacité des libéraux de prendre des décisions difficiles.

Le travail d'opposition du Parti québécois a mis en lumière les faiblesses du gouvernement libéral, mais, curieusement, il n'en récolte pas les fruits. La confiance à l'endroit de son chef, Pauline Marois, demeure stable tandis que le parti lui-même perd quelques points sur le plan des intentions de vote. Son agressivité à l'Assemblée nationale explique qu'il soit perçu davantage comme parti d'opposition que comme parti de gouvernement. Sa crédibilité reste à établir sur ce plan. Il faudra voir le mois prochain si le recentrage entrepris ce dernier week-end par Mme Marois pour ce qui est de ses politiques économiques accroîtra l'intérêt à son égard.
 
 
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  • Marc O. Rainville
    Inscrit
    mardi 16 mars 2010 09h49
    Politiciens fatigués
    ''Ce gouvernement aura bientôt sept ans. Sa fatigue devient de plus en plus évidente.''
    Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi les commentateurs politiques utilisent ce concept d'épuisement du politicien ou du gouvernement. Mais bon, j'imagine que c'est une métaphore appropriée si on considère qu'on fait affaire avec un corps politique. J'aimerais proposer un concept de mon crû, le dopage des politiciens. Bien sûr, il est évident que certains en fument du bon. Quand je parle de dopage du politicien moyen cependant, je fais référence à un ensemble de pratiques et de comportements plus ou moins occultes en rapport avec le financement de sa campagne, de ses petites et grandes largesses à son endroit ou à celui de ses proches, toutes pratiques s'exercant à la limite on en marge, dans les cas aigus, de son serment d'office.
    Je pense à certains athlètes qui nient avec véhémence leur addiction. Je pense à certains politiciens...
    Dopés, je vous dis !

  • Claude Champagne
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 11h35
    rectification historique
    M. Descôteaux s.v.p passer le mot quand vous et vos collègues, parler des ratés de la santé vous avez la mauvaise habitude d'assommer le Pq. Mon histoire me dit que durant le mandat du gouvernement Libéral fédéral Chrétien (1995-94-95) en particulier son ministre des finances P. Martin, pour atteindre de déficit zéro ils ont sabré dans les transfert aux provinces (chiffré dans les milliards). De plus le parti Libéral provincial qui précédait le gouvernement Pq, ont laissé en héritage un déficit colossal. Le choix de L. Bouchard était la décote chez standard and poor de New-York où la dérive... comme l'histoire se répète.

  • emeri
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 13h28
    Et le référendum de 1995!
    @Jean Desjardins. Vous dites que tous les partis politiques ne font
    que de la politicaillerie?
    Monsieur, s'il vous plais, rapellez-vous Jacques Parizeau avec le PQ
    qui ont organiser un référendum perdu par un poil. Un politicailleur vous dites?
    Réjean Grenier, Mont-Laurier
    rapellé

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 14h27
    Le climat était similaire à celui qui précédait la première élection du PLQ
    Ce n'est pas la joie délirante non plus quand Jean Charest a remporté sa première élection. La campagne a oscillé entre l'ADQ, le PQ pour finir avec le PLQ. Là aussi, on n'était pas très entiché du choix qui s'offrait.
    La vague de fond, c'est que ce gouvernement est fatigué. Plus fatigué que ne l'a jamais été un de ses prédécesseurs Bourassa et Landry. La perception qu'on a de l'aptitude d'un chef à devenir premier ministre est fluctuante - suffit souvent d'un débat des chefs pour la changer. Mais au final, dans l'isoloir, quand on hésite et qu'on a un gouvernement dont on ne veut plus, les gens finissent par dire "pourquoi pas"?
    C'est probablement ce qui est le plus difficile à combattre pour un gouvernement en place.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    mardi 16 mars 2010 19h06
    @ Réjean Grenier
    Vous interprétez mal mon commentaire, monsieur Grenier.

    Je fais la différence entre les politiciens qui ont eu d'autres carrières dans différents domaines avant de venir en politique et ceux qui ont bâti une carrière …uniquement à faire de la politique. Prenez le cas de Jean Charest, par exemple. Qu’a fait concrètement ce gars avant de venir en politique ? Ceci n’expliquerait-il pas sa tendance lourde à ‘politicailler’ et à offrir le néant comme solution aux problèmes du Québec ? En ce qui a trait à Jacques Parizeau, pour lequel j’ai un respect inestimable d’ailleurs, son curriculum vitae précédent sa venue sur la scène politique en a fait un homme politique d’envergure qui savait d’expérience ce qu’il avançait. C’était d’ailleurs le cas à l’époque de Jean Lesage et lorsque René Lévesque a formé ses premiers cabinets; sûrement les meilleurs que le Québec aura connus au cours son histoire. Malheureusement, les hommes de cette trempe se font rares présentement aussi bien au PLQ qu’au PQ. Par exemple, comment expliquer le retrait de la politique de personnalités aussi intéressantes que Joseph Facal et François Legault ? Se pourrait-il que des personnalités de ce type ait été considérées ni plus ni moins comme ‘persona non grata’ au PQ parce qu’ils offraient autre chose que de la politicaillerie ? Des gens valables et compétents qui ont le malheur d’être de méchants adeptes du néolibéralisme paraît-il !

    Je suis prêt à m’amender si on me fournit une liste crédible de députés actuels du PQ (oublions le PLQ, pour l’instant qui se situe au troisième sous-sol de l’incompétence, …excluant toutefois M. Bachand) qui ont des réalisations significatives dans leur métier, leur profession, leur expérience professionnelle, leur sens de l’entrepreneurship, etc. et qui peuvent s’appuyer sur ces acquis pour se transposer en politiciens (et ministres éventuellement) crédibles et compétents. Je suis convaincu qu’il en existe quelques uns, bien sûr, mais force est d’admettre qu’ils sont une infime minorité, présentement. Dommage parce que c’est de cette profondeur dont nous avons besoin pour espérer une gouvernance attrayante et prometteuse pour les Québécois. Et ce, tous partis confondus.

    Ceci dit, je puis m’accommoder de quelques députés qui ont peu ou pas d’expérience autre que de faire de la politique. Pourquoi pas ? Là où le bât blesse, c’est lorsqu’ils sont trop nombreux au point de devenir une majorité et que ces derniers pensent réellement faire de la politique crédible en faisant …de la politicaillerie ou en jouant aux grands gestionnaires d’expérience en s’appuyant sur des réalisations personnelles d’envergure somme toute très réduite !!!

    Jean Desjardins
    Ville de Laval

    P.S. Allez consulter le commentaire de M. Kaomax intitulé : « Questions et hypothèses » suite à la chronique de Alec Castonguay, aujourd’hui même, et vous comprendrez davantage mon point de vue en regard des exigences de l’emploi de politicien compétent et crédible.

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