Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Charest et le PLQ en forte chute

Jean Charest: une popularité en baisse
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean Charest: une popularité en baisse

Le dernier mois a été particulièrement pénible pour le gouvernement Charest, alors que tous les indicateurs sont en forte chute, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir.

La relance du débat sur les accommodements raisonnables, l'enseignement religieux dans les garderies, la crise dans les hôpitaux et les nouvelles révélations dans le domaine de la construction ont plombé les intentions de vote du Parti libéral du Québec (PLQ) et fait bondir le taux d'insatisfaction, qui atteint un sommet. De plus, pour la première fois depuis 2007, Pauline Marois est perçue comme étant celle qui ferait le meilleur premier ministre.

Depuis 2003

En fait, le taux d'insatisfaction à l'égard du gouvernement Charest n'a pas été aussi élevé depuis... 2003, au plus fort de la tentative de réingénierie de l'État par le gouvernement, alors que les syndicats étaient dans la rue. L'actualité des dernières semaines a visiblement de nouveau soulevé la grogne de la population, au point que le taux d'insatisfaction atteint maintenant 70 %. En février, il était de 62 %, soit une hausse de 8 % en à peine un mois.

Moins d'une personne sur quatre (24 %) se dit satisfaite du gouvernement Charest. Les «pas du tout satisfaits» sont 32 %, alors que les «très satisfaits» sont seulement 3 %.

«Le sondage a été mené la semaine dernière, soit pendant que le gouvernement était embourbé dans plusieurs dossiers, dit Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing. Et les gens n'aiment pas ce qu'ils voient. Depuis 2003, on n'a jamais eu un taux d'insatisfaction aussi élevé à l'endroit du gouvernement.»

M. Bourque ajoute que le premier ministre Jean Charest a été peu présent depuis quelques semaines. «Les citoyens s'attendent à ce que leur leader soit au rendez-vous lorsqu'il y a des crises et qu'il réponde aux questions. Ça joue certainement dans les résultats.»

Le sondeur estime que le budget provincial, qui sera déposé dans moins de deux semaines, sera peut-être l'occasion pour le gouvernement de reprendre le contrôle de l'ordre du jour politique.

Intentions de vote

Cette mauvaise période politique pour les libéraux se répercute dans les intentions de vote, puisque le PLQ récolte 32 %, une baisse de 5 % depuis février. Cet affaissement dans les intentions de vote ne profite toutefois pas au Parti québécois, qui est stable, à 38 %. Les troupes de Pauline Marois poursuivent leur domination chez les francophones, avec 45 %, alors que le PLQ récolte 25 %.

La baisse du PLQ et la stagnation du PQ semblent profiter aux autres partis, qui sont en légère hausse. Ainsi, Québec solidaire passe de 6 % à 10 % dans les intentions de vote depuis un mois. Le Parti vert et l'ADQ prennent un petit point, ce qui est par contre inférieur à la marge d'erreur du sondage. L'ADQ récolte 10 % et le Parti vert, 7 %.

Christian Bourque affirme que les gens expriment leur insatisfaction en «stationnant» leur vote dans les plus petits partis, ce qui se produit régulièrement entre les élections.

Marois comme meilleur premier ministre

La même courbe descendante pour le PLQ est visible dans la perception des chefs, puisque Jean Charest perd des plumes. Pour une rare fois, plus de Québécois estiment que Pauline Marois ferait un meilleur premier ministre. Ainsi, la chef du PQ recueille 24 % d'opinions favorables, contre 20 % pour Jean Charest. En février, M. Charest était quatre points devant Pauline Marois (28 % contre 24 %).

«La dernière fois que Marois a été devant Charest, c'est pour une courte période en 2007, au moment où Pauline Marois est devenue chef du PQ», affirme Christian Bourque, qui note cependant le peu d'enthousiasme des électeurs, puisque 41 % des gens n'ont pas répondu à cette question ou ne savaient pas quoi répondre.

Amir Khadir, de Québec solidaire, est perçu comme le meilleur premier ministre par 9 % des répondants, suivi de Gérard Deltell (6 %) et de Guy Rainville (2 %).

Ce sondage a été réalisé en ligne auprès de 1000 répondants du 8 au 11 mars. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.
57 commentaires
  • Kaomax - Inscrit 15 mars 2010 01 h 23

    Ce que veut le peuple Québécois ...

    Ce que veulent les Québécois, c'est un gouvernement propre. Un représentant qui, hors de tout doute, travaille dans les intérêts des Québécois (ses clients) et non à retourner des faveurs, à ceux qui semblent le(la) mettre en place.

    Le monde de la construction sent mauvais et l'odeur approche celle de la putréfaction, autant que ça fait longtemps que ça pue.

    Et ceci sans oublier toutes les "administrations" qui sentent pas très propre dans ce qui a trait de la gestion de nos argents publics.

    Nous ne demandons pas de miracle, nous demandons une gestion "propre" de nos finances publiques. C'est certain qu'il faudrait revoir le salaire offert à un premier ministre. Et même y ajouter des clauses de bonification pour un "chef d'orchestre" qui s'appliquerait à faire remonter considérablement la position économique du Québec (mieux cibler les exportations et surtout de cesser de toujours dépendre des américains, pour les voir faire la pluie et le beau temps) Un leader parlementaire devrait en priorité voir à permettre aux Québécois d'exporter davantage. Parmis nos richesses, notre grande expertise dans les nouvelles technologies. (ça se fabrique pas pour 1$ en Chine). Ce sont des ressources d'expertises qui devraient davantage vendre le Québec au reste du monde. Et ce n'est pas en répétant Duplessis qui vendait notre fer à 1 cent la tonne, qui va nous permettre de remonter notre situation économique.

    Dans la santé, dégraisser la grosse administration inutile et mettre plus de joueurs à donner les services aux citoyens. Ça va régler les grands problèmes et surtout les coûts inutiles. Quand ton armé représente 10 chefs pour 1 guerrier, ça ne fonctionne pas. Dans plusieurs ministères c'est aussi le cas. Il faut revoir les organigrammes et donner l'emphase sur ceux qui sont sur le terrain et non d'engraisser une gestion inexploitable.

    Quand on regarde ce qui s'est produit avec la Caisse de dépôt et les bonifications anormales qui ont été octroyés, c'est d'un ridicule pathétique.

    Maintenant quel(s) politicien(s) peut (peuvent) s'afficher devant nous et nous donner la confiance, celle même pour le poste dont il postule en nous demandant notre vote ? (ne perdons pas de vue, l'esprit même de la démocratie)

    Doit-on en venir à demander une enquête pour le "niveau de sécurité" admissibles des candidats ? Tel qu'il est pratique courante pour certains professionnels appelés à travailler dans certaines sphères de l'état, à titre de consultant.

    Si nous devons en venir à de telles procédures, quel corps policier sera le plus fiable en la matière ?

    Bref, malgré que nous devenons des espèces d'esclaves, à devoir travailler plus d'heures pour combler les hausses de taxes qui ne cessent d'affluer, en raison particulièrement par des gestions complètement à revoir, messieurs et mesdames les politiciens, soyez sur vos gardes, le peuple n'est pas aveugle et surtout pas remplis que d'idiot près à croire n'importe quoi.

  • Jean-François Trottier - Inscrit 15 mars 2010 04 h 22

    Popularité sans précédent.

    Effectivement, du jamais vu. Stupéfiant.
    Sincèrement, ça lui coûterait quoi de la faire, son enquête publique? Ce n'est pas comme si il pouvait tomber beaucoup plus bas. Si on additionne les votes systématiquement libéraux (vote anglo et allophone, vote de la région de l'Outaouais, vote de fonctionnaires fédéraux...), à 32%, il ne va pas chercher grand monde. C'est simple: Il lui reste juste ceux qui votent PLQ parce qu'ils ont toujours voté PLQ. Les autres sont TOUS en train de passer à un autre appel.
    Il commence à être temps!

  • Nestor Turcotte - Inscrit 15 mars 2010 07 h 30

    Étonnant ?

    LE PQ ne récolte pas la grogne générale. Il stagne. Pas bon signe.

    L'arrivée d'un nouveau parti polique québécois modifierait toute la donne. Il vient.

  • Bernard Lorazo - Abonné 15 mars 2010 08 h 01

    Faut-il s'en étonner?

    Le PLQ a été porté au pouvoir en 2003 après que M. Jean Charest eut répété "ad nauseam", lors de sa confrontation avec M. Bernard Landry, sa petite phrase "Nous sommes prêts". Tout un chacun avait compris "Nous sommes pêts à gouverner". Quand on regarde le bilan des sept dernières années, principalement en santé et en éducation, il n'y a pas de quoi pavoiser, loin s'en faut. Il eut donc fallu comprendre "nous sommes prêts à ... ne rien faire". Et il nous faut remercier M. Charest pour tout ce temps perdu.

  • Bernard Gervais - Inscrit 15 mars 2010 08 h 10

    Un gouvernement fatigué dirigé par un chef souvent absent

    Je suis assez régulièrement les débats de l'Assemblée nationale à Télé-Québec et, franchement, le membres du Gouvernement actuel me donnent de plus en plus l'impression d'être au bout du rouleau.

    C'est notamment le cas pour le docteur Bolduc qui occupe le poste très difficile - on l'a vu récemment avec ce qui s'est passé à l'hôpital Maisonneuve) - de ministre de la Santé. Même remarque concernant la ministre Lise Thériault, quand elle a répondu aux questions des partis d'opposition au sujet d'une enquête nous montrant que tout n'est pas rose dans les CHSLD.

    Si, au moins ces ministres se sentaient appuyés par leur chef, mais ce ne semble guère être le cas. Le premier ministre, Jean Charest, nous donne plutôt l'impression qu'il préfère le plus souvent les envoyer seuls au champs de bataille et, quand il est lui-même présent (chose de moins en moins fréquente car M. Charest voyage beaucoup !), il sort toujours sa cassette (tout ça est la faute de l'ancienne administration péquiste !) pour expliquer les problèmes que nous vivons au Québec !