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Mandat d'arrestation contre l'ex-d.g. de la FTQ-Construction

Le PQ réitère sa demande de tenir une enquête publique sur la construction

Kathleen Lévesque   12 mars 2010  Québec
Après les allégations de collusion, de trucage d'appels d'offres et des gestes d'intimidation sur les chantiers de la Côte-Nord, l'industrie de la construction continue d'être secouée, cette fois par un mandat d'arrestation lancé mercredi contre l'ancien directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis. Un élément de plus qui milite en faveur de la tenue d'une commission d'enquête publique, a plaidé hier le Parti québécois.

Jocelyn Dupuis, qui a quitté ses fonctions en novembre 2008 avec une prime de départ de 140 000 $, fait face à trois chefs d'accusation: fraude à l'encontre de la FTQ-Construction, fabrication de fausses factures (208 au total) et incitation à commettre une infraction. Les faits qui lui sont reprochés auraient été commis entre décembre 2007 et décembre 2008.

M. Dupuis serait actuellement aux États-Unis. À son retour au pays, il doit se rendre à la Sûreté du Québec.

L'ancien directeur général de la FTQ-Construction aurait réclamé en six mois le remboursement de 125 000 $, notamment pour des dépenses de restaurants. Prévenu, le président de la FTQ, Michel Arsenault, aurait confronté M. Dupuis et demandé sa démission. Radio-Canada avait révélé l'année dernière les liens de M. Dupuis avec des membres du crime organisé.

La FTQ-Construction a rappelé par voie de communiqué avoir remis en octobre dernier les note de frais de Jocelyn Dupuis à son procureur. «Les factures originales avaient été subtilisées au printemps 2008 des bureaux de la FTQ-Construction», a-t-on souligné. Il y a un an, la Sûreté du Québec a pris possession des livres comptables de la FTQ-Construction.

Le mandat d'arrêt contre Jocelyn Dupuis a eu des répercussions hier sur la colline parlementaire, à Québec. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a saisi l'occasion de réitérer sa demande d'une enquête publique sur la construction.

En conférence de presse, elle a soutenu que les enquêtes policières n'avaient pas eu grand résultat jusqu'à maintenant, alors qu'une enquête publique permettrait de faire les liens entre chaque élément problématique qui a été mis au jour au cours des derniers mois. «Il n'y a pas eu grand monde qui a été accusé», a laissé tomber Mme Marois. Pour la chef du Parti québécois, le mandat contre Jocelyn Dupuis sans enquête publique a des allures d'«un remède alors que l'on connaît mal l'ampleur du problème et de la maladie».

De la même façon, la chef péquiste croit que les cas d'intimidation sur les chantiers de la Côte-Nord au centre de reportages de Radio-Canada nécessitent plus qu'une enquête policière comme l'a demandé le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. «Qu'est-ce qu'ils attendent? Qu'il y ait un drame, qu'il y ait un saccage quelque part, que les gens se cassent la gueule — excusez-moi, là — se tapent dessus? Bien, à mon point de vue, un gouvernement responsable devrait agir de façon responsable. Il ne le fait pas», a constaté Pauline Marois.

Dans les rangs de l'ADQ, la critique Sylvie Roy a fait remarquer que ce n'était «même pas l'escouade Marteau», mais «l'escouade Diligence» qui a conduit au mandat d'arrestation de l'ex-d.g. de la FTQ-Construction. L'escouade Marteau n'est pour rien non plus dans l'émission du constat d'infraction pour intimidation contre Bernard Gauthier.

M. Gauthier est l'un des hommes forts de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord pour le «local 791» (opérateurs de machinerie lourde). Dans une entrevue exclusive au Devoir hier, il a montré du doigt la CSN, qu'il accuse de jouer les trouble-fêtes et de nourrir l'idée selon laquelle les problèmes d'intimidation sont chose courante sur les chantiers. Surnommé Rambo par les syndiqués, Bernard Gauthier nie catégoriquement avoir fait de l'intimidation, d'avoir proféré des menaces ou d'avoir discriminé des travailleurs d'autres centrales syndicales. «Ça fait six ans tabarnak, que la CSN est après moi», a-t-il lancé au Devoir.

Habitué aux discussions viriles, M. Gauthier a invité l'opération Marteau à enquêter. Il dit se réjouir que les services policiers puissent nettoyer le monde syndical. «Je suis content, esti! S'il y a du monde qui sont pourris là-dedans, ben ils paieront pour, câlisse!», a clamé Bernard Gauthier.

Dans les coulisses de la FTQ, on tenait hier le même discours, laissant entendre que les allégations des derniers jours relevaient peut-être d'un règlement de compte syndical. La construction est un fief majoritaire de la FTQ. La CSN ne représente que 15 % des travailleurs.

Chose certaine, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, n'a pas hésité mercredi à remettre en question les façons de faire actuelles dans l'industrie de la construction. Selon la chef syndicale, il n'est pas normal que les syndicats qui ont des intérêts particuliers contrôlent le placement des travailleurs dans les chantiers de construction à travers la province. La CSN souhaite que le gouvernement mette cette responsabilité entre les mains d'un organisme indépendant.

Par ailleurs, Mme Carbonneau a affirmé que la situation n'influence en rien les relations entre les deux syndicats, qui participent au front commun mis en place pour les négociations dans le secteur public. «Le front commun n'est pas l'arbitre de tous les litiges intersyndicaux au Québec. On a une différence de vues sur la façon d'organiser les relations de travail dans le secteur de la construction. Je suis prête à en débattre visière levée avec mes collègues», a-t-elle indiqué.

Mme Carbonneau a souligné que l'État doit jouer son rôle de régulateur, d'autant plus que le problème n'est pas nouveau. La CSN propose qu'un comité indépendant réfléchisse sérieusement à l'organisation du travail dans le secteur névralgique de la construction. «Je suis un peu exaspérée de voir le laxisme du gouvernement devant de telles choses», a-t-elle laissé tomber.

La députée adéquiste Sylvie Roy a repris à son compte hier la proposition de la CSN qui permettrait, selon elle, de faire le ménage. Il faut que cessent l'intimidation et le harcèlement, a-t-elle argué. «Il faut fermer le robinet, c'est-à-dire avoir un bureau de placement indépendant», a déclaré Mme Roy.

Hier, la FTQ n'a fait aucun commentaire sur la situation actuelle, qui met à mal son image. Son président, Michel Arsenault, devrait réagir aujourd'hui aux différents reportages des derniers jours.

***

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
 
 
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  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 08h07
    Le prix de l'intimidation
    Quand on pense aux méthodes d'intimidation - méthodes de gros bras ! - utilisées par les syndicats sur certains chantiers (bon sang, les travailleurs et les employeurs sont pris en otages !), ce qui leur permet bien sûr d'imposer des tarifs élevés pour le travail fait par leurs membres et d'obliger ceux-ci à leur payer de fortes cotisations, ne soyons pas surpris si des travaux importants du Gouvernement (la Baie James, les Jeux de 1976, la Gaspésia, le prolongement du métro et autres) ont coûté si cher aux contribuables !

    Pourquoi, comme le réclament pourtant les partis d'opposition, le premier ministre Charest ne crée pas une commission pour faire la lumière sur toutes les pratiques douteuses du monde la construction ? Certains disent qu'il n'ose pas agir en ce sens afin de ne pas troubler la paix sociale ! ! !

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 08h08
    Désolé
    « Désolé, je ne pourrais me soumettre à un interrogatoire avant la fin de mes vacances en Californie », semble dire ce monsieur qui s'est graissé la patte dans le trésor de la FTQ.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Sanzalure
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 08h08
    Une enquête sur le premier ministre
    Devant les refus répétés du premier ministre de tenir une enquête sur l'industrie de la construction, je crois qu'il faudrait réorienter le tir et commencer par tenir une enquête publique sur Jean Charest.

  • Paul-André Bouchard
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 08h18
    Ça me fait peur ...
    Une chance qu'il y a l'émission Enquête.... autrement RIEN ne bougerait !
    QUI a intérêt à ce que rien ne bouge ?
    Merci à ces journalistes qui font le travail que les "gens au pouvoir" ne veulent pas faire.

  • Blatte
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 09h15
    À voir...
    Une belle illustration du sujet.

    http://www.unmondeblatte.com/

    Délicieux! ; )

  • Sator
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 10h22
    Je Me Souviens
    Les Liberaux ce parti sans vergogne nous ment en pleine face, et en plein jour, et en plus ils sont devenus arrogant et même si la quasi-totalité des Québécois l’a réclamé, le gouvernement Charest élu par le peuple refuse toujours pour des raisons tellement évidentes de tenir une enquête publique approfondie. C’est pas d’hier que les libéraux les gros contacteurs et les syndicats ont des accointances souvenons nous de Beaver asphalte et du gouvernement Bourassa C’est incontestable qu’ils ne veulent surtout pas faire d’enquête c’est l’hypocrisie qui y règne, mais la ou cela devient encore plus insidieux c’est qu’ils font les vierges offensées. Et quand ils ouvrent la bouche c est pour dire des âneries chez nos libéraux on voit bien c est devenu le bar open et qu’il y en a beaucoup plus que l’on pense qui ont les, mains dans le sac et ce n est que la pointe de l’iceberg .vivement une enquête Gomery sur au parti libéral et toutes ces accointances corrompues. Et après on vient nous parler de déficit d’augmentation de tarifs tous azimuts de taxe et d’impôt faut-tu être crasse.
    Si ce gouvernement n’est plus en mesure d’administrer le Québec alors qu’ils ne démissionnent en bloc et vivement une élection
    Ya pas personne qui va pleurer

  • richard lepage
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 11h25
    Que cachez-vous M. Charest?
    En pleine crise, alors que tout le monde réclame une enquête publique, M. Charest coupe de moitié ( de 8 millions à 4 millions) le budget spécial de la commission de la construction pour des enquêtes sur les irrégularités dans la construction, et particulièrement le travail au noir. Après ça le premier ministre nous dit que la C.C.Q. va faire la lumière sur cette industrie, comme la police qui va faire des poursuites si nécessaire...

  • TRIPOD
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 11h47
    Pourquoi ? Parce que ...
    "Pourquoi, comme le réclament pourtant les partis d'opposition, le premier ministre Charest ne crée pas une commission pour faire la lumière sur toutes les pratiques douteuses du monde la construction ? "

    Parce que c'est un fait pourtant bien connu, la mafia c'est "rouge libéral" autant au fédéral qu'au provincial et que Monsieur Charest ne veut surtout pas nuire à ses petits amis !

  • Marc-André Dupont
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 12h16
    Une commission d'enquête s'il vous plait!
    La commission d'enquête sur l'industrie de la construction est devenue urgente.

    Si le gouvernement Charest continue de s'objecter il nous confirmera qu'il est complice de toutes ces magouilles, de toute cette corruption.

    Quand un député libéral aura-t-il le courage de dire à son chef qu'il faut qu'il accepte la demande de la population.

    J'ai l'impression que les députés libéraux de l'Assemblée Nationale du Québec ont oublié pour qui il travaille... qui est leur patron.

    C'est le peuple du Québec. Pas les amis du PLQ.

  • Maryanne
    Inscrite
    vendredi 12 mars 2010 13h33
    Le far west édition 2003
    Comme l'a suggérer précédemment nous devrions demander un enquête sur charest. Il doit comme premier ministre administrer pour le bien commun de tous les québecois et non pour ses petits amis.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 15h40
    Pourquoi se cachent-ils?
    J'entendais le président de la F.T.Q. mettre en doute les plaintes formulées par des syndicalistes sous le couvert de l'anonymat. Ils se cachaient sous une "cagoule" disait-il et pour cela il ne croyait pas leurs doléances.

    Alors pourquoi se cachaient-ils alors? pour s'amuser? pour rigoler?
    Non c'est parce qu'ils ont PEUR de représailles, de se faire casser les jambes, d'avoir du vandalisme sur leurs voitures.

    La CECO, enquête publique sur la construction n'a RIEN réglé et cela à coûté des millions. L'opposition veut reprendre le même processus qui NOUS coÛtera encore des millions de $$$$

    Comme le préconisait un analyste un Comité extérieur aux Syndicats devrait engager électriciens, opérateurs de machine selon leurs compétences.

    Les Syndicats ne sont pas les patrons à ce que je sache.
    Au Québec les syndicats mènent en rois et maîtres.
    Ils usent de représailles, d'intimidations, de menaces....tout le monde sait ça...

    Alors que le président de la FTQ vienne jouer à la VICTIME...ça ne prend pas.

    Les seuls qui ont retiré des bienfaits de la CECO sont les avocats
    ils ont rempli leurs poches...et gageons que c'est pour cela que plusieurs
    voudraient ENCORE une enquête publique sur la construction.

    S'il y a des patrons pourris, voleurs profiteurs
    il y a aussi des syndicalistes corrompus, profiteurs et pleins de fric...

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 12 mars 2010 16h04
    Un espoir
    Je m'obstine à espérer que les Québécois prennent conscience du fait que Jean Charest a mis le Parti libéral du Québec à sa main, une main « arthritiquement » conservatrice.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 21h08
    Rien de plus
    Et puis Accurso n`a rien à craindre.

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