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Religion à la garderie - Les girouettes

Marie-Andrée Chouinard   11 mars 2010  Québec
Quel spectacle d'incohérence que celui offert cette semaine par le gouvernement Charest! En l'espace de 24 heures, l'enseignement de la religion dans les services de garde est passé de la normalité à l'inacceptable, et ce, dans la bouche du même ministre de la Famille, Tony Tomassi.

Mardi, pendant que celui-ci offrait une défense cotonneuse à l'existence des garderies subventionnées à vocation religieuse, sa collègue de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, se disait quant à elle «intraitable» sur l'interdiction de porter le niqab au collège. Deux acteurs d'un même gouvernement offrant un fascinant contraste: l'une, farouchement dérangée par le port du foulard islamique dans un cours de francisation — une fermeté que l'on salue, d'ailleurs; l'autre, au nom du respect des «valeurs familiales», indifférent au germe du prosélytisme à la garderie!

On le sait, M. Tomassi a changé son fusil d'épaule hier matin. Après avoir mené quelque élémentaire recherche, il a constaté qu'au moins une vingtaine de ces services de garde subventionnés offraient l'enseignement religieux en sus du programme éducatif prévu par le ministère. Il décrète que ce ne sera plus possible. Désintéressé la veille, il devient soudain inflexible. S'il veut aller au bout de sa logique, il doit clarifier la loi. La place de la religion à la garderie, dans une société qui vient à peine de déconfessionnaliser son réseau scolaire, est une pure aberration.

Une fois de plus, il n'y a pas de cohésion de la part de ce gouvernement dans des dossiers qui appellent, de toutes leurs voix et de manière urgente, la clarification des termes de la société québécoise laïque. Ceux qui s'obstinent à ne pas préciser ces termes ne peuvent plus prétexter la nouveauté et l'inédit: n'est-ce pas ce gouvernement qui a lui-même tenté de calmer le jeu en créant la commission Bouchard-Taylor en 2007? Depuis la tombée de leur rapport, dont la demande d'un livre blanc sur la laïcité a été spectaculairement ignorée, Québec patauge dans ce marécage comme un gouvernement novice. Les médias sonnent l'alarme, les girouettes ministérielles tournent au vent. Cela n'a même plus l'heur de divertir. C'est plutôt embarrassant.

Quel brouillard! Comment se fait-il que le ministère de l'Éducation, qui a entrepris de faire respecter son régime pédagogique par certaines écoles religieuses récalcitrantes, n'a pas pensé aller fureter du côté des garderies, qu'on dit le prélude à l'école?

C'est Jean Charest lui-même qui, dans son autobiographie publiée en 1998, avant son premier mandat de premier ministre, commentait la capacité des gouvernements à mener leur barque. «S'il y a une chose qui me fait frémir, c'est quand j'entends des gens dire: "Après tout, c'est le gouvernement, ils doivent savoir ce qu'ils font." Il ne faut jamais présumer qu'ils savent ce qu'ils font.»

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Lopez Alfredo
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 00h37
    la discrimination contre la religion
    L'interdiction de l'instruction religieuse dans les garderies publiques signifie que tout le monde paie des impôts mais seulement les non-croyants bénéficient d'une éducation financée par l'État: la "laïcité" ne signifie donc pas un État neutre, mais un système où les croyants subventionnent les athées. Ceux qui ont encore des doutes que la démocratie peut être la tyrannie de la majorité ont juste à se poser la question s'ils aimeraient la situation inverse: que l'État finance l'enseignement religieux avec de l'argent extorqué aux athées.

  • michel lebel
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 06h55
    Pas si simple!
    L'existence de garderies privées ethniques ou religieuses est tout à fait légale et ne va pas à l'encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne(art.20). L'autre question qui se pose: ces garderies ont-elles droit à des subventions gouvernementales? La réponse ne me semble pas claire, d'autant plus que l'État, par exemple, subventionne des écoles privées confessionnelles. En soi, l'État ne me semble pas tenu de subventionner ces institutions privées(écoles et garderies), mais une fois qu'il décide de le faire, toutes ces institutions devraient être traitées également. Autre chose est le traitement politique de la question...


    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

  • Fabien Nadeau
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 07h15
    Et l'accès?
    Je crois qu'il est fort correct de sortir la religion des garderies. Et n'en déplaise à M. Lopez, les croyants ne subventionnent pas les athées. Je ne crois vraiment pas que toutes les personnes opposées à l'enseignement religieux subventionné par l'État soient des athées. Ce sont simplement des personnes qui pensent que l'enseignement religieux leur appartient, que ce n'est pas à l'État de faire le travail!

    Mais je me pose une question: s'il y a une garderie qui porte un nom juif, où la majorité des enfants ont des parents juifs, un parent catholique peut-il y inscrire son enfant? Sinon, c'est de la discrimination.

    J'invite le ministre à approfondir son enquête: une garderie subventionnée n'a pas le droit de faire de la discrimination. Imaginez le tollé si une garderie à Drummondville, par exemple, refusait l'enfant d'un couple parce qu'il est juif. Ou noir... ou musulman...

  • François Laflamme
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 07h22
    @ M. Alfredo
    L'état québecois a financé l'enseignement religieux pendant des années avec l'argent des athées. C'est justement pour corriger cet état de fait que l'on a sorti la religion des écoles publiques (et qu'on s'apprête à le faire pour les garderies publiques).

    Contrairement à ce que vous affirmez, ce ne sont pas seulement les non-croyants qui bénéficient d'une éducation financée par l'état, tout le monde en bénéficie. On n'enseigne pas l'athéisme à l'école publique, pas plus que le christianisme ou le judaïsme! Que les catholiques enseignent le catholicisme, les musulmans enseigneront l'islamisme et l'État laïc veillera à ce que cela ne se fasse pas à partir de ces fonds.

  • Robert Aird
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 07h28
    Stupide
    Jamais entendu des propos aussi ridicules, M. Alfredo. Il y a une difference entre l'atheisme et la laicite!

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 07h51
    Pour Fabien Nadeau
    Ne vous en déplaise, la discrimintation dans les garderies, existe. Elle n'est pas instituttionnalisée, mais elle se pratique au quotidien apr les directeurs-trices, propriétaires d egarderie privées en milieu familiale.

    Anecdote: En 2008, nous cherchons une garderie pour notre jeune garçon. Je rencontre une dame d'origine québécoise dans le parc du quartier, proprio d'une garderie en mileiu familial. Elle fait jouer les enfants(clients) dans le parc. Ils sont au nombre de 9, tous sans exception, blanc et très Québécois de par leur nom. Nous sommes dans un quartier multiethnique habité par plus de 47% de la population née à l'extérieur du pays. L'année suivante, j'engage la conversation avec elle, m'apercevant que son groupe a augmenté de 9 à 12 enfants, toujours très blancs et Québécois. Cela me chicote. Je lui demande en faisant un test, même si notre jeune a trouvé sa garderie, s'il lui reste de la place, les tarifs, heures d'ouverture et fermeture. Elle me demande si c'est pour mon garçon, je lui réponds que oui. Elle me donne sa carte d'affaire et m'affirme qu'elle pourra m'accomoder en nous accordant une place d'ici deux semaines.

    Je l'appelle la semaine suivante, je lui affirme que notre garçon mange Hallal mais que nous pouvons apporter sa propre nouritture, si vous désirez pas en préparer. Elle se met à bafouiller, m'affirme qu'elle préfère réfléchir encore une semaine et en parler à son époux, en ajoutant en terminant cette phrase : « Vous savez c'est compliqué les immigrants, en tout cas, ils ont beaucoup de demandes, c'est pour cela que je préfère faire affaire avec des Québécois d'ici». Vous voyez un refus même si on est prêt à lui apporter sa propre nouritture.

    Elle a le droit de refuser un enfant,(sa gardeie lui appartient) issu d'un mariage interculturel, mais moi j'ai le droit de dire qu'elle pratique une discrimination envers ces enfants.

  • Line Légaré
    Abonnée
    jeudi 11 mars 2010 08h20
    Intégrer ou embrigader dès les premières années
    Une garderie c'est pour les enfants de 0 à 5 ans. En les confinant dans des garderies qui prônent déjà telle ou telle religion c'est les enbrigader à leur insu. À ce que je sache, les garderies partout dans la province ne font aucun enseignement religieux catholique et ce, depuis leur ouverture. Est-ce que les parents québécois se sont plaints de cette situation? Aucunement car de 0 à 5 ans, les enfants veulent juste apprendre et s'amuser tous ensemble sans distinction. Peut-être qu'une bonne partie de la population devrait retrouver cette simplicité enfantine et juste apprendre ce qu'est l'autre et peut-être n'aurait-il pas tendance à soustraire son enfant à la diversité. Dans ce cas-ci, les parents qui envoient leur enfant dans ces garderies à "saveur religieuse" devraient-ils comprendre que ce sont eux qui ne veulent pas être pluralistes....ne veulent pas s'intégrer...

    Line Légaré

  • Dany Leblanc
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 08h44
    Non à la ségrégation religieuse
    L'école et la garderie doivent être des lieux neutres où les jeunes de différentes origines ethniques puissent jouer ensemble.

    La religion doit être enseignée dans les lieux cultes comme l'église.

    Je ne veux pas d'une société qui fait de la ségrégation religieuse dès le plus jeune âge.

    La laïcité n'est pas l'athéisme mais la neutralité de l'état en matière de religion.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 08h55
    a duchesne
    Discimination mon oeil. Si votre enfant mangeait comme un enfant québécois, elle l'aurait accepté. C'est vous qui vous coupez de la société québécoise avec toutes vos folies religieuses
    Voulez-vs bien m'expliquer c'est quoi l'idée de manger de la nourriture halal au Québec, enAmérique du nord en 2010?

  • Line Légaré
    Abonnée
    jeudi 11 mars 2010 09h11
    @ M. Mehdi
    Une personne ne fait pas la majorité et je n'approuve pas le comportement de cette femme pour les mêmes raisons déjà évoquées.

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 09h12
    Il faut être cohérent!
    Dans la mesure ou la volte-face du Ministre indique clairement que la religion n'a aucune raison d'être dans un espace public, le gouvernement n'a d'autre choix que de fermer les facultés de théologie des universités du Québec.

  • Michele
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 09h17
    Les lois et le processus à suivre pour les garderies
    Il existe des règles et des processus en place. Avant de critiquer un système, il me semble que la connaissance de ces règles et des processus à suivre est un prérequis fondamental. Y a-t-il vraiment un problème ou encore une fois les médias se sont emparés d'un sujet qu'ils ne connaissent pas.

  • nilo
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 10h02
    L'enfant en premier
    Je partage votre point de vue, madame Légaré. L'enfant en premier.

    C'est d'ailleurs la première phrase de la section des Droits Économiques et Sociaux de la Charte Québécoise des Droits et Libertés de la Personne, qui se lit comme suit:

    "39. Tout enfant a droit à la protection, à la sécurité et à l'attention que ses parents ou les personnes qui en tiennent lieu peuvent lui donner."

    C'est exactement le cas dans une garderie. La tâche globale et essentielle de tout personnel de cette garderie consiste à tout mettre en oeuvre pour assurer la protection et la sécurité de chaque enfant et pour accorder à chacun la meilleure attention qui soit, à chacun comme si c'était son propre enfant.

    Cet article 39 clarifie donc le mandat d'une garderie. Il n'y est pas question d'enseignement religieux, de code vestimentaire, de port de signes distinctifs, etc.

    Un autre article de la Charte est intéressant, l'article 57 de la section des droits de la jeunesse, qui centre l'enjeu sur l'intérêt de l'enfant et le respect de ses droits. Ainsi, ça n'est même pas une discussion politique que de dire que l'intérêt d'un enfant, quel qu'il soit, est d'être le plus respectueusement possible socialisé afin qu'il se sente mieux dans la société d'accueil, à travers les exercices, jeux. saynètes, sorties, chants, etc que propose la garderie.

    Cela n'autorise donc nullement les intervenants en garderie à imposer leurs propres schémas de religion ni ceux des parents, le focus de toute garderie étant centré sur la protection, la sécurité, l'attention à l'enfant, le but global étant de considérer l'enfant dans une perspective de futur et non de passé, et ses droits, dans une perspective de réussite dans la société d'accueil, art. 57.

    Concernant l'article 20 de la Charte, cet article dirait, pour le cas qui nous occupe, qu'une garderie est un lieu de protection, de sécurité et d'attention à des tout petits, dans le meilleur intérêt de ces derniers afin de leur donner le maximum de chances de réussite dans la société d'accueil.

    En ce sens, les seules exclusions, préférences, ou distinctions qui seraient admissibles devraient se limiter à ce qui concernent la protection, la sécurité et la meilleure attention aux enfants. C'est pourquoi, l'enseignement religieux, qui est matière de croyance, donc d'une chose toute personnelle, ne saurait être imposé ni toléré dans le contexte des garderies, subventionnées ou pas.

    L'article 20 permet cependant, dans le recrutement et l'embauche du personnel d'établir des exigences de base, des habiletés et aptitudes qui peuvent déroger à l'article 10 et 11 lorsqu'elles servent la mission de la garderie, dont le but est spécifiquement centré sur l'éducatif, phase 1, soit protection, sécurité, attention à l'endroit de tout petits.

  • Fernand Ouellet
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 10h25
    Appel à la cohérence de la part du gouvernement et des journalistes.

    Mme Chouinard, puisque vous parlez d’incohérence, j’aimerais vous souligner une autre incohérence.

    Extrait du point de presse de M. Tony Tomassi, ministre de la Famille, le mercredi 10 mars 2010 :
    « Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est que dorénavant l'enseignement religieux ne sera plus accepté dans le réseau de services de garde subventionnés par le ministère de la Famille et des Aînés. Bien, je vous dis que dorénavant la religion n'aura plus sa place dans les services de garde subventionnés par le gouvernement du Québec.

    Il n'y a rien actuellement dans le règlement qui interdit d'inclure dans le programme éducatif une notion ou une place à la religion. Alors, c'est cette disposition-là qu'il va falloir vérifier. On va aller s'asseoir, on va aller rencontrer les services de garde pour qu'ils puissent dorénavant respecter...»

    Si je comprends bien l’affirmation du ministre Tomassi, parce que le ministère de la Famille et des Aînés subventionne des services de garde, il interdit tout enseignement religieux dans les services de garde subventionnés par l’État.

    Pourquoi ce raisonnement ne s’applique-t-il pas aux écoles privées religieuses qui sont également subventionnées par l’État? On estime qu’entre 80 et 90% des écoles privées subventionnées au Québec ont une mission religieuse. Est-ce parce qu’elles le sont subventionnées à 60% que le gouvernement peut se permettre de fermer les yeux sur l’enseignement religieux tout en l’interdisant dans les écoles publiques et dans les services de garde subventionnées à 100%? L’écart de pourcentage ne peut pas justifier cette incohérence.

    Ne serait-il pas cohérent et d’appliquer les mêmes règles dans tous les ministères. Pourquoi le ministère de l’Éducation ne met-il pas fin à ses subventions aux écoles privées ayant une mission religieuse ou un programme d’enseignement religieux ou un projet éducatif religieux ou offrant une formation religieuse ou véhiculant une tradition religieuse ou étant la propriété partielle ou totale d’un groupe religieux?

    J’aimerais bien que par cohérence avec votre article, vous souleviez cette incohérence dans un prochain article puisque les journalistes semblent être les seuls à pouvoir faire bouger ce gouvernement.

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 10h51
    la xénophobie de Rodrigue Tremblay
    Vous cacher très mal votre xénophobie et paranaoia avec des propos semblables. Et en plus vous semblez très confus en mélangeant un type de nourriture avec l,année 2010. relisez vous Bon Dieu ! Cela presse. Il se vend du bison dans certaines boucheries, viande pourtant consommé davantage au XIX ième siècle. Savez vous ce que c'est manger Hallal Monsieur ? C'est entre autres de vider l'animal de son sang avant de le mettre sur le marché. Qu'est ce que cela a à voir avec l'année 2010, l'année 1932, l'année 1850 ou 1345 ?

    Mon garçon est né au Québec d'un père d'origine Québéois de 13 générations. Et ne vous en déplaise, les jeunes Québécois ne mangent pas tous la même chose. L'Uniformité à la sauce nazi ou encore nord-coréeenne cela n'existe que dans votre imaginaire. Votre xénophobie et votre réflexe hérouxvillois vous emmènent même à vous en prendre à la nourriture que mangent les enfants. Vous êtes dans le délire le plus total Monsieur !!!!!

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 11h00
    Quelle dérive!
    Ça suffit la religion dans les garderies subventionnées par l'État! Quelle dérive!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 13 ans, encore moins à des bambins. On n’a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n’ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre ni leur sens critique.

    P.S. Au Québec, l’article 248 de la Loi sur la protection du consommateur stipule que sous réserve de ce qui est prévu par règlement, nul ne peut faire de la publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de 13 ans. Faudrait-il avoir moins de respect pour le cerveau des enfants que pour le porte-feuille de leurs parents?

  • Jean-Léon Laffitte
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 11h53
    VIVE LA LIBERTÉ! NON À L'INTOLÉRANCE!!!
    La laicité fermée est l'une des religions les plus dictatoriale et intolérante qui soit. Qui a le droit de dire aux parents ce que leurs enfants doivent croire? De quel droit les laicistes fermés s'arrogent-ils pour interdire aux parents de transmettre des valeurs autres que leur laicisme intolérant et intransigeant? Qui vous donne le droit d'imposer votre religion aux autres? A tous, sachez que vous avez le droit de vous dire PUBLIQUEMENT croyant ou pas, d'enseigner l'athéisme, l'agnosticisme, le bouddhisme, le laicisme, le christianisme, l'islam à vos enfants. Ils feront ce qu'ils voudront de l'héritage que vous leur laisserai, mais vous avez le droit de transmettre et de chercher un milieu de vie qui leur fera approfondir cet héritage sans que des inquisiteurs laicistes ne viennent s'interposer. A tous les laicistes fermés, vous êtes un modèle d'intolérance!

    Tous ont droit à une éducation pour leurs enfants qui respecte leurs convictions les plus intimes(Tant que cette éducation n'est pas un apprentissage de la haine, bien sûr) TOUS!!!

  • Sarnel Julian
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 12h17
    C'est incroyable cette chasse aux sorcieres
    Je veux savoir quelque chose. C'est quoi le programme scolaire de la garderie? Il y a des matieres specifiques a enseigner comme a l'ecole?
    Y-a t'il un examen de fin d'annee qui donne des obligations de resultats a l'echelle nationale?
    La garderie n'est juste qu'un camps d'ete, durant l'annee longue ou on essaie d'eveiller l'enfant et de l'occuper. Alors au lieu de dessiner Papa noel, et le caribou, il dessinera Moise et l'arche de Noe. Au lieu d'apprendre a chanter "mon beau sapin", il apprendra a chanter "Hannuka". Quelle belle affaire.
    Comme a dit Tommasi, le gouvernement finance des places en garderies, pas des programmes. Ce financement pourrait aussi bien aller directement dans la poche des parents pour qu'ils louent les services d'une nanny a domicile qui s'occuperait des enfants a plein temps.

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 13h36
    Pour faire du pouce sur les affirmations de M. Laffitte
    «Cesser de croire en une religion quelconque, c'est décider de croire en autre chose». Jean Claude Guillebaud, La force de conviction

    Et n'en déplaise aux intégrismes de la laicité, sur le plan moral dans une société libérale et démocratique vos croyances qu'elles soient envers les centres commerciaux, la bouffe biologique, les hambourgeois des Fast food, le déficit zéro, l'idéologie hérouxvilloise, l'étalement urbain, les tickets modérateurs, la liberté de fumer dans les espaces publics, la consommation de thon rouge, etc n'est pas plus ni moins égale à celles des autres. Sinon c'est la hiérarchie des droits et cela n'existe que dans les régimes dictatoriaux et répressifs.

  • Minona Minona
    Inscrite
    jeudi 11 mars 2010 14h12
    Soustraire l'enfant au monde
    Je me demande parfois si les parents musulmans habitant dans des pays à majorité musulmanes tiennent nécessairement tous à ce que leurs enfants soient dès la garderie plongés dans l'enseignement de leur religion ou s'ils considèrent suffisant de faire eux-même l'instruction religieuse de leur enfant.

    Je comprends que derrière le fait de vouloir pour son enfant des garderies et des écoles confessionnelles lorsqu'on appartient à une minorité religieuse se cache souvent la peur, bien compréhensible, de voir l'héritage culturel et religieux familial disparaître. Cependant, je crois que dans plusieurs cas, cela révèle plutôt une tentative désespérée de soustraire l'enfant à toute influence de la société d'accueil perçue comme corruptrice et nuisible.

    On ne peut pas parler ici d'une volonté de faire réellement partie d'une société. Si l'enfant se fait endoctriner dès qu'il sait marcher, de façon à ériger une barrière invisible entre lui et les "autres", on ne cherche pas à l'aider à s'intégrer au monde qui l'entoure mais plutôt à l'en isoler, pour limiter son univers aux "bons" enfants, ceux qui ont subis le même entraînement mental que lui.

    J'ignore si les demandes pour des garderies confessionnelles ont augmentées depuis l'instauration du cour d'ECR mais je n'en serais pas surprise. Les parents issus de minorité religieuse n'ont pas à s'inquiéter. Le cour d'ECR, même s'il prétend s'adresser à tout les enfants, semble surtout avoir été conçu pour déraciner chez l'enfant blanc de parents chrétiens ou athés l'intolérance qui leur est attribuée de facto.

    A-t-on jamais respecté chez l'enfant la liberté de ne pas croire les mêmes choses que nous? Je ne parle pas d'éducation ou de leçons de vie universelles mais de dogme religieux et de rituels. Les enfants ne sont pas nos possessions, ils ne devraient pas être obligés d'avoir une religion avant d'être suffisamment âgés pour pouvoir décider par eux-mêmes.

  • ysengrimus
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 14h34
    Vous voulez de la religion? Payez pour...
    Je ne suis pas d’accord que les impôts servent à financer des institutions religieuses actives. La religion se tolère -s’endure- comme comportement exclusivement privé, sans plus. Que ceux qui veulent des institutions religieuses actives (temples, écoles, garderies, hôpitaux, banques) payent à 100% pour leurs institutions religieuses actives (temples, écoles, garderies, hôpitaux, banques). Cela inclut nos cathos et nos protestos, naturellement...
    Paul Laurendeau
    http://www.blogueparade.com/detail/blogue-2942.htm

  • Duchêne Denys Mehdi
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 15h37
    Un oubli fondamental Mme Minona
    Dans votre réflexion et questionnements tout à fait légitime mais un tantinet soit peu inflationniste au plan des inquiétudes, vous avez oublié deux éléments fondamentaux.
    1) Vous vivez dans une société pluraliste et cela c'est l'anthithèse d'un club privé dans lequel vous semblez souhaiter vivre. La garderie madame est une société en soit, et ce qu'elle a de particulier, contrairement à la société des adultes, c'est qu'on leur montre d'abord les grandes valeurs universelles de partage, tolérance, amour, et respect. C'est que ces enfants n'ont pas encore été corrompus par la nature humaine et ses défauts en dehors de toute idéologie.
    Ce que les médias en manque de sensation et courroie des Islamophobes viennent de faire est comparable au mensonge de 2006 lorsqu'on a tenté de faire croire à l'ensemble des Québécoises et Québécois que les Juifs hassidiques avaient exprimer le souhait de ne pas se faire interpeler par des femmes policières lorsqu'ils sont au volant de leur véhicule. On nous avait même vendu cette salade en affirmant qu'il y avait eu cas de demande d'accomodements. Alors qu'en grattant quelques jours plus tard, on s'est aperçu que cette idée était sorti tout droit du cerveau de quelques policiers pendant l'heure du lunch dans un poste du quartier Ahuntsic à savoir «qu'est ce qu'on devrait faire si des Juifs réagissaient ainsi lorsqu'une policière les interpellerait. Et bien comme le dit un autre intervenant plus haut, il n'y a aucun programme spécifique enseigné dans une garderie quelconque qui a été financé et identifié par, ni les médias, ni le Ministère.

    2) Vous nous faites part de crainte que «certaines minorités religieuses pourraient soustraire leurs enfants de la société d'accueil». Mais qu'elle est votre analyse des familles interculturelles(mariage entre un immigrant ou immigrante avec un Québécois ou Québécoise -dit de souche-) possédant des enfants nés au Québec et faisant partie d'une minorité religieuse. Parce que voyez vous, un des deux parents dans ce cas-ci et les enfants font partie de la société d'acceuil. Alors comment vont-ils réussir à s'autoexclure d'une société d'où il proviennent, à moins de la quitter physiquement.

  • Minona Minona
    Inscrite
    jeudi 11 mars 2010 18h33
    Uniformité
    M. Duchesne

    Je ne rêve pas d'une société privée uniforme. Pas moi. Mais il y en a beaucoup qui en rêvent et ils ne sont pas tous catholiques ou athées. Toutes les religions cherchent à uniformiser les personnalités et les comportements, c'est justement pour cette raison que je préfère être agnostique. Je suis heureuse d'en avoir eu la possibilité et je souhaite que chaque enfant ait la possibilité de remettre en question les dogmes qu'on lui a imposé. De mes cours "d'enseignement moral et religieux", je retiens surtout la portion morale.

    Tout au cours de ma vie des gens de tout âge m'ont enseigné de bonnes valeurs, parfois indirectement, parfois sans même qu'on ne se soit rencontré. On ne cesse jamais de les apprendre encore et encore ces valeurs universelles, même dans le monde des adultes. Si le mal et la corruption résumait la nature humaine, à quoi nous servirait-il d'inculquer des valeurs à nos enfants? Comment le pourrions-nous?

    Au fait, j'ai supprimé une phrase dans mon commentaire. Après la phrase "On ne peut pas parler ici d'une volonté de faire réellement partie d'une société", j'avais initialement ajouté "Dans le cas de parents convertis, on pourrait parler d'un rejet de la société d'origine". J'ai retiré ce bout de phrase car, comme vous avez parlé de votre recherche d'une garderie pour votre fils, je me disais que vous vous sentiriez visé alors que je ne pensais pas à vous en l'écrivant.

    J'aurais effectivement dû mentionner les enfants de couples interculturels mais de toute façon je ne fais pas du débat un combat "immigrant contre de souche". On peut s'exclure d'une société de bien des façons et le fait de rejeter celle-ci n'est pas toujours le fait de ceux qui n'en sont pas originaires et vice versa. J'ai vu des immigrants tenir bien plus aux acquis de notre société que bien des gens d'ici qui ne se rendent pas compte de la chance que nous avons et qui passent leur temps à dénigrer notre culture.

    Là non plus, je ne vous vise pas, encore que votre vision de l'occident me semble au moins aussi caricaturale que la vision qu'ont certaines personnes des musulmans. Vous m'avez traitée d'islamophobe dans une autre page du Devoir et je ne sais même pas pourquoi, ce qui doit être le cas de beaucoup des personnes que vous vous plaisez à insulter. Je prend les insultes gratuites pour ce qu'elles sont, gratuites justement. Elles n'en constituent pas moins un puissant frein à toute discussion civilisée.

  • Jean de Cuir
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 18h50
    Gardez l`ouverture !
    L’État laïque n’ a rien à voir avec l’athéisme ou telle croyance. L’État est un “produit” du consensus de citoyens et citoyennes souveraines et libres. Ils s’ entendent autour de valeurs nécessaires à la poursuite du bien commun. Tout le système d’ éducation est axé sur la quête du savoir, savoir, savoir-faire, savoir-vivre, c’est selon. Non pas le savoir-vivre réglé par telle ou telle croyance. À l’intérieur de l’État, il y a certes diversité : il est en un sens malheureux que certains tiennent des vérités absolues, car ils se placent dans une situation de non dialogue; et souvent, ils agissent par opportunisme : on se conforme jusqu’à la limite possible quitte à constituer son propre univers fermé. La diversité dans l’État, c’est celle des personnes qui chacune propose leur vision afin de s’ insérer dans un procès de négociation de ce qui constitue le bien commun. Le grand problème à mon sens c’est de penser être ou posséder la Vérité.
    “La laïcité fermée est l’une des religions les plus dictatoriale et intolérante qui soit” ; “les intégrismes de la laïcité”; quelques expressions glanées. La laïcité de l’État est indice que tous les citoyens et citoyennes sont souverains, libres et égaux. En tant que tels, les citoyens-citoyennes pratiquent l’ ouverture : ils ne promeuvent aucun dogmatisme. Comment parler de fermeture et d’ intégrismes?

  • Dany Leblanc
    Abonné
    jeudi 11 mars 2010 22h36
    La laïcité complète!
    La laïcité n'a pas à être ouverte ou fermée. Elle est partielle ou complète. La laïcité, c'est la neutralité de l'état. Le but de la laïcité est que tous les citoyens vivent ensemble peu importés leurs religions.

    La laïcité permet l'ouverture des relations entre individus, contrairement à ce qu'on a connu dans le passé. Les garderies et les écoles à vocation religieuse vont à l'encontre de cette ouverture, elles emprisonnent les enfants dans un ghetto idéologique en coupant les contacts avec les autres jeunes de la société. La laïcité permet aux gens de manifester leurs croyances religieuses en privé.

    Pour que cette laïcité fonctionne, il faut laisser tomber les caprices religieux. La société ne peut pas satisfaire les particularités de chaque religion.

    La nourriture cachère ou halale n'est que des normes de salubrité alimentaire d'une autre époque qui sont devenues des dogmes pour certains intégristes. Les normes de salubrité alimentaire québécoise sont nettement suffisantes et correspondent aux connaissances de notre époque.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    vendredi 12 mars 2010 06h56
    À M. Lengellé
    Vous avez écrit: Dans la mesure ou (sic) la volte-face du Ministre (re sic) indique clairement que la religion n'a aucune raison d'être dans un espace public... "

    Mais dans quelle mesure l'indique-t-elle? Infinétisimale! Elle indique plutôt que le gouvernement ne sait plus quoi faire pour redorer son blason en attendant le dépôt de son budget. Et là, il pourra "varger" sur les fonctionnaires pour faire oublier les dossiers en suspens qui ne se règleront pas avant la prochaine crise, ni après d'ailleurs.

    Le fin mot de la politique de l'actuel gouvernement: un alzheimer collectif.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    vendredi 12 mars 2010 07h19
    À Marie-André Andrée Chouinard:
    Quelle naïveté que de penser que "Deux acteurs d'un même gouvernement offrant un fascinant contraste: l'une, farouchement dérangée par le port du foulard islamique dans un cours de francisation — une fermeté que l'on salue, d'ailleurs;".

    Dans le cas de Mme James ce n'est que de l'esbrouffe commandé par l'autre James (bon je n'ai pas l'habitude, mais l'occasion était trop belle). Madame James, une ministre en quelque sorte junior, s'est toujours montré tolérante, hésitante dans ce type de dossier, et là, tout è coup, elle devient ferme et courageuse. Ben voyons don'! C'est juste pour passer le temps.

    Dans le cas de M. Tomassi, même si lui, contrairement à elle fait piètre figure, il n'en est pas davantage responsable: on l'a "ministré" pour une raison et on lui demande de faire le contraire!

    J'espère que les gens des minorités culturelles se poseront quelques question sur l'honnêté de M. Charest. Car rien ne va se régler et on en concluera quoi? Que ces ministres sont des bouffons, ou bien...

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