La religion à la garderie: Tomassi ne veut pas intervenir
Talonné par l'opposition officielle, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, a justifié hier l'existence de garderies subventionnées à vocation religieuse par le fait que les services de garde sont un prolongement du milieu familial.
«Les services de garde sont des entités indépendantes; elles sont la continuité du milieu familial», a fait valoir Tony Tomassi dans un point de presse. «Vous savez, les parents choisissent les services de garde pour [leurs] valeurs.» Il a fait la comparaison avec les services de garde autochtones qui transmettent «les valeurs autochtones, que ce soit la langue ou la tradition».
Lundi, la Presse canadienne révélait l'existence de Centres de la petite enfance (CPE) à vocation religieuse mais subventionnés par l'État, dont le CPE Beth Rivkah, dirigé par le rabbin ultra-orthodoxe Yosef Minkowitz et qui offre 124 places en garderie à Montréal, et l'Oasis Bout'chou, une garderie offrant 80 places à 7 $ à Laval gérée par l'Association islamique des projets charitables.
Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le ministre a toutefois soutenu qu'«aucune place n'a été accordée sur la base d'une quelconque confession religieuse». Les places sont octroyées en fonction des besoins de la population, a-t-il souligné, et les services de garde doivent mettre en oeuvre un programme éducatif approuvé par le ministère.
Un programme dont les intentions sont claires, estime Jean Robitaille, président de l'Association québécoise des CPE (AQCPE), qui rappelle le principe «d'inclusion» auquel on fait référence. «[...] aider [les enfants] à s'intégrer harmonieusement à la société québécoise en les initiant aux valeurs qui y sont privilégiées: respect de soi, des autres et de l'environnement, résolution pacifique des conflits, égalité entre les sexes et entre les personnes, acceptation des différences, partage et solidarité», lit-on dans le préambule du programme éducatif des services de garde du Québec.
M. Robitaille reconnaît que la situation de ces centres de la petite enfance n'est pas illégale. «Mais c'est non conforme aux principes. Et si le ministère considère que la situation de non-conformité n'est pas assez grave pour interpeller les CPE en cause, on va inviter le ministre à clarifier la loi», a-t-il soutenu.
Inquiétudes
Le président de l'AQCPE dit comprendre l'inquiétude de certains parents à l'annonce de la nouvelle. «Il y a une crainte. S'il y a, par exemple, à Laval une garderie privée qui est de confession musulmane et qui fait la promotion de l'islam et que vous êtes parents dans ce territoire, il peut arriver deux choses: ou bien on ne vous offre pas de place parce que vous n'êtes pas musulman, ou on vous en offre une, mais votre enfant se retrouvera avec une majorité de musulmans, ce que vous ne souhaitez peut-être pas», a noté M. Robitaille.
«Notre objectif n'est pas que les enfants soient incultes quant à la connaissance de l'existence des religions. [...] Mais il y a des lieux pour pratiquer la religion et ça s'appelle des églises et le cercle familial. Pas les garderies ou les centres de la petite enfance», a-t-il ajouté. Il insiste pour dire qu'il tiendrait le même discours si un CPE n'accueillait que des enfants de la communauté portugaise, par exemple.
L'Association des garderies privées du Québec désapprouve tout autant la situation. «On est scandalisé comme le reste de la population, mais on ne commentera pas parce que les garderies visées ne sont pas membres de notre association», a dit Virginie Martel, porte-parole de l'organisme.
Même si le ministre Tomassi n'a pas l'intention d'intervenir auprès des garderies pointées du doigt, il a précisé que le cas du CPE juif orthodoxe Beth Rivkah ferait l'objet de vérifications.
Le député de Gouin et porte-parole de l'opposition officielle en matière de services de garde, Nicolas Girard, a demandé au ministre pourquoi, dans un document du ministère, on justifiait l'attribution de places à la garderie L'Oasis Bout'chou en indiquant «milieu homogène». M. Tomassi n'a pas fourni d'explications.
«On a fait le choix au Québec de sortir les cours de religion des écoles et on ne peut pas, par la porte d'en arrière, les intégrer dans les garderies subventionnées», croit M. Girard.
«Les services de garde sont des entités indépendantes; elles sont la continuité du milieu familial», a fait valoir Tony Tomassi dans un point de presse. «Vous savez, les parents choisissent les services de garde pour [leurs] valeurs.» Il a fait la comparaison avec les services de garde autochtones qui transmettent «les valeurs autochtones, que ce soit la langue ou la tradition».
Lundi, la Presse canadienne révélait l'existence de Centres de la petite enfance (CPE) à vocation religieuse mais subventionnés par l'État, dont le CPE Beth Rivkah, dirigé par le rabbin ultra-orthodoxe Yosef Minkowitz et qui offre 124 places en garderie à Montréal, et l'Oasis Bout'chou, une garderie offrant 80 places à 7 $ à Laval gérée par l'Association islamique des projets charitables.
Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le ministre a toutefois soutenu qu'«aucune place n'a été accordée sur la base d'une quelconque confession religieuse». Les places sont octroyées en fonction des besoins de la population, a-t-il souligné, et les services de garde doivent mettre en oeuvre un programme éducatif approuvé par le ministère.
Un programme dont les intentions sont claires, estime Jean Robitaille, président de l'Association québécoise des CPE (AQCPE), qui rappelle le principe «d'inclusion» auquel on fait référence. «[...] aider [les enfants] à s'intégrer harmonieusement à la société québécoise en les initiant aux valeurs qui y sont privilégiées: respect de soi, des autres et de l'environnement, résolution pacifique des conflits, égalité entre les sexes et entre les personnes, acceptation des différences, partage et solidarité», lit-on dans le préambule du programme éducatif des services de garde du Québec.
M. Robitaille reconnaît que la situation de ces centres de la petite enfance n'est pas illégale. «Mais c'est non conforme aux principes. Et si le ministère considère que la situation de non-conformité n'est pas assez grave pour interpeller les CPE en cause, on va inviter le ministre à clarifier la loi», a-t-il soutenu.
Inquiétudes
Le président de l'AQCPE dit comprendre l'inquiétude de certains parents à l'annonce de la nouvelle. «Il y a une crainte. S'il y a, par exemple, à Laval une garderie privée qui est de confession musulmane et qui fait la promotion de l'islam et que vous êtes parents dans ce territoire, il peut arriver deux choses: ou bien on ne vous offre pas de place parce que vous n'êtes pas musulman, ou on vous en offre une, mais votre enfant se retrouvera avec une majorité de musulmans, ce que vous ne souhaitez peut-être pas», a noté M. Robitaille.
«Notre objectif n'est pas que les enfants soient incultes quant à la connaissance de l'existence des religions. [...] Mais il y a des lieux pour pratiquer la religion et ça s'appelle des églises et le cercle familial. Pas les garderies ou les centres de la petite enfance», a-t-il ajouté. Il insiste pour dire qu'il tiendrait le même discours si un CPE n'accueillait que des enfants de la communauté portugaise, par exemple.
L'Association des garderies privées du Québec désapprouve tout autant la situation. «On est scandalisé comme le reste de la population, mais on ne commentera pas parce que les garderies visées ne sont pas membres de notre association», a dit Virginie Martel, porte-parole de l'organisme.
Même si le ministre Tomassi n'a pas l'intention d'intervenir auprès des garderies pointées du doigt, il a précisé que le cas du CPE juif orthodoxe Beth Rivkah ferait l'objet de vérifications.
Le député de Gouin et porte-parole de l'opposition officielle en matière de services de garde, Nicolas Girard, a demandé au ministre pourquoi, dans un document du ministère, on justifiait l'attribution de places à la garderie L'Oasis Bout'chou en indiquant «milieu homogène». M. Tomassi n'a pas fourni d'explications.
«On a fait le choix au Québec de sortir les cours de religion des écoles et on ne peut pas, par la porte d'en arrière, les intégrer dans les garderies subventionnées», croit M. Girard.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

