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Réplique à Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin - Pourquoi opposer majorité et minorités?

Collectif d'auteurs  6 mars 2010  Québec
Le Devoir du 13 février publiait la réponse de Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin au Manifeste pour un Québec pluraliste. Ils y affirment que les auteurs du Manifeste «s'arrogent le monopole d'un idéal qu'ils refusent de partager avec ceux qui ne communient pas à leur vision du pluralisme, laquelle n'est rien d'autre qu'une version du multiculturalisme».

Ils soutiennent aussi que «l'enjeu du débat ne consiste pas à départager les tenants du pluralisme de ceux qui s'y opposeraient», mais qu'il réside plutôt dans la question de l'aménagement du pluralisme. Admettant que le pluralisme constitue une catégorie éthique fondamentale de la société moderne, ils soutiennent que la question la plus épineuse consiste à savoir «comment faire monde commun alors que certains voudraient nier la réalité de ce monde commun au nom du droit à la différence».

L'interculturalisme développé au Québec

M. Beauchemin et Mme Beaudoin affirment que la réponse à la question de savoir comment faire monde commun passe, pour les auteurs du Manifeste, par une modalité particulière d'aménagement du pluralisme: le multiculturalisme. C'est pour le moins surprenant, puisque le Manifeste affirme son appui au programme de l'interculturalisme québécois. Serait-ce que tout modèle pluraliste d'aménagement équivaut automatiquement à un multiculturalisme?

Il nous semble plutôt que les défis qui se sont posés à la société québécoise, les débats qu'a connus celle-ci et les approches adoptées, tant au niveau de la société civile qu'au niveau gouvernemental, ont contribué au développement d'un modèle original et intéressant dont la société québécoise peut être fière. Ce modèle est ancré dans l'expérience historique particulière du Québec et ne comporte aucun «renoncement à soi-même». On s'étonne donc que nulle part dans leur réponse les auteurs ne parlent de l'interculturalisme québécois, un programme pourtant développé depuis une trentaine d'années par les gouvernements successifs, tant péquistes que libéraux.

Les défis relatifs à la diversité que rencontre actuellement la société québécoise ne sont pas particuliers au Québec. La plupart des sociétés occidentales réfléchissent activement aux questions d'aménagement de la diversité. Toutes ne donnent pas les mêmes réponses et toutes n'adoptent pas le même modèle d'aménagement du pluralisme.

Si la situation particulière du Québec en Amérique du Nord contribue certes à expliquer à la fois les inquiétudes de certains et une approche particulière d'aménagement de la diversité, elle ne peut à elle seule expliquer l'importance du débat depuis 2006. Sinon, comment expliquer que des débats tout à fait semblables aient lieu par exemple en France, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas?

Le «nous»

La réponse de M. Beauchemin et Mme Beaudoin nous entraîne sur le terrain de l'identitaire et du «nous». Ce terrain est complexe parce que la question des représentations de soi met en scène une série d'acteurs, de phénomènes et de processus.

Il y a rarement unanimité, dans une société, sur ce qu'elle «est» ou sur ce qu'elle devrait être. Pas parce que la société ne «préexisterait pas à l'existence des acteurs sociaux» (une position simpliste que M. Beauchemin et Mme Beaudoin attribuent à tort au Manifeste) mais parce que les acteurs sociaux, s'ils entrent en scène dans un monde qui en un sens est déjà là, le transforment par leurs discours et leurs pratiques.

Autrement dit, les représentations que l'on se fait du «nous» se transforment inévitablement au fil des enjeux, des discours, des débats et des pratiques sociales. Pensons par exemple à la longue lutte pour faire accepter l'égalité des femmes ou encore à la laïcisation de l'État.

Lorsqu'on invoque le «nous», il faut préciser ce dont on parle. Et on trouve effectivement une esquisse de réponse dans ce texte. Le «nous», pour eux, c'est la nation construite sur une culture de convergence qui est celle de la majorité et de son histoire. Ils écrivent en effet qu'imaginer un «vivre ensemble» pluraliste inscrit dans la réalité historique et culturelle du parcours franco-québécois signifie «que le Québec à construire doit se donner une culture de convergence [...] qui est celle de la majorité».

Or ils ne précisent pas le contenu de cette «culture de la majorité». De quoi s'agit-il exactement? Si cette culture est empreinte de l'héritage du catholicisme, par exemple, en quoi est-ce compatible avec une charte de la laïcité? (On notera d'ailleurs ici la contradiction entre leur dénonciation des chartes des droits comme réglant «la circulation des intérêts identitaires en même temps qu'elles ignorent l'épaisseur culturelle et historique des sociétés», d'une part, et d'autre part leur défense de la nécessité d'une charte de la laïcité, qui est un outil juridique.)

S'il s'agit du français comme langue publique commune, en quoi divergent-ils de la position défendue par le Manifeste? Quelle différence leur point de vue introduit-il pour le fonctionnement des institutions démocratiques du Québec?

Beauchemin et Beaudoin affirment que, dans le modèle républicain, «la majorité n'entrave pas l'affirmation des positions minoritaires». Il semble donc qu'ils acceptent d'emblée la perpétuation d'une polarisation entre minorités et majorité.

D'une part, cela rend difficile de voir comment s'exprime le pluralisme dans l'idéal républicain décrit par Beauchemin et Beaudoin. La dichotomie qu'ils esquissent entre minorités et majorité laisse entendre que les «minorités» agissent dans l'optique de défendre des positions qui ne sont pas celles de la majorité (auteure et détentrice de la «culture de convergence»). Mais de quelles «minorités» parle-t-on au juste? Et est-il exact d'affirmer qu'elles agissent dans l'optique de défendre des positions qui ne sont pas celles de la majorité? Cet argumentaire est pour le moins problématique.

D'autre part, le républicanisme n'admet généralement pas l'existence d'une «majorité» culturelle et de «minorités»: l'identité républicaine est censée être résolument civique et transcender les différences culturelles. Il est donc pour le moins curieux de voir Beauchemin et Beaudoin défendre le républicanisme en distinguant majorité et minorités.

Le Québec, nation plurielle

Il y a ainsi une grande différence entre le «républicanisme» défendu par Beauchemin et Beaudoin et le programme de l'interculturalisme québécois, qui vise l'intégration de toutes les composantes de la société au projet du vivre ensemble.

Le Manifeste insiste conséquemment sur l'intégration, le respect des droits et libertés de la personne, les valeurs démocratiques, et le français comme langue publique commune. Il rappelle que la reconnaissance de la diversité «ne signifie pas qu'il faille tolérer toutes les pratiques culturelles et religieuses, ni que la société québécoise doive être conçue comme la juxtaposition de communautés culturelles repliées sur elles-mêmes».

On voit mal comment on pourrait alors reprocher au Manifeste de ne pas reconnaître la réalité historique et culturelle du territoire national. Et il faudra bien un jour qu'on nous explique pourquoi l'ouverture aux autres est immédiatement assimilée à l'«effacement de soi» (une autre catégorie obscure). L'identité nationale, si elle s'inscrit dans la réalité historique et culturelle du Québec contemporain, participe de l'apport de tous les membres de la société québécoise, sur les plans socioéconomique, civique et politique.

Il est normal et légitime de débattre des manières d'aménager le pluralisme. L'une des grandes différences entre la position défendue dans le Manifeste et la position défendue par Beauchemin et Beaudoin réside probablement dans la dichotomie qu'ils semblent vouloir établir entre une majorité détentrice de la culture de convergence et les minorités qui défendraient inévitablement des positions opposées, plaçant nécessairement la première en position défensive. Cette position a le grave défaut d'homogénéiser, sinon d'essentialiser, à la fois la majorité et lesdites minorités.

Il y a un ultime paradoxe, dans leur position: alors qu'ils reprochent au Manifeste de défendre «une éthique sociale de l'ouverture à l'autre» qui «place la majorité dans la situation essentiellement négative où elle doit consentir à s'effacer devant l'affirmation du droit à la différence» (une posture, comme nous l'avons dit, que le Manifeste ne défend nullement), c'est en définitive eux qui ramènent le pluralisme à une posture strictement éthique en refusant d'en reconnaître les aspects politiques et civiques. Le pluralisme se réduirait à une posture éthique certes louable, mais dont l'introduction dans la sphère politique ne pourrait se faire qu'au prix du vivre ensemble.

Nous ne partageons pas ce diagnostic. Un vivre ensemble pluraliste ne peut se faire que si l'horizon de la nation québécoise appartient à tous également.

***

Dimitrios Karmis - Politologue, Université d'Ottawa

Jocelyn Maclure - Philosophe, Université Laval

Geneviève Nootens - Politologue, Université du Québec à Chicoutimi
 
 
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  • nonauracisme
    Inscrit
    vendredi 5 mars 2010 23h59
    Je vous salue tous: un texte magnifique, credible, philosophique et raisonnable.
    Quand trois penseurs de haut calibre du quebec et d'ailleur se mettent d'accord sur un sujet fondamental tel que celui du pluralisme, je suis plus optimiste sur l'avenir du quebec. Beaudoin et Beauchemin sont
    des politiciens qui diront tout pour se faire elire donc leur arguments n'ont pas de substance. Le quebec a besoin des gens avec vos idees plus que jamais.

  • Léonce Naud
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 04h12
    République
    La seule communauté d'une République est celle des citoyens.

  • michel lebel
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 06h57
    Un républicanisme bien partisan
    Beaudoin et Beauchemin marinent depuis des lunes dans le nationalisme souverainiste, celui qui est proche parent du nationalisme ethnique. Ils colportent cette mentalité d'assiégés qui doivent se défendre contre tous les autres qui ne partagent pas leur idéologie souverainiste. C'est dans ce contexte très partisan que se situe leur républicanisme de salon parisien de jadis. Leur pluralisme n'est qu'une parade farcie de contradictions, comme le démontrent bien les trois auteurs de ce texte-réponse.

  • Jean Claude Pomerleau
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 06h59
    De quoi s'agit il
    De quoi s’agit-il.

    Tous les pays d’Occidents qui reçoivent un flux important d’immigration font face à un même problème : La remise en cause de leur cohésion nationale. C’est en ces termes politiques que le Royaume Unie et l’Australie ont posé la problématique des accommodements en créant des commissions sur le sujet. La France républicaine elle, l’a carrément posé en termes d’identité.

    Or si c’est pays qui sont des États mature et qui ont des cadres juridiques pour préciser leurs cohésions nationales se sentent sérieusement interpellés par la situation, quand est-il du Québec, demie État annexé, qui reçoit 3 fois plus d’immigrants (en pourcentage) que la France et deux fois plus que les États-Unis.

    La solution est pourtant simple pour le NOUS du Québec. Dans un premier temps, il s’agit de se doter d’une Constitution d’État ; incluant une Charte de la laïcité, notre Charte des droits, et un Code de citoyenneté. Le tout afin de baliser la problématique des accommodements. Et dans un deuxième temps, se donner au plus vite des assises d’un État souverain.

    Extrait de : http://www.vigile.net/Elvis-Gratton-et-les-deux-pr

    Voilà bien ce que ces politologues veulent nous faire oublier en nous présentant le multiculturalisme sous un autre vocable.

    JCPomerleau

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 07h12
    Un p'tit dessin peut-être?
    «La dichotomie qu'ils esquissent entre minorités et majorité laisse entendre que les «minorités» agissent dans l'optique de défendre des positions qui ne sont pas celles de la majorité »

    Au référendum de 1995:

    -Plus de 60% des Nous, alias les Québécois, alias les Francophones, alias les Canadiens français, alias les pure-laine, alias on n'a plus de nom à force de s'excuser d'exister, ont voté OUI à un pays
    -Plus de 91% des Indiens, alias les Amérindiens, alias les Autochotones ont voté NO WAY
    -Plus de 91% des immigrants, alias les communautés culturelles, alias les allophones, alias les néo-québécois ont voté NO WAY
    -Plus de 97% des Canadians, alias les Anglophones, alias les Canadiens anglais, les Anglais ont voté NO WAY

    Qui votent libéral élections après élections? Peu importe le débat, peu importe la performance du gouvernement, peu importe le chef, les minorités au Québec, votent toujours, toujours, toujours, contre tout ce qui est bleu. Allergie totale à tout ce qui est bleu. Et nos signataires s'étonnent qu'on souligne que les «minorités» agissent dans l'optique de défendre des positions qui ne sont pas celles de la majorité!!!

  • Andre Vallee
    Abonné
    samedi 6 mars 2010 08h55
    La langue
    Je peux recevoir et visiter les non québécois en français, en anglais et en espagnol. Mais, quand je parle à un québécois, une personne qui réside de façon permanente au Québec, je veux lui parler en français.
    Pour le reste, nous avons des lois et des institutions que nous pouvons améliorer et préciser.

  • Marc Provencher
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 08h56
    Hommage à la classe politique italienne d'après-guerre !
    Les Italiens qui lisent le Devoir seront fâchés tout rouges contre moi, car il y aurait tant de mal à en dire, tant d'amers et justifiés reproches. Pourtant voilà : je veux ici rendre un hommage, et même un hommage vibrant, à tous les partis "de l'arc constitutionnel", comme on disait dans le bon (?) vieux (?) temps, qui ont constitué la classe politique italienne d'après-guerre.

    Oui, je veux leur rendre hommage, sans blague, sans ironie. Qu'il s'agisse de la Démocratie chrétienne, incluant tous ses courants et sous-courants - eh oui, pas seulement les Morotei mais même les Dorotei (Andreotti inclus, donc!), même les illuminés sympathiques à la Giorgio La Pira - ou des petits partis qui devinrent peu à peu satellites de la DC - libéraux, républicains, socio-démocrates, même le PSI (malgré ma haine de Craxi dont le decisionismo dissimulait le caractère de voleur pur et simple), et même l'Opposition officielle, pour parler pudiquement, autrement dit le Parti communiste italien, bien qu'il fût porteur dans ses cartons de l'idée d'un "Homme Nouveau" au potentiel totalitaire certain.

    Pourquoi diable un tel hommage - se demanderont les lecteurs perplexes, voire alarmés, voire se frappant la tempe de l'index - et puis quel rapport avec la discussion en cours ?

    Eh bien voici : parce que sur leur tombe, on pourra écrire avec une reconnaissance émue : « AU MOINS, ILS N'ONT PAS CHERCHÉ À FAIRE LES ITALIENS ». Qualité négative certes, mais qualité tout de même : car parfois il peut être très important de savoir ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne voulons pas.

    Autrement dit, ils n'avaient pas et ne voulaient pas avoir de politique identitaire. Ils ne confondaient pas citoyenneté (fait politique) et identité (fait culturel). Mettre un ISME au bout du mot CULTURE n'était vraiment pas leur tasse de thé. Le projet de substituer un schéma abstrait à la réalité de la vie sociale n'était pas dans leurs plans du tout. Je crois même que plusieurs avaient pour authentique souci que l'italianità, la napolitanità, la turinità et ainsi de suite restent hors d'atteinte du bras velu de la classe militante et ne fassent pas l’objet d’un programme, d’un dirigisme identitaire quel qu'il soit. La politisation de l'identité, dada des corporatismes identitaires, ne leur venait pas à l'esprit. Et encore moins, bien sûr, l'idée de définir l'identité culturelle de tout un chacun depuis les hauteurs de l'État. Faut dire qu'ils sortaient d'en prendre : et ceci explique peut-être cela...

    Alors, en en avant la musique ! Dzoing, dzoing... One, two, three... « Multiculturalism, interculturalism, assimiliationnism... still MinCulPop to me !! »

  • Robert Bernier
    Abonné
    samedi 6 mars 2010 09h31
    Et vous vouliez dire quoi au juste?
    Mon seul commentaire est contenu dans le titre, et c'est une question: Vous vouliez dire quoi au juste?

    Sortons un peu des expressions convenues -et apparemment sans fin- en faveur de la vertu.

    Par exemple, pouvez-vous répondre, par oui ou non, à la question simple suivante portant sur un cas précis: l'accomodement demandé par la jeune femme porteuse du niqab au cegep Saint-Laurent était-il un accomodement raisonnable ou un accomodement déraisonnable?

    Robert Bernier

  • Maryanne
    Inscrite
    samedi 6 mars 2010 11h02
    un petit nombre qui fait tout la différence!
    Tous les gens le disent : nous sommes acceuillant, ouvert , sociable...MAIS parmi ces IMMIGRANTS (es) il y aura toujours des abuseurs. OUI C'EST DÉRAISONNABLE. Qu'elle retourne en Égypte et fasse sa demande à eux. Je crois que le CACHOT sera son école.À moins qu'il y ai une autre raison plus dangereuse que le port du voile :ex la charia, ....

  • Normande Poirier
    Inscrite
    samedi 6 mars 2010 11h04
    Absence
    Bonjour à tous,

    Il y a un certain nombre de choses qui demandent à être réfutées dans ce pamphlet. Ainsi, il est suspect que les auteurs trouvent problématique l’idée que les enjeux des minorités ne sont pas nécessairement ceux de la majorité. Ce n’est pas monsieur Beauchemin ni madame Beaudoin qui ont inventé cette réalité évidente. Pourquoi font-ils mine de ne pas comprendre ce que les Québécois entendent par « une culture de convergence qui ne passe pas par l’effacement de soi »? Que penser de ce manque de compréhension, réel ou feint, de la nécessité d’une charte de la laïcité, laquelle s’impose justement à cause de notre héritage catholique, et en l’absence ici d’une tradition laïque, comme ce qui existe en France, par exemple? De plus, jamais les auteurs ne mentionnent la volonté qu’ont exprimée une majorité de Québécois de séparer le religieux de l’État et les choix qui ont été faits dans ce sens.

    Cependant, le plus inquiétant dans le Manifeste pour un Québec pluraliste c’est que tout en insistant, comme le présent pamphlet le rappelle, « sur l’intégration, le respect des droits et libertés de la personne, les valeurs démocratiques, et le français comme langue commune », il n’insiste pas sur les droits d’égalité homme-femme. Le Manifeste est muet sur ce point.

    Peut-être croient-ils que le respect de l’égalité homme-femme est englobé par l’élément « respect des droits et libertés de la personne » de leur profession de foi. Cependant, comme les derniers évènements le démontrent, rien n’est moins certain. Jusqu’à présent, les tribunaux n’ont-ils pas fait passer le respect des exigences de la religion individuelle avant le respect des exigences de l’égalité homme-femme et celles de la non-discrimination fondée sur le sexe?

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 11h18
    Futilité et responsabilité
    Diantre ! Ce texte est d'une futilité et d'une utilité inouïe.

    Madame Nootens, messieurs Karmis et Maclure, pourriez-vous, svp,
    de manière responsable, désormais nous entretenir de sujets plus sérieux et certainement plus utiles ?

    Tel que la montée de la mouvance islamique "salafiste" en occident ?

    Le salafisme : ses origines, sa doctrine, son financement, ses "modus operandi", en Europe et en Amérique du Nord, etc..etc..etc...

    Vous feriez ainsi oeuvre .............. d'utilité !

    Mais vous ne le ferez pas. Pourquoi ?

    Parce que vous êtes les "idiots utiles" de tous les fondamentalismes en général et de l'islamisme fondamentaliste en particulier.

    Intellectuels ? ..... peut être, mais idiots quand même.

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 6 mars 2010 11h48
    La pureté de la race est un concept très dangereux à manipuler...
    Si on soutient comme le font Beauchemin et Beaudoin que l'ouverture aux autres est immédiatement assimilée à l'«effacement de soi», il faut crier DANGER. On propagerait ainsi l'image que la race estg si pure, que comme un verre d'eau, elle serait corrompue par la moindre goutte d'une autre subtance, surtout s'il s'agissait d'une goutte colorée.

    Alors, attention aux images qui risquent de s'installer dans l'esprit de plusieurs qui risquent de mener à des attitudes qui seraient déplorables.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 11h48
    La laïcité républicaine en porte-à-faux avec la réalité québécoise

    Qu’est-ce-que le multiculturalisme, vice rédhibitoire aux yeux des nationalistes, alors que le républicanisme est la panacée? Dominique Schnapper, dans “la Relation à l’autre – Nrf Essais Gallimard 1998”, traite longuement du multiculturalisme et cite abondamment ses champions les plus connus, Charles Taylor et Will Kymlicka. Elle souligne que ceux-ci critiquent avant tout la politique d’assimilation qui fut menée aux États-Unis en l’accusant d’avoir détruit des cultures particulières. Ces cultures sont celles des noirs et des Indiens. Il est important de souligner que pour ces auteurs, les groupes d’immigrants qui seraient volontairement et librement allés en Amérique pour participer à la nouvelle société admettant, par leur migration même, qu’ils devaient s’adapter à la culture dominante ne constituent pas des minorités nationales. Elles peuvent néanmoins mériter des traitements différenciés donc, certains accommodements. Dominique Schnapper retient particulièrement la critique de Taylor de la citoyenneté républicaine à la française, qui est fondée sur une même philosophie sociale que celle prévalant aux États-Unis, qui serait celle d’une politique d’assimilation que les penseurs communautariens appellent l’orthodoxie libérale ou le libéralisme procédural. Cette politique apparaît désormais insuffisante, selon eux, pour assurer une véritable démocratie, dans la mesure où elle ignore le besoin des hommes de voir reconnaître leur dignité non pas seulement en tant que citoyens abstraits mais aussi en tant qu’individus concrets, porteurs d’une histoire et d’une culture singulières et ils reprochent justement au libéralisme américain ou à la gestion républicaine des diversités de n’avoir pas su reconnaître le pluralisme culturel et s’y adapter, ses tenants n’ayant pas su non plus régler ici les revendications justifiées des Canadiens-français ni celles des populations autochtones. Elle souligne également la position de Will Kymlicka, plus modéré, que tous les québécois aimeraient entendre, qui propose quelques balises en s’opposant “à la société plurale fondée sur des groupes statutairement inégaux et à un multiculturalisme sans contrôle démocratique, qui aboutiraient à la fragmentation sociale et à l’ethnicisation des populations minoritaires”, et qui prône qu’une reconnaissance publique des collectivités particulières ne saurait être inconditionnelle, qu’elle ne doit pas conduire aux replis identitaires. Bref le discours multiculturel ou communautarien se déploie dans des limites qui n’apparaissent pas menaçantes à l’intégrité nationale, au contraire, puisqu’il est même en mesure de nous conseiller dans bien des cas d’accommodement raisonnable.
    Dominique Schnapper, demeurée bien française et républicaine, soutient quant à elle que “... la singularité de l’idée de la nation démocratique par rapport aux autres modes d’organisation politique tient à ce que le lien civique et le principe de la citoyenneté doivent en dernière analyse avoir la prééminence sur les particularismes historiques ou religieux, sur les solidarités domestiques ou claniques”. Elle se demande, en conclusion, comment nous pourrions concevoir dans un avenir proche une politique qui ne prenne pas sa source dans l’ensemble des valeurs, des traditions et des institutions spécifiques qui définissent encore aujourd’hui une nation politique? Elle souligne qu’entre la nation et la citoyenneté le lien n’est pas logique mais historique, que les sociétés humaines ne sont jamais des tabulae rasae. Elle semble donner raison à Louise Beaudoin et Michel Beauchemin, sauf qu’il s’agit ici du Canada ou de la France et non pas du Québec ou du Limousin !
    Par ailleurs, il est ironique de penser que si le Québec dispose des pouvoirs lui permettant d’interagir de manière originale et équitable avec ses minorités et ses immigrants, c’est qu’il est redevable d’une certaine manière de l’instauration du multiculturalisme canadien tel que jadis qu’exprimé par Taylor, pour qui le problème de la langue est crucial dans la crise du Canada et l’unité de la démocratie canadienne ne sera retrouvée qu’en reconnaissant également les deux cultures, en faisant place aux différences et en les laissant s’exprimer, sous des formes variées, fédéralisme, décentralisation, autonomie locale, etc. Pour apprécier la place faite au Québec dans la fédération canadienne, il suffit de mentionner que Dominique Schnapper s’en inquiète implicitement, en redoutant que l’on puisse déboucher sur la fragmentation sociale. En effet, pour elle, accorder des statuts politiques spéciaux ne résout pas la tension entre la fidélité à une collectivité historique particulière et la volonté de participer sur une base égalitaire à la société nationale (le Canada, en l’occurence). Elle se demande comment des statuts politiques différents pourraient être égaux? Elle souligne que nous ne connaissons pas d’exemple de société moderne dans laquelle la reconnaissance institutionnelle du pluralisme des collectivités historiques n’a pas conduit à des formes de sociétés plurales. Elle rejoint par là les peurs du Canada - anglais qui recule devant l’octroi d’un statut particulier à la Province de Québec.
    Les propositions de ces nationalistes québécois concernant l’aménagement du pluralisme sur fonds d’histoire commune et de laïcité républicaine rejoignent l’orthodoxie libérale telle que dénoncée par Taylor et Kymlicka. Son empreinte sur la société québécoise porterait en germe l’assimilation de nos “minorités nationales”, alors que ceux-ci prétendent ne viser que les sujets d’accommodements raisonnables, qui sont dans leur très grande majorité des communautés restreintes à caractère religieux pourtant innoffensives.
    Alors pourquoi viser des mouches avec un calibre douze? Nous serions ici en droit de leur faire un procès d’intention en les accusant de viser peu ou prou l’assimilation de nos minorités nationales et de préparer la souveraineté, comme conséquences inéluctables de l’établissement d’une société politique unifiée à forte saveur républicaine.

  • Jean-Sebastien Ricard
    Abonné
    samedi 6 mars 2010 11h51
    Jacques Noel, pus capable!
    On a compris votre message: les immigrants et les autochtones parlent trop, revendiquent trop, en veulent trop, en demandent trop! Vous le signalez tellement souvent dans vos commentaires sur ce site que je ne serais pas surpris que vous en parliez dans un texte sur la culture des courges, le heavy metal scandinave ou la sortie du dernier gadget de Apple!

  • Eric Tremblay
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 13h06
    À Rome, fais comme les Romains
    La réponse du P.I. aux moralistes interculturalistes
    À Rome, fais comme les Romains


    Notre Nation occidentale de langue française, le NOUS, vieille de 4 siècles en terre d'Amérique a su résister à 250 ans de domination politique étrangère depuis la Conquête britannique de 1760. Ni l'Annexion forcée de 1840 pour NOUS mettre en minorité, ni le British North America Act de 1867 confirmant notre statut de minoritaires dans « le plus meilleur pays au monde », ni les politiques d'immigration et d'assimilation des nôtres n'ont réussi à NOUS effacer de la carte comme le souhaitait Lord Durham. C'est la force du nombre combinée à l'unité linguistique, culturelle et historique du NOUS au Québec qui explique que NOUS n'ayons pas subi le même sort que nos frères hors-Québec, véritables victimes d'un génocide culturel planifié et exécuté par les Canadians.

    Multiculturalisme, immigration massive et dénationalisation

    C'est à cette cohésion nationale que Trudeau, digne héritier de Durham, s'est attaqué en enchâssant la Charte canadian des droits et libertés dans la Constitution canadian lors du rapatriement unilatéral de 1982. En constitutionnalisant le multiculturalisme qui garantit aux nouveaux arrivants la possibilité de préserver la culture, les coutumes et le mode de vie de leur pays d'origine, et ce, sans même qu'ils aient l'obligation de parler français pour obtenir la citoyenneté canadian, Ottawa se dotait d'une arme politique et juridique puissante lui permettant de s'attaquer à notre identité nationale. Dès lors, l'immigration massive non occidentale combinée au multiculturalisme canadian permettra à Ottawa de combattre efficacement notre identité nationale en favorisant la chute de notre poids démographique chez NOUS, l'implantation du communautarisme déstructurant, la prolifération de ghettos ethnoculturels balkanisant et l'anglicisation de Montréal. Quand bien même NOUS nous opposerions aux accommodements religieux revendiqués par des fondamentalistes, intégristes et extrémistes religieux, la Cour suprême des Canadians (CSC) NOUS rappellera à l'ordre en invoquant le multiculturalisme et NOUS imposera l'inacceptable au nom des grandes valeurs canadians. La décision de la CSC sur le port du kirpan en classe illustre parfaitement qu'au Canada, les valeurs de notre Nation ne comptent pas. NOUS étions pourtant opposés à 98% au port de ce poignard sikh dans nos écoles. Il en ira de même quant à notre opposition massive au port de signes religieux ostentatoires tels le voile islamique, la burqa et le niqab dans nos institutions et services publics. Une Charte de la laïcité qui interdirait le port de ces signes religieux dans l'appareil d'État, les services publics et l'espace public subirait le même sort que la Loi 101. Elle serait massacrée par les sages hypocrites anti-québécois de la CSC.

    Que voulez-vous? La Province of Quebec est une province comme les autres. Comme toutes les provinces canadians, elle se doit de respecter la Constitution du Canada et le multiculturalisme canadian, donc le relativisme culturel et le différentialisme juridique. En tant que Nation subordonnée, NOUS ne pouvons qu'obtempérer aux décisions du gouvernement des juges d'Ottawa. Au Canada, donc au Québec, faites comme chez vous! Voilà le message envoyé aux immigrants. Les fondamentalistes religieux l'ont bien saisi. Ils n'ont pas à respecter nos grandes valeurs fondamentales modernes issues du processus de sécularisation de notre société à l'époque de la Révolution tranquille des années 1960, telles la séparation de l'État et de la religion, la laïcité de notre État et l'égalité entre les hommes et les femmes. Les intégristes et extrémistes religieux peuvent instrumentaliser la liberté de conscience et de religion garantie par les chartes canadian et québécoise pour mieux NOUS imposer leurs valeurs archaïques et barbares tout en refusant de s'intégrer à NOUS.

    Qu'on se le tienne pour dit: les Islamistes qui se servent de leurs femmes enfermées dans des prisons ambulantes comme vecteur de propagation de leur idéologie politique hégémonique anti-occidentale et anti-démocrate ne seront jamais nos frères. Ils NOUS considèrent comme des infidèles à convertir ou à abattre au nom d'Allah et ne rêvent qu'au jour où la Charia deviendra réalité au Québec pour mieux NOUS soumettre, en commençant par nos femmes, nos filles, nos mères et nos sœurs. Et nos moralistes interculturalistes comme Gérard Bouchard, de plaindre ces pauvres immigrants en NOUS reprochant de faire preuve de racisme à leur égard. Pathétique. Le comble de la décadence morale est de voir Québec Solidaire et la Fédération des femmes du Québec défendre le port du voile islamiste au nom du féminisme, alors que de plus en plus de jeunes filles voilées fréquentent nos écoles primaires et secondaires à Montréal. Qu'attendent-ils pour sortir de leur fantasme intellectuel tordu teinté de racisme inversé? Que les crimes d'honneur, les excisions, les lapidations, la polygamie soient devenus monnaie courante au Québec? Que le métro de Montréal fasse l'objet d'attentats terroristes comme les trains de Madrid ou le métro de Londres? Faudrait peut-être écouter les Djemila Benhabib bien de chez NOUS qui NOUS mettent en garde contre ces fous furieux prêts à se faire exploser au cri d' «Allua Akbar»!, d'autant plus que Montréal compte déjà quelques mosquées intégristes aux imams fanatiques. Ces imams doivent être déportés et ces mosquées fermées au nom de notre sécurité nationale. Au même titre qu'un État ne doit pas négocier avec des terroristes, notre État ne doit pas négocier avec ces fondamentalistes. Il est grand temps de revoir nos politiques d'immigration afin de fermer nos frontières à tous ces fanatiques: Islamistes, Juifs hassidiques, Sikhs.

    Nos moralistes interculturalistes, adeptes de la préférence étrangère, se rendent complices des politiques dénationalisantes et assimilationnistes de Trudeau. Ils favorisent la victoire prochaine des descendants de Durham. Au rythme où Montréal s'anglicise et se balkanise, qui pourrait en douter. À moins d'un redressement national radical, NOUS avons bel et bien emprunté la voie irréversible, longue et douloureuse de notre louisianisation. En choisissant de perpétuer la Province of Quebec, NOUS choisissons notre dénationalisation tranquille qui mènera, à terme, à notre propre mort. La Province of Quebec, c'est le multiculturalisme, le bilinguisme, la normalisation canadian. La Province of Quebec, c'est la garantie de l'immigration massive (55 000 cette année dont 90% s'installeront à Montréal) contrôlée à moitié par Ottawa (réfugiés et réunification familiale) qui majoritairement ne s'intègre pas à NOUS, de la diminution progressive de notre poids démographique chez NOUS (NOUS sommes déjà moins de 80 % au Québec, minoritaires sur l'Île de Montréal et bientôt minoritaires à Montréal), de notre folklorisation, puis de notre assimilation.

    Le Québec accueillera d'ici 2020 l'équivalent de la population de la Ville de Québec. Dans ce contexte, comment assurer la pérennité de ce que NOUS sommes? Certainement pas, comme NOUS le propose le moraliste civique Gérard Bouchard, en remplaçant le multiculturalisme canadian que NOUS rejetons quasi unanimement par l'interculturalisme qui ne se veut rien d'autre que le même multiculturalisme, mais québécisé. Même Bouchard, n'arrivant pas à distinguer son interculturalisme du multiculturalisme canadian, en appelle à la contribution de tous et chacun pour l'aider à définir sa patente à gosse qui n'est rien d'autre qu'un modèle vaseux et laxiste de gestion de la diversité ethnique descendant de la même philosophie relativiste culturelle postmoderne destructrice des identités nationales et facilitatrice de l'avènement d'une gouvernance mondiale anglo-américaine. Bouchard, croyant favoriser notre adhésion à sa poutine interculturelle, tente de NOUS amadouer en disant qu'il n'en a jamais appeler à ce que NOUS jetions nos souches au Feu de la Saint-Jean, mais à ce que toutes les communautés ethniques du Québec, incluant la nôtre, y jettent leurs souches respectives. C'est à mourir de rire. Il NOUS prend vraiment pour des cons. NOUS ne sommes pas, comme il l'entend, une ethnie comme les autres, mais plus grosse. NOUS sommes la Nation québécoise. Pas question de jeter notre identité nationale au feu de la Saint-Jean pour faire le jeu des Canadians qui ne rêvent qu'à notre disparition, ni pour faire plaisir aux Islamistes, Juifs hassidiques, Sikhs et autres fondamentalistes.

    Étant incapables d'emporter l'adhésion du NOUS à leur délire suicidaire antinational à la suite du rejet quasi unanime de l'insultant Rapport Bouchard-Taylor, les moralistes interculturalistes s'en prennent maintenant à nos enfants à travers l'école. Le cours doctrinaire d'Éthique et culture religieuse, véritable outil pédagogique de transformation sociale et culturelle des jeunes NOUS, imaginé par des cerveaux malades relativistes postmodernes souffrant de racisme inversé, constitue une menace mondialiste dénationalisante de plus. Leur objectif avoué est de faire de nos enfants de meilleurs citoyens que NOUS en leur faisant gober, par exemple, le bien-fondé de la décision de la Cour suprême des Canadians autorisant le port du kirpan, poignard sikh, à l'école. Pourquoi pas la burqa dans la fonction publique? Le but de ce cours est de transformer les jeunes NOUS en citoyens du monde globalisé dont l'identité nationale ne se limitera qu'aux seules chartes des droits et libertés canadian et québécoise. Nos ingénieurs sociaux interculturalistes les préparent à accepter la disparition de notre Nation qui sera remplacée par une mosaïque d'individus différenciés et séparés culturellement parlant anglais au Québec, mais uniformisés mondialement. NOUS devons impérativement exiger de notre État québécois qu'il abolisse rapidement ce poison relativiste dénationalisant et le remplace par un véritable cours d'Histoire et de Culture nationale permettant la transmission de ce que NOUS sommes, non seulement à nos enfants, mais aux enfants des nouveaux arrivants afin d'assurer leur intégration au NOUS et notre cohésion nationale future. L'École nationale se doit d'être le vecteur de la transmission de nos valeurs et de notre patrimoine, et non, l'instrument de la promotion du mondialisme anglo-américain normalisant et asservissant. Le Québec de demain ne doit pas devenir une Tour de Babel livrée poings et mains liées aux oligarques financiers mondialisés.

    Au Québec, fais comme les Québécois, fais comme NOUS

    Tout ce que NOUS demandons aux étrangers s'établissant au Québec, chez NOUS, c'est de choisir de vivre comme NOUS, de devenir progressivement Québécois en partageant notre langue, notre culture et notre histoire afin de pouvoir bâtir ensemble le Québec de demain. Au Québec, fais comme les Québécois, fais comme NOUS. C'est la seule façon de préserver notre identité nationale. S'ils ne veulent pas s'intégrer à NOUS, qu'ils partent s'établir ailleurs. La Terre est vaste! NOUS ne les obligeons pas, ni à venir s'établir ici, ni à rester. Mais que les mondialistes multiculturalistes et interculturalistes de la droite néolibérale et de la gauche petite bourgeoise, qui travaillent main dans la main à notre dénationalisation, cessent de NOUS traiter de racistes, xénophobes, intolérants parce que NOUS souhaitons préserver notre identité nationale, notre langue, notre culture, nos valeurs et notre mode de vie! Le Québec, c'est notre maison. Nous sommes ouverts et accueillants, mais pas au prix de laisser les étrangers dicter les règles de vie de notre foyer!

    Alors que la France s'apprête à adopter une loi interdisant le port du voile intégral dans les institutions et les services publics français au nom des valeurs de la République, que les Suisses se sont prononcés contre l'érection de minarets sur leur territoire national par référendum et que l'Allemagne entend forcer, par l'imposition d'un contrat d'intégration, les nouveaux arrivants à parler l'allemand et à respecter les autres valeurs fondamentales de la nation allemande, ici, nos interculturalistes xénophiles de gauche et de droite NOUS font la morale en NOUS sommant de NOUS ouvrir à la magnifique richesse que constitue la diversité culturelle et religieuse des fondamentalistes, intégristes et extrémistes religieux. Le Québec a changé, disent-ils! Le Québec n'a pas changé...il est en train de crever à cause de votre couardise et de vos compromissions! Ces nations européennes, ayant compris que les dérives multiculturalistes communautaristes des 30 dernières années menaçaient sérieusement leur identité nationale, leur cohésion nationale et la paix sociale, commencent à serrer la vis à l'immigration massive non-occidentale et à l'intégrisme islamiste en revenant au seul modèle garantissant l'intégration des étrangers, soit celui de l'assimilation. À Rome, fais comme les Romains. Voilà exactement ce que le Parti indépendantiste propose depuis 2 ans.

    Le Parti indépendantiste, la solution

    NOUS devons d'abord nous débarrasser de la tutelle d'Ottawa en déclarant notre indépendance à l'Assemblée Nationale dès l'élection d'une majorité de députés indépendantistes afin de doter le Québec d'une Constitution républicaine abolissant le multiculturalisme et ses accommodements religieux. Cette Constitution garantira l'unilinguisme français mur à mur au Québec en faisant du français la seule langue officielle et nationale de la République, la séparation de l'État et de la religion, la laïcité de l'État dans toutes ses composantes et l'égalité de tous devant la Loi, donc des hommes et des femmes. Le port des signes religieux ostentatoires (hidjab, burka, niqab, tchador, kippa, turban, poignard) sera interdit dans l'espace public, la fonction publique, les services publics et parapublics, les sociétés d'État, les institutions d'enseignement, les hôpitaux, etc. L'État cessera de financer les organismes et les écoles ethnoculturelles. Tous les étrangers devront fréquenter notre système d'éducation nationale de langue française des CPE à l'Université. L'immigration sera réduite d'au moins de moitié afin de respecter notre capacité d'accueil actuellement largement dépassée. Les immigrants seront sélectionnés sur la base de leur maîtrise du français avant d'arriver ici et du partage de nos valeurs fondamentales modernes. Ils signeront un contrat d'intégration à cet effet. Fini, la sélection et l'accueil des fondamentalistes, intégristes et autres extrémistes religieux tels les Islamistes, les Hassidiques et les Sikhs. Les candidats à l'immigration provenant des pays occidentaux seront priorisés. La citoyenneté sera offerte en mode accélérée aux Canadiens français hors-Québec et aux Franco-Américains qui décideraient de s'installer au Québec. Les étrangers déjà présents en sol québécois avant l'indépendance devront apprendre le français et passer un examen de connaissances linguistique, culturelle et historique avant de pouvoir obtenir la citoyenneté québécoise. Le message ainsi envoyé sera clair: pour obtenir la citoyenneté québécoise, les étrangers devront vivre comme NOUS en partageant notre langue, notre culture et notre histoire tout en respectant nos valeurs fondamentales. La cohésion nationale sera ainsi garantie par leur assimilation au NOUS.

    La République du Québec de langue française, laïque, libre et indépendante permettra enfin à notre Nation de préserver son héritage, ses traditions, sa culture, son patrimoine chrétien, son mode de vie et ses avancées civilisationnelles. Elle favorisera la collaboration fraternelle de tous ses citoyens en vue du développement d'un Québec fort, prospère et solidaire. Seul ce projet politique peut sauver le NOUS des dérives mondialistes désintégratrices de nos moralistes interculturalistes pour qui le Québec, même indépendant, ne saurait être autre chose qu'un petit Canada multiculturel bilingue dénationalisé.


    Éric Tremblay
    Chef du Parti indépendantiste

  • Marc Provencher
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 14h19
    ...d'autant plus qu'elle n'existe pas.
    « La pureté de la race est un concept très dangereux à manipuler... », écrit le citoyen Georges Paquet.

    Certes, cher monsieur, certes ! Mais ce qui est d'abord et avant tout extrêmement dangereux, c'est de prendre les peuples, faits historiques et culturels, pour des "races", superstitions biologiques. Je n'étais pas canadien-français à la naissance : je le suis devenu. Mes parents, qui sont également canadiens-français, ne l'étaient pas non plus à la naissance : ils le sont devenus. Et ainsi de suite. C'est un fait culturel et non un fait racial, un fait historique et non un fait naturel-biologique.

    Benedetto Croce : « En tant qu'historien, je constate à quel point improbables, arbitraires et fantastiques sont les théories de la race. »

  • Martin Auclair
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 15h45
    @ LeVasseur
    l'idiot, c'est celui qui use d'insultes plutôt que d'arguments.

  • Claude Gilbert
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 15h55
    Ces gens nous prennent pour des imbéciles et c'est dommage pour leur propre cause.
    Les auteurs de cette opinion se situent entièrement sur le terrain des idées pures et des principes pour circonscrire ce qu'est censé être l'éthique sociale appelée par le pluralisme en tant que fait. Mais tout en faisant mine d'admettre que la formulation et les pratiques de cette philosophie doivent s'adapter aux conditions particulières d'une histoire donnée et ce sans rompre le lien avec les autres sociétés occidentales aux prises avec les mêmes débats, ils nous demandent de faire abstraction, en théorie comme en pratique, des caractéristiques concrètes de cette société-ci. Ne pas se leurrer là-dessus: nous mettre en demeure de "ne pas opposer" l'existence d'une majorité et de minorités, c'est en fait nous interdire de prendre en considération, pour les fins d'une éthique appliquée et de la définition d'un bien commun concret, de réalités culturelles, historiques et psychologiques présentes de longue date. C'est incompréhensible d'un point de vue sociologique. C'est on ne peut plus dangereux d'un point de vue politique: ignorer les aspirations et les appréhensions des collectivités présentes sur un territoire en faisant fi et même en niant la pertinence de la perception qu'elles ont de leur place, de leur rôle et de leur légitimité, c'est appeler au retour du refoulé qui surviendra tôt ou tard; qui veut faire l'ange fera un jour la bête! Ce n'est donc vraiment pas très intelligent. La ligne de pensée prônée par les auteurs de cet article ne peut se défendre que d'un point de vue purement et abstraitement moral. C'est de l'idéologie par définition, qui veut comme Rousseau commencer par écarter tous les faits; et c'est forcément contre-productif et inefficace. Il est inutile d'attendre que l'expérience le prouve désastreusement en braquant les composantes du Québec actuel les unes contre les autres, dilapidant ainsi un capital réel de "vivre-ensemble" qui fonde en effet l'espérance de ces gens-là qu'on puisse aller plus loin, alors que ce capital acquis montre bien qu'on n'a pas besoin d'eux. Je le répète: prétendre que faire état dans sa réflexion de l'existence d'une majorité et de minorités revient à les "opposer", c'est nous prendre pour des imbéciles que le premier venu peut intimider è sa guise. Montrez un peu plus d'estime pour vos concitoyens si vous voulez garder un tant soi peu de crédibilité.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 18h51
    Nous autres on est fins.
    @Monsieur Éric Tremblay:
    Et que ferez-vous des anglophones qui sont ici depuis deux-cent-vingt ans, des autochtones qui étaient ici avant vous? En vous basant sur quelle histoire, celle de 1627, celle de 1701, celle de 1791 ou celle de 1837?
    Il y en a qui parlent, parlent, jusqu'à ce qu'ils trouvent quelque chose à dire.

  • jonathan
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 19h19
    Excellent
    Je suis né francophone au Québec d'une communauté culturelle et pourtant quand je lis les propos de Beaudoin et cie je me fait rappeller que je ne suis pas québecois. Que c'est triste. Bravo manifeste pour un québec pluraliste. Il faut arreter le nous et vous.

  • nonauracisme
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 21h53
    @Eric Tremblay:L'empire romain a fini par disparaitre car il se croyait superieur au autres.
    Laisser tomber ce slogan car on est au 21eme siecle mon ami.

  • nonauracisme
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 21h55
    @jonathan: ne vous decourager pas
    Il ya des gens au quebec qui resteront paysans et idiot, rien ne pourra les emmener a la modernite.

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 04h53
    Idéalisme Utopique Xénophile !!!

    @ Martin Auclair

    Mon cher Auclair, le terme "idiot utile" n'est pas une insulte mais
    un terme connu de tous ceux qui s'intéressent à l'étude
    contemporaine des civilisations et de leur évolution.

    Vladimir Ilitch Oulianov ( Lénine ) lui même l'a utilisé en d'autres
    temps faisant référence aux "idiots utiles" du capitalisme.

    Mais si vous voulez, je vous propose la terminologie suivante
    pour remplacer le terme "idiot utile" :

    "Idéaliste utopique xénophile".

    Nos trois amis qui ont écrit ce texte sont donc des
    "idéalistes utopiques xénophiles" ....... utiles ........
    du fondamentalisme islamique.

    Xénophilie ? Vous ne connaissez pas ?

    Bien que peu usité, ce terme désigne paradoxalement une forme
    d’ethnophobie non plus à l’encontre de l’étranger, mais à l’encontre
    de ses propres concitoyens "de souche".

    Bien que le sens étymologique suppose que le terme désigne le fait
    d’« aimer les étrangers » il s’emploie uniquement dans le sens de
    « préférer les étrangers aux siens ».

    On observe ce phénomène dans certains pays où, pour des raisons
    historiques ou culturelles complexes, l’étranger est favorisé au détriment des citoyens de souche.

    Xénophobie et Xénophilie sont finalement deux facettes d’une même
    forme de haine.

    Ceci dit, j'attend toujours un texte des Nootens, Karmis et Maclure sur
    la montée structurée des fondamentalismes obscurantistes en occident.

    Mais comme je l'ai déjà dit il ne le feront pas.
    Idéalisme utopique xénophile oblige !!!!

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    dimanche 7 mars 2010 07h21
    Platon versus Aristote
    Je me sens plus à l'aise avec l'approche de Beauchemin et Beaudoin pour les raisons suivantes.

    D'abord, j'aimerais situer le débat dans un cadre plus large. On se retrouve devant le débat Platon-Aristote. Pour une description plus complète de la problématique, je réfère à l'article "Le Devoir de philo - Charles De Koninck, déchiffreur de notre temps" du 14 février 2009 (http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo ou l'auteur écrit: "De Koninck reste fidèle à la politique d'Aristote. «Le bien commun, et non pas la personne et la liberté, écrit-il, est le principe même de toute loi, de tout droit, de toute justice et de toute liberté.» Pour lui, le bien commun inclut le bien des particuliers, mais il le dépasse: subordonner le bien commun à celui des particuliers, c'est créer une «société, non pas d'hommes libres, mais de tyrans»."

    En vertu du bien commun du groupe qui habite et gère un territoire, on peut justifier le besoin du groupe de développer une culture propre au territoire, culture entendue dans le sens d'outil de communication. Bien sûr, cette culture est sans cesse en construction et est enrichie par les apports extérieurs.

    Dans ce processus, le manifeste propose deux écueils. Le pluralisme ou multiculturalisme conduit à une impasse, particulièrement ressentie par tous ceux qui ont un jour loin du pays et en mal de celui-ci. Quels sont alors nos liens avec le pays? Faut-il manger du sirop d'érable dans un restaurant de Tokyo ou écouter Garou sur une terrasse de Paris pour se sentir rattaché au Québec? Quelle est la place qu'occupe le Québec sur le Web si les québécois ne recherchent pas la construction d'une culture qui les caractérisent, au delà d'un pluralisme ou d'un multiculturalisme?

    Le deuxième éceuil se réfère à l'histoire. Partager une histoire est un élément important dans la construction de l'identité sociale d'un groupe. Dans cette démarche, il faut attacher une importance particulière à l'histoire des habitants du territoire, sans oublier les Premières Nations, qui sont les grands absents de ce débat.

    Finalement, on sent dans le texte d'hier chez les minorités une peur de la majorité (minorité québécoise versus majorité canadienne anglaise, minorités visibles versus une majorité blanche, etc.). Nous avons encore des ponts à bâtir.

  • Marc Provencher
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 09h52
    Deux idéologies, une même erreur
    Le citoyen St-Cyr écrit : « Cette politique [libérale] apparaît désormais insuffisante, selon eux [les communautaristes], pour assurer une véritable démocratie, dans la mesure où elle ignore le besoin des hommes de voir RECONNAÎTRE LEUR DIGNITÉ NON PAS SEULEMENT EN TANT QUE CITOYENS ABSTRAITS MAIS AUSSI EN TANT QU’INDIVIDUS CONCRETS, PORTEURS D’UNE HISTOIRE ET D’UNE CULTURE SINGULIÈRES » (c'est moi qui souligne).

    En somme, c'est pratiquement mot pour mot la revendication traditionnelle du nationalisme québécois, le cri du coeur "Notre culture n'est pas reconnue !", mais multiplié à l'infini. Une kyrielle de petits PQ, quoi.

    Nationalisme ou multiculturalisme, c'est toujours un corporatisme identitaire, fondé sur la volonté de fusionner citoyenneté (fait politique) et identité (fait culturel). Résultat, selon l'angle depuis lequel on considère la chose : une citoyenneté identitaire, ou alors une identité culturelle étatisée, c'est-à-dire un désastre tant pour la citoyenneté que pour l'identité.

    La citoyenneté, exemple : canadienne en général, ou québécoise en particulier. L'identité culturelle, exemple : canadienne-française, canadienne-anglaise, les deux, latine, nord-américaine, haïtienne, napolitaine, sépharade, lyonnaise, arabe, moscovite, japonaise, africaine, méditerranéenne, russe, chiite, mitteleuropéenne, algérienne, hutu, piémontaise, juive, asiatique, italienne, soufiste, newyorkaise, du nordeste, française, caribéenne, turque, judéo-espagnole, sibérienne, rwandaise, chrétienne, danoise, milanaise, bouddhiste, slovaque, amérindienne, maghrebine, saguenéenne, sud-africaine, ashkenaze, okaidienne, européenne, de Hong-Kong, tutsi, brésilienne, catholique, basque, sud-américaine, mohawk, calviniste, uruguayenne, penjabi, slave, sicilienne, chinoise, musulmane, zoulou, indienne, montréalaise, scandinave, ouighour : que j'énumère de cette façon pour bien rappeler qu'il y a un JE et plusieurs NOUS, ce que les corporatismes identitaires sont manifestement incapables de saisir.

    La politisation, pire la militantisation de l'identité culturelle, qu'elle soit causée par le nationalisme ou par le multiculturalisme, est un danger d'abord et avant tout pour l'identité culturelle elle-même, fait par excellence de la vie sociale et non de la sphère politique. Je suis de plus en plus persuadé qu'une des causes de ce qu'on appelle parfois au Québec le "malaise identitaire" est justement cette politisation de l'identité, et l'idée commune aux deux idéologies - le nationalisme et le prétendu "multiculturalisme" - qu'il est normal de chercher à définir l'identité culturelle des gens depuis les hauteurs de l'État. Comme je le chantais plus haut sur ce fil (d'une voix de fausset mais heureusement il n'y a pas le son sur ce forum virtuel) : STILL MINCULPOP TO ME.

    Le MinCulPop étant, bien sûr, le MINinistère de la CULture POPulaire chargé par Mussolini de faire les Italiens.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 11h22
    Citoyen républicain, une coquille vide de sens.
    Marc Provencher semble vouloir nier toute identité culturelle. C'est ainsi qu'en France il n'y a que des citoyens. On serait bien embêté de dire combien de femmes siègent sur les conseils d'administration, combien de maghrébins, combien de noirs... Cela dispense la République d'agir et la société de progressser. Tout le monde est beau, tout le monde il est gentil.
    Je conviens avec lui toutefois que le malaise identitaire québécois est surfait. Le souligner ad nauseam permet de prescrire une seule identité, exclusive et au bord de l'intolérance, comme le font Beauchemin et Beaudoin. Leur volonté d'une République laïque, c'est Hérouxville transcrit en droit provincial. Il faut selon eux notamment répondre aux “demandes de plus en plus pressantes” (venant de qui je vous le demande), en faveur d’un enseignement de l’histoire qui soit “sensible au parcours national” (quel Goebbels s'en chargera?) ainsi qu’une nouvelle loi 101 assurant la francisation des nouveaux arrivants et des milieux de travail. Selon les auteurs, ce qui résonne dans ces appels n’est pas leur refus du pluralisme (première génuflexion) mais la volonté légitime d’accueillir la diversité au sein d’une histoire et d’une aventure nationale unique en Amérique (debouts, prions Lionel Groulx). Le caractère unique, singulier ou particulier de notre parcours incontournable semble devenir la clé de voute du système Beauchemin – Beaudoin. S’il y a parole incantatoire, et circulaire, c’est bien dans cette insistance d’une histoire construite sur l’horizon commun d’une majorité franco-québécoise sensible au parcours national et engagée dans une aventure nationale unique... Il faut quand même du culot pour dire des choses pareilles!

  • Marc Provencher
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 15h27
    Mensonge ! Contre-vérité manifeste ! Il y a un JE et plusieurs NOUS
    « Marc Provencher semble vouloir nier toute identité culturelle », écrit le citoyen St-Cyr.

    Mensonge ! C'est le contraire qui est vrai, comme le citoyen St-Cyr le saurait s'il avait lu mon texte, dont je me permets d'extraire la citation suivante vu qu'elle saute dans la face :

    « La politisation, pire la militantisation de l'identité culturelle, qu'elle soit causée par le nationalisme ou par le multiculturalisme, est un danger d'abord et avant tout pour l'identité culturelle elle-même, fait par excellence de la vie sociale et non de la sphère politique. »

    C'est PARCE QUE l'identité culturelle me tient tant à coeur que je lutte contre sa politisation, qui ne peut que la détruire. Nationalistes et multiculturalistes ont encore en commun de prendre pour le remède ce qui en réalité est un poison.

    Monsieur St-Cyr reproche avec juste raison au nationalisme québécois de « prescrire une seule identité ». Le multiculturalisme, quant à lui, veut en prescrire plusieurs. Mais l'une et l'autre idéologie veulent PRESCRIRE L'IDENTITÉ, ce qui est insensé et dangereux, car cela revient à vouloir aligner l'inalignable.

    Le problème (certes soluble) avec "l'identité nationale" à la française a été parfaitement compris, au moment suprême (1940-43) par la philosophe Simone Weil dans son ouvrage 'L'Enracinement : prélude à une Déclaration des devoirs envers l'être humain.' C'est que, explique-t-elle, la Nation a progressivement éliminé tous les autres liens, soit supra-nationaux, soit infra-nationaux ou non-nationaux. Mme Weil voyait d'ailleurs là, dans cette idolâtrie de la nation, une des causes de l'effondrement de 1939. « Un mensonge incohérent a été vaincu par un mensonge cohérent », écrit-elle. Et contre ça, elle insiste avec force sur « l'existence d'un grand nombre de milieux porteurs de vie, la patrie ne constituant que l'un d'entre eux. »

    Ce qu'il y a de plus intéressant dans cette position-là de la démocrate-chrétienne Simone Weil, c'est qu'elle concorde de façon frappante avec celle d'autres antifascistes de bords et de traditions vraiment opposés, ainsi le libéral Carlo Sforza et le socialiste-républicain (Giustiza e libertà) Carlo Levi. Pour Carlo Levi, dans son classique 'Le Christ s'est arrêté à Eboli', chaque individu est au centre de tout un réseau de liens, et s'emparer d'UN de ces liens - la Nation - pour en faire le TOUT revient à écraser l'individu dans la catégorie. De même la pensée du comte Sforza prend en tenaille la "pensée" fasciste : non, tu n'es pas seulement italien car tu es aussi Européen, dit-il en substance; non, tu n'es pas seulement italien car tu es aussi napolitain, génois, piémontais, sicilien, etc. Ardent constructeur de l'Europe moderne, le comte Sforza était un particulariste tout aussi ardent, et les deux choses ne sont nullement en contradiction, bien au contraire.

    Ces positions convergentes de trois fameux antifascistes de traditions politiques différentes - libéralisme, socialisme, démocratie-chrétienne - je me suis efforcé, au cours des dernières années, des les résumer en un principe, d'ailleurs déjà plogué dans mon intervention précédente : IL Y A UN JE ET PLUSIEURS NOUS.

    La citoyenneté, fait politique, juridique et administratif, ne constitue qu'un des liens, un des NOUS au centre desquels je me trouve. Les liens culturels, les liens religieux, géographiques, sociaux, et cetera sont d'autres "NOUS" qui passent également par moi. La citoyenneté n'est pas le tout, bien au contraire : c'est un lien parmi plusieurs - ce qui est d'autant plus évident que nous sommes ici dans une fédération, sorte de pays où la citoyenneté est pour ainsi dire gigogne. « Je suis Québécois », ça n'a rien d'une identité, pas plus que « Je suis Canadien » : il s'agit au contraire de citoyennetés. C'est un fait politique et non un fait culturel.

    Dans un de ses bons jours (car il était ambigu sur cette question comme nous le sommes tous), René Lévesque avait fait à un journaliste qui lui demandait « Qui est Québécois ? » la réponse suivante : « Celui qui vote au Québec et paie ses taxes au Québec ». Rien d'identitaire dans cette définition : et il avait tellement raison, cette fois-là. Et il doit en aller de même, bien sûr, pour la réponse à la question « Qui est Canadien ? ».

    Vous aurez compris à quel point m'est toujours apparu stupide et borné le vieux débat entre baby-boomers fédéralistes et séparatistes visant à déterminer si je dois m'appeler « québécois » OU « canadien-français », alors que j'ai évidemment BESOIN DES DEUX CATÉGORIES pour me désigner (sans parler de plusieurs autres !). Je suis Québécois ET je suis canadien-français. Ces deux termes me désignent, mais pas sous le même angle, et ils ne sont donc PAS DU TOUT INTERCHANGEABLES : contrairement à ce que plusieurs générations de fédéralistes et de séparatistes ont cru à tort.

    Il y a exactement la même sorte de différence entre « Québécois » et « Canadien français » qu'entre Israélien et Juif. On peut être juif et ne pas être israélien ; on peut bien sûr être juif et être israélien; on peut tout à fait être israélien et ne pas être juif. Le nationaliste est précisément celui qui me répond : "Je ne suis pas un canadien-français, je suis un Québécois !", alors qu'il est LES DEUX, "I am not an English Canadian, I am a Canadian !" alors qu'elle est LES DEUX. Dans ces deux exemples, malheureusement bien courants, la confusion entre citoyenneté et identité apparaît à l'évidence. Tels sont les ravages du nationalisme sur les esprits.

    Si elle ne constitue qu'un lien parmi plusieurs, la citoyenneté doit cependant être marquée d'une astérisque qui la rend spéciale : car c'est le NOUS qui sert pour ainsi dire de parapluie aux autres NOUS. Dans la sphère du politique, je suis Québécois, je suis Canadien, et c'est la neutralité même de cette notion de citoyenneté qui me permet d'être par ailleurs ce que je suis et veux être dans la sphère de la vie sociale "où tout est désordre et vie" (Sforza).

    C'est PARCE QUE il existe ces différences sans nombre entre les individus que nous avons besoins de poser à la base le principe irréfragable de l'égalité de tous les citoyens. Si nous étions tous pareils, ce principe d'égalité ne serait pas, ou serait moins nécessaire. C'est aussi pourquoi la citoyenneté ne PEUT PAS être IDENTITAIRE : car alors, comme l'observait si justement Antoine de St-Exupéry (dans les années 30, évidemment) : « Le principe d'égalité s'abâtardit en principe d'identité. »

    C'est précisément cet abâtardissement du principe d’égalité en principe d’identité que causent les zélateurs du nationalisme et du multiculturalisme en cherchant - les insensés, les fous - à fusionner l'identité culturelle et la citoyenneté, qui sont et doivent rester deux choses distinctes si nous voulons les préserver l'une comme l'autre.

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 16h33
    Citoyen multiculturel
    À Marc Provencher: Il y a sans doute quelque chose que je ne comprends pas, puisque je m'évertue à penser que les nationalistes stricts qui prêchent "l'épaisseur culturelle" en même temps qu'ils promeuvent la laïcité républicaine disent une chose et son contraire. Ils baignent dans le multiculturalisme, en amont (Canada) comme en aval (la société québécoise) et s'en inspirent en invoquant "notre Histoire" et nos valeurs partagées. Tout en souhaitant vivement l'avènement d'une citoyenneté républicaine qui permettrait de faire abstraction des "autres". Une citoyenneté républicaine qui pourtant s'appuie sur la multiplication des lieux de mémoire comme le démontre Pierre Nora, ou invoque des héros aussi nébuleux que Jeanne D'Arc et Vercingétoryx, en regardant sans cesse derrière elle pour évaluer l'évolution politique actuelle à traver les passages successifs de la Révolution de 1789. Pourquoi donc le républicanisme a-t-il à ce point prisonnier d'une construction historique? En dehors de ses citoyens, je ne vois rien d'autre pour livrer une explication...
    Les nationalistes rêvent à travers la République d'occulter, même d'effacer les prétentions des autres à exister. Hors de la ceinture fléchée, point de salut.

  • Marc Provencher
    Inscrit
    dimanche 7 mars 2010 18h19
    D'accord là-dessus
    Le citoyen St-Cyr écrit : « Je m'évertue à penser que les nationalistes stricts qui prêchent "l'épaisseur culturelle" en même temps qu'ils promeuvent la laïcité républicaine disent une chose et son contraire. »

    Selon moi, c'est tout à fait ça, et à l'égard des nationalistes québécois je ne dis pas autre chose. Sur ce point, nous sommes d'accord. La conception de la citoyenneté que se font nos amis est identitaire et donc, pas laïque pour cinq cennes. Ce qui est une menace à la fois pour la citoyenneté et pour l'identité culturelle qu'ils disent tant aimer. Mais voilà que je me répète déjà, comme un vieux disque...

    Mon problème, ou disons mon autre problème, c'est que les nationalistes québécois ne sont pas du tout les seuls à nager dans l'autocontradiction jusqu'aux yeux. Je brûle de vous parler ici du prétendu "multiculturalisme" canadien, seulement j'ai déjà envoyé au Devoir papier (le vrai Devoir !) un article en 999 mots au sujet de cette idéologie qui n'est pas du tout ce qu'elle croit être, alors sous peine de faire double emploi et de ne pas être publié, je dois me retenir... pour le moment. Pétard mouillé ? Propos d'un fou qui veut faire l'intéressant ? Pour le moment, on ne saurait l'exclure. Mais si j'ai vu juste, croyez-moi, ça va barder entre les deux oreilles.

  • Guy LeVasseur
    Inscrit
    lundi 8 mars 2010 12h57
    Pluralisme Montréaliste ???
    Dans tout ce bouillonnement de pensées, de positions et d'argumentaires suite à la diffusion du manifeste pour un Québec pluraliste je m'étonne que la simple notion géographique et
    socio-démographique du Québec, en tant que nation, n'ait jamais été citée comme élément d'analyse essentiel.

    Résumons
    Le Québec multi-ethnique, multi-culturel, multi-linguistique ou si vous voulez pluriel, est très fortement concentré sur les iles de Montréal et de Laval.

    Nous parlons ici de 31 % de la population du Québec.

    Dont 600,000 anglophones et 600,000 allophones. 1,200,000 citoyens dans la grande région de Montréal, correspondant à 15 % de la population totale du Québec.

    Dans le reste du Québec, le caractère éminemment homogène de la population sur les plans ethnique, linguistique et socio-démographique est un fait impossible à ignorer. ( Quoi que ! )

    Nous parlons ici de 69 % de la population du Québec.

    On comprend ainsi beaucoup mieux que la notion de "majorité" déplaise tant aux signataires du manifeste pour un Québec pluriel.

    Il est intéressant d'analyser la localisation des signataires du manifeste "Pour un Québec Pluraliste".

    Une immense concentration de signataires travaillant dans les universités localisées à Montréal dont principalement l'Université de Montréal, l'Uqam et McGill, donc un caractère hautement
    "Montréaliste" des signataires.

    Montréalisme ? Vous connaissez ?

    Il s'agit de cette pensée voulant que Montréal soit le centre de l'univers québecois et que tout ce qui se passe sur cette île doit inconditionnellement modeler l'ensemble du Québec pour le futur.

    On apelle cela "L'effet de densité" ( de la population ).
    L'effet de densité crée un distorsion de perception qui rend l'analyse objective plus "diffuse".

    C'est ainsi que selon la pensée Montréaliste, l'urbanité multiculturelle de Montréal génère des individus ayant un niveau de conscience supérieure parce qu'exposés jour après jour à la diversité et ceux-ci ont la mission divine d'illuminer de leurs pensée multiculturaliste, le reste du Québec, ce peuple provincial ignare, inculte et surtout ....ethniquement trop homogène.

    Les signataires sont d'ailleurs très embêtés par cette hômogénéité ethno-socio- démographique du reste du Québec qui déssert leur vision multiculturaliste absolutiste de la société.

    Comme le disait si bien Marie-France Bazzo lors de son intervention radiophonique de février dernier à l'émission de Paul Arcand concernant la vision des fameux "signataires", et je cite :

    "un peuple qui déplait aux intellectuels signataires"

    Selon les signataires :

    "le peuple ne convient pas et il ne pense pas comme il le faut"
    "ca serait donc le "fun" si on pouvait changer de peuple"

    et finalement :

    "pour les signataires il n'y a que deux couleurs : "le rose nirvana pluraliste printanier" et "le brun raciste de la masse majoritaire québecoise".

    j'ajouterai à la dernière citation : ...... de la masse majoritaire québecoise ........ethniquement homogène du reste du Québec !!!!

    ( vous aurez compris hors de l'ile de Montréal ).

    Dans les faits, sur la grande ile de Montréal, les différentes minorités immigrantes ( 600,000 citoyens ) disposent d'un seuil critique en nombre qui facilite grandement le communautarisme, la création de
    ghettos et l'exigence d'accomodements non-raisonnables de toutes sortes.

    À contrario, les rares immigrants qui font le choix "courageux" des régions du Québec n'atteignent jamais ce seuil critique en nombre, parce que trop dispersés sur une vaste territoire à faible densité de
    population, ce qui les oblige à leur intégration pleine et entière à leur société d'accueil et impose de facto le respect de la société d'accueil envers ces immigrants "régionaux".

    Ma ville, Rimouski, est en ce sens, un exemple de réussite qui honore les citoyens de ma région.

    Une réussite qui, je le redis, embête les signataires parce que les immigrants qui y vivent s'assimilent à la majorité franco-québecoise et en font partie intégrante, soit l'antithèse du multiculturalisme
    communautarisme des grand ensembles urbains "canadian" promu par les signataires.

    En conclusion :

    Montréal et ces particularités fait évidemment parti du Québec mais .....
    Montréal seule, n'est pas le Québec et ne sera jamais le Québec..

    Je le redis
    MONTRÉAL SEULE, N'EST PAS LE QUÉBEC ET NE SERA JAMAIS LE QUÉBEC.

    Il semble évident que la vision exprimée dans le manifeste des signataires est hautement "Montréaliste" et ne tiens pas compte de la spécificité du reste du Québec, 69 % de la population, spécificité qui déssert leur pensée idéaliste utopique visant à accomoder, à toutes les sauces, 7,5 % de la population du Québec, qui plus est, très largement concentrée sur l'ile de Montréal.

    Guy LeVasseur
    Rimouski

  • Marc Provencher
    Inscrit
    lundi 8 mars 2010 19h48
    Un néologisme inutile
    Le citoyen LeVasseur écrit : « Une immense concentration de signataires travaillant dans les universités localisées à Montréal dont principalement l'Université de Montréal, l'Uqam et McGill, donc un caractère hautement "Montréaliste" des signataires. »

    « Hautement montréalais » serait plus exact. Ce qui n'empêche pas lesdits signataires, en effet, de se planter en grand.

    Pour le reste, j'ai exactement la même question pour M. LeVasseur que pour ces intellectuels : qu'entendez-vous par "ethnique" ?

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