Duceppe discutera souveraineté en Europe

Selon Gilles Duceppe, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu’on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes.»
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Selon Gilles Duceppe, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu’on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes.»

Gilles Duceppe prend son bâton de pèlerin pour aller expliquer le projet de souveraineté du Québec en Europe. Même si le mouvement souverainiste est dans un creux de vague ici, le chef du Bloc estime qu'il faut renforcer des liens à l'étranger, développer des contacts, prononcer des discours et démystifier la souveraineté en prévision d'un éventuel référendum.

Cette mission en Europe, qui aura lieu l'automne prochain, est une première pour Gilles Duceppe, qui a déjà prononcé des discours au Canada anglais, mais pas outre-Atlantique. Jusqu'à présent, le terrain européen a surtout été labouré par le Parti québécois. La chef, Pauline Marois, n'a toutefois pas effectué de visite en Europe depuis qu'elle a pris les rênes de sa formation, en octobre 2007.

En marge d'un point de presse à Laval, Gilles Duceppe a affirmé au Devoir que le mouvement souverainiste doit poursuivre le travail, peu importe le contexte politique. «Il n'y a pas de raison pour arrêter le combat. Il faut continuer de parler de notre projet. Il faut l'expliquer et en faire la pédagogie», a soutenu M. Duceppe.

Mais est-ce que l'apathie que semblent manifester les Québécois ne devrait pas inciter les ténors souverainistes à patrouiller dans la province plutôt qu'en Europe? Un sondage Léger Marketing-Journal de Montréal publié la semaine dernière montre que 56 % des Québécois sont d'accord avec Lucien Bouchard lorsqu'il affirme que la souveraineté n'est pas réalisable dans un avenir prévisible.

Le chef du Bloc québécois estime que le mot «apathie» est trop fort et que le travail doit se poursuivre, même à l'étranger. «En septembre 1995, les sondages montraient que seulement 7 % des Québécois voulaient un référendum. Pourtant, il y en a eu un, et on a failli le gagner. Il faut être prêt», a dit Gilles Duceppe, qui a ajouté: «Quand les Québécois vont réaliser que l'espoir de réformer le fédéralisme est illusoire et que la seule voie pour le Québec, c'est la liberté politique, nous serons prêts à mettre en oeuvre un projet de souveraineté clair et emballant.»

Selon lui, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu'on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes», dit le chef du Bloc.

La tournée devrait durer environ une semaine — s'il n'y a pas d'élections fédérales à l'automne, précise Gilles Duceppe. La liste des personnes qui seront rencontrées n'est pas encore établie, tout comme les endroits visités, dit-on. Lors de sa conversation avec Le Devoir, Gilles Duceppe a parlé des sensibilités de la Catalogne et de l'Écosse envers le projet de souveraineté du Québec, sans toutefois dire s'il ira dans ces régions.

Le Bloc québécois veut accentuer les efforts hors Québec du mouvement souverainiste. Une tournée de Gilles Duceppe au Canada anglais sera aussi à son horaire cet automne, et l'on n'exclut pas une tournée aux États-Unis. Le chef du Bloc rappelle également que sa formation rencontre chaque année les ambassadeurs présents à Ottawa pour leur parler de différents sujets.

Le PQ se réjouit

Au Parti québécois, la porte-parole en matière de Relations internationales et de Francophonie, Louise Beaudoin, voit d'un bon oeil les efforts du Bloc québécois à l'étranger. «Si tout le mouvement souverainiste s'y met, y compris le Bloc, c'est tant mieux», a-t-elle dit au Devoir hier.

Mme Beaudoin, qui a un vaste réseau de contacts, particulièrement en France, affirme que le mouvement souverainiste ne doit pas laisser le terrain en friche trop longtemps. «Il faut cultiver nos relations, leur expliquer les enjeux ici et leur rappeler qu'on est là! La souveraineté du Québec, ce n'est pas dans les journaux tous les jours. Ce n'est pas sur l'écran radar à l'étranger», dit-elle, ajoutant: «Les interlocuteurs changent, on doit maintenir nos réseaux.» Des réseaux très importants pour une éventuelle reconnaissance internationale de l'État du Québec.

Mais dans le contexte actuel, le message souverainiste ne devrait-il pas être porté au Québec plutôt qu'à l'étranger? «On peut faire les deux en même temps, l'un n'exclut pas l'autre!», répond Louise Beaudoin. Depuis la sortie de Lucien Bouchard, les députés du PQ et du Bloc ont d'ailleurs affirmé vouloir continuer de parler et d'actualiser la souveraineté.

Selon Mme Beaudoin, Pauline Marois va elle aussi aller en Europe pour parler de la souveraineté et de son parti. «Ce sera probablement plus près des prochaines élections, c'est plus facile d'attirer l'attention en disant qu'on va reprendre le pouvoir», dit Louise Beaudoin. «Et c'est encore plus facile quand on est au pouvoir!»

Elle souligne que, dans l'opposition, André Boisclair, alors chef du PQ, est allé faire son tour en France avant les élections de 2007. Le chef du PQ le plus actif à l'étranger lorsqu'il était dans l'opposition, c'était Jacques Parizeau, dit Mme Beaudoin. «Il a été souvent en Europe entre 1992 et 1994. Avant qu'on reprenne le pouvoir et qu'il y ait un référendum.»
27 commentaires
  • Francis CHOISEL - Inscrit 23 février 2010 04 h 28

    Choisissez bien vos interlocuteurs, M. Duceppe

    Aller en Catalogne ou en Ecosse, comme l'évoque l'article, me semble une faute politique.
    Tout d'abord, ce serait ramener le Québec à un rang qui n'est pas le sien. Le Québec, ce n'est pas la Catalogne, pas plus qu'il n'est la Bretagne ou la Sicile, ni même l'Ecosse ou la Bavière. Il doit se placer au moins au rang de la Grèce ou de la Belgique.
    En second lieu, donner le sentiment de vouloir créer une sorte d'internationale des provinces séparatistes ne peut que coaliser les gouvernements centraux contre l'indépendance du Québec. Allez en Corse ou au Pays basque rencontrer les poseurs de bombes, et vous verrez l'opinion française se retourner contre les indépendantistes québécois. Il n'y aurait plus qu'à se rendre aussi au Tibet ou en Tchétchénie pour se mettre à dos la Chine et la Russie...
    Ce sont les opinions publiques et les gouvernements des grands Etats indépendants qui peuvent aider le Québec qu'il faut saisir à nouveau de la question, pour les convaincre. La France, bien sûr, où Sarkozy semble n'avoir rien compris à la situation canadienne, mais dont le conseiller spécial, Henri Guaino, est évidemment acquis. L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, etc.
    Sans oublier de passer le rideau de fer: les présidents polonais et tchèques sont des patriotes. Et la lutte contre la "souveraineté limitée" façon Brejnev prédispose tous les autres anciens satellites obligés de l'URSS à bien comprendre la "souveraineté limitée" façon Ottawa.
    Du côté des petits pays, des étapes dans ceux qui sont issus d'une scission d'un Etat plus grand seraient cependant utiles, dans le but d'y chercher des conseils pour l'avenir et d'en rapporter à l'intention de l'opinion québécoise des arguments sur les vertus de leur nouvelle indépendance. A condition que cette séparation soit aujourd'hui consensuelle. L'étude sur place de la "révolution de velours" qui a vu la séparation de la Tchéquie d'avec la Slovaquie serait donc particulièrement opportune. En revanche, il faut éviter les pays baltes ou l'Ukraine, là encore à cause de la Russie. Eviter aussi, ce me semble, la Slovénie ou la Croatie: Montréal n'est pas Sarajevo...
    Peut-être aussi serait-il utile d''aller voir en Belgique : il y a là une nationalité dominante, les Flamands, qui veut se débarrasser des Wallons. De quoi, peut-être, donner des idées aux anglophones du Canada.
    Comme quoi, voyager à l'étranger, ce n'est pas forcément se désintéresser de l'opinion québécoise et canadienne.

  • Catherine Paquet - Abonnée 23 février 2010 05 h 38

    Gilles Duceppe va sans doute apprendre que bien des choses ont changé dans cette nouvelle Europe.

    Si Gilles Duceppe, durant sa visite en Europe, mettai autant d'attention à comprendre ce qui s'y est passé qu'à expliquer les objectifs du Bloc, il reviendrait porteur d'une conviction que le Président Sarkosy a déjà clairement exprimé. Il faut comprendre qu'il n'est pas possible de convaincre le Président de la France, comme assurément le plus grand nombre des autres chefs d'État et de gouvernement de l'UE que "le monde a besoin de plus de division".

    Et pourquoi celà? Parce que l'Europe n'est plus ce qu'elle était, et les pays membres non plus.

    Il y a déjà huit ans, le président Giscard d'Estaing déclarait “Nous avons désormais un système de culture fédérale” (Le Figaro, 12 septembre 2002). Et depuis ce temps l'objectif de l'Union européenne de créer une interdépendance toujours plus étroite entre les pays membres a progressé en étendue et en profondeur. Je crois qu'on peut, avec très peu de réserve, comparer la situation et la dynamique dans laquelle évoluent les pays de l'UE à la situation qui prévaut aux États-Unis. D'ailleurs, dans à peu près les mêmes termes que ceux de la constitution américaine, les traités de l'UE engagent les institutions communes à respecter l'identité des États.

    Mais, voyons comment les plus importants domaines de compétences autrefois exclusives des 27 États membres de l'Union européenne ont été transférés aux institutions de l'Union.

    Rappelons que le 1erdécembre 2009, à la suite de la ratification du Traité de Lisbonne par ses 27 pays membres, l'Union européenne est devenue la grande puissance que les européens désiraient, aux côtés des États-Unis, de la Russie, de la Chine et du Japon.

    L'Europe a désormais un vrai visage, une vraie adresse, un président et un ministre des Affaires étrangères permanents

    - L’Union européenne jouit d’une personnalité juridique. Elle peut et elle doit négocier et signer les Traités et les Conventions, en son nom propre et au nom de tous ses pays membres. Et elle possède les pouvoirs et les moyens de les faire appliquer dans l’ensemble du territoire de l’Union.

    - Désormais, les réunions et les Sommets entre les chef d’État et de gouvernement des pays membres de l’UE ne font plus partie du domaine des Affaires étrangères, mais plutôt des Affaires intérieures de l’Union.

    - Les Traités de l'UE, dans sensiblement les mêmes termes que la Constitution des États-Unis, stipule que les Institutions de l’Union doivent respecter l’identité des États.

    - Un autre rapprochement que l’on peut faire avec les origines de l’édification des États-Unis d’Amérique est le fait que le drapeau, qui a été l’emblème du conseil de l’Europe souhaité par Churchill, et qui a ensuite été adopté par l’Union européenne, ressemble étrangement au drapeau qui a été l’emblème officiel des États Unis d’Amérique de 1777 1795. Le drapeau américain contenait alors 13 étoiles jaunes (les 13 premiers États de l’Union) disposées en cercle sur un fond rectangulaire bleu. Le drapeau européen est identique, sauf qu’il ne contient que 12 étoiles. Bien malin qui pourrait prédire si les rapprochements et les similitudes entre l’évolution de ces deux grandes puissances que sont l’Europe et les États-Unis vont se poursuivre, et si le statut des États qui les composent va se ressembler éventuellement. Je suis de ceux qui croient que ce sera inévitablement le cas. On a cependant décidé, en Europe, de ne pas utiliser l’expression, les États-Unis d’Europe, mais on en est tout proche.
    D’ailleurs, il faut sérieusement envisager que la réforme souhaitée du Conseil de sécurité de l’ONU ne puisse se faire que lorsque l’Union européenne prendra sa place dans un Conseil élargi, en remplacement de la France et de la Grande Bretagne qui y détiennent chacun un siège permanent. Cela mettrait l’Europe, avec une seule voix, sur le même pieds que les États-Unis, la Chine, la Russie et les autres.

    - L’Union européenne doit mettre en place un service diplomatique complet et autonome, en recrutant ses 5,000 principaux éléments dans les services diplomatiques des pays membres. Sous la gouverne du Parlement européen et de la Ministre des Affaires étrangères de l’Union, ce réseau se déploiera dans les cent et quelques Bureaux de l’Union européenne dans autant de pays et dans les Organisations internationales. On ne parle pas beaucoup encore de la disparition éventuelle des services diplomatiques nationaux, mais on la voit très bien venir.

    - L’Union européenne a beaucoup plus de poids et de pouvoir que ce que l’on voit dans un survol rapide: Ainsi,
    - le Budget de l’Union pour l’année 2010 est de l’ordre de 190 milliards de dollars.
    - les décisions sont prises à la majorité des voix. Donc plus de droit de veto et de politique de la “chaise vide”
    - les lois et règlements de l’Union européenne, qui sont deux fois plus nombreux que ceux des pays membres, s’appliquent intégralement sur la totalité du territoire de l’Union
    - la Cour européenne de Justice peut invalider toute décision des tribunaux nationaux.
    - l’Union européenne représente seule ses 27 pays membres, y compris bien sûr la France, l’Allemagne et les 25 autres, dans un nombre toujours plus grand de Forum mondiaux et d’Organisations internationales. Elle y occupe un siège de plein droit. C’est le cas dans l’Organisation mondiale du Commerce, comme la Conférence de Copenhague sur l’environnement, et dans une multitude de négociations multilatérales ou avec avec des pays tiers, sur des sujets aussi variés que la pêche, l’énergie, l’environnement, les tarifs douaniers, le contrôle des frontières, le terrorisme, et bien d’autres.

    Si l’Union européenne a connu des succès impressionnants au cours des cinquante années qui l’ont vue passer de 6 à 15 puis à 27 États membres, c’est parce que ces pays, fiers, puissants et indépendants depuis des millénaires, situant dans ce contexte l’essentiel de leurs propres intérêts, sont parvenus à abolir leurs frontières, à dégager des politiques communes essentielles à leur progrès, à conclure de nombreux transferts de compétences vers les institutions européennes, et à adopter une monnaie commune tout en confirmant le rôle essentiel de l’Union européenne sur le vieux Continent de même que sa présence et son influence dans le monde.

    Il se peut bien que des citoyens, en Europe et ailleurs, s’en étonnent et même manifestent contre cette évolution de l’Europe, mais il faudra leur rappeler que les Chefs d’États ou de gouvernements, démocratiquement élus, dans tous les pays membres ont, depuis 50 ans, discuté, approuvé et appuyé cette évolution. Ils étaient conscients de l’importance et des fondements historiques de la souveraineté de leurs pays, mais ils ont tous compris que le progrès de leurs économies et le bien-être de leurs citoyens devaient passer par cette mise en commun des mécanismes et des ressources essentielles à l’atteinte de ces objectifs. Il est donc relativement facile de comprendre pourquoi le Président de la France a récemment dit “qu’on n’arriverait pas à le convaincre que le monde avait besoin de plus de division”. Chacun reste libre de partager cette opinion, mais l’Europe, en ce XXIe siècle, en fait une éclatante démonstration.

    En guise de conclusion réfléchissons à ce que le président Sarkosy a écrit à Pauline Marois et à Gilles duceppe en date du 16 février 2009.

    "Ma volonté est d’aller plus loin encore, en approfondissant dans tous les domaines la relation unique qui lie la France et le Québec. Je pense notamment aux domaines économique, scientifique et universitaire, car ce sont les clefs de notre avenir commun, ou encore à notre coopération dans les domaines de la santé et de l’environnement.
    > Je souhaite que cette nouvelle relation franco-québécoise s’épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble. Cette communauté d’action est déterminante pour faire avancer les causes auxquelles nous tenons. La victoire commune que nous avons remportée pour la reconnaissance de la diversité culturelle en est l’illustration. Je pense également au projet de nouvel accord entre l’Union européenne et le Canada, pour lequel le Québec joue un rôle moteur. Cette communauté d’action est d’autant plus nécessaire dans le contexte de la crise économique mondiale que nous subissons, dans laquelle la langue française et les valeurs de la francophonie que nous portons ensemble constituent l’un de nos atouts les plus précieux."

    Bone voyage et bonnes réflexions M. Duceppe.

  • jacques noel - Inscrit 23 février 2010 07 h 31

    L'exemple balte

    Gilles devrait aller faire un petit tour dans les pays baltes. De minuscules pays (les 3 ensemble sont moins populeux que le Québec), occupés par l'Armée rouge pendant 50 ans, qui se sont tenus debout.

    Lorsque le temps du référendum est arrivé, seuls les Baltes "pure-laines" ont eu le droit de vote. Tant pis pour les Russes qui faisaient 30% de la population et habitaient le pays depuis un demi-siècle

    Ottawa et le reste du monde ont fermé les yeux. Et nos médias en ont jamais parlé.

  • epervier - Inscrit 23 février 2010 07 h 39

    Un droit vital, l'indépendance!

    L'importante vitale, c'est de parler de souveraineté, d'indépendance en toute logique possible au niveau de la politique, il va sans dire.
    L'important, c'est d'expliquer nos revendications très légitimes, de sensibiliser la nouvelle génération si peu politisée envers cette cause.
    Il est vrai que la société change mais de quelle façon? Pas toujours dans le sens réel de nos spécificités, un droit essentiel d'un peuple à se gérer légalement .
    Monsieur Duceppe a ce "courage merveilleux" d'établir des ponts à travers d'autres peuples, de démontrer que nous sommes un peuple et que nous avons droit de dire et de s'exprimer: l'importance d'une démocratie pleine et entière

  • Michael von Buttlar - Inscrit 23 février 2010 08 h 07

    Quelle surprise

    Alors Gilles fera sa p'tite tournée en Europe, c'est-à-dire qu'il va aller en France. Louise Beaudoin se mettra en contact avec 'son grand reseau', encore en France, pour promouvoir la même maudite idée dans le même maudit pays étranger qu'il y a quarante ans. Il y a d'autres pays qui seraient beaucoup plus à l'écoute que la France. Personne va les prendre au serieux à ce moment charnière du monde politique. Je ne suis pas contre ce projet mais il faut bien aller au-déla de la langue pour faire un pays. 40 ans de la même chose, me semble-t-il qu'il faut faire autre chose et convaincre le monde à la maison avant de voyager. Il faudrait aussi que Gilles remplace Pauline parce qu'elle n'a rien fait d'encourageant jusqu'ici. Dernièrement, on a trop mis d'argent dans ce projet qui n'a rien produit de tangible jusqu'à maintenant. Pourquoi pas forcer une expansion francophone à l'intérieur du Canada?