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    Duceppe discutera souveraineté en Europe

    Le chef du Bloc estime qu'il faut continuer le combat, peu importe le climat politique

    23 février 2010 |Alec Castonguay | Québec
    Selon Gilles Duceppe, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu’on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes.»
    Photo: Agence Reuters Chris Wattie Selon Gilles Duceppe, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu’on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes.»
    Gilles Duceppe prend son bâton de pèlerin pour aller expliquer le projet de souveraineté du Québec en Europe. Même si le mouvement souverainiste est dans un creux de vague ici, le chef du Bloc estime qu'il faut renforcer des liens à l'étranger, développer des contacts, prononcer des discours et démystifier la souveraineté en prévision d'un éventuel référendum.

    Cette mission en Europe, qui aura lieu l'automne prochain, est une première pour Gilles Duceppe, qui a déjà prononcé des discours au Canada anglais, mais pas outre-Atlantique. Jusqu'à présent, le terrain européen a surtout été labouré par le Parti québécois. La chef, Pauline Marois, n'a toutefois pas effectué de visite en Europe depuis qu'elle a pris les rênes de sa formation, en octobre 2007.

    En marge d'un point de presse à Laval, Gilles Duceppe a affirmé au Devoir que le mouvement souverainiste doit poursuivre le travail, peu importe le contexte politique. «Il n'y a pas de raison pour arrêter le combat. Il faut continuer de parler de notre projet. Il faut l'expliquer et en faire la pédagogie», a soutenu M. Duceppe.

    Mais est-ce que l'apathie que semblent manifester les Québécois ne devrait pas inciter les ténors souverainistes à patrouiller dans la province plutôt qu'en Europe? Un sondage Léger Marketing-Journal de Montréal publié la semaine dernière montre que 56 % des Québécois sont d'accord avec Lucien Bouchard lorsqu'il affirme que la souveraineté n'est pas réalisable dans un avenir prévisible.

    Le chef du Bloc québécois estime que le mot «apathie» est trop fort et que le travail doit se poursuivre, même à l'étranger. «En septembre 1995, les sondages montraient que seulement 7 % des Québécois voulaient un référendum. Pourtant, il y en a eu un, et on a failli le gagner. Il faut être prêt», a dit Gilles Duceppe, qui a ajouté: «Quand les Québécois vont réaliser que l'espoir de réformer le fédéralisme est illusoire et que la seule voie pour le Québec, c'est la liberté politique, nous serons prêts à mettre en oeuvre un projet de souveraineté clair et emballant.»

    Selon lui, le clan souverainiste ne doit pas cesser de parler à ses alliés et partenaires étrangers. «Il faut qu'on donne notre point de vue, qui est différent de celui des fédéralistes», dit le chef du Bloc.

    La tournée devrait durer environ une semaine — s'il n'y a pas d'élections fédérales à l'automne, précise Gilles Duceppe. La liste des personnes qui seront rencontrées n'est pas encore établie, tout comme les endroits visités, dit-on. Lors de sa conversation avec Le Devoir, Gilles Duceppe a parlé des sensibilités de la Catalogne et de l'Écosse envers le projet de souveraineté du Québec, sans toutefois dire s'il ira dans ces régions.

    Le Bloc québécois veut accentuer les efforts hors Québec du mouvement souverainiste. Une tournée de Gilles Duceppe au Canada anglais sera aussi à son horaire cet automne, et l'on n'exclut pas une tournée aux États-Unis. Le chef du Bloc rappelle également que sa formation rencontre chaque année les ambassadeurs présents à Ottawa pour leur parler de différents sujets.

    Le PQ se réjouit

    Au Parti québécois, la porte-parole en matière de Relations internationales et de Francophonie, Louise Beaudoin, voit d'un bon oeil les efforts du Bloc québécois à l'étranger. «Si tout le mouvement souverainiste s'y met, y compris le Bloc, c'est tant mieux», a-t-elle dit au Devoir hier.

    Mme Beaudoin, qui a un vaste réseau de contacts, particulièrement en France, affirme que le mouvement souverainiste ne doit pas laisser le terrain en friche trop longtemps. «Il faut cultiver nos relations, leur expliquer les enjeux ici et leur rappeler qu'on est là! La souveraineté du Québec, ce n'est pas dans les journaux tous les jours. Ce n'est pas sur l'écran radar à l'étranger», dit-elle, ajoutant: «Les interlocuteurs changent, on doit maintenir nos réseaux.» Des réseaux très importants pour une éventuelle reconnaissance internationale de l'État du Québec.

    Mais dans le contexte actuel, le message souverainiste ne devrait-il pas être porté au Québec plutôt qu'à l'étranger? «On peut faire les deux en même temps, l'un n'exclut pas l'autre!», répond Louise Beaudoin. Depuis la sortie de Lucien Bouchard, les députés du PQ et du Bloc ont d'ailleurs affirmé vouloir continuer de parler et d'actualiser la souveraineté.

    Selon Mme Beaudoin, Pauline Marois va elle aussi aller en Europe pour parler de la souveraineté et de son parti. «Ce sera probablement plus près des prochaines élections, c'est plus facile d'attirer l'attention en disant qu'on va reprendre le pouvoir», dit Louise Beaudoin. «Et c'est encore plus facile quand on est au pouvoir!»

    Elle souligne que, dans l'opposition, André Boisclair, alors chef du PQ, est allé faire son tour en France avant les élections de 2007. Le chef du PQ le plus actif à l'étranger lorsqu'il était dans l'opposition, c'était Jacques Parizeau, dit Mme Beaudoin. «Il a été souvent en Europe entre 1992 et 1994. Avant qu'on reprenne le pouvoir et qu'il y ait un référendum.»












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