Pour Pauline Marois, Lucien Bouchard est «une belle-mère»

Pauline Marois n'a pas apprécié la sortie de Lucien Bouchard hier
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois n'a pas apprécié la sortie de Lucien Bouchard hier

Pauline Marois croit qu'avec les critiques qu'il a formulées hier à son endroit, et à l'endroit de sa formation politique, Lucien Bouchard vient d'entrer dans le club des «belles-mères», ces anciens dirigeants qui n'hésitent pas à critiquer les chefs en place, quitte à mettre leur parti dans l'embarras.

«Le fait qu'il sorte à ce moment-ci pour critiquer certaines de nos actions, j'imagine que ça doit le ranger dans ce clan», a-t-elle répondu ce matin.

Mme Marois a ainsi répondu à l'accusation de son ancien chef voulant le PQ était devenu une «niche de radicalisme». «Le Parti québécois est un parti de tolérance, d'accueil et d'ouverture. Il l'a toujours manifesté dans le passé et il continue de le manifester», a-t-elle dit après la période de questions, un peu avant midi. Elle a ajouté qu'elle ne se définissait pas comme une «radicale», mais comme une souverainiste qui «croit à l'identité québécoise et qui croit qu'il est nécessaire de réaffirmer quelles sont les valeurs fondamentales de notre nation».

Elle a souligné que parmi les députés du PQ, il y a des gens de «différentes origines». «Nous avons été le parti qui a appuyé les politiques d'immigration du Québec, mais ça ne veut pas dire que accueillir l'autre, c'est renoncer à soi-même. C'est d'être capable d'être soi-même», a-t-elle insisté.

La sortie de Lucien Bouchard a du reste ravi le premier ministre Jean Charest, qui a utilisé à de multiples reprises en chambre ce matin les propos de son ex-collègue ministre conservateur pour attaquer Mme Marois.

À ses yeux, ce que Lucien Bouchard a fait constitue un «rappel à l'ordre» à l'endroit de Mme Marois, qui fait selon lui de la politique «en faisant appel au dénominateur commun le plus bas». «Son ancien chef, ancien premier ministre du Québec, lui rappelle que ce n'est pas une bonne idée d'essayer de succéder au radicalisme de l'ADQ dans ses questions et de faire de la démagogie sur une question aussi importante», a-t-il dit.

La chef péquiste a répondu en rappelant à son tour une phrase de Lucien Bouchard, qui avait demandé «au chef libéral, à une certaine époque, «de cesser de se réfugier dans la diversion démagogique pour masquer le vide de sa pensée».

Moqueur, le premier ministre a demandé à sa vis-à-vis si elle comptait «présenter ses excuses pour s'être inspirée d'Elvis Gratton— grande inspiration intellectuelle de la chef de l'opposition officielle— en faisant référence à son frère, Gérard Bouchard?» Mardi soir, Lucien Bouchard, s'était plaint qu'en mai 2008, la chef péquiste ait dépeint l'historien et sociologue comme un Elvis Gratton. Le PQ soutient toutefois que c'est un journaliste qui a soufflé l'image à Mme Marois.

Joint à Montréal l'ancien chef Jacques Parizeau a refusé de commenter la sortie de son successeur à la direction du Parti québécois. «Je ne fais pas de commentaire de chez moi. Je m'en tiens à cette ligne de conduite depuis un certain temps.»
18 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 17 février 2010 15 h 34

    Des excuses

    Elvis Gratton devrait demander des excuses à M. Bouchard.

  • Doris Brulotte - Abonnée 17 février 2010 16 h 05

    La parenté

    Qu'est-ce que vous voulez Mme Marois. La parenté on la choisi pas!

    Mais admettons, au dela de la mesquinerie politique, qu'il y a des points dérangeants et peut-être vrais dans le discour de M. Bouchard. Il faudrait peut être y réfléchir même si on aime pas le constat....

    De cette réflexion pourrait peut-être sortir quelque chose de bien ?

    Merci,

    Bernard Tremblay
    Québec

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 17 février 2010 16 h 07

    Pour une assemblée constituante!


    Je suis très étonné d'entendre ce genre d'opinion dépassée, déphasée et au demeurant, inexacte sur le strict plan constitutionnel, de la part d'un juriste qui fut premier ministre du Québec à la tête du parti péquiste, à l'effet que la souveraineté n'est pas réalisable. La souveraineté est de facto déjà techniquement réalisée, que nous le voulions ou pas, hé!

    De quoi en retourne-t-il, au fait? Nous sommes déjà une Nation reconnue en tant que telle au Canada. Or, toute nation est souveraine par nature. Il n'y a même pas lieu de tenir un référendum sur une question aussi évidemment oiseuse. Cette étape jadis incontournable de notre affirmation nationale, est à jamais révolue. Et pas plus liru de la "déclarer unilatéralement", ce qui ferait désordre pour rien et contredirait notre situation constitutionnelle objective actuelle À CÔTÉ du Canada.

    Mais comment cela? me rétorquerez-vous. Eh bien, c'est pourtant très simple. N'ayant jamais été signataire de la Constitution canadienne qui s'applique actuellement, soit celle de 1982, nous nous retrouvons donc tels des "agents libres" sur le marché constitutionnel canadien. Les paris sont restés ouverts, car les discussions n'ont jamais abouti sur cette question-là et plus personne ne semble vouloir en tenir.

    Néanmoins, du fait de la reconnaissance de facto par Harper que nous formons bel et bien une Nation, ce que les libéraux ont toujours nié dans leur délire révisionniste, la tenue d'un référendum n'est plus nécessaire, car il ne visait qu'à forcer les Canadian à nous reconnaître comme tels et à ouvrir les discussions quant à nos rapports communs.

    Il ne reste donc plus qu'à tenir une élection générale au Québec qui aurait pour mandat d'instituer une Assemblée constituante qui délibérerait afin de rédiger pour notre projet de République la Constitution qui aurait à franchir l'étape finale, devant la Communauté internationale, de la ratification par le peuple, pour le peuple!

  • France Marcotte - Abonnée 17 février 2010 16 h 10

    Toujours la même poutine?

    Tout est aspiré dans le grand maëlstrom ronronnant du PQ. Jamais de réaction surprenante, tout est prévisible. Belle-mère? c'est trop facile, trouvons autre chose de grâce! Étonnez-nous madame Marois, sortez de votre zone de confort! Le moment peut être charnière, déterminant, ne le gâchez pas.

  • pierre bureau - Inscrit 17 février 2010 16 h 36

    elvis lucien gratton

    chere mme marois...ne perdez plus votre temps a repondre a de tel propos insignifiants...restons debout et travaillons ensemble a faire notre pays...

    nous vaincrons!!!

    Pierre Bureau