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Gouvernement Charest - Le doute éthique

Bernard Descôteaux   11 février 2010  Québec
Le député libéral de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, a reçu un pardon pour toutes ses fautes. Le premier ministre Jean Charest a jugé que les questions relatives à ses manquements éthiques avaient été résolues de façon satisfaisante et qu'il pouvait à nouveau siéger à la commission de l'administration publique. Pourtant, un doute sérieux demeure sur le jugement de ce député.

Jean D'Amour a été l'objet l'automne dernier de deux enquêtes. La première portait sur une affaire de financement électoral illégal. Il s'était alors retiré du caucus libéral. Dès que le directeur des élections eut conclu qu'il n'y avait pas matière à poursuites, ses collègues le réintégrèrent sans attendre la conclusion de l'autre enquête menée par le commissaire au lobbyisme. À la fin de janvier, celui-ci a recommandé des poursuites pénales à son encontre pour pratique illégale de lobbyisme. La semaine dernière, il plaida coupable et fut condamné à une amende de 500 $.

Dans la première affaire, M. D'Amour a probablement agi naïvement de bonne foi en servant de courroie de transmission entre deux connaissances. Dans la deuxième affaire, un doute sérieux demeure toutefois. Venant de quitter la mairie de Rivière-du-Loup, il était assujetti à la loi sur le lobbyisme, qui lui interdisait de faire des représentations auprès de titulaires de charges publiques pendant deux ans. Nul n'est censé ignorer la loi, dit-on, ce qui était d'autant plus vrai que le commissariat au lobbyisme a par le passé sensibilisé les élus municipaux à leurs obligations. Mais, a-t-il plaidé, il ne faisait pas de lobbyisme, mais de la vente des services de son employeur, la firme de génie-conseil BPR.

Jean D'Amour s'est caché derrière ce sophisme lors de l'élection partielle de Rivière-du-Loup, espérant que les électeurs n'y verraient que du feu. On se serait plutôt attendu à ce qu'il reconnaisse son erreur et se range du côté du respect de la loi. Élu, il a persisté dans l'erreur pour finalement se rendre compte, une fois l'objet d'accusations formelles, qu'il n'avait d'autre choix que de plaider coupable. Autrement, il aurait dû s'engager dans un processus de contestation de la loi que son statut de député ministériel lui interdisait.

Plaider coupable permettait au député de clore le dossier sans avoir à exprimer de remords sincères. On aurait aimé l'entendre dire toute l'importance qu'il faut accorder à la loi sur le lobbyisme. Il en sent d'autant moins le besoin que son premier ministre l'absout inconditionnellement en lui permettant de siéger à la commission de l'administration publique, là où sont examinés appels d'offres et contrats gouvernementaux. «Le loup dans la bergerie», a dit l'opposition péquiste. L'image exprime bien que là n'est pas la place de Jean D'Amour, dont on sait qu'il n'est pas doté d'un sens critique très élevé lorsqu'il s'agit de contrats publics. Le premier ministre Charest n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire, un préfet de discipline très sévère. Le message est clair: un député libéral n'a pas à trop s'en faire avec les questions éthiques. Pas étonnant que l'étude du Code de déontologie et d'éthique qu'il avait promis en 2003 traîne toujours au feuilleton de l'Assemblée nationale.
 
 
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  • Guillaume L'altermontréaliste
    Inscrit
    jeudi 11 février 2010 01h21
    quel doute???
    encore un autre exemple qui fait fondre le peu de doute qu'il me restait sur l(e manque d)'éthique de la gang libérale ; "Le message est clair: un député libéral n'a pas à trop s'en faire avec les questions éthiques", que dire de plus...

    le doute qu'il me reste est plus par rapport à la capacité des citoyens de changer la situation ; que vas-tu faire, toi qui lit ce commentaire, pour changer ça?

  • Alain Larouche
    Abonné
    jeudi 11 février 2010 07h46
    Ravages
    Je suis tellement ulcéré de ce qui se passe dans ce gouvernement avec leur moralité d'une élasticité extrême que je me demande à quoi sert la démocratie. Le premier ministre fait ce qu'il veut sans retenue, sans aucune conséquence immédiate. Le seul verdict ce sera lors des prochaines élections. Mais d'ici ce temps il fera des ravages sur le désabusement de la population. Le Québec se croyait à l'abris suite aux abus de Duplessis. Mais non! Nous en sommes encore là. M. Charest passera à l'histoire comme l'un des plus grands fossoyeurs de la démocratie Québécoise

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 11 février 2010 08h00
    Le deux poids deux mesures de Jean Charest
    Quand il était chef de l'opposition, Jean Charest ne ratait pas une seule occasion pour jouer l'offensé ou crier au scandale à la moindre erreur du gouvernement péquiste.

    Et son attitude à l'égard de ses principaux adversaires n'a pas changé d'un iota même s'il est lui-même premier ministre depuis avril 2003.

    Suivez les débats à l'Assemblée nationale et vous verrez. Chaque fois, par exemple, que Mme Marois l'interroge sur la question de la santé, il sort sa cassette et radote que nous les problèmes que nous connaissons dans ce domaine sont encore et toujours attribuables uniquement aux politiques de ses prédécesseurs ! Faut quand même le faire !

    Par contre, quand son propre gouvernement se trompe ou que certains des ses ministres ou députés agissent de façon douteuse (par exemple, les D'Amour, Whissell et Tomassi), M. Charest ne s'en formalise pas trop et ose même déclarer que lui et son équipe n'ont absolument rien à se reprocher ! Décidément, notre premier ministre ne manque pas de culot !

  • pierre savard
    Inscrit
    jeudi 11 février 2010 08h36
    PAUVRE QUEBEC
    Voilà notre gouvernement ! Charest gouverne comme bon lui semble. Et l'opposition péquiste est très faible. Dire que certains intellos trouvaient l'opposition adéquiste faiblarde. Les péquistes sont pires. Ces derniers n'ont aucun député qui se démarque du lot. PQ et PLQ ? C'est le système du parti unique, une sorte de duopole. Le PQ c'est Coca-Cola et le PLQ c'est Pepsi. Pas surprenant que le prochain taux de participation avoisinera peut-être les 50 %. Et que continue la corruption !

  • Pierre Bernier
    Abonné
    jeudi 11 février 2010 08h58
    Respect du droit, de la déontologie et de l'éthique publique
    En régime démocratique, cette triade exigeante doit être au coeur des valeurs (croyances et convictions) des personnes qui sollicitent volontairement un mandat électoral pour prendre charge, provisoirement, des affaires collectives.

    Tout manquement avéré ou tout apparence de manquement à ces hauts standards disqualifie.

    Monsieur Charest en sait quelque chose, lui qui avait dû quitter sa charge de quasi-ministre fédéral pour un simple « coup de téléphone » !

    Manifestement, la leçon ne lui a pas permis de maîtriser la « compétence transversale » que celle-ci visait.

    Pas étonnant non plus que son gouvernement soit incapable de produire un projet de loi sur l'éthique et la déontologie des membres de l'Assemblée nationale (et autres élus sous son contrôle) qui repose sur un énoncé clair des valeurs, digne de la société de droit qu'ils doivent servir.

    La mollesse et l'ambiguïté de l'article 6 du projet de loi 48 en est la démonstration.

  • pagerry3
    Inscrit
    jeudi 11 février 2010 13h31
    Voilà le roasire des impies.
    Ce n’est plus un chapelet de niaiseries, mais les «gloire soit au père, au fils et au malsain d'esprit Jean Charest» se multiplient et ça donne dans les mystères les plus douloureux, mêmes si les joyeux libéraux du glorieux Charest en pissent de rire.

    RBASKA, CDPQ, FIER, BPR, ABC Rive-Nord, COLLUSIONS, CORRUPTION ÉCHANGISTE FTQ/PLQ, à part toutes les braises qu’arrosent les pompiers de l’establishment libéral. Devra-t-on subir une neuvaine de ce régime totalitaire du Kremlin libéral ?

    Alors que vous en avez vu d’autres, Monsieur Descôteaux, auriez-vous l’obligeance de nous donner l’heure juste et de nous donner les intrants et les extrants précis au sujet de cette secte de templiers bardés qu’est devenu le PLQ, sous l’autorité du transfuge qui fustige tout le monde ?

  • Carole Dionne
    Inscrite
    jeudi 11 février 2010 13h57
    ET DIRE QU'IL A DIT À LA POPULATION: LÀ J'AI COMPRIS
    À voir les propos de tous les blogueurs, on voit bien que l'on est désabusé. Jean Charest va faire ce qu'il veut jusqu'aux prochaines élections. PIRE QUE DUPLESSIS. Il se fout carrément de tout le monde aux Québec. Il voulait les deux mains sur le volant, certains québécois " éclairés" lui ont donné. Moi ce qui me fait de la peine, ce n'est pas Jean Charest lui-même( puisqu'il se fout de nous complètement) mais de ceux qui ont voté pour lui aux dernières élections, après nous avoir menti en pleine face lors de son premier mandat. Eux, vraiment, ...


    On dit que le premier ministre reçoit $75,000. comme chef de parti du parti libéral. Qui dit que ce n'est pas 1 million? Rien nous prouve le contraire et pourtant il y a encore des québécois qui croit dur comme fer qu'il ne reçoit que $75,000. Et quand on sait que l'argent du parti libéral vient des grosses firmes d'ingénieurs et de constructeurs de routes, on comprend pourquoi que Jean Charest ne veut absolument pas d'enquête sur la construction.

    C'est tu si compliquer à comprendre? Même si tous les journalistes s'époumonnent a demander des comptes, Jean Charest a le pouvoir. que les journalistes énumèrent toutes les irrégularités que Charest a fait, il s'en sacre.

    Comme ce premier ministre ne semble pas vouloir jouer le jeu de la vrai démocratie, j'aimerais ( un voeu pieux) que tous les autres partis se retirent de l'assemblée nationale. Ça s'est une façon de mettre son pied à terre. Peut-être que certain diront que les absents ont tort? Mais s'ils sont présent, ils ont tort pareil car CHAREST ne veut rien savoir.

  • Godefroy
    Abonné
    jeudi 11 février 2010 14h58
    Et ce n'est pas la fin
    « Le suffisant est celui en qui la pratique de certains détails que l'on honore du nom d'affaires, se trouve jointe à une très grande médiocrité d'esprit ».

    La Bruyère

  • André Loiselet
    Abonné
    jeudi 11 février 2010 16h53
    Motus et bouche cousu
    Peut-être que de pardonner à M. D'Amour et le garder dans ses fonctions constituent un moins grand risque que de le laisser répandre le flot d'informations gouvernementale qu'il semble posséder?
    Le refus d'une enquête publique procéderait des mêmes raisons.

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    dimanche 14 février 2010 19h46
    Un boulet houteux pour le PLQ et les Québécois. Doute éthique du PLQ


    Jean D'amour mène Monsieur Jean Charest par le bout du nez. Après les nombreuses boutades de son député qui a révélé une partie de son salaire au noir, le premier ministre le laisse à l'avant plan de l'actualité comme une diversion. Un certain chantage D'Amour pour M. Jean Charest, des secrets qui seront révélés bientôt par le nouveau député. Avec ca, un petit retour au privé avec l'expérience en émission des contrats aux fournisseurs du gouvernement. Il aura le listes des téléphones pour leur demander un petit 3000$.

    Très pénible comme situation pour les confrères députés. Un mauvais exemple de travail éthique pour les enfants et la famille des politiciens.

    Les Québécois ont réélu Jean Charest, un premier ministre qui a été payé sous la table par son parti pendant 10 ans, c’est parce qu’ils connaissent d’expérience ces pratiques qu’ils tolèrent dans leurs propres milieux de travail, leur silence leur permettant de continuer à gagner paisiblement leur vie sans être importunés. La corruption est entrée dans nos mœurs, voilà pourquoi nous la tolérons chez nos dirigeants, alors que l’honnêteté est un risque, puisqu’elle peut nous faire perdre le peu que nous possédons : emploi, auto et maison, 100,000 $.

    Il faut se faire une raison.

  • Claire Comtois
    Abonné
    jeudi 25 février 2010 16h41
    gouvernement Charest ledoute et l'éthique.
    Il ne connaît pas ce qu'est l'éthique comment voulez-vous qu'il en demande à ses députés. Demandez-vous pas pourquoi qu'il ne veut pas d'enquête publique et indépendante.

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