Jean Charest en Inde - L'esprit marchand
Une délégation commerciale québécoise, avec à sa tête le premier ministre Jean Charest, terminait hier une visite d'une semaine en Inde. Ce tourisme commercial a sa raison d'être, ne serait-ce que pour répondre à la nécessité de diversifier nos marchés. Les économies émergentes constituent pour le Québec des destinations prioritaires.
L'activisme auquel s'adonne le premier ministre Charest en matière de commerce international se prête facilement à un peu de démagogie de la part d'adversaires qui lui reprochent de s'absenter du Québec pour éviter de répondre à certaines questions. Personne ne retiendra sérieusement ces critiques. On espère que Pauline Marois, si elle devenait première ministre un jour, n'hésiterait pas à se lancer à la recherche de nouveaux partenaires commerciaux.
La dépendance de l'économie québécoise, comme de l'économie canadienne dans son ensemble, envers l'économie américaine a un caractère malsain dont les effets ont pu être mesurés par les travailleurs québécois ces dernières années. La crise du bois d'oeuvre s'est révélée particulièrement cruelle pour ceux du secteur forestier, tout comme la récession économique dont les États-Unis commencent à peine à s'extirper.
Si développer de nouveaux marchés est impérieux, le réflexe de toujours se tourner vers les États-Unis demeure toutefois plus fort que tout. La taille de ce marché, sa proximité géographique comme culturelle expliquent cela. À l'inverse, un marché comme l'Inde apparaîtra destiné à demeurer marginal, comme le laissent supposer les petits 408 millions de dollars d'exportations québécoises, ce qui est à peine 1 % des échanges entre le Québec et les États-Unis. L'enjeu est toutefois moins de s'arrêter à ce que représentent ces échanges aujourd'hui que de regarder ce qu'ils pourraient être en raison de la croissance rapide de l'Inde, une des quatre grandes économies émergentes avec la Chine, le Brésil et la Russie.
Le Québec et le Canada ne sont pas seuls à frapper à la porte de ces pays. Toutefois, il est certainement plus facile de pénétrer ces nouvelles économies et de s'y faire une place que de réussir à accroître ses parts de marché dans les économies traditionnelles. Ainsi, les efforts tant du Québec que du Canada pour se tourner vers l'Europe afin de réduire leur dépendance envers les États-Unis n'ont jamais donné de résultats probants. Chaque fois, on a toujours fini par se retourner vers les États-Unis, comme l'avait fait Pierre Elliot Trudeau dans les années 1970 après l'échec de sa politique dite de la troisième voie.
Si Jean Charest n'était pas allé en Russie l'automne dernier et en Inde ce mois-ci, il faudrait le lui reprocher. Il est là au moment où il le faut. Il aura certainement mieux compris ces pays où il aura appris par ailleurs qu'on ne peut dissocier enjeux commerciaux et enjeux socio-politiques. Cette semaine, il a ainsi été confronté aux problèmes de santé publique que soulève l'utilisation de l'amiante chrysotile qu'exporte en Inde le Québec. Ce produit n'est sécuritaire que si ses conditions d'utilisation sont respectées. La réalité dans ce pays est qu'elles ne le sont pas et ne peuvent pas l'être. L'amiante représente un danger certain pour les travailleurs indiens. Bannir l'exploitation de l'amiante, comme on le lui a demandé, voudrait dire des pertes d'emploi ici. Là-bas, ce sont des vies qui sont en cause. Ce dilemme moral, M. Charest l'a repoussé pudiquement en renvoyant ses interlocuteurs au gouvernement indien. Au moins aura-t-il vu qu'on ne peut pas construire des relations commerciales animées que dans un esprit marchand.
L'activisme auquel s'adonne le premier ministre Charest en matière de commerce international se prête facilement à un peu de démagogie de la part d'adversaires qui lui reprochent de s'absenter du Québec pour éviter de répondre à certaines questions. Personne ne retiendra sérieusement ces critiques. On espère que Pauline Marois, si elle devenait première ministre un jour, n'hésiterait pas à se lancer à la recherche de nouveaux partenaires commerciaux.
La dépendance de l'économie québécoise, comme de l'économie canadienne dans son ensemble, envers l'économie américaine a un caractère malsain dont les effets ont pu être mesurés par les travailleurs québécois ces dernières années. La crise du bois d'oeuvre s'est révélée particulièrement cruelle pour ceux du secteur forestier, tout comme la récession économique dont les États-Unis commencent à peine à s'extirper.
Si développer de nouveaux marchés est impérieux, le réflexe de toujours se tourner vers les États-Unis demeure toutefois plus fort que tout. La taille de ce marché, sa proximité géographique comme culturelle expliquent cela. À l'inverse, un marché comme l'Inde apparaîtra destiné à demeurer marginal, comme le laissent supposer les petits 408 millions de dollars d'exportations québécoises, ce qui est à peine 1 % des échanges entre le Québec et les États-Unis. L'enjeu est toutefois moins de s'arrêter à ce que représentent ces échanges aujourd'hui que de regarder ce qu'ils pourraient être en raison de la croissance rapide de l'Inde, une des quatre grandes économies émergentes avec la Chine, le Brésil et la Russie.
Le Québec et le Canada ne sont pas seuls à frapper à la porte de ces pays. Toutefois, il est certainement plus facile de pénétrer ces nouvelles économies et de s'y faire une place que de réussir à accroître ses parts de marché dans les économies traditionnelles. Ainsi, les efforts tant du Québec que du Canada pour se tourner vers l'Europe afin de réduire leur dépendance envers les États-Unis n'ont jamais donné de résultats probants. Chaque fois, on a toujours fini par se retourner vers les États-Unis, comme l'avait fait Pierre Elliot Trudeau dans les années 1970 après l'échec de sa politique dite de la troisième voie.
Si Jean Charest n'était pas allé en Russie l'automne dernier et en Inde ce mois-ci, il faudrait le lui reprocher. Il est là au moment où il le faut. Il aura certainement mieux compris ces pays où il aura appris par ailleurs qu'on ne peut dissocier enjeux commerciaux et enjeux socio-politiques. Cette semaine, il a ainsi été confronté aux problèmes de santé publique que soulève l'utilisation de l'amiante chrysotile qu'exporte en Inde le Québec. Ce produit n'est sécuritaire que si ses conditions d'utilisation sont respectées. La réalité dans ce pays est qu'elles ne le sont pas et ne peuvent pas l'être. L'amiante représente un danger certain pour les travailleurs indiens. Bannir l'exploitation de l'amiante, comme on le lui a demandé, voudrait dire des pertes d'emploi ici. Là-bas, ce sont des vies qui sont en cause. Ce dilemme moral, M. Charest l'a repoussé pudiquement en renvoyant ses interlocuteurs au gouvernement indien. Au moins aura-t-il vu qu'on ne peut pas construire des relations commerciales animées que dans un esprit marchand.
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