Commission parlementaire - Duchesne envoie son bras droit témoigner
Le lieutenant-gouverneur a fait frapper 1200 médailles à son effigie
Médailles de Pierre Duchesne
Québec — Le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, a soulevé la colère des élus, hier, en refusant de se présenter en commission parlementaire pour rendre des comptes sur sa gestion.
M. Duchesne a justifié sa décision en disant s'appuyer sur les conventions en vigueur dans les pays du Commonwealth et sur les privilèges liés à sa fonction.
Mais le premier ministre Jean Charest ne partage pas du tout son point de vue. En mission en Inde, il n'a pas hésité à déplorer son refus de participer aux travaux de la Commission de l'administration publique. «J'aurais préféré que le lieutenant-gouverneur ait témoigné», a-t-il dit, en point de presse.
À deux reprises, en janvier, la commission avait convoqué M. Duchesne pour qu'il s'explique devant les élus sur sa gestion des fonds publics qui lui sont confiés. Il avait d'abord refusé, puis, devant l'insistance des élus, avait choisi de déléguer à sa place son principal aide de camp, le colonel à la retraite Michel Demers, «pour ne pas créer de précédent», a dit ce dernier.
Car, selon M. Demers, la présence de son patron en commission parlementaire aurait un impact dans tous les pays du Commonwealth.
Le lieutenant-gouverneur «préfère que ce soit moi, puisque je suis la personne désignée qui s'occupe de l'administration du bureau», a-t-il commenté, en point de presse.
Ce dernier a par ailleurs dû expliquer pourquoi le lieutenant-gouverneur avait choisi de frapper une médaille à son effigie, qu'il remet en guise de récompense chaque année à quelque 1200 citoyens ayant accompli des choses hors du commun. Il prétend que cette forme de reconnaissance coûte bien moins cher aux contribuables que le parchemin qui était remis auparavant. «C'est une marque de sobriété», selon M. Demers.
Dans le passé, les lieutenants-gouverneurs avaient l'habitude de frapper des médailles à leur effigie, avec armoiries personnelles, mais la tradition a été abandonnée en 1966.
Québec verse cette année 775 000 $ au bureau du lieutenant-gouverneur, une somme en hausse de 10 % par rapport à l'année précédente.
Vice-président de cette commission, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, s'est demandé ce que le lieutenant-gouverneur avait à cacher pour se défiler de la sorte. Selon lui, M. Duchesne a manqué à son devoir. «Ça ne lui aurait pas fait mal de passer une heure avec nous», a commenté M. Bonnardel, en point de presse, jugeant la situation «inquiétante». «C'est immensément décevant pour les Québécois», selon lui.
À la défense de son patron, Michel Demers a rappelé que M. Duchesne avait suggéré de préciser l'étendue de ses obligations dans un projet de loi. Mais le premier ministre Charest a indiqué à ce propos qu'il n'y avait pas «de lien entre les deux», et que rien ne l'empêchait de témoigner.
On ne sait toujours pas, par ailleurs, quand ni quelle portion des sommes non justifiées dépensées par l'ex-lieutenante-gouverneure, Lise Thibault, pourra en fin de compte être récupérée. Le vérificateur général du Québec et celui du Canada avaient calculé que Mme Thibault avait effectué, au total, en 10 ans, pour 700 000 $ de dépenses sans aucune pièce justificative. Durant son témoignage, M. Demers a assuré les parlementaires que son successeur, l'actuel lieutenant-gouverneur, avait pris diverses mesures pour contrôler ses dépenses et respecter les budgets versés par Québec et Ottawa.
M. Duchesne a justifié sa décision en disant s'appuyer sur les conventions en vigueur dans les pays du Commonwealth et sur les privilèges liés à sa fonction.
Mais le premier ministre Jean Charest ne partage pas du tout son point de vue. En mission en Inde, il n'a pas hésité à déplorer son refus de participer aux travaux de la Commission de l'administration publique. «J'aurais préféré que le lieutenant-gouverneur ait témoigné», a-t-il dit, en point de presse.
À deux reprises, en janvier, la commission avait convoqué M. Duchesne pour qu'il s'explique devant les élus sur sa gestion des fonds publics qui lui sont confiés. Il avait d'abord refusé, puis, devant l'insistance des élus, avait choisi de déléguer à sa place son principal aide de camp, le colonel à la retraite Michel Demers, «pour ne pas créer de précédent», a dit ce dernier.
Car, selon M. Demers, la présence de son patron en commission parlementaire aurait un impact dans tous les pays du Commonwealth.
Le lieutenant-gouverneur «préfère que ce soit moi, puisque je suis la personne désignée qui s'occupe de l'administration du bureau», a-t-il commenté, en point de presse.
Ce dernier a par ailleurs dû expliquer pourquoi le lieutenant-gouverneur avait choisi de frapper une médaille à son effigie, qu'il remet en guise de récompense chaque année à quelque 1200 citoyens ayant accompli des choses hors du commun. Il prétend que cette forme de reconnaissance coûte bien moins cher aux contribuables que le parchemin qui était remis auparavant. «C'est une marque de sobriété», selon M. Demers.
Dans le passé, les lieutenants-gouverneurs avaient l'habitude de frapper des médailles à leur effigie, avec armoiries personnelles, mais la tradition a été abandonnée en 1966.
Québec verse cette année 775 000 $ au bureau du lieutenant-gouverneur, une somme en hausse de 10 % par rapport à l'année précédente.
Vice-président de cette commission, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, s'est demandé ce que le lieutenant-gouverneur avait à cacher pour se défiler de la sorte. Selon lui, M. Duchesne a manqué à son devoir. «Ça ne lui aurait pas fait mal de passer une heure avec nous», a commenté M. Bonnardel, en point de presse, jugeant la situation «inquiétante». «C'est immensément décevant pour les Québécois», selon lui.
À la défense de son patron, Michel Demers a rappelé que M. Duchesne avait suggéré de préciser l'étendue de ses obligations dans un projet de loi. Mais le premier ministre Charest a indiqué à ce propos qu'il n'y avait pas «de lien entre les deux», et que rien ne l'empêchait de témoigner.
On ne sait toujours pas, par ailleurs, quand ni quelle portion des sommes non justifiées dépensées par l'ex-lieutenante-gouverneure, Lise Thibault, pourra en fin de compte être récupérée. Le vérificateur général du Québec et celui du Canada avaient calculé que Mme Thibault avait effectué, au total, en 10 ans, pour 700 000 $ de dépenses sans aucune pièce justificative. Durant son témoignage, M. Demers a assuré les parlementaires que son successeur, l'actuel lieutenant-gouverneur, avait pris diverses mesures pour contrôler ses dépenses et respecter les budgets versés par Québec et Ottawa.
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