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Commission parlementaire - Duchesne envoie son bras droit témoigner

Le lieutenant-gouverneur a fait frapper 1200 médailles à son effigie

La Presse canadienne   5 février 2010  Québec
Médailles de Pierre Duchesne
Médailles de Pierre Duchesne
Québec — Le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, a soulevé la colère des élus, hier, en refusant de se présenter en commission parlementaire pour rendre des comptes sur sa gestion.

M. Duchesne a justifié sa décision en disant s'appuyer sur les conventions en vigueur dans les pays du Commonwealth et sur les privilèges liés à sa fonction.

Mais le premier ministre Jean Charest ne partage pas du tout son point de vue. En mission en Inde, il n'a pas hésité à déplorer son refus de participer aux travaux de la Commission de l'administration publique. «J'aurais préféré que le lieutenant-gouverneur ait témoigné», a-t-il dit, en point de presse.

À deux reprises, en janvier, la commission avait convoqué M. Duchesne pour qu'il s'explique devant les élus sur sa gestion des fonds publics qui lui sont confiés. Il avait d'abord refusé, puis, devant l'insistance des élus, avait choisi de déléguer à sa place son principal aide de camp, le colonel à la retraite Michel Demers, «pour ne pas créer de précédent», a dit ce dernier.

Car, selon M. Demers, la présence de son patron en commission parlementaire aurait un impact dans tous les pays du Commonwealth.

Le lieutenant-gouverneur «préfère que ce soit moi, puisque je suis la personne désignée qui s'occupe de l'administration du bureau», a-t-il commenté, en point de presse.

Ce dernier a par ailleurs dû expliquer pourquoi le lieutenant-gouverneur avait choisi de frapper une médaille à son effigie, qu'il remet en guise de récompense chaque année à quelque 1200 citoyens ayant accompli des choses hors du commun. Il prétend que cette forme de reconnaissance coûte bien moins cher aux contribuables que le parchemin qui était remis auparavant. «C'est une marque de sobriété», selon M. Demers.

Dans le passé, les lieutenants-gouverneurs avaient l'habitude de frapper des médailles à leur effigie, avec armoiries personnelles, mais la tradition a été abandonnée en 1966.

Québec verse cette année 775 000 $ au bureau du lieutenant-gouverneur, une somme en hausse de 10 % par rapport à l'année précédente.

Vice-président de cette commission, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, s'est demandé ce que le lieutenant-gouverneur avait à cacher pour se défiler de la sorte. Selon lui, M. Duchesne a manqué à son devoir. «Ça ne lui aurait pas fait mal de passer une heure avec nous», a commenté M. Bonnardel, en point de presse, jugeant la situation «inquiétante». «C'est immensément décevant pour les Québécois», selon lui.

À la défense de son patron, Michel Demers a rappelé que M. Duchesne avait suggéré de préciser l'étendue de ses obligations dans un projet de loi. Mais le premier ministre Charest a indiqué à ce propos qu'il n'y avait pas «de lien entre les deux», et que rien ne l'empêchait de témoigner.

On ne sait toujours pas, par ailleurs, quand ni quelle portion des sommes non justifiées dépensées par l'ex-lieutenante-gouverneure, Lise Thibault, pourra en fin de compte être récupérée. Le vérificateur général du Québec et celui du Canada avaient calculé que Mme Thibault avait effectué, au total, en 10 ans, pour 700 000 $ de dépenses sans aucune pièce justificative. Durant son témoignage, M. Demers a assuré les parlementaires que son successeur, l'actuel lieutenant-gouverneur, avait pris diverses mesures pour contrôler ses dépenses et respecter les budgets versés par Québec et Ottawa.
Médailles de Pierre Duchesne L’absence de Pierre Duchesne hier en commission parlementaire a irrité les élus, qui auraient aimé l’entendre s’expliquer sur sa gestion des fonds publics qui lui sont confiés.
 
 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    5 février 2010 08 h 50
    En 1954
    En 1954, j'ai reçu une médaille du lieutenant-gouverneur d'alors (j'ai oublié son nom et jeté sa médaille) pour résultats exceptionnels en études pédagogiques. Ma mère s'est réjoui, mais est devenue souverainiste quelques années plus tard. Comme quoi les gens changent malgré tout.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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  • Harold Leclerc - Abonné
    5 février 2010 10 h 31
    Dévaloriser la fonction
    Puisqu'une partie importante de la population québécoise semblent manifestement mépriser la foncion de lieutenant-gouverneur, n'aurait-il pas lieu de diminuer son budget au minimum, plutôt que de l'augmenter? J'ai du mal à comprendre comment justifier l'augmentation de 10% de son budget en un an, ce qui représente une hausse de beaucoup supérieure à l'inflation...
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  • Donald Bordeleau - Inscrit
    5 février 2010 10 h 50
    Droit de faire à sa tête avec ses médailles
    Monsieur Jean Charest demande à Monsieur Duchesne de plier comme le roseau. Mais la stratégie de communication du gouvernement est toute autre, demander à Dan Gagnier. Le Gouverneur ne se présentera pas.

    Droit de témoingner ou Droit de passage

    C'est un serviteur très dévoué pour le Québec.

    Il décore chaque année des Québécois pour souligner leur succès ou dévouement et courage.

    Mais c'est pas facile pour lui de trouver les personnes pour leur remettre des médaille du gouverneur. Beaucoup de personne refuse chaque année de recevoir une tel décoration à cause d'un malaise monarchique.

    S'il refuse de présenter l'état de ses folles dépenses, c'est son droit.

    Cependant les gens de l'ÎLe aux Grues ont eu le courage de mettre fin au passe-droit pour l'embarquement traversier sur le bac.

    Son Honorable rue encore dans les brancards pour retrouver son prestige et son droit de passage sur le traversier.

    Pour ceux ou celle qui admirent notre honorable voir le lien internet qui suit :

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/196756/l-
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  • Pierre Bernier - Abonné
    5 février 2010 11 h 02
    Craintes d'expulsion ?
    « Car, selon M. Demers, la présence de son patron en commission parlementaire aurait un impact dans tous les pays du Commonwealth. »

    Et après ?
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    5 février 2010 11 h 14
    L'image de soi...
    Monsieur Duchesne lors de son assermentation en juin 2007, avait pourtant annoncé que : «le sens du devoir, du partage et de la sobriété sont les mots d'ordre qui me guideront tout au long de mon mandat».

    Depuis1966, les lieutenants gouverneurs ne font plus frapper de médailles à leur image, avec raison, me semble-t-il, tant cette habitude n’est pas seulement obsolète mais risible.

    Quarante quatre ans plus tard Monsieur Duchesne, notaire de formation, nommé et non élu rétablit cette vieille habitude de faire frapper son visage sur une médaille! Cette décision du lieutenant-gouverneur semble profondément narcissique.

    Monsieur Duchesne paraît confondre fonction et personne. Tel un cintre, Monsieur Duchesne est porteur de sa fonction et cette fonction est plus importante (pour les uns) que sa personne. En d’autres mots, selon que l’on soit ou non monarchiste : (l’in)signifiant et (l’in)signifié.
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  • Mathieu Forget - Abonné
    5 février 2010 11 h 53
    L'Abolition du système monarchique
    Ne serait-il pas plus simple et logique de tout simplement abolir les postes de gouverneur et de lieutenant-gouverneur pour mettre enfin fin à cet archaïsme incroyable qu'est la monarchie ? Le Canada est supposément un état indépendant et démocratique et avoir encore et toujours un gouverneur nommé arbitrairement comme le représentant d'une monarchie étrangère m'apparait comme un terrible non-sens. Personne ne vas me faire croire que je suis un « sujet de sa majestée » ou qu'elle a un quelconque pouvoir sur moi, absoluement pas ! Jamais !
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