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    Le lieutenant-gouverneur du Québec soulève la colère des députés

    M. Duchesne fait frapper des médailles à son effigie

    4 février 2010 17h21 |La Presse canadienne | Québec
    Le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne
    Photo: Archives Le Devoir Le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne
    Le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, a soulevé la colère des parlementaires aujourd’hui, en refusant de se présenter en commission pour rendre des comptes sur sa gestion. M. Duchesne a justifié sa décision en disant s’appuyer sur les conventions en vigueur dans les pays du Commonwealth et sur les privilèges reliés à sa fonction.

    Mais le premier ministre Jean Charest ne partage pas du tout son point de vue. En mission en Inde, il n’a pas hésité à déplorer son refus de participer aux travaux de la commission de l’administration publique.

    «J’aurais préféré que le lieutenant-gouverneur ait témoigné», a-t-il dit, en point de presse.

    A deux reprises, dernièrement, la commission des affaires publiques de l’Assemblée nationale avait convoqué M. Duchesne pour s’expliquer devant les élus sur sa gestion des fonds publics qui lui sont confiés.

    Il avait d’abord refusé la demande, puis, devant l’insistance des élus, il avait choisi de déléguer à sa place son principal aide de camp, le colonel à la retraite Michel Demers.

    Ce dernier a par ailleurs dû expliquer pourquoi le lieutenant-gouverneur avait choisi de frapper une médaille à son effigie, qu’il remet, en guise de récompense, à certains citoyens ayant accompli des choses hors du commun.

    Il prétend que cette forme de reconnaissance coûte bien moins cher aux contribuables que le parchemin remis auparavant.

    «C’est une marque de sobriété», selon M. Demers.

    Dans le passé, les lieutenants-gouverneurs avaient l’habitude de frapper des médailles à leur effigie, avec armoiries personnelles, mais la tradition avait été abandonnée en 1966.

    Québec verse cette année 775 000 $ au bureau du lieutenant-gouverneur, une somme en hausse de 10% par rapport à l’année précédente.

    Manquement à son devoir

    Vice-président de cette commission, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, s’est demandé ce que le lieutenant-gouverneur avait à cacher pour se défiler de la sorte. Selon lui, M. Duchesne a manqué à son devoir.

    Vice-président de cette commission, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, s’est demandé ce que le lieutenant-gouverneur avait à cacher pour se défiler de la sorte. Selon lui, M. Duchesne a manqué à son devoir.

    «Ca ne lui aurait pas fait mal de passer une heure avec nous», a commenté M. Bonnardel, en point de presse, jugeant la situation «inquiétante».

    «C’est immensément décevant pour les Québécois», selon lui.

    A la défense de son patron, Michel Demers a rappelé que M. Duchesne avait suggéré de préciser l’étendue de ses obligations dans un projet de loi.

    Mais le premier ministre Charest a indiqué à ce propos qu’il n’y avait pas «de lien entre les deux», et que rien ne l’empêchait de témoigner.

    On ne sait toujours pas, par ailleurs, quand ni quelle portion des sommes non justifiées dépensées par l’ex-lieutenant-gouverneur, Lise Thibault, pourront éventuellement être récupérées.

    Le vérificateur général du Québec et celui du Canada avaient calculé que Mme Thibault avait effectué, au total, en 10 ans, pour 700 000 $ de dépenses sans aucune pièce justificative.

    Durant son témoignage, M. Demers a assuré les parlementaires que son successeur, l’actuel lieutenant-gouverneur, avait pris diverses mesures pour contrôler ses dépenses et respecter les budgets versés par Québec et Ottawa.

    Présent à la commission, le secrétaire général du Conseil exécutif, Gérard Bibeau, s’est fait rassurant. Il a dit qu’effectivement un contrôle extérieur plus serré des dépenses du lieutenant-gouverneur portait ses fruits. «On questionne plus», a-t-il dit.













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