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Haïti: Québec assouplit ses critères d'immigration

Yolande James facilitera le parrainage de 3000 haïtiens

Fabien Deglise   4 février 2010  Québec
Le Québec est une des seules administrations au monde à avoir assoupli ses règles d’immigration pour faciliter la réunification des familles haïtiennes touchées par le tremblement de terre.
Photo : Agence France-Presse Jean-Philippe Ksiazek
Le Québec est une des seules administrations au monde à avoir assoupli ses règles d’immigration pour faciliter la réunification des familles haïtiennes touchées par le tremblement de terre.
La tragédie justifie l'exception. Le gouvernement du Québec a annoncé hier un assouplissement temporaire des critères d'immigration afin de faciliter, d'ici la fin de l'année, le parrainage de 3000 Haïtiens victimes du séisme. La mesure a été qualifiée d'humanitaire et demeure dans «les limites des objectifs d'accueil» des immigrants pour 2010, tout en respectant «le souhait du premier ministre haïtien de ne pas voir son pays vidé de ses ressources», a précisé la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James.

Dans les grandes lignes, Québec ajoute donc les frères, les soeurs, les enfants âgés de plus de 22 ans ainsi que leurs conjoints et enfants à charge dans la liste des personnes qu'un résident permanent ou citoyen canadien d'origine étrangère peut faire venir ici, dans le cadre du programme de réunification familiale. En temps normal, ce parrainage ne touche que les conjoints, les enfants et les parents directs (père et mère).

Qui plus est, Québec modifie ses règles de responsabilité des parrains, qui seront liés financièrement aux membres de leur famille pendant cinq ans au lieu de dix ans. Cette responsabilité va pouvoir également être partagée par plusieurs personnes, y compris celles qui ne sont pas apparentées à l'immigrant, comme un bienfaiteur. Le tout est en vigueur jusqu'au 31 décembre prochain.

«C'est une très bonne nouvelle, a commenté hier Marjorie Villefranche, directrice des programmes à la Maison d'Haïti. Nous demandions cet élargissement de la notion de famille pour que notre communauté puisse prendre en charge les membres de nos familles qui se retrouvent sans maison, sans travail, sans famille à Port-au-Prince. Nous avons été entendus.»

Pour le moment, le Québec est une des seules administrations au monde à avoir assoupli ses règles d'immigration pour faciliter la réunification des familles haïtiennes touchées par le tremblement de terre. La province a un pouvoir discrétionnaire en la matière.

Outre ces allégements temporaires, le gouvernement Charest a également décidé de venir en aide à 350 étudiants d'origine haïtienne actuellement inscrits dans les universités du Québec. Comment? En assumant leurs droits de scolarité pour le trimestre d'hiver 2010, le tout pour une facture de 1,3 million de dollars, a précisé la ministre.

«Ce sont des mesures exceptionnelles et rares qui ne peuvent qu'aider les rapprochements», a reconnu hier David Chalk, président de l'Association québécoise des avocats en droit de l'immigration, qui rappelle que, par le passé, Québec a déjà allégé ses règles d'immigration, par exemple pour les Algériens dans les années 90 et les Vietnamiens dans les années 70. «Dans le cadre normal, le parrainage répond à des règles rigides qui sont maintenant suspendues pour les Haïtiens.»

Près de 100 000 Canadiens d'origine haïtienne vivent actuellement au pays. De ce nombre, 90 % sont installés au Québec, qui, l'an dernier, a accueilli 2000 personnes originaires de la Perle des Antilles.
 
 
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  • Pierre Bernier
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 08h33
    Statut ?
    Ces personnes seront-elles déduites du quota de « réfugiés » qu'impose, chaque année, le fédéral au Québec ?

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 11h03
    Vider Haïti de ses ressources
    Vider Haïti de ses ressources, voilà ce que veut éviter le premier ministre haïtien. Qui me fera croire que les Haïtiens ainsi accueillis ne comptent pas parmi les membres de ce peuple les plus aptes à aider à la reconstruction du pays ? J'attends. Les grands élans de compassion ont parfois des effets pervers.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Godefroy
    Abonné
    jeudi 4 février 2010 12h24
    Bravo
    Bonne initiative Mme James. Bravo

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