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Les maîtres chanteurs

Michel David   2 février 2010  Québec
Le président du SPQ Libre, Marc Laviolette, a été indigné d'entendre Pauline Marois déclarer que les demandes salariales de 11,25 % en trois ans présentées par le front commun des employés de l'État «semblent à première vue un peu élevées».

À ce compte, comment doit-on qualifier les demandes des médecins spécialistes, qui gagnent déjà près de 360 000 $ et qui réclament «au minimum» 4 % de plus par année?

Dans une entrevue accordée au Devoir, le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Gaétan Barrette, a été catégorique: aucun recul par rapport à la moyenne canadienne ne sera toléré lors de la prochaine négociation.

Déjà, l'an dernier, quand le Collège des médecins avait signé une entente de mobilité avec le Collège des médecins et chirurgiens de l'Ontario, il avait déclaré que le Québec était «la risée du Canada» et que seule la «charité» pourrait inciter un médecin ontarien à y pratiquer.

Il faut reconnaître une chose à M. Barrette: il va droit au but, sans s'embarrasser de détails comme la récession, le fardeau de la dette ou encore la capacité de payer des contribuables québécois, déjà très lourdement taxés.

Il est également un remarquable sophiste. Selon lui, les augmentations de 25 % accordées en 2007 étaient de simples «correctifs» qui devaient permettre aux spécialistes de combler l'écart avec leurs confrères hors Québec. À l'entendre, c'est tout juste s'ils n'avaient pas subi un gel de salaire.

M. Barrette explique maintenant que la moitié des 4 % supplémentaires réclamés ne constitue pas une hausse de salaire, mais plutôt un ajout de services. Évidemment, ces nouveaux services seront rendus par les médecins, mais «si on ne suit pas le train de la médecine, on va devoir rationner les services». Bref, si les spécialistes réclament plus d'argent, c'est dans l'intérêt de la population!

***

Puisqu'ils disposent d'un meilleur rapport de force que les simples fonctionnaires, pourquoi ne pas presser le citron, n'est-ce pas? Au plus fort la poche! Un préposé aux bénéficiaires ne peut pas menacer de déménager en Ontario ou aux États-Unis. Venant de gens qui ont eu la chance de recevoir leur formation à meilleur coût que n'importe où ailleurs en Amérique, ce chantage incessant des médecins a quelque chose d'indécent.

Au moment de quitter son poste, en 1993, l'ancien ministre de la Santé dans le gouvernement Bourassa, Marc-Yvan Côté, avait confié à quel point il avait trouvé pénibles ses rapports avec le corps médical. «Dans le réseau, il y a un lobby très, très fort, très puissant. Il faut des nerfs d'acier pour y résister.»

Lui-même n'avait pas réussi. Si même Philippe Couillard a fini par plier, comment le fragile Yves Bolduc pourrait-il faire le poids face à un éventuel front commun des spécialistes et des omnipraticiens, qui est maintenant envisagé?

Quand ils déterrent la hache de guerre, les médecins sont d'autant plus redoutables que l'opinion publique se range systématiquement derrière eux. Au Québec, ils ont conservé tout le prestige social qu'ils avaient à l'époque des Belles Histoires des pays d'en haut.

L'an dernier, M. Bolduc, qui peut parler en connaissance de cause, avait tenté d'expliquer que, sous prétexte de chercher à mieux répondre aux besoins de la population, les médecins pensent surtout à leur bien-être, mais il avait vite compris le danger de s'aventurer sur un terrain aussi glissant.

***

Hier, dans la foulée de son entrevue au Devoir, le président de la FMSQ a multiplié les apparitions médiatiques pour justifier les nouvelles demandes de ses membres. Craignant peut-être que l'écart salarial avec leurs confrères du Canada anglais ne suscite pas un grand courant de sympathie, il a tenté de réorienter le débat.

«Il y en a de l'argent au Québec», a-t-il lancé sur les ondes de 98,5 FM, accusant ouvertement le gouvernement Charest de mal gérer les fonds publics, par exemple dans le dossier du CHUM. Pour étayer ses affirmations, le président de la FMSQ a renvoyé ses auditeurs au rapport du Groupe de travail sur la révision des fonctions et des organisations gouvernementales, mieux connu sous le nom de comité Gobeil, publié en 1986.

Ancêtre du projet de «réingénierie» d'abord repris, puis abandonné par Jean Charest, ce rapport, expédié aux archives dès sa publication, proposait l'abolition de plusieurs organismes, notamment la Régie du logement, le Bureau d'audiences publiques en environnement et la Commission de protection du territoire agricole. Il recommandait aussi la privatisation de Radio-Québec et la cession des hôpitaux de petite et moyenne tailles au secteur privé.

M. Barrette a reproché au premier ministre de ne pas l'avoir invité au «cocktail dînatoire» auquel le Tout-Québec économique avait été convié il y a deux semaines à Lévis. «On avait des choses à dire», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il allait «s'exprimer là-dessus en temps et lieu». À suivre.

***

mdavid@ledevoir.com
 
 
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  • André Loiselet
    Abonné
    mardi 2 février 2010 03h01
    Hold-up
    Quelle qualité de service obtient-on pour une rémunération aussi scandaleuse? Moins d'attentes dans les hôpitaux, services à domicile, disparition des cliniques privées ? Ces disciples d'Hyppocrate négocient à la façon des policiers, à la manière du hold-up, le scalpel sur la fesse et l'oeil sur nos sous. Ils répondent à la vocation de l'enrichissement. S'il y a peu de riches à exploiter, des millions de pauvres font un bon petit magot, non? Le gouvernement et les travailleurs démunis les observent avec crainte et tremblements...

  • pierre savard
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 06h07
    Barrette a raison
    Barrette a raison. Il est temps de couper au Québec. Tété-Québec, Régie du logement, BAPE, aide juridique, nombre de fonctionnaires, privatisation de la SAQ, de la SAAQ, sous-traitance massive, etc. Il est plus important de payer un médecin qu'un obscur placeux de bouteille à la SAQ.

  • michel lebel
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 06h33
    Toujours le même scénario!
    C'est toujours la même ritournelle avec le "corps" médical. Mais au bout du compte, le tout finit par s'aranger. Comme avec les syndiqués de l'État. Au pays du Québec, dans le domaine des relations de travail avec l'État, les choses changent peu depuis des décennies. La pièce de théâtre est bien rodée. Et vogue la galère!

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 2 février 2010 08h04
    Hou! Hou! Ici la Terre...
    Et dire qu'il y en a qui radotent encore ad vitam aeternam, sur une vague «indépendance-souveraineté-association ou whatever advienne que pourra!» sans n'avoir jamais tenu compte de ce clivage irréconciliable au Québec, comme partout ailleurs, entre les «purs et durs» et les «mous«, les «gras durs» et les «crève-la-faim» dans une société plus hétéroclite que jamais aux plus forts la poche! Petite misère! Pauline et ti-Gilles ne sont pas sortis du bois!

  • polaire
    Abonné
    mardi 2 février 2010 08h37
    Gras durs et indécents
    Formation gratuite (ou presque), garantie d'emploi, salaires extrêmement élevés, ... Et quand la grippe H1N1 se prépare, les associations de médecins réclament des primes. Et quand leurs membres vont apporter de l'aide humanitaire en Haïti, les mêmes associations réclament des perdiems de 800$! Est-ce qu'il y a une limite à l'indécence?

    Alors que tout les Québécois paient (avec leurs impôts) pour la formation des médecins, pourquoi les médecins devraient-ils bénéficier seuls de leur formation? Pourquoi ne pas introduire l'idée que la formation reçue gratuitement (avec garantie d'emploi) emporte l'obligation de servir la société ... ou de rembourser la formation reçue?

    L'étudiant en biologie ou en anthropologie paie le même coût pour chaque crédit d'étude. Sauf qu'eux n'ont aucune garantie d'avoir un emploi à la fin de leurs études. Les facultés de médecine, le Collège des médecins et le ministère de la Santé semblent s'être entendus pour que le diplômé de médecine soit une rareté ... ce qui entraîne nécessairement (par le jeu de l'offre et de la demande) une position de force pour les médecins.

    Ils réclament une hausse de 4% par année alors que l'inflation n'est que de 2%? Si au lieu d'avoir 20 000 médecins au Québec on en avait 40 000 (nb de médecin par habitant équivalent à tous les pays d'Europe), qu'on avait les moyens de choisir son médecin de famille et qu'on n'aie plus à supplier un médecin de nous prendre comme patient ... le rapport de force serait différent. Et ces messieurs de la Faculté seraient subitement moins indécents dans leurs demandes.

  • richardle
    Abonné
    mardi 2 février 2010 09h47
    obscurs contre provilégiés
    Monsieur Savard, faites-vous partie de cette clique de privilégiés indécents pour avoir des propos aussi méprisants envers les employés de l'État (obscurs placeux de bouteilles)?
    Vous devez avoir les moyens de tout vous payer pour vouloir tout privatiser (il est démontré que cela finit toujours par coûter plus cher à cause de la nécessaire recherche du profit).
    Richard Lépine

  • Michel Chayer
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 10h35
    Illustration
    << Au Québec, ils ont conservé tout le prestige social qu'ils avaient à l'époque des Belles Histoires des Pays d'en Haut >>

    Vous avez le sens de la formule, vous !

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 10h59
    M. Lépine
    Sachez que dans le privé, là ou il y a une saine compétition les prix sont toujours les plus bas possible. Car le client choisira toujours le moins dispendieux des produits et que la concurence fera que le producteur optimisera son procédé et ces couts dans le but de vendre le moins cher possible avec un profit raisonnable.

  • Victor Beauchesne
    Abonné
    mardi 2 février 2010 11h01
    obscurantisme
    M. Savard a tout à fait raison. Ici au Québec, on a les moyens de permettre à notre SAQ de payer des commis-caissiers de la SAQ le double des employés des autres commerces de détail alors qu'on a seulement les moyens de payer nos médecins le plus bas salaires au Canada.

    J'espère que si jamais M. Lépine tombait malade, il ne fera pas appel à un employé de la SAQ pour le soigner.

    NB Ce n'est pas du mépris que de constater les incongruités.

    Q. pour M. Lépine: sur quelle base philosophique le commerce de détail de l'alcool devrait être un monopole d'état alors que tout le secteur alimentation est fermement dans les mains du privé ?

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 11h29
    M. Polaire
    Le nombre de médecin au Québec par 100,000 habitants est de 219 (2008) ce qui fait du Québec la 3 ième province avec le plus haut taux, La Nouvelle Écosse en a 233 et le Yukon 227, puis il est suivi de Terre Neuve à 218. Mais ce sont la des régions très peu peuplé. L'Ontario et la Colombie Britannique sont de meilleur point de référence et ils ont respectivement 177 et 205 médecin par 100,000 habitants. http://www.cma.ca/multimedia/CMA/Content_Images/In
    Donc au Québec le problème n'est pas le nombre de médecin.
    Le problème peu être dans le nombre d'heure travaillés par ces médecins, une femme médecin travail moins d'heure semaine qu'un médecin masculin, des couples formés par deux médecins (et ils sont nombreux) réduisent leurs heures de travails car le revenue familiale est plus que confortable (et par surcroit plafonné) et ils font le choix d'avoir plus de temps libre.
    Aussi le système y est pour quelque chose, les médecins on un nombre maximum de patient à servir, au-delà de se nombre la rémunération est grandement réduite ce qui encourage les médecins à réduire leur pratique. Comme il y a un maximum salarial qui ne peut être dépassé, les médecins limitent leurs activités, ceci est un des effets pervers de la médecine d'état.
    Quand on se bute le nez à une clinique fermée, souvent c’est que les médecins qui y pratiquent ont atteint leur quota pour le mois.
    Le privé n’accepterait jamais une telle situation, pour cela il faudrait peut être permettre une ouverture vers le privé quand les médecins on atteint leur quota qui alors pourrait être augmenté pour le même salaire et permettre au médecin de finir le mois en privé. Les tarifs exigés au privé devrait être laissé libre mais avec un plafond réglementé. Comme cela il n’y aurait pas de tarif minimum mais seulement un tarif maximum.

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 2 février 2010 11h33
    @M. Savard
    "Il est plus important de payer un médecin qu'un obscur placeux de bouteille à la SAQ"
    Et combien d'obscurs placeux de bouteille doit-on congédier pour payer votre pécule, sire? J'imagine que vous n'êtes pas locataire non plus pour vouloir abolir la régie du logement. Vous avez les moyens d'avoir un bon avocat, alors autant abolir ce qui permet à un pauvre d'en avoir un poche. C'est drôle comme c'est facile d'abolir les jobs et les services des autres.
    On peut aussi faire de la magie, avec les idées dans l'air qui vont tout régler. Abacadabra! Sous-traitons! C'est sûr que la sous-traitance coûte moins cher à l'État! Jammmmmais une compagnie ne va saler sa facture quand il s'agit du gouvernement!
    La vie est pleine de solutions simples.

    P.S. Si, un jour, on privatise la SAQ (c'est un autre débat), j'espère que ce sera plus pour payer la dette, reconstruire nos écoles et nos routes, que de subventionner la 2e BMW de monsieur Barette.

  • Andre Simard
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 11h34
    Compréhension
    Je ne veux pas prendre la part des médecins au contraire. Leur mode de facturation fait en sorte qu'il demande une augmentation de 4% de leur enveloppe budgétaire qui leur est alloué. Chaque corps médical a une enveloppe de X millions qu'il se partage entre eux. Çà serait peut-être au gouvernement de mettre la hache dans ces enveloppes et avoir une distribution totale de la cagnotte. Soyez assuré que les médecins spécialistes ou autres s'assurent que l'enveloppe soit dépensé à 100%. Donc, ils veulent faire plus d'actes dans une spécialité donné, sans nécessairement augmenté le coût de l'acte. C'est un domaine très complexe. Une chatte y perdrait ses petits.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 11h50
    M Trottier
    Vous dites:
    C'est drôle comme c'est facile d'abolir les jobs et les services des autres.

    Mais aussi on pourrait dire:
    C'est drole comme c'est facile de se créer des services et des jobs quand on le fait avec l'argent des autres.

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 2 février 2010 12h36
    @Claude Archambault
    "C'est drôle comme c'est facile de se créer des services et des jobs quand on le fait avec l'argent des autres."
    Je pointe surtout sur le fait que, pour réduire les dépenses gouvernementales, les gens demandent des coupures qui ne les touchent pas. Sauf que l'état a le rôle d'assurer la prospérité de la collectivité, pas juste d'une clique.
    Je ne suis pas nécessairement contre des rationalisations. On pourrait, par exemple, privatiser la SAQ si c'est possible de démontrer que c'est rentable. Mais l'État a un rôle de justice sociale qui dépasse les petits égoïsmes de tous et chacun. Sinon, je me demande bien à quoi il sert.

  • Liliane
    Abonnée
    mardi 2 février 2010 12h37
    le monopole médical
    Fort de ses structures de lobby extrêmement bien rodées, leurs revendications appuyées sur de savants calculs planifiés à long terme, les porte-paroles du merveilleux monde médical claironne leurs exigences indiscutables. Ils ont le pas, même s'ils sont seuls à l'avoir. Juges et parties. Imbus de leur pouvoir indiscutable lui aussi. Ils se comportent en association d'entreprises privées rendant des services publics c'est la PPP modèle... Très chère pour les contribuables... Très peu paient des impôt pour la peine avec tous leurs déductibles... Ça coûte cher aux contribuables moyens ( 30 000$ à 70 000 $).
    Il ne faut pas s'imaginer que tous sont atteints par le désir et l'amour d'aider ces mêmes contribuables. Tout un système protège les plus négligents... ceux-là qui font des erreurs qui coûtent cher aux contribuables... individuellement et collectivement, de toutes catégories. Il serait temps qu'un Richard Desjardins de la santé se lève pour mettre à jour les Horreurs médicales au Québec... cachées trop souvent, elles existent et concernent des québécois contribuables ordinaires avec bien peu de moyens pour se défendre. La qualité des soins ne s'améliorent pas avec la même ardeur que la rémunération directe ou indirecte. Les québécois sont peu exigeants et trop conciliants. le pouvoir médical est devenue une technocratie très puissante, plus forte que nos gouvernants. Que faire ? En prendre conscience pour commencer. Pour ma part, c'est fait.

  • Eric Allard
    Abonné
    mardi 2 février 2010 12h43
    Quelle opinion publique?
    M. David, je suis en parfait accord avec votre excellent article... sauf pour l'opinion publique favorable envers les médecins. Quelle branche de la société avez-vous sondé pour émettre une telle affirmation?

    Sûrement pas les salariés du secteur industriel qui ont dû consentir des gels de salaire les dernières années, si ce n'est pour certains des baisses de salaire.

    Les fonctionnaires? Eux aussi réclament une augmentation de salaire, mais pas pour les amener encore plus près de $400 000! Et ils sont assez intelligents pour savoir que le gouvernement doit trouver l'argent avant de ne leur donner des augmentations.

    Je ne vois qu'une partie de la population qui puisse appuyer les médecins, et c'est l'élite, intellectuelle ou économique. Les gens qui côtoient les médecins spécialistes, si ils ne font pas partie de leurs familles.

    On peut bien comprendre que les médecins sont en soi une élite de n'importe quelle société, qu'ils doivent s'endetter à un niveau effrayant pour terminer leurs études... mais les stages de formation sont tous rémunérés à un niveau plus élevé que le salaire d'un technicien, leur statut leur amène déjà beaucoup d'avantages dans la société, et surtout (comme souligné plus haut), ceux formés au Québec ont payé beaucoup moins pour leurs études.

    Donc, si on voulait vraiment enlever du poids au chantage des spécialistes (et médecins en général), il faudrait les obliger à rembourser le coût réel de leur formation selon le nombre d'années qu'ils ont pratiqué au Québec, en amenant la table jusqu'à l'âge de la retraite. Ainsi, le Québec récupérerait au moins son investissement initial.

    Parce que pour l'instant, ce que demandes les spécialistes, c'est le beurre et l'argent du beurre!!!

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 2 février 2010 12h47
    @Claude Archambault 2
    Par contre, je trouve vos explications sur les quotas de médecins très éclairants. La solution serait peut-être là: vous voulez plus, on vous permet de pratiquer au delà de votre quota. Ça évite une dépense directe et ça rapporte en impôts. À moins d'un loophole que je ne vois pas, ça semble le meilleur des deux mondes.

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 2 février 2010 12h49
    Patate et millionnaires
    Le bon peuple payeur de taxes permet à des médecins spécialistes de devenir millionnaires ! Plusieurs le sont déjà. C'est un hold up.

    Notre ministre, Patate Bolduc, ne fera pas le poids. Pour payer les maîtres chanteurs, Patate va-t-il encore coupé sur la "copieuse" nourriture des malades ?

  • Michel Hains
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 12h50
    Barette... Allez -y rejoindre vos collègues Canadiens
    Allez y faire plus de FRIC en Ontario ou en Alberta ou Colombie Britanique.

    Allez y dépenser 2 à 3 fois plus chere pour une maison.

    Allez y dépenser plus en général pour le coût de la vie.

    Allez y ailleurs faire plus d'argent, mais il serait temps d'avoir un nombre d'années de service à donner à l'état pour le coût prévilégié dont vous avez profité

    Allez y et foutez nous la paix avec votre chantage odieux

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 13h39
    Indéfendable !
    La position des médecins spécialistes est totalement indéfendable. Comment peuvent-ils, sachant qu’ils gagnent $350k en moyenne, oser se plaindre le ventre si plein et avoir le culot d'"exiger" (oui, madame, exiger, rien de moins !) des augmentations de salaire supérieures aux autres employés de l'État, bon nombre d’entre eux peinant réellement à joindre les deux bouts. Quand je pense qu'il s'en trouve dans la population pour appuyer ces demandes, c'est scandaleux. Cette fédération se fout de la gueule des québécois, et certains applaudissent, abrutis d’admiration. Ainsi, sous prétexte qu’ils gagneraient plus ailleurs, il faudrait leur donner la lune sans discuter ? Et bien moi aussi, figurez-vous, je gagnerais plus ailleurs. Mais est-ce que vous me voyez entrez dans le bureau de mon patron avec un argument aussi stupide que : « à Toronto, mon salaire serait plus élevé, donc allonge les billets !!! ». Alors au nom de quoi cet argument serait-il valable pour eux ? En passant, quelqu’un a-t-il déjà entendu Gaétan Barette « exiger » que les frais de scolarité des spécialistes augmentent de $40k par année pour diminuer l’écart qui les sépare de ce qu’il en coûte aux É-U ? En même temps, il pourrait également réclamer que le prix des maisons double immédiatement à Montréal, car après tout, tant qu’à se comparer, corrigeons cet inacceptable décalage face aux marchés de Vancouver ou Calgary.

    Je l'ai toujours dis et je le répète : si $350k par année n'est pas assez pour eux, qu'ils foutent le camp. En ce qui me concerne, ils en ont parfaitement le droit, la moralité en moins compte tenu de leur coûteuse formation ultra-subventionnée. Qu’on mette de l’ordre de ce domaine académique qui crée une artificielle rareté de la main d’œuvre. Qu'on ouvre les portes des facultés, qu'on forme davantage de médecins dès maintenant, et éliminons une fois pour toute cette sempiternelle menace de départ. Comme si la population devait se mettre à genoux devant eux simplement parce qu’ils ont choisit la médecine plutôt qu'une autre profession. Je l’affirme haut et fort, ils n’ont aucune légitimité dans leurs demandes, pas dans le contexte québécois actuel du moins.

  • André Loiselet
    Abonné
    mardi 2 février 2010 13h50
    Médecine cubaine

    Comment cela se fait-il qu'à Cuba, l'île aux méchants communistes, les médecins ne font pas de jeux de portefeuilles et offre, au monde entier, une médecine presque de vocation? C'est faisable, la générosité, l'application du vrai sement d'Hyppocrate qui ne parlait pas de gros sous, au détriment des gens. La médecine commercialisée est une honte. Appliquer la loi de l'offre et de la demande aux soins de la maladie, aux soulagement des souffrances est une honte aussi grande.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 14h27
    M. Loiselet
    Belle comparaison que celle de Cuba.
    Mais là ou tout tombe c'est que
    1. Cuba est une ile
    2. Personne ne sort de Cuba sans la permission très difficile à obtennir du gouvernement, donc une form de Prison, pas l'Alctraze mais tout presque.
    3 Les gens à Cuba sont à la merci du gouvernement, il font ce qu'il leur est commandé. il n'ont aucune liberté.

    Maintenant dite moi si c'est le serment d'Hypocrate ou bien un régime Hypocrite?

  • Christina Berryman
    Abonnée
    mardi 2 février 2010 15h12
    Corruption
    Pour ajouter au b.s. des médecins, Jean les mains sur le volant n'a qu'à "collecter le 30% de pots de vin et profits excessifs" dans la construction, en faire une caisse spéciale réservée aux médecins...et voilà. Pour les centres hospitaliers universitaires, les médecins aux exigences demesurées devraient se faire louer le personnel et les locaux à un prix d'ami bien sûr. Sérieusement, ayant travaillé avec les bons docteurs pendant plus de 30 ans, j'ai retenu de leur discours machiavélique le cri du coeur d'un psychiâtre: "Nous allons décider comment celà marche tant que nous allons contrôler les admissions dans les facultés de médecine" Bingo.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    mardi 2 février 2010 17h28
    Bravo,M. Charbonneau pour votre riposte sur Cuba
    À Cuba, des ouviers spécialisés de la construction se prostituent pour boucler les fins de mois, et des citadins élevent un cochon ou deux dans leur logement pour arriver à se nourrir convenablement.

    Et quand on a questionné Fidel, il y a seupt huit ans, sur le retour de la prostitution à grande échelle à Cuba, ce qu'il a trouvé à répondre ce fut "Ici, les femmes se protituent pour le plaisir, parce qu'elles aiment ça." Et on appelle ça un héro! Je suis allé une fois à Cuba, et je n'y retrounerai jamais, tant qu'il n'y aura pas un changement de régime. Ça peut difficilement être pire, même si le pouvoir fait tout pour que cette dictature garde une bonne image. Et y en a qui gobe ça... dont quelqu'un qui a failli devenir député pour le NPD, un homme très coté donc assez connu au Québec, une grande gueule, quoi, mais dont j'oublie le nom... Ça me reviendra bien.

  • Michel Lévesque
    Abonné
    mardi 2 février 2010 19h28
    Dans ces pays dit civilisés
    Alors qu'il était co-chef de QS mais pas encore député, interrogé sur le salaire des médecins, Amir Khadir avait répondu quelque chose qui ressemble à 'Un jour, il faudra bien être capable d'en parler calmement.'

    Je me suis toujours demandé ce qu'il voulait dire. Est-ce qu'au Québec, paradis sur terre, il faudrait que les médecins acceptent le même salaire que les fonctionnaires professionnelles du gouvernement? Pourtant, dans les pays dit civilisés, il existe une logique voulant que plus grande est la formation, plus rare sont les gens qui pratiquent le métier, plus le salaire est élevé. Bizarre, dans ces pays dit civilisés, on ne connaît pas le téléroman 'Les Belles histoires...

  • Michel Chamoun
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 21h51
    4%
    4% c'est beaucoup, mais c'est tout de meme a peu-pres la meme chose que le reste de la fonction publique, qui reclame 3.75%

    Et oui, ils ont la formation gratuite, mais le cout que le gouvernement du quebec paye par etudiant correspond aux alentours d'une année d'impots d'un medecin specialiste, ou a un an de difference entre le salaire d'un medecin canadien et d'un medecin quebecois.

    Tant qu'ils auront la loi de l'offre et de la demande de leur coté, et seront aussi indispensables, les medecins auront la possibilité de réclamer des salaires pas trop inférieurs au reste du canada. Mettez vous a leur place : vous faites un salaire ridiculement élevé, mais avez la possibilité d'en faire un encore plus énorme. Honnetement, est-ce que vos scrupules par rapport a la dette croissante du quebec vous arreteraient?

    Alors plutot que de compter sur leur bonté d'ame, le gouvernement aurait intéret a s'arranger pour rendre les medecins moins indispensables, en valorisant le travail des infirmieres, des techniciens de laboratoire et des sages femmes. Parce que honnetement, pour bien des cas, ces derniers sont capables de prendre soins du patient, mais seul le medecin est autorisé a le faire.

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    mardi 2 février 2010 22h24
    @Michel Lévesque
    D'accord avec la première partie de votre commentaire. Par contre, quand vous dites "dans les pays dit civilisés, il existe une logique voulant que plus grande est la formation, plus rare sont les gens qui pratiquent le métier, plus le salaire est élevé.", je ne suis pas d'accord. La demande est le seul critère du salaire. Ça coïncide souvent avec une plus grande formation (parce que c'est plus rare, uniquement) mais pas toujours. Un plombier est payé nettement plus qu'un doctorat en chimie théorique avec 3 post-docs parce que tout ce que ce doctorat donne, c'est l'opportunité de travailler dans quelques laboratoires de recherche ou de finir prof.
    C'est le besoin qui crée le salaire des médecins, pas leur formation. On ne peut juste pas se passer d'eux et ils le savent.
    (Cela dit, corrigez-moi si je me trompe, mais je crois que les salaires des fonctionnaires sont complètement faussés par rapport au privé parce que ce n'est pas la demande qui décide mais des échelles salariales fixées d'avance.)

  • Conrad Trudel
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 09h15
    Le Prix à payer..
    Voila ....la réalité

    De tout les Impôts et taxes que nous payons quotidiennement
    60% s'ens vont à Ottawa et ils nous restent 40% ici au Québec...
    Vous pouvez Vérifer..!!
    Comment voulez-vous payer les soins de santé/Éducation /Justice/
    Voirie /sécurité du revenue....avec 40% de nos Impôts et taxes.???

    C'est le prix à payer pour être FÉDÉRALISTE
    Celui qui vas essayer de me faire à croire que ça coute moins cher
    faire vivre 2 Gouvernements...il as besoin d'avoir de bon argument..

    Car moi je ne vie pas par la partisanerie et pour la partisanerie
    j'essaye d'être logique..

  • Victor Beauchesne
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 10h39
    @C.Trudel
    Moi la dernière fois que j'ai fait mon rapport d'impôt, il m'en coûtait environ 40 % de plus en impôt du Québec vs l'impôt fédéral.

    À chaque fois que j'achète un bien ou un service pour $1 ils me retiennent $.05 en TPS et $.079 en TVQ, ce qui est 58% de plus au Québec.

    Alors votre chiffre de 60-40 vous le prenez où au juste ?

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 12h50
    La SAQ
    La présdiente de la SAQ devrair être pursuivie en justice pour dilapidation de fonds publics. Comment peut-elle avoir le front de surpayer ses employé(e)s avec notre argent.Si elle avait été propriétaire de la SAQ, aurait-elle consenti des augmentations qui frôlent le double du salaire payé pour le même travail dans le privé. Le gouvernement Charest devrait à tout le moins la congédier. La comparaison ave le salaire payé dans d'autres provinces ne tient pas, aussi bien pour ses employés que pour tous les autres emplois. En Ontario, particulièrement à Toronto, les maisons coûtent à tout le moins deux fois plus cher qu'au Québec et il en est de même pour tous les loyers.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 11h15
    @ M.Conrad Trudel
    Le gouvernement fédéral paye le salaire de dizaines de milliers de fonctionnaires et militaires au Québec. Il subventionne la recherche, paye des pensions de vieillesse, subventionne les hautes études, subventionne le transport aérien, il paye des ambassades partout au monde et que le Québec serait obligé d'ouvrir s'il était souverain, etc. etc. Il retourne aux Québécois par la formule de péréquation beaucoup plus que ce qu'il en reçoit. Soyez Souverainiste tant que vous le voudrez, mais ne dites pas de sottises comme lorsque vous dites que notre argent va à Ottawa sans revenir au Québec.

  • nonauracisme
    Inscrit
    lundi 8 février 2010 21h33
    Embauchons les medecins etrangers qui sont au chomage.
    Au moin eux ne nous feront pas chantage. Ces charlattants demandent plus, mais en payer rien pour leurs etudes grace a la generosite des contribuables.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mardi 16 février 2010 19h53
    Médecine=argent $$$
    Si l'exercice de la médecine est devenue en priorité, une question d'argent, nous sommes très loin du serment d'Hypocrate.

    Les médecins ne font pas pitié, ne sont pas dans la dèche et la misère. Personne n'est sur le BS dans la profession.

    Des cliniques privées s'ouvrent lentement, car les citoyens doivent attendre des heures pour consulter, doivent courir un médecin de famille...et puis il y a encore un manque flagrant de médecins depuis que le P.Q. en a mis un grand nombre à la retraite de façon précipitée.

    La GRATUITÉ mur à mur ne pourra pas fonctionner encore longtemps...des $$$$ sont investis et ça ne règle jamais rien.

    faudrait peut-être revenir à l'idée de M.Y.Côté qui proposait un ticket modérateur en santé. Si on est capable de se payer une Caisse de bière, un voyage dans le sud, un chalet, une maison, la voiture de l'année...

    Ce n'est pas vrai que la SANTÉ est la priorité de TOUS les citoyens...

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