Charest repasse un savon à Harper
«Il n'y a pas une chose que je changerais dans ce que j'ai fait et dit à Copenhague»
Photo : Agence Reuters Mathieu Bélanger
Stephen Harper et Jean Charest en conférence de presse, hier, à Rivière-du-Loup
Rivière-du-Loup — Partageant la même tribune que Stephen Harper, Jean Charest a remis le premier ministre canadien à sa place, hier, en affirmant son droit d'exprimer les positions environnementales du Québec là où bon lui semble, que ce soit «à Cacouna ou à Copenhague».
«Il n'y a pas une chose que je changerais dans ce que j'ai fait et dit à Copenhague. Pas un mot», a déclaré Jean Charest lors d'une conférence de presse, organisée par le bureau de Stephen Harper, sur le premier projet québécois de production de méthane à partir de déchets organiques.
«Si parler et défendre les intérêts du Québec, ça dérange du monde, bien, tant pis», a lancé Jean Charest en répondant aux questions des journalistes. «Quand le premier ministre s'exprime au nom de tous les Québécois sur un enjeu comme celui-là [les changements climatiques], je ne vois pas pourquoi on lui reprocherait de défendre les intérêts du Québec. Et je n'ai aucune inhibition, aucune réticence, peu importe l'endroit où je me trouve, que ce soit à Cacouna ou à Copenhague, sur ces questions-là; je tiendrai le même discours au nom de tous les Québécois.»
Le premier ministre québécois avait été pris à partie par Stephen Harper et son entourage pour les critiques qu'il avait formulées à Copenhague sur la position canadienne en matière de changements climatiques. Lors du sommet international en décembre, Jean Charest avait dénoncé la faiblesse des cibles canadiennes de réduction des gaz à effet de serre (GES) et surtout, il avait déploré le fait que le Canada se contente servilement de calquer sa politique sur celle des États-Unis. Dans une entrevue de fin d'année accordée au réseau TVA, Stephen Harper avait affirmé que les Canadiens s'attendaient à ce que «les perspectives partisanes provinciales n'aient pas leur place à l'étranger» quand le Canada participait à des négociations internationales.
Hier, Stephen Harper ne s'est pas départi de son flegme, soulignant que «même si les gouvernements sont en désaccord de temps en temps, on ne cesse jamais de travailler ensemble».
Les deux premiers ministres ont donné un aperçu, hier, de leurs divergences en matière de changements climatiques. «Ce n'est pas une question de cibles», a soutenu M. Harper, mais bien de «nouvelles technologies». C'est un enjeu «qui restera là longtemps», a dit le chef conservateur, qui n'en voit pas l'urgence. Pour Jean Charest, autant il y a une crise financière, autant il existe une crise environnementale. «C'est à nos yeux à nous, au Québec, un des plus grands défis de l'humanité», a-t-il signalé.
Lors de sa brève allocution devant les maires de la MRC, Jean Charest a signalé la portée «symbolique» de l'annonce d'hier, la première de l'année, faite dans la circonscription de Rivière-du-Loup, représentée par Jean D'Amour. Le député — «mon ami Jean», a dit M. Charest — a réintégré le caucus libéral en décembre après que le Directeur des élections (DGE) et les forces policières de l'opération Marteau l'eurent blanchi relativement à une enveloppe brune contenant de l'argent qu'il avait remis à son successeur à la mairie de Rivière-du-Loup, Michel Morin. Il ne reste plus qu'une seule épée de Damoclès qui pend encore au-dessus de la tête de M. D'Amour: une enquête du commissaire au lobbyisme à son sujet est en cours.
Si l'annonce revêt un caractère symbolique, c'est aussi pour d'autres raisons. C'est un investissement destiné à réduire les GES qui a réuni les deux premiers ministres hier, ce qui ne manque pas d'ironie. Mais surtout, c'est à Rivière-du-Loup que Stephen Harper s'était présenté aux côtés de Mario Dumont pour prononcer un discours qui confirmait l'alliance tacite entre les conservateurs fédéraux et les adéquistes. Depuis, les choses ont bien changé: les libéraux de Jean Charest ont ravi la circonscription aux adéquistes et la circonscription fédérale de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup est maintenant représentée par un conservateur, Bernard Généreux, présent hier. En novembre dernier, l'organisation du Parti libéral du Québec avait prêté main-forte à l'ancien maire de La Pocatière pour battre la candidate bloquiste, Nancy Gagnon.
Stephen Harper a annoncé hier un apport fédéral de 4 millions à la construction d'une usine de traitement de déchets organiques par biométhanisation, un projet d'une valeur totale de 14,7 millions qui doit desservir la MRC de Rivière-du-Loup. Le gouvernement du Québec y va d'une contribution de 4,7 millions.
Il s'agit du premier projet issu d'un plan — d'une valeur totale de 650 millions — pour le compostage et la biométhanisation dévoilé en novembre dernier par la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp.
Comme la conférence de presse était organisée par les apparatchiks conservateurs, les journalistes qui voulaient poser des questions ont dû s'inscrire sur une liste et c'est l'attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas, qui a désigné ceux qui ont eu le «privilège» de poser leur question. Le président de la Tribune de la presse de Québec, Pierre Duchesne, a dénoncé l'arbitraire de cette pratique, inconcevable à l'Assemblée nationale, qui a limité l'accès des journalistes québécois à leur premier ministre.
«Il n'y a pas une chose que je changerais dans ce que j'ai fait et dit à Copenhague. Pas un mot», a déclaré Jean Charest lors d'une conférence de presse, organisée par le bureau de Stephen Harper, sur le premier projet québécois de production de méthane à partir de déchets organiques.
«Si parler et défendre les intérêts du Québec, ça dérange du monde, bien, tant pis», a lancé Jean Charest en répondant aux questions des journalistes. «Quand le premier ministre s'exprime au nom de tous les Québécois sur un enjeu comme celui-là [les changements climatiques], je ne vois pas pourquoi on lui reprocherait de défendre les intérêts du Québec. Et je n'ai aucune inhibition, aucune réticence, peu importe l'endroit où je me trouve, que ce soit à Cacouna ou à Copenhague, sur ces questions-là; je tiendrai le même discours au nom de tous les Québécois.»
Le premier ministre québécois avait été pris à partie par Stephen Harper et son entourage pour les critiques qu'il avait formulées à Copenhague sur la position canadienne en matière de changements climatiques. Lors du sommet international en décembre, Jean Charest avait dénoncé la faiblesse des cibles canadiennes de réduction des gaz à effet de serre (GES) et surtout, il avait déploré le fait que le Canada se contente servilement de calquer sa politique sur celle des États-Unis. Dans une entrevue de fin d'année accordée au réseau TVA, Stephen Harper avait affirmé que les Canadiens s'attendaient à ce que «les perspectives partisanes provinciales n'aient pas leur place à l'étranger» quand le Canada participait à des négociations internationales.
Hier, Stephen Harper ne s'est pas départi de son flegme, soulignant que «même si les gouvernements sont en désaccord de temps en temps, on ne cesse jamais de travailler ensemble».
Les deux premiers ministres ont donné un aperçu, hier, de leurs divergences en matière de changements climatiques. «Ce n'est pas une question de cibles», a soutenu M. Harper, mais bien de «nouvelles technologies». C'est un enjeu «qui restera là longtemps», a dit le chef conservateur, qui n'en voit pas l'urgence. Pour Jean Charest, autant il y a une crise financière, autant il existe une crise environnementale. «C'est à nos yeux à nous, au Québec, un des plus grands défis de l'humanité», a-t-il signalé.
Lors de sa brève allocution devant les maires de la MRC, Jean Charest a signalé la portée «symbolique» de l'annonce d'hier, la première de l'année, faite dans la circonscription de Rivière-du-Loup, représentée par Jean D'Amour. Le député — «mon ami Jean», a dit M. Charest — a réintégré le caucus libéral en décembre après que le Directeur des élections (DGE) et les forces policières de l'opération Marteau l'eurent blanchi relativement à une enveloppe brune contenant de l'argent qu'il avait remis à son successeur à la mairie de Rivière-du-Loup, Michel Morin. Il ne reste plus qu'une seule épée de Damoclès qui pend encore au-dessus de la tête de M. D'Amour: une enquête du commissaire au lobbyisme à son sujet est en cours.
Si l'annonce revêt un caractère symbolique, c'est aussi pour d'autres raisons. C'est un investissement destiné à réduire les GES qui a réuni les deux premiers ministres hier, ce qui ne manque pas d'ironie. Mais surtout, c'est à Rivière-du-Loup que Stephen Harper s'était présenté aux côtés de Mario Dumont pour prononcer un discours qui confirmait l'alliance tacite entre les conservateurs fédéraux et les adéquistes. Depuis, les choses ont bien changé: les libéraux de Jean Charest ont ravi la circonscription aux adéquistes et la circonscription fédérale de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup est maintenant représentée par un conservateur, Bernard Généreux, présent hier. En novembre dernier, l'organisation du Parti libéral du Québec avait prêté main-forte à l'ancien maire de La Pocatière pour battre la candidate bloquiste, Nancy Gagnon.
Stephen Harper a annoncé hier un apport fédéral de 4 millions à la construction d'une usine de traitement de déchets organiques par biométhanisation, un projet d'une valeur totale de 14,7 millions qui doit desservir la MRC de Rivière-du-Loup. Le gouvernement du Québec y va d'une contribution de 4,7 millions.
Il s'agit du premier projet issu d'un plan — d'une valeur totale de 650 millions — pour le compostage et la biométhanisation dévoilé en novembre dernier par la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp.
Comme la conférence de presse était organisée par les apparatchiks conservateurs, les journalistes qui voulaient poser des questions ont dû s'inscrire sur une liste et c'est l'attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas, qui a désigné ceux qui ont eu le «privilège» de poser leur question. Le président de la Tribune de la presse de Québec, Pierre Duchesne, a dénoncé l'arbitraire de cette pratique, inconcevable à l'Assemblée nationale, qui a limité l'accès des journalistes québécois à leur premier ministre.
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