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Camil Bouchard jette l'éponge

La Presse canadienne   14 décembre 2009 16h01  Québec
Camil Bouchard
Photo : - Le Devoir
Camil Bouchard
Le député péquiste de Vachon, Camil Bouchard, quitte la vie politique, insatisfait de sa contribution comme membre de l’opposition.

M. Bouchard, qui est âgé de 64 ans, a été élu député pour la première fois en 2003. Il n’a jamais été député du parti ministériel.

En conférence de presse ce matin, M. Bouchard a expliqué qu’il se sentait désormais plus utile dans son domaine d’expertise qu’en politique.

Depuis quelques mois, le feu sacré n’était plus là. «Je ne me sens plus capable de donner ma pleine mesure», a admis le député.

Il a convenu que le fait de quitter son poste, après avoir été réélu depuis seulement une année, n’était «pas glorieux».

Avec son départ de la vie politique, l’opposition officielle à l’Assemblée nationale perd donc, en quelque sorte, sa conscience sociale, M. Bouchard étant associé à l’aile gauche du parti et considéré comme une source d’inspiration pour façonner les politiques sociales du PQ.

En juin dernier, le PQ avait cette fois perdu son meilleur compteur en matière économique et financière, le député de Rousseau, François Legault.

M. Bouchard a admis que sa décision aurait été différente si le Parti québécois avait été porté au pouvoir, précisant qu’il avait moins aimé faire de la politique que d’élaborer des politiques.

Camil Bouchard dit aussi avoir été accablé par les multiples allégations de corruption, de collusion et de malversations qui ont éclaboussé le milieu politique et par le refus du gouvernement Charest de répondre aux attentes de la population dans ce dossier.

M. Bouchard estime que le Québec doit s’attaquer de front à trois grands chantiers, soit le fort taux de décrochage scolaire, le sous-investissement en matière de soins à domicile, et la fiscalité et son lien avec le taux d’endettement de la population.

Il a profité de l’occasion pour rendre un hommage senti au chef du Parti québécois, Pauline Marois.

Camil Bouchard était porte-parole de l’Opposition en matière d’immigration et en matière de relations avec les Premières Nations. A ce titre, il a qualifié d’inacceptables les informations publiées lundi faisant état d’un taux de 30 % de signalement à la Direction de la protection de la jeunesse pour négligence, souvent grave, chez les jeunes inuits.

La chef de l’opposition officielle, Pauline Marois, a tenu à rendre hommage à son député démissionnaire, en rappelant qu’il avait joué un rôle dans sa décision de créer le réseau des services de garde à contribution réduite, avec les Centres de la petite enfance (CPE), il y a une douzaine d’années.

«Je suis consciente de perdre un député de très grande qualité», a-t-elle dit, en admettant que l’opposition était une position «très frustrante».

Détenteur d’un doctorat en psychologie, Camil Bouchard a fait carrière dans l’enseignement et la recherche à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Il s’était signalé, en 1991, avec la publication d’un véritable plaidoyer en faveur des droits des enfants: «Un Québec fou de ses enfants».

M. Bouchard a dit qu’il demeurerait un militant souverainiste convaincu et a dit toute l’admiration qu’il éprouvait pour sa chef, Mme Marois.

Le premier ministre Jean Charest devra donc déclencher une élection complémentaire dans Vachon, une circonscription traditionnellement péquiste, avant le début de l’été.
 
 
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  • Christina Berryman
    Abonnée
    lundi 14 décembre 2009 14h06
    Merci
    Dans ma vie professionnelle, j'ai eu le bonheur de connaître Camil Bouchard, Phd. La société va pouvoir, à nouveau, bénéficier de son expertise auprès des jeunes. Je salue son courage et son engagement dans l'attente d'une embellie dans la médiocrité du paysage politique façonné par les faiseux d'affaires et la corruption sournoise. Le Québec se porte mal , a la tête ailleurs investi qu'il est dans le divertissement à l'excès. Les jeunes générations s'en portent mal, font du surplace. Je leur souhaite de jeunes leaders inspirants pour 2010 qui sauront brasser la cage dorée (???) imposée par les gras durs. La liberté celà se prend!

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 14h13
    Les meilleurs talents quittent le PQ
    Il faut croire que vivre dans l`Opposition ne rend pas les politiciens heureux. Legault et Bouchard sont des individus talentueux qui ne peuvent attendre que le vent tourne. Le leadership du PQ ne fait plus rêver. Les timorés se suivent sans espoir d`améliorer le sort des Québecois. Entre-temps une bande de Libéraux filous nous gouverne et le peuple semble blasé. Triste situation car la fierté se nourrit de qualité et volonté d`agir. Une denrée trop rare ces jours-ci. Le PQ va nulle part et la politique ne tolère pas le vide. Il pourrait disparaître. Et si Jacques Parizeau pouvait rajeunir de 20 ans!

  • Nicole-Patricia Roy
    Abonnée
    lundi 14 décembre 2009 17h18
    Bon retour à votre passion
    Le départ de Camil Bouchard de la députation du Parti québécois est une grande perte. Mais pour la société québécoise, il n'en est rien, bien au contraire. Il pourra retourner à ce dont il est le plus utile, soit la recherche envers les enfants puisque c'est l'un des chercheurs les plus brillants et les plus engagés envers cette cause. Il est venu trop tard en politique, dix ans auparavant, il aurait été en mesure d'agir pour changer les choses, mais on ne peut changer l'histoire.

    Merci pour votre contribution en politique active et bon retour à votre passion de la recherche sociale.

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 19h06
    Dans le réel, il faut faire de la place aux plus jeunes.
    Moi, en tant que citoyen impliqué, si on m'offrait l'occasion de me présenter à la place de M. Bouchard je n'hésiterais pas une minute et je ne suis pas le seul. J'ai 52 ans et je trouve que les baby boomers nous ont imposé un bouchon et tiennent toute la place. Beaucoup de citoyens entre 40 et 50 ans feraient de très bons politiciens. Je pense que si M. Bouchard ne se voit plus à cette place, et bien il y a de la relève. Il s'agit pour le PQ d'ouvrir les yeux parmi ses militants (cela pousse au portail). On a peur de faire confiance aux plus jeunes dans ces partis et la politique devient sclérosée. M. Bouchard sera utile dans beaucoup de domaines et quelqu'un de plus créatif viendra occuper son siège. PERSONNE n'est essentiel. Nous sommes tous remplaçables. Le manque d'écoute de la relève dans nos partis traditionnels crée l'illusion d'optique qu'elle n'existe pas, car en dehors de leurs cercles d'amis et contacts, les babyboomers discréditent souvent la relève. Alors ils se cramponnent à leurs sièges. Lorsqu'un baby boomer prend sa retraite, on a l'impression que la crème de la crème disparaît de l'univers politique et qu'après eux, le moule des hommes et femmes d'état a été brisé. C'est complètement faux. M. Bouchard est un homme de valeur mais il n'a jamais été un grand homme politique. Quand Christina dit : Les jeunes générations s'en portent mal, font du surplace.(Je serre les dents en me disant : est-ce possible d'être à ce point aveuglée par l'illusion des générations perdues. Lorsque Pierre écrit : «Et si Jacques Parizeau pouvait rajeunir de 20 ans! »il transmet sans s'en apercevoir l'illusion de la génération des derniers mohicans, les derniers vrais, la moelle à jamais perdue. Lorsque Nicole écrit : « Le départ de Camil Bouchard de la députation du Parti québécois est une grande perte.» J'aimerais qu'elle me dresse la liste des mesures, des travaux, des acquis, des assises, des réalisations politiques de Camil Bouchard qui ont politiquement marqué le Québec. Moi je pense que M. Bouchard, laisse heureusement sa place et que plusieurs autres devraient suivre son exemple. Cela n'enlève rien au fait que c'est un homme de valeur, un intellectuel raffiné, un bon citoyen et un homme très sympathique et sincère. Un vrai souverainiste. Mais ce n'était absolument pas le politicien du siècle.
    Il faut cesser de faire l'autruche, se boucher les deux yeux, et faire comme si la Terre va arrêter de tourner au départ de Monsieur Bouchard. Non absolument pas, ce n'est qu'un fait anodin dans la rubrique politique. Un bon monsieur qui a presté selon sa description de tâche et qui se retire parce qu'il a perdu ses illusions. Sortez des cercles des amis des baby boomers. S'il vous plaît faites un tout petit effort de créativité. Prenez le risque de venir nous chercher (de temps en temps, au moins un ou une du groupe) à l'extérieur du sénacle.

  • Philippe Landry
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 19h12
    Un départ compréhensible
    Je crois que M. Bouchard s'est rendu compte par lui-même de la véritable situation politique du Québec: il est mathématiquement impossible que les libéraux de J.J. Charest subissent la défaite lors des prochaines élections. Un candidat qui se présente pour tout autre parti que le PLQ est condamné à l'opposition ad vitam (du moins jusqu'à ce que les québécois jugent utile de se présenter dans les bureaux de scrutin lors d'élections provinciales, ce qui n'est pas pour demain, grâce aux bons soins des médias privés et fédéraux du Québec)

  • Caroline Moreno
    Inscrit
    mardi 15 décembre 2009 08h17
    Hommage au démissionnaire !
    M. Bouchard estime que le Québec doit s’attaquer de front à trois grands chantiers, soit le fort taux de décrochage scolaire, le sous-investissement en matière de soins à domicile, et la fiscalité et son lien avec le taux d’endettement de la population.


    Rien sur l'indépendance ni sur le français ! Bon débarras !
    C.

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