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Charest ne voit aucune raison de modifier le mode de financement du PLQ

La Presse canadienne   12 décembre 2009  Québec
Saint-Pétersbourg — Jean Charest soutient que les ministres de son gouvernement demeurent à l'abri des pressions, même si le Parti libéral du Québec (PLQ) leur fixe l'objectif d'amasser chacun 100 000 $ en dons annuellement.

Au terme de sa mission économique en Russie hier, le premier ministre a indiqué qu'il ne voyait aucune raison de modifier les méthodes de financement du PLQ.

Même si les membres du conseil des ministres doivent ainsi recueillir 2,6 millions de dollars pour le parti chaque année, M. Charest ne croit pas que cette pratique puisse les rendre plus vulnérables. «Aucunement. Tout ça est fait dans le cadre de la loi. Tous les partis politiques le font et nous, on le fait avec beaucoup de rigueur», a-t-il répondu, alors qu'il concluait son voyage d'affaires à Saint-Pétersbourg.

Selon lui, le public n'a pas à craindre que des ministres se sentent redevables et favorisent l'octroi de contrats gouvernementaux à des individus s'étant montrés généreux à l'endroit du parti. «Non, ce n'est pas comme ça que les affaires de l'État se règlent. Quand le gouvernement attribue des contrats, il le fait en vertu de règles établies. Il est impossible de croire que les gens qui donnent [de l'argent] au parti peuvent s'attendre en retour à recevoir des faveurs», a-t-il ajouté.

Accusations de favoritisme

Récemment, le Parti québécois a accusé le gouvernement Charest d'avoir fait preuve de favoritisme en ce qui concerne les nouvelles places développées dans les garderies à contribution réduite dans la région montréalaise.

Il avait notamment soulevé le cas de la famille de Samir Al-Hamad, dont les membres ont obtenu 140 nouvelles places pour leurs projets de garderie et qui ont contribué pour plus de 23 000 $ à la caisse du PLQ depuis 2003.

Puis, en novembre, la Presse canadienne a révélé que l'entreprise Roxboro Excavation avait obtenu des contrats de 90 millions du ministère des Transports, bien qu'elle ait plaidé coupable à une accusation d'avoir comploté pour éliminer la concurrence en 2000. En 2008, tous les administrateurs de l'entreprise — Daniel, Michel, Raynald, Roger et Yvon Théoret — ainsi que le fondateur Jean-Guy Théoret ont versé le maximum permis par la loi électorale de 3000 $ chacun à la caisse du Parti libéral du Québec.

«Il ne faut pas arriver à l'absurde et rendre suspects les individus qui font des contributions à un parti politique», a argué M. Charest, qui dit n'avoir rien vu d'autre que des allégations au cours des derniers mois.

Le premier ministre a aussi rejeté les demandes de la chef péquiste, Pauline Marois, qui réclame que la contribution maximale versée par une personne à un parti politique soit abaissée de 3000 $ à 500 $. «Il faut casser l'idée que le financement d'un parti est synonyme de récompense», a-t-elle affirmé cette semaine en conférence de presse. Elle a soutenu qu'il existe une disproportion importante entre les dons reçus annuellement de 9 millions par le PLQ, et les 3,5 millions amassés par le PQ.

«C'est René Lévesque qui a fixé les contributions maximales à 3000 $. Ce sont des règles qui valent encore aujourd'hui», a répliqué M. Charest. «On veut encourager les citoyens à participer à notre démocratie. Cette participation s'exprime aussi par le choix qu'ils font de contribuer aux partis politiques», a-t-il dit.

Dès que les travaux parlementaires ont été ajournés à l'Assemblée nationale, Jean Charest s'est envolé pour la Russie, où il a mené la première mission économique québécoise à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Il se rendra dimanche à Copenhague, au Danemark, pour participer à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques jusqu'au 19 décembre.
 
 
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  • Normand Carrier - Abonné
    12 décembre 2009 06 h 49
    La morale élastique de Jean Charest ....
    Quant on revise le code d'étique interne du parti a la baisse et a plusieurs reprises pour accomoder ses ministres , il ne faut pas s'attendre de ce farfineur qu'il recoive la lumière du Saint Esprit soudainement ! Si certains de ces ministres ne le poussent pas a agir il continuera a agir sans éthique , sans principes et sans transparance ..... Ainsi va la vie dans son monde de magouilleurs !
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  • André Loiseau - Abonné
    12 décembre 2009 13 h 04
    M. Carrier dit vrai

    M.Carrier a raison. il ne faut surtout pas faire de vagues et changer quoi que ce soit qui donnerait raison aux partis adverses. Beau ramassis d'oportunistes et de carriéristes à la langue de bois enregistrée par leur petite cassette mentale frileuse, sans vision ni envergure, sans générosité ni franchise. Belle gagne de farfineurs, vraiment!
    Comme pour la politique fédérale, un bon chef doit tout faire pour sauver le parti et protéger l'identité des lobbyistes de la famille. Qu'aurait été le résultat du dernier référendum si les commandites illégales n'avaient pas été permises par M. Chrétien, grand pourfendeur d'un pays québécois qui s'avérait enfin possible?
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  • Etienne Leblanc - Inscrit
    12 décembre 2009 15 h 34
    Quand le moyen devient la fin
    Je dois dire que les commentaires de lecteurs sur la situation de l'existence même d'objectifs financiers pour les ministres à leur parti politique me laissent pantois. Que l'Assemblée nationale ne soit pas une succursale du Paradis sur Terre n'enlève rien au fait que nous pouvons raisonnablement supposer que cette pratique favorise largement les conflits d'intérêts et ce, quel que soit le parti ou la hauteur des montants à atteindre. De plus, il ne s'agit pas de savoir qui a les pratiques de financement les plus douteuses entre le PLQ, le PQ et l'ADQ, mais bien de réaliser qu'ils ont légalement la possibilité de recourir à des modes de financement aussi inacceptables. Une chose légale n’est toutefois pas nécessairement légitime, rappelons-le. Curieusement, alors qu’on fait grand cas de la collusion dans le secteur de la construction ou du versement d’enveloppes brunes par des entrepreneurs, on ne semble pas percevoir les objectifs de financement à laquelle sont soumis les ministres du gouvernement comme une pratique s’apparentant à une espèce de collusion entre ces derniers et leur parti. Avons-nous oublié que le pouvoir n’est pas la propriété des partis ni des politiciens, mais bien des citoyens qui, en réalité, le délèguent à des représentants, les députés. Dans une démocratie représentative comme la nôtre, les partis sont des outils qui appartiennent aux citoyens. Ils ne sont donc pas une fin, mais un moyen qui permet à la population d’être représentée au sein du Parlement.
    Or, cet exemple illustre une fois de plus la priorité des intérêts des partis et leurs pouvoirs par rapport à ceux du public. Force est de constater à quel point notre système politique est contrôlé par les partis politiques d'une part et par le Premier ministre d'autre part. Toutefois, gardons-nous de tenir pour responsable un parti ou une personne en particulier; c’est malheureusement le produit d’un système et non d’une de ses composantes. La combinaison du régime parlementaire britannique et du système électoral que nous utilisons au Québec (« majoritaire » [en réalité qui est pluralitaire], à un seul tour) est assurément parmi les meilleures pour assurer que se maintiennent la dominance des partis politiques, la fusion des pouvoirs dans les mains du PM et l'illusion d'être un État démocratique où, en principe, les citoyens sont le fondement des pouvoirs publics et les décisions prises par les élus représentes la volonté populaire.
    René Lévesque qualifiait d’ailleurs notre mode de scrutin de "politiquement infecte" et critiquait vertement notre système parlementaire (britannique); "le gouvernement faisant partie intégrante d'un parlement soi-disant souverain, mais en réalité ficelé par la ligne de parti et asservi à toutes fins utiles à la dictature effective du cabinet et de son entourage" (René Lévesque, 1970, cité dans Le Clairon de St-Hyacinthe, le 18 février). Malgré ce qu’on en dit aujourd’hui, le véritable cheval de bataille de monsieur Lévesque était de restaurer la qualité de la démocratie et de remettre aux citoyens leurs droits de décider.
    On comprend qu’il n’est de l’intérêt ni du parti au pouvoir ni du parti de l’Opposition officielle de changer les choses. J’en veux pour preuve qu’en dépit que tous les programmes des partis promettent depuis des années d’apporter des transformations majeures au système politique, nul ne s’y est investi lorsqu’il en avait la possibilité, en étant au pouvoir ou en formant une opposition majoritaire. Manque de courage politique ou inexistence d’une volonté réelle? Cela n’a que peu d’importance. Dans un cas comme dans l’autre, on constate que c’est au détriment de la démocratie et d’une inquiétante croissance de la désaffection de la population envers la politique, ses institutions, ainsi qu’à l’égard des décisions qui la concernent.
    En somme, je crois que les politiciens devraient individuellement commencer à réfléchir sérieusement aux conséquences que pourrait avoir une perception non seulement généralisée et persistante d’indifférence ou d’ignorance du Parlement à l’égard des citoyens et de la volonté populaire.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    14 décembre 2009 10 h 19
    Je me préoccuppe encore plus d'autres pratiques
    Il faut être assez minable pour se laisser acheter pour quelques milliiers de dollars, surtout quand on nage déjà dans l'argent de toute façon comme au PLQ. Je m'inquiète bien plus d'autres pratiques, comme les cadeaux faits sous la table aux candidats eux-mêmes, les promesses de jobs payants une fois retraité de la politique (presque tous les anciens ministres libéraux ou conservateurs, à Ottawa ou à Québec, plus les Zampino, Abdallah, Bouchard ....). Et il y a aussi les contributions "en espèce" pendant les campagnes électorales, par exemple les pseudo bénévoles, des secrétaires mises gratuitement (et illégalement) à la disposition des partis par des firmes d'ingénieurs, de construction, d'avocats et de relationnistes.
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