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Le droit de tout savoir

Denise Bombardier   12 décembre 2009  Québec
L'être humain, par sa nature, est un prédateur qui attaque plus faible que lui et se nourrit de la vie des autres. À notre époque, nombreux sont les pacifistes qui combattent l'instinct guerrier, ce qui ne les empêche pas, comme l'ensemble de leurs contemporains, de participer à la politisation de la vie privée. Même les plus vertueux en paroles ne résistent pas à l'attrait de YouTube et de Facebook, ces fenêtres ouvertes sur l'intimité des gens.
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  • Godefroy
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 23h21
    Tout au public
    « Rien n'est privé dans leur vie [des grands], tout appartient au public »

    Jean-Baptiste MASSILLON, Petit carême, Exemples.(17ème siècle)

    Ce puits sana fond ne date pas d'aujourd'hui

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 07h35
    Le droit de nous interpeller...
    L'intéressante réflexion de Mme Bombardier m'amène directement à poser la question du droit des policiers de nous interpeller sans motifs apparents.

    Cette question, me semble-t-il a été encore une fois tranchée par le jugement de la Cour suprême du 4 décembre, à 5 juges contre 2, concluant que les policiers avait arrêté injustement le frère d'un supect de vol (un certain Mr Burke) et fouillé sa maison et sa personne, et que le fait qu'il pouvait ressembler à son frère n'était pas une justification. Et l'accusation de possession de drogues a été rejetée parce que la preuve avait été obtenue dans ces circonstances.

    Je transpose cette question dans le domaine des barrages routiers, et je me demande si les policiers, pour des motifs louables, détecter les conducteurs qui auraient bu un peu trop, sont justifiés de nous interpeller alors que nous allons tranquillement à nos affaires personnelles.

    La phrase, pleine de sens, de Mme Bombardier, "toute incursion par les autres dans notre vie secrète entraîne une forme de dépossession de nous-mêmes."
    devrait nous faire réfléchir sérieusement avant d'accorder ce droit à qui que ce soit.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 08h38
    La radicalisation du propos
    Dans trois phrases bien composées, madame Bombardier démontre avec adresse qu'elle ne coprend pas grand chose à la réalité d'aujourd'hui. Elle est comme ainsi dit enfermée dans une bulle négative qui se propage comme une vague continue d'une réflexion à une autre!

    Qu'est-ce que la vertu a à faire avec Facebook et l'intimité des gens. Je suis sur Facebook, et j'ai fait le choix de partager avec les autres quelques photos et quelques informations.

    Parlant de prédateur qui s'attaque aux plus faibles... Madame Bombardier est reconnue comme telle, et on ne peut pas la catégoriser dans les prédateurs les plus faibles. C'est une personne forte qui s'en prend continuellement à la pensée des autres et la détruit. Elle doit avoir raison et gagner.

    Alors, que notre chère madame Bombardier, si elle lit ce que j'écris d'elle, commence par réfléchir à ce qu'elle est avant de dire ce que les autres sont.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 11h21
    Las vie secrète...
    « "toute incursion par les autres dans notre vie secrète entraîne une forme de dépossession de nous-mêmes."»

    Il y a quelques années, je recontrais un monsieur de 72 ans, très déçu des autres qui empiétaient, disait-il, dans sa vie, qui arrivaient chez lui à l'improviste, et qui ne gardaient pas pour eux ses confidences. Il se sentait dépossédé, par ces incursions dans sa vie privée.

    Je me suis permis de lui révéler deux vérités essentielles à la vie en communauté, ou acvec les autres:

    1- Garder sa propre fermée et ne l'ouvrir qu'à ceux avec qui on sent bien;

    2- Ne jamais faire de confidences qu'on veut garder secrètes.

    Quand il a compris qu'il était le gestionnaire de sa maison et de ses émtions, quelques semaines plus tard, il me dit avec un grand sourire:

    -- Depuis que je garde ma porte fermée, et ma grande gueule, tout va bien!

  • Christian Aubry
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 11h47
    La vie privée n'est-elle pas une forme d'hypocrisie ?
    L'évolution des technologies numériques pose en effets des problèmes moraux qu'il est juste d'examiner. Je ne vous reproche pas ce questionnement, mais j'aimerais vous suggérer un autre angle d'analyse un peu moins effrayant.

    Nous sortons d'un siècle terrible, XXème du nom, qui a consacré la puissance et le déclin de tous les totalitarismes. Sous Hitler, Staline, McCarthy et Honecker, en effet, la défense de la vie privée était absolument essentielle à la survie de la liberté individuelle. Même au Québec, pétri de catholicisme intégral, elle était essentielle.

    Dans la démocratie représentative qui est la nôtre, aujourd'hui, tout est différent. Le divorce, l'avortement et la garde partagée ne sont plus des péchés. L'homosexualité et même la transexualité sont socialement admises, même si des âmes conservatrices conservent encore des préjugés. Nous savons tous que l'erreur est humaine et le pardon ne vient plus de Dieu et du prêtre, mais de notre conception avancée de la complexité de la condition humaine. Nous sommes généralement mieux éduqués, mieux préparés au déferlement de la transparence.

    Qu'est-ce que la transparence? C'est vivre ouvertement selon, et en accord avec, ses convictions. Si je crois que ce que je fais est inavouable, je dois le reconnaitre et tenter de modifier mes comportements, quitte à demander de l'aide. Si ce que je fais est juste, je n'ai pas à le cacher; je suis en droit de l'assumer pleinement en me battant pour faire évoluer la mentalité étriquée de mes concitoyens.

    Au plan socio-politico-économique, la transparence est aujourd'hui nécessaire et nous pouvons le sentir tous les jours en consultant nos sources d'information favorites. Il est devenu totalement inacceptable de diriger la société tout en acceptant des pots de vin en argent comptant; de prêcher la vertu en abusant sexuellement des enfants, de cacher des revenus mirobolants qui influent fatalement sur votre gouvernance, de polluer la planète en toute discrétion et, même, d'incarner un héros populaire en cachant ses petits travers pernicieux.

    La montée de transparence à laquelle nous assistons est réelle. Elle est très largement induite par les technologies que nous avons nous-mêmes créées`"We shape our tools and then our tools shape us" (Marshall McLuhan). Cela entraine effectivement un recul de la vie privée, qui pousse vers une moralisation obligatoire de la société, notamment de la politique, des entreprises et, marginalement, du show business, du sport business et du celebrity business.

    Entendons-nous bien: cette moralisation n'est pas inféodée à une idéologie politique ou religieuse. Il s'agit d'une moralisation culturelle, ancrée dans une culture de la tolérance mais, aussi, de la vérité des causes et des effets. Votre vie privée n'est pas menacée si vous vivez modestement. Elle l'est si vous souhaitez vivre en pleine lumière et si vous prétendez influencer vos contemporains.

    Je trouve cela totalement sain, tout en restant vigilant face à d'éventuelles dérives idéologiques et totalitaires. Soyez-le avec moi, mais ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain ;)

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 12 décembre 2009 12h01
    @Augustin Rehel
    Alors, que notre chère madame Bombardier, si elle lit ce que j'écris d'elle, commence par réfléchir à ce qu'elle est avant de dire ce que les autres sont. » (Augustin Rehel)
    ------------------------------------------------------------------

    La même réflexion s'applique également pour vous, éminent théologien qui, au fil des jours, poursuit sa guerre sainte contre les islamistes!

    Il est bien évident que vous n'aimez pas Mme Bombardier et que vous prenez un malin plaisir à la contrer, pour tout et pour rien, mais, de là à en faire une fixation, il y a tout un monde.

    Foglia ne vous en voudra pas si vous "slaquez le break" un peu.

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 12 décembre 2009 12h36
    Les bulles tendent à éclater
    Votre hargne contre madame Bombardier est encore une fois suspecte monsieur Rehel mais je trouve que votre remarque au sujet de la bulle négative "qui se propage comme une vague continue d'une réflexion à une autre" est assez jolie même si je doute que les bulles se propagent de cette manière. Personnellement je trouve le texte de madame Bombardier profond et très beau à lire, trop confortant et mélancolique peut-être car il n'ouvre pas sur de l'espoir et laisse à penser que nous finirons tous dans ce puits sans fond, ce qui n'est pas certain car la nature humaine est peut-être pour une bonne part mauvaise mais aussi toujours étonnante de créativité.

  • Andre Jacques
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 13h30
    Merci Mme Bombardier
    Il semble qu'il soit difficile de lire un texte autrement qu'au premier degré pour certains. Denise Bombardier a raison de s'offusquer du sans gêne collectif qui accompagne l'usage démesuré du progrès technologique. Il est toujours plus facile de tirer sur le messager que de contester son message.

  • Godefroy
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 16h34
    Vous avez raison mais... c'est vraiment déprimant le méchant progrès pour tous !
    « Qu'il s'agisse d'amoindrir les facultés de penser de la jeunesse par des pilules cocanoïdes (Ritalin); de calmer leur [sic] folles ardeurs par des séances chez un «psychothérapute» [...], d'engourdir leur conscience en les projetant dans une existence marquée par la virtualité, par des jeux électroniques, par des vidéocassettes, par du rap ou par l'Internet; qu'on laisse nos jeunes cerveaux s'atrophier dans un système d'éducation caractérisé par la complaisance, objet d'une fausse démocratisation et d'une réformite galopante; que l'on continue d'engourdir les esprits adultes [...] par une industrie du rire gras toujours plus florissante, qu'on les distraie par des festivals, des fêtes et des foires incessants échelonnés serré de janvier à décembre ou qu'on les replonge dans la virtualité existentielle en multipliant les casinos, billets de loto, bingos [...], on en vient toujours à «empêcher de se développer, de se manifester» (cf. définition du mot «répression»), l'objet de l'empêchement étant ici la pensée.»

    GOURDEAU, Gabrielle (1952-2006) Répression, 2000, p. 145

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 17h26
    @ Raymonde, ma collégieenne préférée
    Il y a bien longtemps que je n,avais croisé le fer avec ma collégienne préférér... Toujours, toute en nuance... comme son mentor, qu'elle voudrait bien imiter mais... elle n'en possède ni les lettres ni l'esprit... comme dirait Edmond Rostand.



    Le problème, monsieur Jacques, avec Denise B,. c'est que justement elle rtéagit toujours au premier degré! Dans la courte réflexion que je fais à son endroit, je m'en prends plus à son message, toujours le même: la modernité a corrompu l'humain!

    On dirait Jean-Jacques Rousseau.

    Allez! Je n'en veux à personne, mais personne ne me fera changer d'opinion sur Denise Bombardier: elle rame à contre-courant... et j'aime me laisser glisser sur les vagues.

    Un auteur a dit: «Partage ta lumière avec les autres si tu veux la garder brillante.»

    Encore faut-il accepter les propos de l'autre!

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 17h36
    Encore deux points...
    «Il est bien évident que vous n'aimez pas ...»

    On peut s'en prendre aux opinions de quelqu'un sans s'en prendre à la personne. On peut démolir le message sans démolir le messager.

    Voilà la nuance que madame Chouinard ne sait pas!

    L'autre affirmation gratuite vient de France Marcotte: «Votre hargne contre madame Bombardier ...»

    Pourquoi aurait de la hargne contre madame Bombardier? Je ne partage pas son opinion très souvent à cause de sa tendance à la dramatisation, à tout prendre, comme le souligne André Jacques, au premier degré, sans juger de la perspective. Voilà ce qui m'agace et je le dis.

    Ne me dites pas que la terre est ronde, car vous auriez tous tort!

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 12 décembre 2009 20h50
    Madame Bombardier, n'est-ce pas un peu potinage ce que vous dites.
    D'abord, l'être humain n'est pas que nature, il est aussi et surtout culture. S'il a ce petit côté prédateur, c'est qu'on lui a appris à tort que c'était la façon dont il devait apprendre à se battre. Cela dit, vous me semblez vraiment très portée à généraliser tout ce que vous observez avec un certain esprit réducteur. Question interprétation, réfléchir en lisant Schopenhauer vous ferait grand bien. En revanche, j’aurais peur que vous le preniez pour voyou.

    Votre opinion frôle presque celle du sens commun : l'œuf ou l'enveloppe. Car le vrai sens commun est d'un naturel plus simple et plus profond. C'est celui qui regarde vivre les humains mais sans les apostasier; juste en essayant de mieux comprendre ce qui les motivent. À ce sujet, quel genre de bois prenez-vous pour chauffer ou réchauffer vos motivations insipides, pour juger ainsi les autres?

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    samedi 12 décembre 2009 21h04
    AFFIRMER TOUT ET SON CONTRAIRE
    «C'est celui qui regarde vivre les humains mais sans les apostasier...»

    Vous dites le contraire dans le premier paragraphe... et encore sous le sceau de l'anonymat!

    Avez-vous peur qu'une connaissance juge de la futilité de vos propos?

    Je vous conseille Lao Tseu comme livre de chevet!

    «Une idée fixe n'est pas une idée!»

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    dimanche 13 décembre 2009 00h25
    Lucidité!


    Puisque je suis inscrite et non abonnée, je ne peux lire de l’article que l’introduction. Le problème que vous êtes tous des abonnés et vos commentaires sont très intéressants.

    Ma question : Est ce qu’on peut commenter l’article juste à partir de l'accès à son introduction ou se contenter de commenter les commentaires.

    Juste une question de lucidité !

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 13 décembre 2009 09h16
    @Augustin, mon prof préféré......!
    Pourquoi sentez-vous tellement le besoin de vous justifier...! Vous en remettez d'heure en heure.

    Incidemment, je ne cherche pas à imiter la prose de quiconque; la mienne me satisfait amplement et à vous aussi, à ce que je constate...!

    Imaginez qu'est-ce que ça serait si j'étais prof....!

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 13 décembre 2009 09h28
    Potinage...
    Votre opinion frôle presque celle du sens commun : l'œuf ou l'enveloppe. (Jasette)
    --------------------------------------------------------------------

    Quel profondeur dans le propos. Est-ce une publicité pour omelettre.....!

    De grâce, professeur Réhel venez à mon secours. Je n'ose demander des explications à Jasette qui jase...jase...jase...!

    Continuez vos échanges de livre, c'est très intéressant. Je me cherchais justement des livres de chevet pour alterner avec Tintin...!

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    dimanche 13 décembre 2009 13h35
    À Raymonde,si elle était prof!
    Passez à un autre mets Raymonde! Y a pas de quoi en faire une «omelettre» (omelette)!

    Imaginez ce que ce serait... si... vous étiez prof!

    Je n'en ai pas la moindre idée...

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 13 décembre 2009 17h09
    Madame Chouinard, ici il y en a pour tout le monde.
    Pour vous, comme pour moi. Si j'ai un Tintin sur ma table de chevet et que j'ai le goût de le lire, j'embarque. Par contre, si je n'ai pas le goût de le lire, je lis ou je fais autre chose et c'est encore très bien. À moins que vous désiriez mettre des normes suivant vos propres goûts personnels, ou des normes que vous voulez établir. Alors, je ne suis pas sûr que Tintin serait content. Je sens en vous beaucoup de potentiel, mais sans trop savoir lesquels.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 14 décembre 2009 09h19
    A Augustin, si j'était prof...
    omelettre = oeuf

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    lundi 14 décembre 2009 19h48
    Légère correction

    Si vous étiez prof, et que vous écriviez «omelettre = oeuf) au tableau, vous vous feriez reprendre par un élève de 3e année.

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