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Contrats de gré à gré - Bien désinvoltes !

Josée Boileau   10 décembre 2009  Québec
Puisqu'on est à refaire l'infrastructure routière au Québec, il est normal que les contrats accordés sans appel d'offres par le ministère des Transports explosent, soutiennent la ministre des Transports, Julie Boulet, et son ministre délégué, Normand MacMillan. Normal aussi qu'il y ait un lien entre les entreprises qui obtiennent ces contrats et la contribution de leurs actionnaires au parti au pouvoir — «ç'a toujours été comme ça!», a expliqué M. MacMillan à Radio-Canada.

Conclusion des deux ministres: que la leader parlementaire de l'Action démocratique du Québec, Sylvie Roy, cesse sa «campagne de salissage».

Celle-ci a pourtant bien raison de chercher à détailler la manne tombée sur les entrepreneurs qui font affaire avec le ministère des Transports: 2,6 milliards de notre argent pour la seule dernière année! Normal que nous voulions nous assurer que ces centaines de millions de dollars ne servent pas de récompense aux copains, que les travaux à faire soient correctement évalués et effectués, et qu'ils soient payés au juste prix, ni plus, ni moins.

Sylvie Roy a démontré hier, et le montant n'a pas été contesté, que d'avril à octobre de cette année — donc en plein coeur des débats et dénonciations sur l'attribution de contrats municipaux et gouvernementaux — 240 millions sont passés dans des contrats sans appel d'offres. C'est énorme, point à la ligne. Il n'y a qu'à comparer avec l'autre grand chantier du Québec, celui qui, nous dit-on, prépare l'avenir: la lutte contre le décrochage scolaire. On y consacrera presque 100 millions l'an prochain, 160 millions dans trois ans... Cela ne s'approche même pas du total des contrats de gré à gré donnés aux Transports. Ce ministère peut-il au moins avoir la décence de s'assurer qu'il n'y a pas quelques dizaines de millions de dollars qui se perdent en gaspillage!

La réaction gouvernementale tient de la désinvolture. Par exemple, le rapport du vérificateur général, il y a trois semaines, documentait très clairement la surutilisation, aux Transports, du prétexte de l'urgence pour éviter les appels d'offres — prétexte qui permet par ailleurs de majorer les coûts de construction de 15 %. Le vérificateur réclamait des critères plus clairs, et uniformes d'une région à l'autre, pour déterminer ce qu'est une urgence.

Alors comme hier, le sous-ministre a marqué son désaccord. Il y a un critère et il est très simple: en matière de sécurité, il vaut mieux être plus «précautionneux» que moins, a dit M. Michel Boivin sur les ondes du 98,5. Mais quand ce souci du bien-être public laisse dans son sillage des millions de dollars à des entreprises privées, dont les dirigeants contribuent par ailleurs à la caisse électorale, il vaudrait bien aussi être «précautionneux» des deniers publics.

Rien de tout cela ne vient calmer le climat de suspicion qui règne. Elle vient quand cette enquête?

***

jboileau@ledevoir.com
 
 
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  • André Loiseau - Abonné
    10 décembre 2009 01 h 05
    La révolution de Charest

    Jean Charest va revenir de Russie avec plein de trucs pour améliorer le passage des enveloppes brunes en y mettant plus de subtilité et pour continuer à tenir tête à la volonté de la majorité québécoise, comme cela se pratique là-bas depuis la révolution.
    Je doute fort que Maître Charest reprenne du collier pour entreprendre la révolution des moeurs à l'intérieur d'une enquête publique qui lui ferait perdre d'abord la face, puis son cabinet et l'obligerait à accélérer sa descente aux enfers du sondage.
    D'ici peu, son gouvernement disparaîtra de l'histoire comme celui de Harper, son âme damnée. Il suffira que les gens, écoeurés depuis des lunes, sortent voter pour rétablir les faits.
    Ce sera un bon début.
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  • Lapirog - Abonné
    10 décembre 2009 06 h 01
    Plein de notre fric pour les tizamfiozis...
    mais pas pour l'éducation publique ou les soins de santé ou peu importe le secteur en forte demande de financement public. Beau travail de Mme Sylvie Roy de l'ADQ qui nous a fait la démonstration éloquente que les contrats de gré-à gré ont la cote et le retour sur l'investissement au PLQ fort lucratif après tout ce n'est que l'argent de nos impôts et taxes, alors pourquoi se priver, le fast track est beaucoup plus efficace et pas besoin de surveillance des travaux à exécuter on se fie tout simplement sur les tizamifiozis.
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  • roger montreal - Abonné
    10 décembre 2009 10 h 57
    LES BONNES MOEURS «L EXEMPLE DU CHEF »75,000 DOLARDS SOUS LA TABLE»
    Comment peut on demander aux ministres d avoir des bonnes moeurs quand le chef recoit de l argent sous la table car cet homme a «BESOIN DE CETTE SOMME 75,000 DOLARDS POUR SES BESOINS« le salaire de premier ministre n est pas suffisant pour cet avocat qui n a jamais plaidé «sauf appeler un juge dans une cause» nous voyons que CHAREST c est toujour pensé supérieur
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  • Fils de lalib - Inscrit
    10 décembre 2009 17 h 55
    La guignolée
    Est- ce que ce meme parti peux m'envoyer ce meme montant pour payer mes dettes;allons un peu de générosité.ce sera un secret entre nous!
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  • Michel Samson - Abonné
    10 décembre 2009 19 h 49
    Désinvoltes ?
    Mme Boileau, je vous trouve bien tendre de nous offrir ce qualificatif en pâture, nous pauvres lecteurs. Ah oui, ...et lectrices. Rendons à Pauline ce qui n'est pas d'elle.

    Désinvoltes ? En voici quelques autres qui ont dû faire partie de ce que vous étiez tentée d'utiliser arrogants, profiteurs, malhonnêtes, et, oh! maille gode, brutalement francs.
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