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L'avenir fragile de la loi 101

Julius H. Grey - Avocat chez Grey Casgrain  2 décembre 2009  Québec
Si dans l'affaire Nguyen (jugement récent sur les écoles privées non subventionnées et la loi 104), la Cour suprême a encore une fois cassé une disposition de la Charte de la langue française, elle l'a fait de façon très nuancée et très modérée. On peut comprendre la colère des ennemis de la loi 101 du côté anglophone. La Cour a catégoriquement rejeté leur style d'intégrisme.

Il est beaucoup plus difficile d'accepter les critiques douteuses que ce jugement a soulevées au sein du Parti québécois, qui a fait appel aux principes de la démocratie et évoqué les menaces faites à la survie du français au Québec pour cribler d'injures un jugement qui reconnaît le pouvoir de protéger le français et qui annule une disposition de la loi seulement à cause de certains détails.

Majorité et gain de cause

Les principes de la démocratie libérale créent des limites au droit de la majorité de légiférer. Bien que le Québec se doive de protéger le français, tout n'est pas permis à cet égard. Annuler une partie de la loi 101 n'est pas signe d'hostilité envers cette loi plus que l'annulation d'un article du Code criminel ne manifeste de l'hostilité envers le Code. Au contraire, la loi 101 a été renforcée par les jugements qui ont éliminé les trois ou quatre dispositions excessives. Il est triste de voir une partie de la société québécoise répéter la propagande populiste qui provient du premier ministre Stephen Harper voulant que la majorité doive toujours avoir gain de cause. Si c'est le cas, pourquoi garder la Charte canadienne ou la Charte québécoise?

Les critiques de l'arrêt de la Cour n'ont pas démontré qu'il s'agit d'une décision statistiquement importante qui aurait un effet majeur sur l'évolution de l'équilibre linguistique. En réalité, il n'y aura probablement aucun effet.

Ghettoïsation

De toute façon, le Québec possède tous les pouvoirs nécessaires pour remédier à la situation sans nuire aux enfants qui ont déjà fait plusieurs années d'études en anglais. Personne n'a jamais expliqué de façon satisfaisante pourquoi le Québec exempte les écoles privées non subventionnées de la loi 101 et subventionne un grand nombre d'écoles allophones. Même si ces dernières sont soumises aux lois linguistiques, elles constituent une des grandes causes de la ghettoïsation et de l'isolement social des immigrants. Il n'y a rien de plus hypocrite que ce tollé contre la Cour suprême quand le Québec pratique sans explication ces politiques de multiculturalisme extrême.

Le Québec doit se préparer au jour où la loi 101 n'aura plus sa logique d'origine. D'ici quelques années, il existera une population importante d'anglophones inadmissibles à l'école anglaise, parce qu'issue d'une immigration récente. Par contre, il y aura des francophones admissibles à cause des mariages mixtes et des séjours à l'extérieur du Québec. Le droit à l'éducation en anglais paraîtra alors plutôt comme une loterie qui donne aux chanceux la possibilité de devenir complètement bilingues aux frais de l'État et qui refuse cette chance aux autres.

Troisième système

La solution optimale serait probablement un troisième système d'écoles ouvertes à tous où l'enseignement se ferait en français prioritairement, mais aussi en anglais en partie. Des proportions de 80/20 ou 75/25 sont à envisager. Il est à prévoir que presque tous les parents vont opter pour ce système et que sa création pourra même renverser, en partie, la tendance des francophones à quitter l'île de Montréal.

Des deux côtés, on rencontrera une opposition féroce. N'en déplaise aux mécontents, ce nouveau système répondra à toutes les préoccupations actuelles: la nécessité de donner la priorité au français, d'intégrer tous les groupes dans notre société, de ne pas créer une école complètement bilingue et de permettre à tous de devenir personnellement bilingues. Au lieu de se morfondre sur le jugement inoffensif de la Cour suprême, il est temps d'élaborer les détails d'un système ouvert, accueillant et équilibré.

Retour en arrière

Les solutions proposées par le Parti québécois — soit l'extension de la loi 101 aux cégeps et aux garderies et l'intensification de la francisation — représentent un retour en arrière, à l'époque où le français n'avait aucune protection légale. Malgré les prévisions funestes de certains démographes, la situation est beaucoup plus complexe maintenant et de vrais gains du français coexistent avec certains éléments inquiétants. De plus, l'extension de la loi 101 aux garderies frôlerait le ridicule et donnerait aux parents riches la possibilité de s'y soustraire facilement.

Quant aux cégeps, personne ne semble se préoccuper de la valeur intrinsèque de la liberté de l'enseignement. L'enseignement collégial et universitaire n'est pas vraiment un instrument d'intégration ni uniquement de préparation pour le marché de travail, mais plutôt une valeur en soi qu'il faut subventionner, mais ne jamais contrôler.

Bataille contre l'anglais

De façon générale, il est temps d'arrêter la bataille contre l'anglais. La culture anglaise fait partie de notre héritage commun. Le but de la protection du français est de maintenir sa prédominance, et donc de préserver l'équilibre qui nous permet de garder les deux langues.

Il est triste pour le Parti québécois qu'on ne parle que de son programme linguistique. Où sont les propositions innovatrices en matière de santé, d'environnement, d'éducation et d'élimination de la pauvreté? On oublie tout ce qui est important pour se concentrer sur un sujet émotif qui ne se prête pas à une solution facile.

Décidément, le Parti québécois fait fausse route et sa préoccupation linguistique est une abdication de son rôle de seul parti social-démocrate majeur.

Julius H. Grey - Avocat chez Grey Casgrain
 
 
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  • Gilles Delisle
    Abonné
    mercredi 2 décembre 2009 08h21
    Les tergiversations de M. Grey.
    Comme à son habitude, M. Grey aime toujours se mettre à contre-courant du peuple francophone québécois quand il s'agît de commenter les innombrables attaques de tribunaux contre la loi 101, ou de défendre des groupes de citoyens voulant contourner cette loi. M. Grey aurait avantage à aller fréquenter les cours d'école et les corridors de nos écoles, de nos collèges, de nos universités pour comprendre ce que le peuple a compris depuis longtemps au sujet de cette langue française qui est en train de s'éteindre lentement, mais sûrement. Il aurait avantage aussi è aller voir ce qui se passe dans nos garderies, parfois bilingues, parfois unilingues anglophones et parfois même à saveur religieuse, avec ces femmes voilées qui ont envahi ce milieu depuis quelques années. Cela, c'est le Québec de demain! Drôle de parcours pour ce bonhomme, qui, à la dernière élection française, portait le flambeau socialiste bien haut, ici, défendant la Répuiblique française, qui s'est donnée une Chartre de la laicité, que l'on espère encore chez nous! Il n'y aurait pas beaucoup d'argent à faire dans ce pays pour un bonhomme comme Juluis Grey.

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mercredi 2 décembre 2009 13h59
    Monsieur Grey a raison...
    Il faut en effet rapidement mettre fin à l'exemption des écoles privées non-subventionnées de la loi 101. Le Québec doit aussi soumettre les écoles allophones aux dispositions de la loi 101.

    L'école anglaise devrait être remplacés par la "troisième voie" proposé par monsieur Grey , soit 20-25% du temps en anglais et le reste, soit 75-80% du temps, en français. Cela permettrait aux anglos de devenir parfaitement bilingues et de mieux s'intégrer au Québec.

    Il faudrait aussi porter attention au stratagème utilisé par des professionnels recrutés à l'étranger (i.e professeurs d'universités) pour éviter que leurs enfants ne soient condamnés à apprendre le français. Ce stratagème consiste à garder, pendant des années, un statut de résident temporaire.

  • Stéphane Russell
    Inscrit
    mercredi 2 décembre 2009 14h37
    Le PQ n'est pourtant pas au pouvoir
    J'aimerais comprendre pourquoi la lettre de M. Gray est adressé à l'endroit du PQ. Celui-ci prétend que le PQ devrait faire plus pour les autres domaines comme la santé et l'éducation, et reproche au Québec de ne pas prendre les disposition suggérées pour remédier à certains problèmes concernant le français. Sauf que ce n'est pas le PQ qui est au pouvoir. C'est le Parti Libéral qui a le pouvoir de prendre les dispositions proposées par M. Gray, ainsi que de trouver des remèdes à la santé et à l'éducation. Le PQ serait-il donc devenu le souffre douleur de l'incompétence du PLQ et d'Ottawa lorsque ces derniers sont ceux qui ont les quatre mains sur le volant? Quand aux mesures dites intégristes, certains devraient regarder dans leur cours avant de juger les autres.

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 3 décembre 2009 07h20
    À M. Russel
    Pourquoi? C'est très simple. Parce que lorsqu'il a été au pouvoir, le P. Q. n'a pas fait mieux que les libéraux, et c'est une péquiste (de fraîche date, puisque j'ai pris ma carte pour pouvoir voter lors de la dernière course à la chefferie; mais indépendantiste depuis 1965) qui vous dit ça. Entre autres dans le dossier des COFI, si je ne m'abuse. On a fait le pari qu'il n'était pas nécessaire d'intégrer et de françiser les parents, que de le faire avec les enfants ce serait suffisant... financièrement parlant. Et si ce n'est pas le P. Q. qui a laissé tomber les COFI, c'est certain qu'il n'a rien fait pour corriger la situation pas la suite. Or ce choix était absurde: à l'époque où cela s'est produit, vers la fin des années quatre-vingt, c'était peut-être moins dommageables, mais avec l'anglicisation progressive du marché du travail, à Montréal, et l'arrivée des nouvelles chaînes cablées qui permettent aux immigrants d'avoir la télé en permanence dans leur langue d'origine, ça veut dire qu'à la maison et dans les relations, les enfants ne sont pas en contact avec le français. Comme l'anglais est facile à apprendre, il y a des chances aussi qu'à la maison toujours on écoute, le reste du temps, la télé en anglais, surtout que les stations angglophones dans la publicité et les bulletins de nouvelles font depuis longtemps une large place aux immigrants. Alors c'est sûr que les enfants sont convaincus que le français est une langue très minoritaire qui ne sert à rien qu'à les emmerder, surtout que dans plusieurs écoles les francophones sont minoritaires. Et ce merdier linguistique est dû aux libéraux et aux péquistes.

    Alors quand j'ai entendu Madame Beaudoin, dire qu'il fallait forcer les nouveaux arrivants à apprendre le français... ben oui, l'intégration par la lapidation, comme je l'ai écrit ailleurs.

  • Gilles Théberge
    Abonné
    jeudi 3 décembre 2009 08h40
    Monsieur... gris
    Je n'ai jamais eu beaucoup d'admiration pour les raisonnements de monsieur Grey. Il faut se souvernir que c'est l'avocat d'un ensemble de causes qui ont affaiblies significativement la Loi 101.

    Et pourquoi monsieur Grey a-t-il gagné ses causes ? Par la force de son raisonnement? Pas du tout. Il lui était impossible de ne pas gagner, parce que la charte sur laquelle il s'appuie est dans sa forme une porte de grange ouverte au maximum. Il lui aurait fallu simplement être malhabile pour ne pas gagner.

    Et maintenant après avoir fait des dégâts irréparables, il nous fait la leçon....

  • Benoît Gravel
    Inscrit
    jeudi 3 décembre 2009 10h50
    Le PQ vit une errance intellectuelle démontrée par M. Grey
    Le titre est une adaptation d'un article de M.Facal (J de Mtl 30 nov)
    et j'ajouterai le commentaire de M. Marissal lors de la dernière joute ''...qui a besoin de Viagra (la Langue Française par ex.) pour lever et surfer politiquement''
    M. Grey, qui n'est pas un bonhomme en passant, mais un respectable citoyen qui a tout à fait raison.
    Mme. Marois était présente à Laval la fin de semaine dernière lors de l'assemblée générale partisane de L-D-R. Quel fut son discours? La loi des valeurs québécoises, à laquelle je souscris, mais elle n'a nullement parlé de comment pratico pratique allons-nous gouverner et adresser notre présence au sein de la communauté des Amériques? En Français d'accord mais il ne faut pas oublier l'autre portion de l'équation planétaire qui est en Anglais,
    Quant au manque de service en Français (R. Martineau J de Mtl. Déc 01/02), si l'on se tient debout, on peut toujours sortir du commerce qui n'honore pas notre langue et/ou envoyer nos enfants ailleurs (garderie).
    Le poids de la langue Française ne doit pas nous faire perdre de vue que pour payer nos services on doive d'abord et avant tout être économiquement rentable...En ce qui me concerne, si je n'étais pas bilingue, je ne serais pas dans la locomotive technologique de mon domaine.
    Voilà pourquoi la 3ème option de M. Grey devrait nous guider plutôt que de resasser des arguments linguistiques qui ne font pas le poids dans l'échiquier mondial!

    Benoît Gravel
    Laval

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 3 décembre 2009 18h22
    Le présent et l'avenir
    Dans les faits, la minorité anglophone du Québec est sûrement parmi les plus choyées au monde, avec ses institutions d’enseignement, de santé et de médias surgonflées par rapport à la proportion de vrais anglophones au Québec.

    Quand la moitié des immigrants allophones au Québec se foutent du français et et optent pour l’anglais, et que d’autre part on augmente l’immigration à 55 000 par année, à mon avis on a plutôt raison de craindre qu’à moyen terme cela va créer des problèmes pour l’avenir du français au Québec. C’est une question de mathématiques et non d’opinion.

    Il est indéniable que l’une des causes du déclin du français à Montréal est l’immigration incontrôlée de personnes qui ne s’intègrent pas à la majorité francophone, mais qui s’intègrent à la minorité anglophone.

    La difficulté des immigrants à accepter une meilleure intégration au Québec francophone nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C’est aussi la situation dans plusieurs pays, où l’on sent une inquiétude face à la dilution de l'identité nationale suite à l'afflux d'immigrants plus ou moins intégrés.

    De plus, il existe au Québec un scandale systémique : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent autour de 25 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. On en est rendu au point où le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

    Quand finira-t-on de se tirer dans le pied?

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 3 décembre 2009 18h32
    La grenouille
    1.- Le déclin du français au Québec a deux causes majeures :
    a)- une immigration non contrôlée et non intégrée à la majorité
    b)- le laxisme du gouvernement et des francophones quant au respect et à la primauté du français.

    Il y a un parti au Québec qui s'accommode très bien de cela, le parti libéral, qui va chercher la majorité de son appui électoral chez les anglophones et les allophones anglicisés. C'est démocratique, mais c'est suicidaire pour le Québec français.

    La grenouille dans l'eau qui chauffe va-t-elle continuer à sommeiller dans la marmite jusqu'à ce qu'elle soit cuite?

    Mommy, Mommy, it's too late ???

    2.- Avant d'accepter les futurs immigrants ne connaissant pas le français, on devrait les informer qu'ils devraient apprendre le français dès leur arrivée au Québec en allant séjourner au moins trois mois dans une région francophone du Québec, i.e. en région, par exemple en Beauce, en Mauricie, au Lac St-Jean, etc., pour y suivre des cours de français et y être en immersion française dans des familles ou des centres communautaires.

    Cette mesure aurait de grands avantages :
    1.- franciser les immigrants
    2.- leur faire connaître la culture québécoise
    3.- revitaliser les régions par l'activité académique et économique résultante
    4.- faciliter l'établissement des immigrants dans des régions qui disent manquer de main d'oeuvre, contrairement à la région métropolitaine où une large part des immigrants sont sans emploi.

    Pour les immigrants déjà sur place et ne connaissant pas le français, on pourrait favoriser la même mesure.

  • André Hubert
    Abonné
    jeudi 3 décembre 2009 20h31
    Les sophismes de M.Grey
    Julius Grey renverse la réalité et le fardeau de la preuve: c'est le français qui est attaqué par l'arrêt de la Cour suprême, lui il se porte à la défense de l'anglais. C'est le français qui recule dans plusieurs domaines, mais c'est d'une prétendue bataille contre l'anglais qu'il faudrait se garder selon lui.
    M.Grey, sans apporter aucun fait à l'appui de son affirmation, décrète qu'"en réalité, il n'y aura probablement aucun effet" du jugement sur l'évolution de l'équilibre linguistique. Attendons l'avis de démographes sérieux.
    M.Grey fait partie de ceux pour qui le français n'est pas véritablement en danger. Mais s'il en est ainsi, pourquoi faudrait-il chambarder totalement le système d'enseignement actuel pour créer "un troisième système d'écoles" comme il le propose? En réalité, ce qui préoccupe vraiment M.Grey, c'est la vague possibilité que le droit à l'éducation en anglais ne devienne "comme une loterie"...Tiens donc, M.Grey aurait-il un accès d'insécurité identitaire? Il va faire de la peine à Bouchard et Taylor...
    M.Grey enfin pourra donner aux autres des leçons de social-démocratie quand il saura expliquer comment sa conception de la social-démocratie permet que les riches puissent acheter le droit à l'école anglaise comme l'autorise le jugement de la Cour suprême auquel il apporte sa caution.
    André Hubert
    Gatineau

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    vendredi 4 décembre 2009 08h52
    À M. St-Arnaud
    Votre idée est bonne, mais... Si les immigrants chôment à Montréal c'est à cause des pratiques protectionnistes des diverses corporation professionnelles, mais aussi à cause du racisme envers la nouvelle vague d'immigrants. La preuve preuve en a été faite, et diffusé sur nos télés, par un musulman qui a décidé d'envoyer son c. v. sous un nom... de souche. Il a alors reçu plusieurs appels pour des entrevues tandis que, précédemment, il n'en avait reçu aucun... Évidemment on prétextera toutes sortes de raisons idententaires pour justifier ce racisme, mais le problème c'est qu'on s'accroche à une identé vide de sens et de fondement pour survivre à notre dérive nationnale. En y irait-il autrement en région, ou la fibre catholique vibre toujours? Mais en région on accepte les saisonniers mexicains pour deux raisons: on en a besoin, et surtout ils retournent chez eux.

    M. Grey a raison en bonne partie, entre autre en ceci: il y a longtemps en effet que le P. Q, crampe à droite.

  • Robert Charette
    Inscrit
    vendredi 4 décembre 2009 15h06
    Les vraies raisons du déclin du français au Québec
    Extrait de l'article
    L'avenir fragile de la loi 101
    Le Devoir, 2 décembre 2009

    « Les principes de la démocratie libérale créent des limites au droit de la majorité de légiférer. Bien que le Québec se doive de protéger le français, tout n'est pas permis à cet égard. Annuler une partie de la loi 101 n'est pas signe d'hostilité envers cette loi plus que l'annulation d'un article du Code criminel ne manifeste de l'hostilité envers le Code. Au contraire, la loi 101 a été renforcée par les jugements qui ont éliminé les trois ou quatre dispositions excessives. Il est triste de voir une partie de la société québécoise répéter la propagande populiste qui provient du premier ministre Stephen Harper voulant que la majorité doive toujours avoir gain de cause. Si c'est le cas, pourquoi garder la Charte canadienne ou la Charte québécoise ? » Julius H. Grey - Avocat chez Grey Casgrain

    MA RÉACTION...

    Les vraies raisons du déclin du français au Québec

    La Constitution canadienne rapatriée en '82 reconnaît à la minorité anglophone de la province de Québec le même statut politique effectif (les mêmes droits et institutions dans cette province) que la majorité canadienne-anglaise dans le reste du Canada. L'administration du territoire provincial québécois ne peut donc en rien changer ce statut majoritaire de facto des Canadiens-anglais du Québec, lequel se trouve entériné par des lois parfaitement établies au niveau fédéral. Pourtant, cette même minorité y est régulièrement défendue par la Cour suprême au nom de la Charte canadienne qui a force de loi selon la Constitution en tant que sous-groupe fragile et spolié de ses droits, le Québec étant censé en l'occurrence se comporter comme un État qui abuserait de son pouvoir. N'est-ce pas ce que l'avocat Julius Grey lui-même a souvent laisser entendre dans de nombreuses causes, tout comme dans cet article-ci où il reproche une fois de plus à la loi 101 des «dispositions excessives» dans la protection de la langue française ?

    Or, bien au contraire, c'est la nation québécoise dont cette langue fut et demeure l'un des fondements essentiels de son identité - et non un pseudo-État québécois puisque ce concept n'y est concrètement qu'un projet d'autodétermination sinon un rêve -, qui dans la réalité nord-américaine incarne la minorité menacée. En effet, cette menace s'exerce non seulement au profit de la majorité canadienne-anglaise par sa domination effective qui voue les Canadiens-français à l'assimilation partout au Canada, mais encore par l'infime représentation linguistique de 2% des francophones dans une Amérique où la puissance des États-Unis confère à l'anglais une suprématie mondiale. Dans ce contexte nord-américain, le statut provincial de l'administration québécoise et son pouvoir de légiférer strictement à ce niveau ne peuvent évidemment rien changer aux rapports de force réels sous-jacents à l'hégémonie de la nation canadienne-anglaise dont bénéficie la minorité québécoise anglophone ! Tout ce que les Québécois qui s'identifient à la langue française peuvent tenter politiquement au nom de ce nationalisme identitaire parfaitement légitime, c'est d'éviter si possible leur disparition par l'assimilation en marche depuis la création de la Confédération canadienne. Et pour commencer, jeter un regard lucide sur leur situation réelle dans cette défense incertaine de leur identité nationale.

    Mal à propos tel que le suggère monsieur Grey, en quoi plutôt la Charte canadienne pourrait-elle bien être utile à la minorité québécoise du Canada, dans la mesure même où son statut provincial découle d'une Constitution qui la soumet inéluctablement à la volonté de la majorité canadienne-anglaise ? Car, il ne faudrait surtout pas oublier que le Canada se définie toujours officiellement comme une monarchie britannique dont l'autorité se prétend d'essence divine et qui, bien que devenue obsolète et pure symbole dans l'Angleterre elle-même, détermine en totalité le statut du Québec comme des autres provinces. Dans la réalité, derrière ce symbole farfelu, les décisions politiques fédérales se prennent conformément aux rapports de force immuables en présence que perpétue la Confédération et où les intérêts vitaux de la nation québécoise minoritaire qui est de plus en plus menacée dans son identité, sont littéralement niés depuis plus de cent ans. Quant aux décisions juridiques de la Cour suprême, elles s'y conforment d'autant mieux que la Charte canadienne effective sert de caution morale à la Constitution canadienne. Il n'y a donc rien d'étonnant au fait que celle-ci ait pu être rapatriée et imposée à la province de Québec sans son consentement comme nation autonome dans son rapport à la nation canadienne. Rien d'étonnant non plus suivant la logique que monsieur Grey reproche à Stephen Harper «voulant que la majorité doive toujours avoir gain de cause», que le gouvernement fédéral qui sanctionne ces rapports de force constitutionnels se donne bonne conscience de mettre sous tutelle la nation québécoise en la limitant dans son droit de légiférer sur les conditions mêmes de sa survie.

    Robert Charette, Montréal

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