Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Le Parti québécois passe en tête

C'est la première fois depuis septembre 2007 que le PQ est en avance de quelques points dans les intentions de vote.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot C'est la première fois depuis septembre 2007 que le PQ est en avance de quelques points dans les intentions de vote.

L'entêtement du gouvernement Charest à ne pas déclencher une enquête publique sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction commence à peser dans les intentions de vote, puisque le Parti québécois prend la tête pour la première fois en deux ans, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir.

De plus, le taux de satisfaction envers le gouvernement libéral est en chute libre, ayant perdu près de 10 points depuis juin dernier. Ainsi, 60 % des Québécois se disent insatisfaits du gouvernement Charest.

Selon Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, le «marasme» politique qui entoure le débat sur l'enquête publique est responsable de ce retournement de situation.

«Il y a une seule explication possible, et c'est le refus du gouvernement de déclencher cette enquête, dit M. Bourque. Il n'y a eu aucun autre événement politique d'envergure depuis le dernier sondage. Le gouvernement continue de parler d'enquêtes policières, alors que nos sondages montrent que 8 Québécois sur 10 estiment que c'est insuffisant et qu'il faut une enquête publique. On voit que ça commence à jouer dans les intentions de vote.»

Le Parti québécois (PQ) récolte 41 % des intentions de vote, contre 37 % pour le Parti libéral du Québec (PLQ). C'est la première fois depuis septembre 2007 que le PQ est en avance de quelques points dans les intentions de vote.

Chez les francophones, qui décident du sort de la grande majorité des circonscriptions au Québec, le PQ domine avec 47 % des voix, suivi du PLQ avec 29 %. «C'est la première fois qu'on peut dire que si des élections avaient eu lieu pendant la période du sondage, le PQ aurait formé un gouvernement majoritaire», explique Christian Bourque.

Le PQ, qui réclame sans relâche une enquête publique à l'Assemblée nationale, semble en phase avec les désirs de la population, ce qui lui profite, affirme M. Bourque.

À titre de comparaison, en septembre dernier, le PLQ était en avance avec 41 % des intentions de vote, suivi du PQ à 37 %. La situation s'est donc complètement inversée en moins de trois mois.

Satisfaction en baisse

Le taux de satisfaction envers le gouvernement subit lui aussi les contrecoups de la tempête politique qui s'abat sur le gouvernement. En juin, 43 % des électeurs se disaient satisfaits du gouvernement. Ils ne sont plus que 34 %, alors que 60 % sont insatisfaits. Les «très satisfaits» ne sont que 6 %, alors que les «très insatisfaits» sont 27 %.

«C'est une baisse significative, dit M. Bourque. Le gouvernement s'en tirait bien malgré la récession, mais là, on sent une grogne. Ça fait 60 jours que ce dossier est dans l'actualité. C'est énorme.»

Selon Léger Marketing, la crédibilité des libéraux en souffre. «Quand un gouvernement refuse ce que le peuple veut, les gens commencent à penser qu'il a peut-être quelque chose à cacher. On est rendus là», dit Christian Bourque.

Mince consolation pour les libéraux, Jean Charest est toujours perçu comme le meilleur premier ministre. Il récolte 29 % d'appuis, contre 26 % pour Pauline Marois. Amir Khadir, de Québec solidaire (8 %) et Guy Rainville, du Parti vert (1 %), suivent.

L'ADQ dans les limbes

Le départ de Gilles Taillon et l'arrivée de Gérard Deltell à la tête de l'Action démocratique du Québec (ADQ) n'ont pas changé l'opinion des citoyens. L'ADQ est toujours en difficulté, avec 8 % des intentions de vote. Québec solidaire et le Parti vert, tous les deux à 7 %, talonnent l'ancien parti de Mario Dumont.

Selon Christian Bourque, il faudra plus que l'arrivée de Gérard Deltell pour secouer les intentions de vote. «Visiblement, un nouveau chef, ce n'est pas assez, dit-il. L'ADQ devra mettre de nouvelles idées sur la table et revenir au centre du débat politique s'il veut redevenir le parti qu'il était. Pour l'instant, le patient est cliniquement mort.»

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1008 répondants entre le 23 et le 26 novembre. Le coup de sonde par Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

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La méthodologie

Ce sondage a été réalisé en ligne auprès de 1008 répondants entre le 23 et le 26 novembre. Le coup de sonde par Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

L'industrie du sondage a beaucoup évolué au cours des dernières années avec l'arrivée des sondages Internet. Au cours des dernières élections américaines, canadiennes et québécoises, la démonstration a été faite quant à la qualité et la précision des résultats des sondages Internet. À cet égard, Léger Marketing a développé le plus grand panel Internet aléatoire et probabiliste comptant plus de 300 000 personnes. L'utilisation de techniques de recrutement aléatoire éprouvées, combinée à un processus d'inscription rigoureux en trois étapes, assure le caractère hautement représentatif du panel. Chaque fois qu'ils participent à un sondage, les internautes doivent valider leur identité et leurs caractéristiques personnelles, protégées par un code secret leur garantissant l'anonymat, assurant ainsi des données fiables et mises à jour à chaque utilisation.

Les sondages en ligne sont réputés pour produire des résultats d'une grande qualité, notamment parce qu'ils sont plus attrayants, interactifs et visuels, et parce que le sondeur dispose d'une attention accrue de la part du répondant, qui peut lire les questions et prendre le temps d'y répondre au moment de son choix.

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Résultats du sondage Léger Marketing-Le Devoir
31 commentaires
  • Gilles Bousquet - Inscrit 30 novembre 2009 05 h 06

    Bon pour le moral péquiste mais...

    les élections ne sont prévues que dans 3 ou 4 ans, malheureusement pour le PQ mais heureusement pour les autres partis qui devront se faire faire un nouveau lifting de programme.

  • Andre Vallee - Abonné 30 novembre 2009 05 h 21

    Confiance

    Il y a deux raisons pour que les électeurs fassent confiance à Jean Charest: vivre dans le West Island ou avoir vécu dans la lune au cours des 30 dernières années. Le bras canadien l'a déposé en douce pour nous ”dénationaliser”, nous rendre moins fiers.

  • emeri - Inscrit 30 novembre 2009 05 h 36

    Ouf! Ça y est, les Québécois se dégèle

    Enfin, un sondage qui replace les choses telles qu'elles devaient être.
    Il est plus que temps que les Québécois comprennent que mettre ses oeufs
    dans le panier de Charest était la pire des choses à faire.
    Pour un, je dis YOUPPI, L'INDÉPENDANCE EST À NOS PORTES.
    Réjean Grenier.

  • Paul Lafrance - Inscrit 30 novembre 2009 06 h 42

    Le sondage

    Donnez une chance à l'ADQ de se redéfinir avec l'arrivée de M.Deltell et vous verrez que les votes libéraux perdus se retrouveront en grande partie à ce Parti renouvelé. Le prochain sondage devrait donner des résultats très différents. On sent déjà le vent tourner.
    Paul LaFrance
    Québec

  • Etienne Merven - Inscrit 30 novembre 2009 07 h 46

    On se calme...

    ... ce n'est qu'un sondage, donc un instantané à un moment bien précis.
    Charest a le temps de se refaire une santé et la Marois a également le temps de mettre les pieds dans le plat à plusieurs reprises.
    Ne tuons dons pas l'ours avant d'avoir vendu sa peau...