Frontières ouvertes aux professionnels de la santé
Le Québec et la France signent quatre Accords de reconnaissance mutuelle
Paris — Jean Charest croit que les conditions de travail des médecins québécois amèneront les Français exerçant cette profession à s'établir en grand nombre au Québec. Le premier ministre a assisté, hier à Paris, à la signature de quatre Arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) dans le domaine de la santé en compagnie de la ministre française de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot-Narquin. Outre les médecins, les pharmaciens, les dentistes et les sages-femmes ont signé un ARM. Les infirmières françaises et québécoises ont aussi déposé une lettre dans laquelle elles se sont engagées à en conclure un à leur tour avant l'été 2010.
Qualifiée de «première mondiale» par le premier ministre québécois — particulièrement passionné par ce dossier, qui s'inscrit dans son projet de «nouvel espace économique» —, les ARM permettent à un professionnel formé en France d'exercer sa profession au Québec, et vice-versa.
Dans l'entourage de Jean Charest, on n'hésitait pas à souligner que les salaires que reçoivent les médecins québécois ainsi que leurs conditions de travail en général, déterminés par la proximité des États-Unis et la rareté, vont être des facteurs d'attraction importants. Depuis 2004, le Québec attire plus de médecins qu'il en perd. Selon des données fournies par le bureau du premier ministre, en 2008, parmi les 260 médecins étrangers venus s'installer au Québec, le tiers provenait de l'Hexagone.
Dans son allocution, la ministre Bachelot a toutefois tenu à dire qu'aucun risque d'exode des professionnels de la santé ne menaçait vraiment la France: «La crainte parfois fantasmatique de certains de voir partir leurs professionnels de santé à l'étranger n'a pas lieu d'être, d'autant que la France et le Québec présentent des niveaux de vie sensiblement équivalents.»
De toute évidence, le Collège des médecins du Québec a surmonté ses appréhensions initiales à l'égard d'un tel accord. En janvier 2008, le président du CMQ, Yves Lamontagne, s'était, dans une entrevue accordée au Devoir, ouvertement inquiété des risques qu'un tel ARM faisait planer sur la «qualité des soins». Plusieurs médecins en France, avait-il fait remarquer, «viennent d'anciennes colonies [ou] ont eu leur diplôme dans les colonies et qui s'en sont allés dans la mère patrie après». Le risque était d'accueillir au Québec des gens possédant des diplômes «pas très forts», avait soutenu M. Lamontagne.
Des réserves
Ce dernier n'était pas à la cérémonie hier. C'est le vice-président du CMQ, Charles Bernard, qui le représentait. Il a justifié l'absence de M. Lamontagne par le fait que le mandat de celui-ci s'achevait (il prendra fin en septembre 2010). M. Bernard a souligné en caractères gras que l'ARM signé hier concerne les «médecins formés en France, qui travaillent en France et les médecins formés au Québec et travaillent au Québec», provenant de 29 spécialités. En somme, Union européenne ou pas, «un roumain qui est formé en Roumanie et qui travaille en France ne peut être touché par cette entente». De même, serait aussi exclu un médecin qui a reçu une formation à Ottawa, même s'il pratique à Gatineau. «Tant mieux si on enrichit notre profession, parce qu'on est en pénurie», a-t-il dit.
Un expert présent hier soulignait que l'application d'un tel accord n'est pas toujours facile. Le CMQ n'a effectué aucune étude pour estimer les «flux» de professionnels. «Vous me reposerez la question dans six mois», a répondu M. Bernard.
Enfin, l'objectif pour le gouvernement Charest est de souligner 100 signatures d'Arrangements de reconnaissance mutuelle lors de la prochaine visite alternée des premiers ministres français et québécois. C'est Jean Charest qui, le prochain, doit se rendre en France, à l'automne 2010.
Qualifiée de «première mondiale» par le premier ministre québécois — particulièrement passionné par ce dossier, qui s'inscrit dans son projet de «nouvel espace économique» —, les ARM permettent à un professionnel formé en France d'exercer sa profession au Québec, et vice-versa.
Dans l'entourage de Jean Charest, on n'hésitait pas à souligner que les salaires que reçoivent les médecins québécois ainsi que leurs conditions de travail en général, déterminés par la proximité des États-Unis et la rareté, vont être des facteurs d'attraction importants. Depuis 2004, le Québec attire plus de médecins qu'il en perd. Selon des données fournies par le bureau du premier ministre, en 2008, parmi les 260 médecins étrangers venus s'installer au Québec, le tiers provenait de l'Hexagone.
Dans son allocution, la ministre Bachelot a toutefois tenu à dire qu'aucun risque d'exode des professionnels de la santé ne menaçait vraiment la France: «La crainte parfois fantasmatique de certains de voir partir leurs professionnels de santé à l'étranger n'a pas lieu d'être, d'autant que la France et le Québec présentent des niveaux de vie sensiblement équivalents.»
De toute évidence, le Collège des médecins du Québec a surmonté ses appréhensions initiales à l'égard d'un tel accord. En janvier 2008, le président du CMQ, Yves Lamontagne, s'était, dans une entrevue accordée au Devoir, ouvertement inquiété des risques qu'un tel ARM faisait planer sur la «qualité des soins». Plusieurs médecins en France, avait-il fait remarquer, «viennent d'anciennes colonies [ou] ont eu leur diplôme dans les colonies et qui s'en sont allés dans la mère patrie après». Le risque était d'accueillir au Québec des gens possédant des diplômes «pas très forts», avait soutenu M. Lamontagne.
Des réserves
Ce dernier n'était pas à la cérémonie hier. C'est le vice-président du CMQ, Charles Bernard, qui le représentait. Il a justifié l'absence de M. Lamontagne par le fait que le mandat de celui-ci s'achevait (il prendra fin en septembre 2010). M. Bernard a souligné en caractères gras que l'ARM signé hier concerne les «médecins formés en France, qui travaillent en France et les médecins formés au Québec et travaillent au Québec», provenant de 29 spécialités. En somme, Union européenne ou pas, «un roumain qui est formé en Roumanie et qui travaille en France ne peut être touché par cette entente». De même, serait aussi exclu un médecin qui a reçu une formation à Ottawa, même s'il pratique à Gatineau. «Tant mieux si on enrichit notre profession, parce qu'on est en pénurie», a-t-il dit.
Un expert présent hier soulignait que l'application d'un tel accord n'est pas toujours facile. Le CMQ n'a effectué aucune étude pour estimer les «flux» de professionnels. «Vous me reposerez la question dans six mois», a répondu M. Bernard.
Enfin, l'objectif pour le gouvernement Charest est de souligner 100 signatures d'Arrangements de reconnaissance mutuelle lors de la prochaine visite alternée des premiers ministres français et québécois. C'est Jean Charest qui, le prochain, doit se rendre en France, à l'automne 2010.
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