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Bourses fédérales pour les étudiants - Québec paiera la note en attendant de s'entendre avec Ottawa

Robert Dutrisac   28 novembre 2009  Québec
Québec — Incapable de s'entendre avec Ottawa, le gouvernement Charest s'apprête à puiser dans ses propres goussets pour verser aux étudiants québécois une partie des sommes qui devaient provenir du programme fédéral de bourses. Mais c'est loin de satisfaire les associations étudiantes, qui s'attendaient à ce que le régime de bourses soit amélioré.

Interrogé à l'Assemblée nationale par le député de Drummond, Yves-François Blanchet, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'aide financière aux études, le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Claude Béchard, a indiqué qu'il en était «à négocier le retrait du gouvernement fédéral [pour] aller chercher l'argent sans condition». Or, l'entente sur le Programme canadien de bourses aux étudiants (PCBE), un programme qui remplace les Bourses du millénaire, prend fin le 5 janvier prochain et les négociations sont dans l'impasse. Le gouvernement québécois dédommagera toutefois les étudiants le temps d'arriver à une entente. «Nous ne les pénaliserons pas en attendant», a affirmé Claude Béchard.

Mais pour la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), ce n'est pas suffisant. En vertu de son programme actuel, le gouvernement fédéral verse 80 millions à Québec, dont 60 millions servent à financer les bourses aux étudiants. Or, Ottawa a haussé à 507 millions les sommes allouées à ce programme, ce qui représente 118 millions pour le Québec, selon les calculs de la FEUQ. Près de 60 millions de plus par an pourraient garnir le programme de bourses québécois, a fait valoir le président de la FEUQ, Jean Grégoire.

Des représentants de la FEUQ et de la FECQ étaient au Salon bleu, hier, pour la période de questions, s'attendant à ce que l'Assemblée nationale adopte une motion qui aurait exigé d'Ottawa qu'il verse au Québec les sommes en question. Mais libéraux et péquistes, qui ont chacun présenté une motion de leur cru, ne se sont pas entendus pour qu'elles soient votées.

Yves-François Blanchet a accusé le ministre de vouloir accepter moins que la part qui revient au Québec et signer un «deal à rabais». Claude Béchard s'en est défendu, signalant que le gouvernement péquiste avait signé une entente sur les Bourses du millénaire qui permettait au fédéral de s'ingérer dans une compétence exclusive du Québec.

Selon les données de la FEUQ, près de 90 000 étudiants des niveaux universitaire, collégial et secondaire professionnel touchent une bourse en plus du prêt maximum de 2400 $ par an. La moyenne de l'aide financière par étudiant s'élève à 5829 $, ce qui comprend le prêt de 2400 $, et à 7423 $ au premier cycle universitaire. Une hausse globale de 60 millions des bourses représenterait donc un montant de 670 $ par étudiant en moyenne.











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