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    Il faut faire reculer l'anglais, dit Marois

    L'inaction de Charest risque de «semer le désordre» à Montréal

    23 novembre 2009 |Antoine Robitaille | Québec
    En ne faisant «rien pour protéger le français», Jean Charest risque de «semer le désordre» à Montréal, a accusé Pauline Marois hier, au terme d'un colloque du Parti québécois. La tension monte, a soutenu la chef péquiste: «Il y a des gens qui deviennent de plus en plus choqués par la façon dont il traite le français à Montréal.» En «laissant les choses aller», le premier ministre prendrait un grand risque: «L'inertie et l'inaction, aussi, ça amène de l'opposition et de l'objection et les problèmes sociaux. Et actuellement, je crois que M. Charest envoie un très mauvais message aux Québécois et aux Québécoises», a-t-elle affirmé. À ses yeux, «il faut absolument faire reculer l'anglais à Montréal. Ça n'a plus de bon sens, c'est le français qui recule actuellement».

    La chef péquiste clôturait une fin de semaine de débats sur le «développement culturel» qui a notamment révélé une volonté, chez les quelque 400 militants péquistes présents, de préparer une «nouvelle loi 101» resserrée qui pourrait s'appliquer au niveau collégial et en partie aux centres de la petite enfance. Aucune décision n'a toutefois été prise et aucun vote formel n'a été tenu. Il s'agissait strictement d'un «colloque» fait d'échanges, visant à préparer le congrès qui doit avoir lieu en 2011, moment où le parti tranchera.

    Éviter une «guerre linguistique»

    Comme sa chef, le critique en matière de langue, Pierre Curzi, a soutenu que de «ne rien faire» en matière linguistique pourrait avoir des conséquences désastreuses. «Si on refuse d'adopter des mesures claires», on risque d'aboutir à «une guerre linguistique», a-t-il déclaré. Prêt à entendre les «objections sensées» de la part d'opposants, il dit souhaiter un débat: «Je suis prêt à ce dialogue-là [...] et je crois que quand on fait ça, on évite de retomber dans une guerre linguistique que personne ne souhaite.»

    Dans son discours de clôture, la chef péquiste avait à maintes reprises pourfendu «l'attitude tiède, timorée, [...] de frilosité et de peur du gouvernement Charest». Revenant sur la peur un peu plus tard, elle déclarait: «La peur d'affirmer nos valeurs, la peur de raconter notre histoire, la peur d'imposer la prédominance du français et la peur de prendre les moyens pour faire rayonner notre culture, ces peurs-là, on va les laisser aux libéraux!»

    Dans un atelier, samedi, un consensus s'est clairement dégagé parmi les quelque 200 participants sur la nécessité d'appliquer la loi 101 aux cégeps, ce qui aurait pour effet d'interdire aux allophones et aux francophones l'accès aux cégeps anglophones.

    Pauline Marois s'est toutefois gardée de prendre position sur le sujet hier, répondant qu'elle allait dans les prochaines semaines évaluer plusieurs mesures sur plusieurs fronts afin que «le français redevienne la langue commune publique» à Montréal. «Je ne veux pas rejeter aucune des propositions qui sont là, ni les prendre d'emblée [...]. Et je ferai mon lit, de même que l'exécutif, sur ces questions, soyez assurés de ça», a-t-elle déclaré sans préciser d'échéance.

    Outre la question des cégeps, Pauline Marois a réitéré l'importance de pouvoir travailler en français alors que «38 % des allophones» gagnent leur vie dans la langue de Shakespeare. La chef voudrait aussi que l'on enseigne mieux le français aux immigrants et que l'administration publique s'adresse davantage à eux dans la langue de Molière. Dans son discours, Mme Marois a aussi dit souhaiter «parler de "rayonnement" culturel et non pas simplement de protection ou de défense».

    Pour sa part, Pierre Curzi est d'accord avec l'application de la loi 101 au cégep, proposition ramenée sur le tapis par le Comité national des jeunes et l'ancien chef Bernard Landry. Le président de la commission politique, Daniel Turp, a aussi appuyé la mesure. Des élus, tels Louise Beaudoin et Camil Bouchard, ont dit être en train «d'évoluer» et pourraient bientôt appuyer publiquement cette proposition. Lorsqu'elle était ministre responsable de l'application de la loi 101 il y a quelques années, Louise Beaudoin s'était opposée à une suggestion du genre qualifiée alors de «radicale». Hier, elle a indiqué que les chiffres actuels n'ayant rien de rassurant, il fallait explorer des mesures «coercitives». Le «bouquet de mesures» appliquées par le gouvernement Landry après la Commission Larose n'a pas donné les résultats escomptés, a-t-elle convenu.

    Le PQ est «de retour»

    Au dire de Pauline Marois, le Parti québécois est «de retour». Invitée à préciser le sens de cette expression hier, la chef péquiste a soutenu que la formation politique était en train de «réordonner ses priorités», autrement dit qu'elle avait décidé de «commencer par l'identitaire», parce que c'est là selon elle la réponse la plus complète à la question «pourquoi faire la souveraineté?».

    Dans son discours, hier, elle a par exemple dénoncé «l'histoire que l'on enseigne en ce moment dans nos écoles» qui, à ses yeux, «renie notre parcours historique marqué par des luttes». Sur ce point, elle a admis avoir rejoint les Landry, Facal, Lisée et Rebello, qu'elle avait rabroués en janvier 2008 pour avoir signé une pétition contre «sa» réforme de l'éducation. Elle soutient aujourd'hui que le cours d'histoire a en effet été «détourné» et «fait fi des dates et des combats» du peuple québécois. Des militants ont aussi réclamé que l'on révise de «fond en comble» l'enseignement du français dans les écoles.












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