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    St-Pierre pourfend Marois

    23 novembre 2009 |Antoine Robitaille | Québec
    - Gérald Larose, lui, est d'accord avec la chef péquiste

    - Patrick Bourgeois en rajoute
    Pauline Marois pourrait contribuer à provoquer des actes regrettables en dénonçant comme elle l'a fait une «prétendue inaction» du gouvernement, alors que ce dernier est, au contraire, «dans l'action» à l'égard de la langue française, a soutenu Christine St-Pierre, hier. «Quand tu vas gratter ce qu'il y a de plus méchant chez les êtres humains, tu risques de les réveiller», a commenté la ministre de la Culture et responsable de l'application de la loi 101.

    Mme St-Pierre soutient que la chef de l'opposition a menti sur l'attitude du gouvernement à l'égard de la loi 101. «On a mis des sommes supplémentaires autant du côté de Mme James [Immigration], de Mme Courchesne [Éducation], du côté de l'Office», a-t-elle plaidé. La ministre affirme que le gouvernement a fait plusieurs gestes pour le français, notamment l'organisation d'un Rendez-vous des gens d'affaires, en octobre 2008. Mme Marois «n'a même pas jugé bon de venir», a déploré Christine St-Pierre. Une des conclusions de cette rencontre, tenue à Montréal, fut un rejet, de la part des patrons et des syndicats, de mesures coercitives pour les entreprises de 50 employés et moins.

    Au dire de Mme St-Pierre, le gouvernement «est en mode action, eux autres [les péquistes] sont en mode division». À preuve, dit-elle, le fait que le conseil national péquiste de la fin de semaine n'en était pas vraiment un puisqu'il n'a débouché sur aucune prise de décision. Jacques Parizeau et d'autres sont opposés à l'idée d'appliquer la loi 101 aux cégeps, rappelle-t-elle. «Ils cachent leur division», dit-elle avant de reprocher aux péquistes de n'avoir, lorsqu'ils étaient au pouvoir, rien fait de ce dont ils ont discuté en fin de semaine pour la langue française. «Ils ont jeté aux poubelles le rapport Larose!»

    Joint à Montréal, Gérald Larose, qui a présidé les États généraux de la langue française en 2001, refuse de conclure que son rapport a été ainsi traité. Il estime du reste, comme Pauline Marois, que si on laisse les choses aller à Montréal, «il se peut bien que des mobilisations montent en puissance. Bon, je ne sais pas si ce sera du désordre...». À ses yeux, «à Montréal ça glisse de plus en plus», et «les clivages sont de plus en plus importants». Une certaine arrogance revient: «Les gens se sentent tout à fait autorisés de fonctionner strictement en anglais. Et quand on ose leur faire remarquer, on nous traite de casse-pieds.»

    Bourgeois applaudit Marois

    Polémiste et fondateur du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), Patrick Bourgeois soutient que Pauline Marois «a raison de dire qu'un gouvernement du Québec qui n'agirait pas afin de renverser la tendance se comporterait de façon irresponsable». Cette inaction pourrait selon lui «très bien déboucher sur des troubles sociaux plus ou moins marginaux». Aucune guerre civile en vue, nuance M. Bourgeois, mais «des actions comme celle de la Brigade d'autodéfense du français, par exemple, pourraient être posées à nouveau». En 2000 un groupuscule nommé ainsi avait commis quelques attentats à Montréal auprès de commerces qui affichaient en anglais seulement. Le premier ministre péquiste Lucien Bouchard les avait fermement condamnés.

    M. Bourgeois dit que son RRQ tente de «canaliser la colère d'une frange importante des Québécois» et que, parmi eux, «il y a des personnes qui sont profondément éc¶urées par la situation du français au Québec». Cette colère s'est par exemple manifestée lors de la visite du prince Charles, illustre M. Bourgeois.

    Ce dernier accueille la position de Pauline Marois comme une «bonne nouvelle», car lorsque le PQ «se comporte correctement», les militants s'investissent énergiquement et «agiront de la bonne façon». Autrement dit, il n'y a pas que «l'inaction» de Charest qui pourrait donner vie à des «"turbulences" sociales. Si Pauline Marois avait décidé de ne rien faire, elle aussi en porterait la responsabilité. Heureusement, ce n'est pas le cas».

    À son sens, les politiciens doivent être très prudents ici, car «il n'y a pas un peuple qui se laisse mourir sans réagir fortement. Le peuple québécois ne fera pas exception à la règle».












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