St-Pierre pourfend Marois

Pauline Marois pourrait contribuer à provoquer des actes regrettables en dénonçant comme elle l'a fait une «prétendue inaction» du gouvernement, alors que ce dernier est, au contraire, «dans l'action» à l'égard de la langue française, a soutenu Christine St-Pierre, hier. «Quand tu vas gratter ce qu'il y a de plus méchant chez les êtres humains, tu risques de les réveiller», a commenté la ministre de la Culture et responsable de l'application de la loi 101.

Mme St-Pierre soutient que la chef de l'opposition a menti sur l'attitude du gouvernement à l'égard de la loi 101. «On a mis des sommes supplémentaires autant du côté de Mme James [Immigration], de Mme Courchesne [Éducation], du côté de l'Office», a-t-elle plaidé. La ministre affirme que le gouvernement a fait plusieurs gestes pour le français, notamment l'organisation d'un Rendez-vous des gens d'affaires, en octobre 2008. Mme Marois «n'a même pas jugé bon de venir», a déploré Christine St-Pierre. Une des conclusions de cette rencontre, tenue à Montréal, fut un rejet, de la part des patrons et des syndicats, de mesures coercitives pour les entreprises de 50 employés et moins.

Au dire de Mme St-Pierre, le gouvernement «est en mode action, eux autres [les péquistes] sont en mode division». À preuve, dit-elle, le fait que le conseil national péquiste de la fin de semaine n'en était pas vraiment un puisqu'il n'a débouché sur aucune prise de décision. Jacques Parizeau et d'autres sont opposés à l'idée d'appliquer la loi 101 aux cégeps, rappelle-t-elle. «Ils cachent leur division», dit-elle avant de reprocher aux péquistes de n'avoir, lorsqu'ils étaient au pouvoir, rien fait de ce dont ils ont discuté en fin de semaine pour la langue française. «Ils ont jeté aux poubelles le rapport Larose!»

Joint à Montréal, Gérald Larose, qui a présidé les États généraux de la langue française en 2001, refuse de conclure que son rapport a été ainsi traité. Il estime du reste, comme Pauline Marois, que si on laisse les choses aller à Montréal, «il se peut bien que des mobilisations montent en puissance. Bon, je ne sais pas si ce sera du désordre...». À ses yeux, «à Montréal ça glisse de plus en plus», et «les clivages sont de plus en plus importants». Une certaine arrogance revient: «Les gens se sentent tout à fait autorisés de fonctionner strictement en anglais. Et quand on ose leur faire remarquer, on nous traite de casse-pieds.»

Bourgeois applaudit Marois

Polémiste et fondateur du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), Patrick Bourgeois soutient que Pauline Marois «a raison de dire qu'un gouvernement du Québec qui n'agirait pas afin de renverser la tendance se comporterait de façon irresponsable». Cette inaction pourrait selon lui «très bien déboucher sur des troubles sociaux plus ou moins marginaux». Aucune guerre civile en vue, nuance M. Bourgeois, mais «des actions comme celle de la Brigade d'autodéfense du français, par exemple, pourraient être posées à nouveau». En 2000 un groupuscule nommé ainsi avait commis quelques attentats à Montréal auprès de commerces qui affichaient en anglais seulement. Le premier ministre péquiste Lucien Bouchard les avait fermement condamnés.

M. Bourgeois dit que son RRQ tente de «canaliser la colère d'une frange importante des Québécois» et que, parmi eux, «il y a des personnes qui sont profondément éc¶urées par la situation du français au Québec». Cette colère s'est par exemple manifestée lors de la visite du prince Charles, illustre M. Bourgeois.

Ce dernier accueille la position de Pauline Marois comme une «bonne nouvelle», car lorsque le PQ «se comporte correctement», les militants s'investissent énergiquement et «agiront de la bonne façon». Autrement dit, il n'y a pas que «l'inaction» de Charest qui pourrait donner vie à des «"turbulences" sociales. Si Pauline Marois avait décidé de ne rien faire, elle aussi en porterait la responsabilité. Heureusement, ce n'est pas le cas».

À son sens, les politiciens doivent être très prudents ici, car «il n'y a pas un peuple qui se laisse mourir sans réagir fortement. Le peuple québécois ne fera pas exception à la règle».
14 commentaires
  • Normand Carrier - Abonné 23 novembre 2009 06 h 16

    Depuis 2003 , le gouvernement de Jean Charest est en mode inaction......

    Rien , rien , absolument rien ne fut fait par le gouvernement de Jean Charest pour renforcer la loi 101 et prendre des mesures concretes pour renforcer le francais dans la région du grand Montréeal et éviter les reculs qui se sont produits depuis les cinq denières années si ce n'est une campagne de publicité timorée et insignifiante qui a passée inapercue !
    Tous les gestes posés par Yolande James , Christine Saint Pierre et Catherine Weil furent d'une vacuité et d'une totale inefficacité et il sera intéressant de voir les solutions que ces dames préparent pour rémédier au jugement de la cours supreme pour fermer les breches de la loi 104 . Nous pourrons alors vérifier le mode action de cette innéfable Christine Saint Pierre mais je suggère aux Québécois d'être très alerte pour éviter de se faire passer des vessis pour des lanternes comme ce gouvernement nous a habitué depuis 2003 .........
    Normand Carrier

  • Gilles Bousquet - Inscrit 23 novembre 2009 08 h 12

    Mme St-Pierre stressés

    Mme St-Pierre m'est apparue fort stressée à la télé pour expliquer que le PQ de Mme Marois ne sait pas ce qu'il veut au sujet de la langue française mais que le PLQ le sait très bien...rien.

    Probablement que Mme St-Pierre est prise avec des directives de M. Charest qui doivent aller vers le laisser-aller du français au Québec et spécialement à Montréal. On n'a pas besoin de le wèr pour le sawèr.

  • Claude Kamps - Inscrit 23 novembre 2009 08 h 30

    Quand on se fait élire sans opposition possible dans un comté anglophone libérale

    Quand on se fait élire sans opposition possible dans un comté anglophone libérale, Mme St Pierre, on a pas droit au chapitre de la langue.
    Tout comme St James, vous êtes pas a votre place si vous voulez défendre le Québec, depuis Bourassa le PLQ est devenu un parti qui pour se faire élire a du se plier aux volontés des anglophones du Québec.
    Vous faite beaucoup d'efforts , gaspillées toutes deux beaucoup de salive, mais concrètement votre parti ne fait pas un pet pour les francophones et favorise en grand l'anglicisation de Montréal.
    Et il n'y a pas rien que dans la langue!

    Regardez la différence entre l'hôpital anglais de 500.000 habitants et celui pour le reste de la région de la Métropole...qui a 4 millions représente les 2/3 du Québec...
    Un nouvel hôpital pour les anglophone dans un terrain vierge, avec le même budget qu'un hôpital battit sur les restes d'un vieux, qui sera démoli après et dont le parking sous terrain aura 23 étages sous la nappe phréatique du fleuve... Rien que les problèmes d'étanchéité et la démolition, couteront une fortune, qu'on ne pourra pas investir comme à l'autre dans des équipements nouveaux.... Et tout cela en PPP ... un autre Mirabel libéral.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 23 novembre 2009 09 h 07

    stressée et pas stressés

    Il s'est glissé un s à la place d'un e dans mon titre. Je comprends que Mme St-Pierre est stressée mais pas tant que ça.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 23 novembre 2009 09 h 57

    Ils sont marrants ces Libéraux

    Christine Saint-Pierre, Raymond Bachand et Jacques Dupuis s`occupent des intérêts primordiaux du Québec sur des questions intergouvernementales, budgétaires et de la langue française. Connaissons-nous quelles sont leurs plans d`attaque pour faire rayonner les objectifs du peuple francophone du Québec auprès du gouvernement fédéral et de la Cour suprême? Que se soit des montants dûs par le gouvernement fédéral sur l`harmonisation de la GST, la constitution ou la langue ils ont un désert d`idées et aucune insistance valable. Ces insignifiants nous gouvernent, forts en gueule pour se disculper et sans âme. Le peuple doit se réveiller sinon il périra avec une dette accrue de $100 milliards de 2003 à 2013 et le fédéral ne dira mot, une fois la tutelle mise en place. Les fauchetons se fojnt multiples dans ce gouvernement Charest dont les accros à l`éthique sont beaucoup trop famillier.