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Un Québec indépendant et laïque, en toute solidarité

Québec solidaire propose de laisser au peuple le choix de décider de son avenir

Stéphane Baillargeon   23 novembre 2009  Québec
Françoise David
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Françoise David
Oui à la souveraineté, mais c'est au peuple de décider. Oui à la laïcité, mais il faut encore débattre. Les militants de Québec solidaire réunis jusqu'à hier en congrès d'orientation ont décidé de ne pas s'enfermer dans «des solutions simples à des problèmes complexes» tout en continuant de s'en donner à coeur joie contre le Parti québécois.

Québec solidaire (QS) continue d'appuyer la souveraineté, mais propose de laisser le peuple décider de son option fondamentale au moyen d'une assemblée constituante. De même, les solidaires se prononcent pour un État québécois laïque, mais ils veulent poursuivre la réflexion sur la manière d'appliquer concrètement ce principe général.

Ces deux larges conclusions, autour de l'indépendance et de la laïcité, ressortent du premier congrès d'orientation de QS organisé ce week-end à Laval. Près de 300 membres de la jeune formation de gauche ont participé aux débats et aux votes.

Il s'agit du premier exercice du genre qui sera suivi par d'autres, pour finalement établir le programme complet du parti. Françoise David et Amir Khadir ont été à nouveau désignés comme porte-parole du parti.

Sitôt l'annonce de son élection confirmée, la direction bicéphale est tombée à bras raccourcis sur le Parti québécois qui tenait son conseil national en même temps, en fin de semaine, à Montréal. Les péquistes ont choisi de «hisser le drapeau de l'identité». La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a d'ailleurs l'intention de déposer cette semaine à l'Assemblée nationale un projet de loi affirmant que le Québec a le français comme langue commune, la laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes comme valeurs partagées.

Les solidaires défendent les mêmes idées, comme les libéraux d'ailleurs. Seulement, il y a la manière et tout le reste. Françoise David a notamment ridiculisé les appels du pied faits récemment par le PQ aux députés adéquistes démissionnaires.

«Québec solidaire va défendre ce qui lui tient à coeur: non pas un pays sans bon sens, mais une terre où fleurissent la justice, la paix, le respect de la nature, l'affirmation d'une culture unique et métissée, l'affirmation de la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes, l'inclusion, la solidarité entre les pays, a dit la porte-parole. Voilà le pays que j'aime, que nous aimons, que nous voulons, comme le disait Gilles Vigneault. Et non pas celui d'autres souverainistes, se prétendant sociaux-démocrates, mais qui s'empressent de chercher à recruter à droite toute, des gens qui sont très, très loin de la social-démocratie.»

Mme David a alors reçu sa plus longue et criante ovation. Elle a ajouté que le débat sur la francisation ne devait pas se faire sur le dos des immigrants.

Débats et réflexion

La position concernant l'indépendance (ou la souveraineté, la formation ne chipotant pas sur le thème) se veut une façon simple et originale de sortir la question nationale des mains des politiciens pour la redonner au peuple. L'assemblée constituante souhaitée serait formée d'une centaine de personnes élues qui débattraient entre elles pour finalement proposer une nouvelle voie constitutionnelle. Ce choix pourrait finalement s'avérer fédéraliste.

Le problème de la laïcité serait réglé un peu de la même manière, en faisant confiance aux débats populaires. Dans ce cas, les porte-parole ont souligné que si le peuple s'entend très largement sur le besoin d'instaurer un Québec laïque, les modalités concrètes d'application restent à définir. Québec solidaire réclame donc un débat public sur l'épineux sujet pour déterminer des «balises claires» concernant par exemple les signes religieux plus ou moins ostentatoires autorisés pour les fonctionnaires. Le sociologue Guy Rocher a lui aussi défendu l'idée de poursuivre la réflexion et le combat pour la laïcité en recevant hier à Montréal un prix du Mouvement laïque.

De même, Mme David a refusé de définir une position dans le débat sur la possible application de la loi 101 au niveau collégial. «Je pose que dans des débats aussi complexes, il vaut mieux ne pas prendre des positions précipitées, a-t-elle répondu à un journaliste. Il faut y réfléchir.»

Par contre, pour les porte-parole, il ne s'agit pas d'un défaut congénital de Québec solidaire qui repousserait toujours la prise de position à force de rechercher des consensus au sein de sa propre coalition arc-en-ciel comme dans la population. «Nous avions quelque chose comme 150 propositions concrètes dans notre programme électoral en 2008, a fait remarquer Mme David. Ainsi, nous affirmons sans ambages l'option du pays. Mais ce n'est pas QS qui va le faire tout seul. Nous proposons donc aux gens de s'exprimer. Sinon, on se déclare pour le pays, on se fait élire et on déclenche une campagne référendaire. Je m'excuse, mais ça n'a pas marché. On prend donc cette voie plus productive, plus longue, mais qui permet au peuple de faire son choix. C'est pareil pour la laïcité. Nous avons fait notre choix, mais nous voulons encore discuter. En somme, QS se méfie des solutions simples aux problèmes complexes.»
 
 
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  • Bernard Gervais - Abonné
    23 novembre 2009 08 h 46
    L'art de ne pas prendre position
    Que ce soit sur le statut du Québec, la laïcité de l'État ou la langue, les délégués de Québec solidaire préfèrent ne pas vraiment prendre position et s'en remettre à une assemblée constituante ( ? ) ou des débats publics (elle est bonne celle-là !) pour trancher ces questions.

    Et je gage qu'ils feraient la même chose pour la dette ou tout autre sujet délicat. Si ce n'est pas de la fuite en avant, je me demande bien ce que c'est !

    Franchement, François David et sa « gang » ne font rien pour qu'on les prenne au sérieux !
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  • Geoffroi - Abonné
    23 novembre 2009 08 h 58
    Gauche rêveuse
    «Québec solidaire va défendre ce qui lui tient à coeur: non pas un pays sans bon sens, mais une terre où fleurissent la justice, la paix, le respect de la nature, l'affirmation d'une culture unique et métissée, l'affirmation de la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes, l'inclusion, la solidarité entre les pays, a dit la porte-parole...»

    Rêver n'est pas vivre avec bon sens. Il y a les fleurs et le pot.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    23 novembre 2009 11 h 57
    Votre titre est trompeur
    QS n'est pas indépendantiste, il est pour qu'on discute du sujet. Évidemment, ce sujet n'a été qu'effleuré au cours des 40 ou 50 dernières années.
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  • Galarneau2 - Abonné
    23 novembre 2009 17 h 43
    M.Gervais parle à travers son chapeau
    Dans quelques semaines il sera possible de retrouver sur le site de Qs la vingtaine de positions qui ont été votées cette fin de semaine par 300 militant(e)s jeunes et moins jeunes. Des positions claires concernant le projet de pays, la réforme des institutions démocratiques et l'intégration des immigrants.
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    23 novembre 2009 21 h 18
    DÉCATHOLICISATION
    Si les Québécois avaient vraiment réussi à faire une véritable décatholicisation des affaires publiques avec la Révolution tranquille, nous aurions peut-être pu affronter plus sereinement cette question dite de "laicisation" (il faudrait peut-être dire "déconfessionnalisation" des affaires publiques, et donc des accommodements raisonnables....

    Le catholicisme a toujours été un poids pour la société civile et un obstacle réel au développement des potentialités québécoises.
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  • Sylvain Bérubé - Abonné
    24 novembre 2009 02 h 29
    Soyons clair
    Soyons clair: Québec solidaire est, et à toujours été depuis sa fondation, un parti souverainiste, écologiste, pour la justice sociale, féministe, altermondialiste, et pluraliste.

    Maintenant, comment y arriver à cette souveraineté? La question se pose depuis 40 ans, et n'a vraisemblablement pas trouvée de réponse satisfaisante. Québec solidaire joue d'audace et propose le chemin de l'assemblée constituante.

    Je vous réfère à cet article sur vigile.net pour en apprendre plus sur ce processus.

    http://www.vigile.net/La-Constituante-Nationale-de
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  • Sylvain Archambault - Inscrit
    24 novembre 2009 17 h 39
    Le rêve peut parfois être le premier vers la conscience
    Oui, parfois il faut rêve.
    Jadis des femmes rêvaient de sortir de la domination que leur imposaient l'État, l'Église et leur mari. Nombreuses sont celles qui vivent encore dans la misère dans notre société riche, mais elles peuvent présentement divorcées. Elles ont été reconnues et le droit au divorce, le droit de se séparer a posé les bases d'une union libre entre des personnes consentantes.
    Si nous prenons en compte les nations, le Canada a été construit par la conquête des peuples autochtones, par la victoire de l’Angleterre sur la France. Le gouvernement conservateur vient de reconnaître le Québec comme nation. Il faut mentionner qu’une reconnaissance sans droit associé laisse un grand vide. C’est à la hauteur de la capacité de ce parti. Il n’est même pas question du droit fondamentale d’une nation d’acquérir son indépendance si elle le désire. Comment un peuple peut-il croire à la volonté d’un gouvernement si celui-ci le maintien de force sous son contrôle?
    Dans la question des nations, il ne faut surtout pas oublier les autres nations qui composent le Canada. Elles sont nombreuses, acadiennes, toutes les nations autochtones et il y en a plus qu’une, etc…
    L’Union Européenne reconnaît les langues de toutes les nations qui intègrent sa composition. Les gouvernements d’ici, au Canada et au Québec reconnaissent-ils sur le même pied d’égalité les langues de peuples. Certaines ont droit de citer et d’autres ne sont même pas reconnues.
    Que certaines organisations veulent faire l’unité des peuples sur la base de la reconnaissance de ceux-ci, de la pleine égalité en droit, est peut-être un rêve. Mais le rêve est à la base des changements et ceux et celles qui souffrent parce que leurs droits sont niés, réclament une évolution de la société. C’est vrai qui d’autres jouissent de cette oppression, ils ou elles peuvent abusés du pouvoir qui leur sont dévolues.
    Pour certains, ils restent que le rêve, pour d’autres, ils et elles ont décidés d’en faire une réalité et de s’organiser. Il nous faut plus de rêveurs et de rêveuses qui veulent réaliser, un Québec, un Canada ou les peuples se respecteront mutuellement et ne seront pas soumis par le contrainte à l’assimilation aux nations dominantes. Rêvons et réalisons nos rêves.
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