Un Québec indépendant et laïque, en toute solidarité
Québec solidaire propose de laisser au peuple le choix de décider de son avenir
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Françoise David
Oui à la souveraineté, mais c'est au peuple de décider. Oui à la laïcité, mais il faut encore débattre. Les militants de Québec solidaire réunis jusqu'à hier en congrès d'orientation ont décidé de ne pas s'enfermer dans «des solutions simples à des problèmes complexes» tout en continuant de s'en donner à coeur joie contre le Parti québécois.
Québec solidaire (QS) continue d'appuyer la souveraineté, mais propose de laisser le peuple décider de son option fondamentale au moyen d'une assemblée constituante. De même, les solidaires se prononcent pour un État québécois laïque, mais ils veulent poursuivre la réflexion sur la manière d'appliquer concrètement ce principe général.
Ces deux larges conclusions, autour de l'indépendance et de la laïcité, ressortent du premier congrès d'orientation de QS organisé ce week-end à Laval. Près de 300 membres de la jeune formation de gauche ont participé aux débats et aux votes.
Il s'agit du premier exercice du genre qui sera suivi par d'autres, pour finalement établir le programme complet du parti. Françoise David et Amir Khadir ont été à nouveau désignés comme porte-parole du parti.
Sitôt l'annonce de son élection confirmée, la direction bicéphale est tombée à bras raccourcis sur le Parti québécois qui tenait son conseil national en même temps, en fin de semaine, à Montréal. Les péquistes ont choisi de «hisser le drapeau de l'identité». La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a d'ailleurs l'intention de déposer cette semaine à l'Assemblée nationale un projet de loi affirmant que le Québec a le français comme langue commune, la laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes comme valeurs partagées.
Les solidaires défendent les mêmes idées, comme les libéraux d'ailleurs. Seulement, il y a la manière et tout le reste. Françoise David a notamment ridiculisé les appels du pied faits récemment par le PQ aux députés adéquistes démissionnaires.
«Québec solidaire va défendre ce qui lui tient à coeur: non pas un pays sans bon sens, mais une terre où fleurissent la justice, la paix, le respect de la nature, l'affirmation d'une culture unique et métissée, l'affirmation de la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes, l'inclusion, la solidarité entre les pays, a dit la porte-parole. Voilà le pays que j'aime, que nous aimons, que nous voulons, comme le disait Gilles Vigneault. Et non pas celui d'autres souverainistes, se prétendant sociaux-démocrates, mais qui s'empressent de chercher à recruter à droite toute, des gens qui sont très, très loin de la social-démocratie.»
Mme David a alors reçu sa plus longue et criante ovation. Elle a ajouté que le débat sur la francisation ne devait pas se faire sur le dos des immigrants.
Débats et réflexion
La position concernant l'indépendance (ou la souveraineté, la formation ne chipotant pas sur le thème) se veut une façon simple et originale de sortir la question nationale des mains des politiciens pour la redonner au peuple. L'assemblée constituante souhaitée serait formée d'une centaine de personnes élues qui débattraient entre elles pour finalement proposer une nouvelle voie constitutionnelle. Ce choix pourrait finalement s'avérer fédéraliste.
Le problème de la laïcité serait réglé un peu de la même manière, en faisant confiance aux débats populaires. Dans ce cas, les porte-parole ont souligné que si le peuple s'entend très largement sur le besoin d'instaurer un Québec laïque, les modalités concrètes d'application restent à définir. Québec solidaire réclame donc un débat public sur l'épineux sujet pour déterminer des «balises claires» concernant par exemple les signes religieux plus ou moins ostentatoires autorisés pour les fonctionnaires. Le sociologue Guy Rocher a lui aussi défendu l'idée de poursuivre la réflexion et le combat pour la laïcité en recevant hier à Montréal un prix du Mouvement laïque.
De même, Mme David a refusé de définir une position dans le débat sur la possible application de la loi 101 au niveau collégial. «Je pose que dans des débats aussi complexes, il vaut mieux ne pas prendre des positions précipitées, a-t-elle répondu à un journaliste. Il faut y réfléchir.»
Par contre, pour les porte-parole, il ne s'agit pas d'un défaut congénital de Québec solidaire qui repousserait toujours la prise de position à force de rechercher des consensus au sein de sa propre coalition arc-en-ciel comme dans la population. «Nous avions quelque chose comme 150 propositions concrètes dans notre programme électoral en 2008, a fait remarquer Mme David. Ainsi, nous affirmons sans ambages l'option du pays. Mais ce n'est pas QS qui va le faire tout seul. Nous proposons donc aux gens de s'exprimer. Sinon, on se déclare pour le pays, on se fait élire et on déclenche une campagne référendaire. Je m'excuse, mais ça n'a pas marché. On prend donc cette voie plus productive, plus longue, mais qui permet au peuple de faire son choix. C'est pareil pour la laïcité. Nous avons fait notre choix, mais nous voulons encore discuter. En somme, QS se méfie des solutions simples aux problèmes complexes.»
Québec solidaire (QS) continue d'appuyer la souveraineté, mais propose de laisser le peuple décider de son option fondamentale au moyen d'une assemblée constituante. De même, les solidaires se prononcent pour un État québécois laïque, mais ils veulent poursuivre la réflexion sur la manière d'appliquer concrètement ce principe général.
Ces deux larges conclusions, autour de l'indépendance et de la laïcité, ressortent du premier congrès d'orientation de QS organisé ce week-end à Laval. Près de 300 membres de la jeune formation de gauche ont participé aux débats et aux votes.
Il s'agit du premier exercice du genre qui sera suivi par d'autres, pour finalement établir le programme complet du parti. Françoise David et Amir Khadir ont été à nouveau désignés comme porte-parole du parti.
Sitôt l'annonce de son élection confirmée, la direction bicéphale est tombée à bras raccourcis sur le Parti québécois qui tenait son conseil national en même temps, en fin de semaine, à Montréal. Les péquistes ont choisi de «hisser le drapeau de l'identité». La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a d'ailleurs l'intention de déposer cette semaine à l'Assemblée nationale un projet de loi affirmant que le Québec a le français comme langue commune, la laïcité et l'égalité entre les hommes et les femmes comme valeurs partagées.
Les solidaires défendent les mêmes idées, comme les libéraux d'ailleurs. Seulement, il y a la manière et tout le reste. Françoise David a notamment ridiculisé les appels du pied faits récemment par le PQ aux députés adéquistes démissionnaires.
«Québec solidaire va défendre ce qui lui tient à coeur: non pas un pays sans bon sens, mais une terre où fleurissent la justice, la paix, le respect de la nature, l'affirmation d'une culture unique et métissée, l'affirmation de la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes, l'inclusion, la solidarité entre les pays, a dit la porte-parole. Voilà le pays que j'aime, que nous aimons, que nous voulons, comme le disait Gilles Vigneault. Et non pas celui d'autres souverainistes, se prétendant sociaux-démocrates, mais qui s'empressent de chercher à recruter à droite toute, des gens qui sont très, très loin de la social-démocratie.»
Mme David a alors reçu sa plus longue et criante ovation. Elle a ajouté que le débat sur la francisation ne devait pas se faire sur le dos des immigrants.
Débats et réflexion
La position concernant l'indépendance (ou la souveraineté, la formation ne chipotant pas sur le thème) se veut une façon simple et originale de sortir la question nationale des mains des politiciens pour la redonner au peuple. L'assemblée constituante souhaitée serait formée d'une centaine de personnes élues qui débattraient entre elles pour finalement proposer une nouvelle voie constitutionnelle. Ce choix pourrait finalement s'avérer fédéraliste.
Le problème de la laïcité serait réglé un peu de la même manière, en faisant confiance aux débats populaires. Dans ce cas, les porte-parole ont souligné que si le peuple s'entend très largement sur le besoin d'instaurer un Québec laïque, les modalités concrètes d'application restent à définir. Québec solidaire réclame donc un débat public sur l'épineux sujet pour déterminer des «balises claires» concernant par exemple les signes religieux plus ou moins ostentatoires autorisés pour les fonctionnaires. Le sociologue Guy Rocher a lui aussi défendu l'idée de poursuivre la réflexion et le combat pour la laïcité en recevant hier à Montréal un prix du Mouvement laïque.
De même, Mme David a refusé de définir une position dans le débat sur la possible application de la loi 101 au niveau collégial. «Je pose que dans des débats aussi complexes, il vaut mieux ne pas prendre des positions précipitées, a-t-elle répondu à un journaliste. Il faut y réfléchir.»
Par contre, pour les porte-parole, il ne s'agit pas d'un défaut congénital de Québec solidaire qui repousserait toujours la prise de position à force de rechercher des consensus au sein de sa propre coalition arc-en-ciel comme dans la population. «Nous avions quelque chose comme 150 propositions concrètes dans notre programme électoral en 2008, a fait remarquer Mme David. Ainsi, nous affirmons sans ambages l'option du pays. Mais ce n'est pas QS qui va le faire tout seul. Nous proposons donc aux gens de s'exprimer. Sinon, on se déclare pour le pays, on se fait élire et on déclenche une campagne référendaire. Je m'excuse, mais ça n'a pas marché. On prend donc cette voie plus productive, plus longue, mais qui permet au peuple de faire son choix. C'est pareil pour la laïcité. Nous avons fait notre choix, mais nous voulons encore discuter. En somme, QS se méfie des solutions simples aux problèmes complexes.»
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