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La loi 101 doit être appliquée au cégep, réclament les militants péquistes

Antoine Robitaille   22 novembre 2009 11h52  Québec
Pauline Marois (photo d'archive)
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pauline Marois (photo d'archive)
Montréal — La loi 101 devrait s’appliquer dans les cégeps du Québec. C’est la position qu’une majorité de militants du Parti québécois ont appuyée, lors du colloque que la formation politique tient à Montréal en fin de semaine.


Le thème en est le «développement culturel» et a révélé, d’une part, la grande inquiétude du PQ à l’égard de la situation du français à Montréal ; et, d’autre part, sa volonté de mettre l’accent sur les questions identitaires, entre autres en déposant de nouveau dès la semaine qui vient un projet de loi sur l’identité.

La présidente du parti, hier matin, Jonathan Valois, a tenté d’illustrer l’inquiétude lancinante des péquistes à l’égard du français, en ces termes : «Des fois, ça nous énerve quand je ne suis pas capable de m’acheter un baguel en français. Ça m’énerve. Et ça fait partie du quotidien des Montréalais.»

«Juteuse question»

Les autorités du parti redoutaient la «juteuse» et «passionnelle» question — comme l’a qualifiée le député Pierre Curzi, responsable de la thématique — de l’application de la loi 101 au cégep. Elle a déjà déchiré la formation dans le passé, notamment lors de l’adoption du dernier programme, au Congrès de 2005. Mais ce samedi, il n’y eut que quelques interventions très nuancées en opposition à cette mesure, lors de l’atelier consacré à cet «enjeu».

Les militants n’ont toutefois pas entériné la mesure formellement, même si le Comité national des jeunes a demandé qu’un vote soit pris sur la question, ce qui leur a été refusé par le président d’assemblée. Il faut savoir que l’exercice de la fin de semaine demeure un colloque. «On n’est pas là pour décider quoi que ce soit », disait la députée Louise Beaudoin, jeudi, lors d’un entretien avec Le Devoir à propos du colloque (aussi qualifié de conseil national dans les papiers officiels). «On veut discuter, réfléchir, entendre : il n’y aura pas en sortant de là de prise de position», a-t-on insisté au parti. Le colloque est le premier d’une série de trois qui préparent le XVIe congrès de la formation politique, prévu pour 2011.

Lors de l’atelier intitulé «le renforcement de la langue française au Québec et à Montréal», Pierre Curzi a d’emblée affiché ses couleurs au sujet de l’application de la loi 101 au niveau collégial. «Je penche vers cette solution-là », a-t-il dit en soulignant que son comité avait fait des études sur la question et exploré une foule de solutions. «Il semble bien qu’on ait le choix entre ne rien faire ou appliquer la loi 101 au cégep», a-t-il résumé. Il a écarté la mesure proposée par l’ancien conseiller des Parizeau et Bouchard, Jean-François Lisée, soit d’unifier le réseau collégial et d’y donner 75% des cours en français et 25% en anglais. «Ça ne semble pas vraiment correspondre à tout ce qu’on souhaite», a tranché M. Curzi. Aucun des intervenants n’a d’ailleurs appuyé cette proposition.

Le président de la commission politique, Daniel Turp, s’est aussi montré favorable à une telle option qu’il a décrite comme «optimale» en ajoutant «c’est là où on est rendus». L’ancien député de Mercier en a profité pour dresser un portrait inquiet de la situation du français à la faculté de droit de l’Université de Montréal, où il est retourné enseigner après un intermède de près de six ans. «Je vis l’attraction de l’anglais», a-t-il témoigné. Le nombre d’étudiants lui demandant la permission de faire les examens en anglais a explosé, a-t-il soutenu, comme les conversations en anglais, même entre étudiants francophones, dans les couloirs.
Au reste, le nouveau président du Comité national des jeunes (CNJ) du PQ, Alexandre Thériault-Marois, a rappelé que c’est le CNJ, avec le Mouvement Québec français, SPQ-Libre et Bernard Landry, qui avaient tenu à «relancer ce débat». M. Thériault-Marois a rappelé que sur cette question, l’ancien premier ministre avait changé d’idée puisque lorsqu’il était au pouvoir, il avait rejeté cette solution. «Le fruit est mûr actuellement. On n’a plus le choix, les chiffres parlent d’eux-mêmes», a dit M. Thériault-Marois, résumant la position de M. Landry. Le président du CNJ a soutenu que 50% des allophones fréquentent les cégeps anglais. Par conséquent, «une grande partie de ceux-là qui vont ensuite travailler en anglais et utiliser l’anglais à la maison». De plus, à son sens, le moment est propice pour adopter une telle mesure autrefois qualifiée de «radicale» : «On n’a plus non plus un référendum imminent.» Autrement dit, les souverainistes ont moins de clientèles à effaroucher. «C’est un choix difficile. Mais c’est un choix qui est à faire», a-t-il insisté. D’autres péquistes qui ont refusé cette solution dans le passé, comme Camil Bouchard et Louise Beaudoin, ont admis aujourd’hui être prêts à s’y ranger.

Partisan de l’application de la loi 101 au cégep, le syndicaliste Marc Laviolette a expliqué qu’à son sens, il était temps d’adapter la loi 101 à son époque. Lorsqu’elle a été adoptée, en 1977, les niveaux d’enseignements nécessaires à l’obtention d’un emploi étaient principalement le primaire et le secondaire. «En 2009, ce n’est pas suffisant», a expliqué le vice-président du club politique péquiste SPQ-libre. Or, lorsqu’un jeune fréquente le cégep anglais dans le secteur professionnel ou général, les conséquences seraient risquées : «Si t’apprends ta technique en anglais, ce n’est pas vrai que tu vas travailler en français. Si [tu fréquentes le secteur] général en anglais, c’est pas vrai que tu vas aller à l’université francophone après. Tu vas continuer au niveau anglophone.»

Projet de loi sur l’identité

Qu’en pense Pauline Marois? Pour l'instant, on l’ignore. Elle s’y était opposée dans le passé, mais a soutenu cette semaine que des «électrochocs» étaient nécessaires pour relancer la défense de la langue française. Elle a même appuyé l’idée d’étendre l’application de la Loi 101 aux Centres de la petite enfance (CPE). Après son discours de clôture, qui commencera à 11 h dimanche, un point de presse devrait avoir lieu où elle pourrait préciser sa position.
Chose certaine, elle a signifié aujourd’hui vouloir remettre l’accent sur les questions identitaires.

Son parti déposera un projet de loi la semaine prochaine à l’Assemblée nationale pour forcer Jean Charest à se commettre sur ces questions. Le texte s’apparentera à l’autre projet de loi, sur l’identité, déposé en 2007. Comme à l’époque, a annoncé la chef péquiste, il «réaffirmera que nous sommes attachés à la laïcité de l’État, à l’égalité entre les hommes et les femmes et à la prédominance du français! Une loi qui s’assurera que cet état de fait soit connu de tous et qu’il soit respecté!» La laïcité serait toutefois interprétée en fonction du respect du patrimoine historique québécois. Autrement dit, la croix pourrait demeurer sur le Mont-Royal et le crucifix, au Salon bleu. «Les accommodements, quand ils sont déraisonnables, ils doivent être interdits et c’est l’État qui doit tracer la ligne», a-t-elle aussi déclaré. Selon Pauline Marois, il faut que le PQ défende les valeurs québécoises, «parce que personne ne le fera à notre place. Surtout pas Jean Charest».

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  • Andre Gignac
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 12h20
    La loi 101 doit être appliquée au cegep...
    Enfin du positif! Mais j'y croirai seulement lorsque le projet de loi sera
    passé à l'Assemblée Nationale. Je me suis toujours méfié des
    promesses de politiciens; souvenez-vous du projet Plan Nord de
    frisé Charest!
    André Gignac le 22-11-09

  • Broc
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 12h47
    Votre situation vue par un suisse!
    Ayant récemment visité votre magnifique pays, j'ai effectivement été déçu par la situation du français à Montréal! En fait, je ne suis pas trop surpris! Dans le monde entier, les anglophones ne parlent qu'anglais et ne peuvent pas comprendre que l'on veuille s'exprimer dans une autre langue! Leur arrogance envers les francophones notamment est insupportable! Avant mon voyage je pensais qu'un Québec au sein du Canada était un renfort pour le français et la francophonie! Maintenant, je pense plutôt que c'est une menace! Qu'ainsi il vous sera difficile à le défendre face à l'absence de respect et d'intérêt anglophone! Face à leurs désirs hégémoniques mondiaux!
    Chez nous en Suisse c'est bien différent, chaque région respecte les autres et essaie d'étudier les différentes langues (français, allemand et italien). Et surtout, si un citoyen déménage dans une autre région, il parlera leur langue et non la sienne!
    Sincères amitiés de Suisse!
    Broc

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    dimanche 22 novembre 2009 13h44
    La quadrature du Parti Libéral du Québec

    Comment voulez vous que le Parti Libéral du Québec et son chef Jean Charest soient pour des mesures susceptibles de conserver le caractère français du Québec quand la majorité de son électorat est issu des communautés anglo-allophones?

    D’un autre coté, avec tous les scandales qui ne cessent de poindre concernant les collusions-corruptions du gouvernement avec des entreprises privés et l’absence jusqu’ici d’une commission d’enquête publique libre et indépendante, comment comprendre que les députés libéraux du Québec encore intègres restent encore accoler au PLQ sachant qu’ils auront une très faible chance d’être réélu aux prochaines élections?

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 22 novembre 2009 15h15
    Un scandale systémique et récurrent
    Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.


    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.


    Le temps presse. Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois.

    Va-t-on pour une fois s'interroger sur le degré de subvention des universités et des cégeps anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec? Trois universités anglophones pour quel pourcentage de vrais anglophones?

    À quand une Commission d'enquête sur cette situation absurde?

    Ce n’est sûrement pas M. Charest qui va la mettre sur pied, lui qui reçoit l’appui quasi unanime (sinon rhodésien) des anglophones et des allophones anglicisés.

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 22 novembre 2009 16h41
    Une autre apparition à la Cour suprême des anglos
    Imposer la scolarité collégiale en français conduira à une autre bataille juridique aboutissant finalement à la Cour suprême des Anglos, qui déclarera injuste une telle loi envers leurs amis du Québec. Et les Québécois concluront à niveau, occupés à leurs petits loisirs, tant pis ! Ainsi meurent les peuples.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • INFINIBLEUE
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 18h40
    QUAND VERRONS-NOUS AHMADINEJAD INVITÉ AU CONSEIL DU PQ
    On se croirait en Iran.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 18h46
    Les valeurs québécoises
    Arrêtez de nous casser les oreilles avec les valeurs québécoises. Nos valeurs sont à peu de choses près des valeurs canadiennes et américaines ainsi qu'à celles de tous les pays occidentaux.
    Paul LaFrance
    Québec

  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 18h54
    A quand les fleurs de lys bleus
    Avec de tel mesures totalitaires, à quand le port du lys bleus obligatoire?. Merci M. Trudeau pour notre charte des droits et libertés blindée qui nous protège de tel assaut sur nos liberté induviduel. L'intolérance a un parti et c'esl le Pcul et La Marois


    Avec une tel politique nous seront tous des incompétant linguistique comme la Marois et la Harel....... parce qu'eux ont ét.é trop ignorant, pas assez intelligent ou justetrop stupide te je penche pour la dernière, ils cherche le nivellement par le bas.... uniliguisme exclusif français.

    I promisse my self to never speak french to a séparatiste anymore..

  • André_Côté
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 18h55
    L'outil de notre culture
    Ce qui me frappe le plus, c'est de voir comment, aujourd'hui, on reconnait que la diversité biologique constitue une richesse mondiale. On mobilise les gens pour protéger une grenouille ou un petit poisson menacé...
    Comment expliquer qu'il soit si difficile de convaincre les mêmes personnes de l'importance de la diversité culturelle? Le français au Québec, ce n'est pas seulement une langue qu'on parle entre voisins, mais un outil indispensable à l'expression de notre culture.
    Alors, si la diversité culturelle est aussi importante que la diversité biologique, pourquoi sommes-nous si hésitants, si frileux à poser les gestes nécessaires, non seulement à sa survie mais à son respect et à sa promotion?

  • Godefroy
    Abonné
    dimanche 22 novembre 2009 20h07
    Langue et nation
    L'usage du français est une question fondamentale. Libéraux, péquistes et adéquistes doivent s'entendre. Autrement, à quoi ça sert une nation ! Réveillez-vous élus, faites votre devoir svp.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    dimanche 22 novembre 2009 20h11
    Loi désuète
    Appliquer la Loi 101, à partir du primaire jusqu`à la fin du Cégep pour toutes les écoles subventionnées ou non, serait porteur d`un message clair. Aucun accès d`école passerelle possible. De plus la Loi 104 perderait sa raison d`être et les contraintes de la Cour suprême rendues caduques.

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