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Marois étendrait la loi 101 aux CPE

La Presse canadienne   20 novembre 2009  Québec
Québec — Les immigrants devront faire garder leurs enfants en français, sous un gouvernement du Parti québécois (PQ).


La place du français s'est détériorée à un point tel à Montréal, selon la chef du parti, Pauline Marois, qu'il faut prendre les grands moyens et donner quelques «électrochocs», y compris d'étendre l'application de la loi 101 aux Centres de la petite enfance (CPE).

«Je serais favorable à ça», a-t-elle déclaré lors d'une entrevue à la Presse canadienne en marge de la tenue, ce week-end à Montréal, d'un colloque du parti portant sur la langue, l'immigration et la question identitaire.

Mme Marois s'est montrée très préoccupée par la situation, particulièrement en ce qui a trait à l'intégration des immigrants à la majorité francophone.

«Si on ne fait rien, on approche le point de non-retour», craint la chef péquiste, accusant le gouvernement Charest de demeurer les bras croisés, pendant que la situation du français ne cesse d'empirer dans la plus grande ville du Québec.

D'où l'importance de multiplier les gestes forts, dont l'imposition du français aux enfants d'immigrants dès le berceau, et pas seulement au primaire et au secondaire comme c'est le cas depuis une trentaine d'années.


Libre-choix

Actuellement, c'est le libre-choix total qui prévaut dans les services de garde, qui sont considérés comme une extension du milieu familial.

Financés en grande partie par les fonds publics, les CPE n'ont aucune balise à respecter en matière de langue.

Mais désormais, «on devrait plus aller vers le fait d'appliquer la loi 101 dans les Centres de la petite enfance», croit celle qui prône une radicalisation des positions du PQ sur la langue s'il forme le prochain gouvernement.

L'entrevue avec la chef du PQ a eu lieu à l'occasion du premier de trois colloques thématiques (développement culturel, économique et social) organisés par le parti en prévision du 16e congrès du parti, en 2011, au cours duquel le prochain programme électoral sera adopté.

Le premier de ces colloques invitera les membres du PQ à faire une large place au renforcement de la loi 101, en mettant l'accent sur une francisation plus poussée des immigrants, comme en témoigne le document de réflexion produit par le parti pour alimenter les discussions des militants.

Curieusement, malgré l'intérêt démontré par Mme Marois sur cette question, le document demeure muet quant à l'importance d'offrir un environnement francophone aux enfants d'immigrants de zéro à cinq ans qui fréquentent un service de garde.

Le programme du parti est tout aussi muet sur cette question.

Mais l'idée a fait son chemin dans le caucus des députés péquistes et fera l'objet de discussions ce week-end, assure Mme Marois, qui a procédé à la création du réseau des services de garde éducatifs à contribution réduite (à 5 $ par jour) il y a une douzaine d'années.
 
 
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