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Les suites du rapport du vérificateur général - Foire d'empoigne au Salon bleu

Claude Béchard laisse planer des doutes sur l'éthique du mari de Pauline Marois; la chef péquiste réclame à nouveau la démission des ministres Boulet et MacMillan

La Presse canadienne   20 novembre 2009  Québec
Pauline Marois a accusé les libéraux de tenter de faire diversion.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pauline Marois a accusé les libéraux de tenter de faire diversion.
Le dépôt du rapport du vérificateur général, mercredi, a fait grand bruit. Et ce bruit, loin de s'atténuer, s'est répercuté à l'Assemblée nationale hier, alors que le PQ et le PLQ ont croisé le fer avec une rare virulence.

Québec — Au lendemain d'un rapport du vérificateur général révélant des irrégularités dans l'octroi de contrats publics au ministère des Transports, le gouvernement a torpillé la période des questions, hier, en accusant la chef péquiste Pauline Marois d'être en conflit d'intérêts.

Au milieu d'échanges marqués par les insultes et les man¶uvres d'obstruction, la ministre des Transports, Julie Boulet, a tout de même réussi à annoncer qu'un rapport sur un cas de collusion a été transmis au ministère de la Sécurité publique, plus de quatre ans après sa rédaction.

«Tous les documents relatifs à l'affaire de 2004 ont été transmis, ce matin [hier], au ministère de la Sécurité publique, a-t-elle dit. Et le message, c'est que dorénavant, s'il y a de tels dossiers qui sont problématiques, j'ai dit au sous-ministre que je tenais à être informée du transfert de documents à la Sécurité publique.»

Mercredi, le vérificateur général Renaud Lachance s'était étonné que ce document, rédigé en 2004, n'avait jamais été soumis aux autorités compétentes. Cette révélation avait fait bondir l'opposition officielle, qui avait réclamé une commission d'enquête ainsi que la démission de Mme Boulet et de son ministre délégué Norman MacMillan.

Mme Boulet a soutenu hier que le sous-ministre des Transports de l'époque, Florent Gagné, avait jugé les preuves insuffisantes pour informer la police ou les ministres responsables des conclusions du rapport, révélant un cas de collusion dans l'octroi de contrats de déneigement.

«M. Gagné a pris la décision en 2004 de ne pas transférer les documents, et il n'a pas informé en aucun temps ni le cabinet, ni le ministre de l'époque», a-t-elle dit en Chambre.

Mme Boulet a laissé entendre que M. Gagné avait l'expertise pour prendre une telle décision puisqu'il a été directeur général de la Sûreté du Québec et sous-ministre de la Sécurité publique.

Le leader adjoint du gouvernement, Claude Béchard, a de son côté sonné la charge contre Mme Marois, qui a de nouveau réclamé une enquête publique ainsi que la tête des deux ministres responsables des Transports.

M. Béchard a sommé la chef péquiste de démissionner le temps qu'une enquête policière fasse la lumière sur les actions d'entreprises que son mari, Claude Blanchet, a détenues alors qu'il était président d'une société d'État, la Société générale de financement (SGF), de 1997 à 2003.

«Pendant sa présidence, il a détenu des titres de compagnies importantes qui brassaient des millions de dollars en collaboration avec les ministères du gouvernement et des sociétés comme la Caisse de dépôt et Hydro-Québec», a-t-il dit.

Mme Marois, qui était ministre du gouvernement québécois durant cette période, s'est défendue en affirmant que tout cela avait été indiqué dans sa déclaration d'intérêts.

«Les tentatives de diversion du gouvernement ne m'atteignent pas, a-t-elle dit. Dans mon cas, tout était public depuis 10 ans. Je n'avais rien et je n'ai rien à cacher. Mais qu'est-ce qu'a à cacher le premier ministre pour refuser la tenue d'une enquête publique dans le domaine de la construction?»

Lors d'un point de presse qui a suivi, M. Béchard a nié que les libéraux tentaient ainsi de faire diversion. «Mme Marois, qui vit dans une grande maison de verre, ne peut pas d'un côté nous accuser et demander des démissions et, elle, ne pas s'attendre à ce qu'il y ait des questions qui se posent aussi sur son conjoint qui était président de la SGF», a-t-il dit.

Selon Le Soleil, alors qu'elle était ministre, Mme Marois s'est conformée aux règles en divulguant ses actifs et ceux de son mari.

En 2001 et en 2002, alors que son épouse était ministre des Finances et vice-première ministre, M. Blanchet détenait des actions d'entreprises, dont Alcan, qui transigeait avec la SGF.

En 2002, la société d'État a notamment vendu à l'aluminerie canadienne, depuis rachetée par le géant Rio Tinto, une participation de 20 % dans l'aluminerie Alouette, en contrepartie d'une somme de 264 millions de dollars. Durant cette période, la SGF et le gouvernement se sont aussi associés à des projets d'Alcan.

Le bureau de Mme Marois a indiqué que les conjoints des ministres ne sont pas obligés de placer leurs actifs dans des fiducies sans droit de regard, contrairement aux membres du conseil exécutif.

M. Blanchet se serait aussi conformé au code d'éthique de la SGF stipulant que ses dirigeants ne peuvent posséder qu'une participation marginale dans le capital-actions d'entreprises transigeant avec la société d'État.

Selon le PQ, M. Blanchet n'a jamais possédé plus de 1000 titres d'Alcan sur les 210 millions en circulation à cette époque.


La Presse canadienne
 
 
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  • Normand Carrier
    Abonné
    vendredi 20 novembre 2009 07h01
    Diversion planifiée par le P.L.Q. !
    Madame Marois et son parti ne doivent se laisser distraire par cette diversion des libéraux qui se retrouvent dans le gros trouble avec le rapport de vérificateur sur le ministère des ctransports et les PPP ! Madame Marois a demandé a de multiples reprises cette commission d'enquête qui permetrait de nettoyer les écuries et d'éliminer cette magouille et cette collusion qui gravitent tant a Québec que dans les municipalités et elle a réitéré que si Jean Charest veut étendre l'enquête sur Claude Blanchet , grand bien lui fasse , l'important pour les contribuables payeurs de taxes est d'arrêter cette hémorragie de dépenses frauduleuses .....
    DE QUOI JEAN CHAREST A PEUR POUR TOUT FAIRE POUR ÉVITER CETTE COMMISSION D'ENQUÊTE QUI EST LE SEUL MOYEN POUR ALLER AU FOND DU SYSTÈME DE COLLUSION ET ÉLIMINER LES MAGOUILLES .....
    Normand Carrier

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 20 novembre 2009 08h05
    "Menteur, épais, ferme ta gueule, gros colon de la Gatineau", toutes ces réponses sont bonnes!
    Ces commentaires élogieux n'ont pas été tirés d'une cour d'école sur l'heure du dîner des élèves, mais bien de notre illustre Assemblée Nationale. On sent la fin d'un régime plus que corrompu. Le Québec commence à s'ennuyer de ceux et celles qui avaient "nettoyé la maison" en 1976. C'était l'oeuvre de M. René Lévesque, premier ministre d'alors, une espèce rare que l'on voit surgir une fois par siècle, et qui suit habituellement, les années de corruption et de délinquance gouvernementale, comme on peut le constater actuellement, dans toutes les administrations publiques.

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    vendredi 20 novembre 2009 14h38
    C'en est rendu pathétique
    Après avoir vainement tenté de se cacher derrière toutes les femmes du Québec, le Parti Libéral refait ce qu'il sait faire le mieux, y aller de diversions outrées sur des allégations de plus en plus lointaines. Si vraiment Monsieur Charest veut jouer à ça, on peut remonter jusqu'au temps où il était ministre conservateur et son mémorable appel au juge en pleine cour pour l'influencer...
    Une vague accusation ici et là ne devrait pas faire oublier la multitude de scandales qui nous préoccupent, parce que les réponses qu'on exige, on les veut maintenant, sur des problèmes qui ont lieu MAINTENANT. Et oui, pour avoir suivi quelques fois les débats à l'assemblée nationale, pour avoir pu constater à quel point ce gouvernement s'ingénie à détourner les questions avec la mauvaise fois la plus évidente, je peux comprendre qu'à bout de patience, on ait envie de lui crier "ta gueule!".

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