Les suites du rapport du vérificateur général - Foire d'empoigne au Salon bleu
Claude Béchard laisse planer des doutes sur l'éthique du mari de Pauline Marois; la chef péquiste réclame à nouveau la démission des ministres Boulet et MacMillan
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Pauline Marois a accusé les libéraux de tenter de faire diversion.
Le dépôt du rapport du vérificateur général, mercredi, a fait grand bruit. Et ce bruit, loin de s'atténuer, s'est répercuté à l'Assemblée nationale hier, alors que le PQ et le PLQ ont croisé le fer avec une rare virulence.
Québec — Au lendemain d'un rapport du vérificateur général révélant des irrégularités dans l'octroi de contrats publics au ministère des Transports, le gouvernement a torpillé la période des questions, hier, en accusant la chef péquiste Pauline Marois d'être en conflit d'intérêts.
Au milieu d'échanges marqués par les insultes et les man¶uvres d'obstruction, la ministre des Transports, Julie Boulet, a tout de même réussi à annoncer qu'un rapport sur un cas de collusion a été transmis au ministère de la Sécurité publique, plus de quatre ans après sa rédaction.
«Tous les documents relatifs à l'affaire de 2004 ont été transmis, ce matin [hier], au ministère de la Sécurité publique, a-t-elle dit. Et le message, c'est que dorénavant, s'il y a de tels dossiers qui sont problématiques, j'ai dit au sous-ministre que je tenais à être informée du transfert de documents à la Sécurité publique.»
Mercredi, le vérificateur général Renaud Lachance s'était étonné que ce document, rédigé en 2004, n'avait jamais été soumis aux autorités compétentes. Cette révélation avait fait bondir l'opposition officielle, qui avait réclamé une commission d'enquête ainsi que la démission de Mme Boulet et de son ministre délégué Norman MacMillan.
Mme Boulet a soutenu hier que le sous-ministre des Transports de l'époque, Florent Gagné, avait jugé les preuves insuffisantes pour informer la police ou les ministres responsables des conclusions du rapport, révélant un cas de collusion dans l'octroi de contrats de déneigement.
«M. Gagné a pris la décision en 2004 de ne pas transférer les documents, et il n'a pas informé en aucun temps ni le cabinet, ni le ministre de l'époque», a-t-elle dit en Chambre.
Mme Boulet a laissé entendre que M. Gagné avait l'expertise pour prendre une telle décision puisqu'il a été directeur général de la Sûreté du Québec et sous-ministre de la Sécurité publique.
Le leader adjoint du gouvernement, Claude Béchard, a de son côté sonné la charge contre Mme Marois, qui a de nouveau réclamé une enquête publique ainsi que la tête des deux ministres responsables des Transports.
M. Béchard a sommé la chef péquiste de démissionner le temps qu'une enquête policière fasse la lumière sur les actions d'entreprises que son mari, Claude Blanchet, a détenues alors qu'il était président d'une société d'État, la Société générale de financement (SGF), de 1997 à 2003.
«Pendant sa présidence, il a détenu des titres de compagnies importantes qui brassaient des millions de dollars en collaboration avec les ministères du gouvernement et des sociétés comme la Caisse de dépôt et Hydro-Québec», a-t-il dit.
Mme Marois, qui était ministre du gouvernement québécois durant cette période, s'est défendue en affirmant que tout cela avait été indiqué dans sa déclaration d'intérêts.
«Les tentatives de diversion du gouvernement ne m'atteignent pas, a-t-elle dit. Dans mon cas, tout était public depuis 10 ans. Je n'avais rien et je n'ai rien à cacher. Mais qu'est-ce qu'a à cacher le premier ministre pour refuser la tenue d'une enquête publique dans le domaine de la construction?»
Lors d'un point de presse qui a suivi, M. Béchard a nié que les libéraux tentaient ainsi de faire diversion. «Mme Marois, qui vit dans une grande maison de verre, ne peut pas d'un côté nous accuser et demander des démissions et, elle, ne pas s'attendre à ce qu'il y ait des questions qui se posent aussi sur son conjoint qui était président de la SGF», a-t-il dit.
Selon Le Soleil, alors qu'elle était ministre, Mme Marois s'est conformée aux règles en divulguant ses actifs et ceux de son mari.
En 2001 et en 2002, alors que son épouse était ministre des Finances et vice-première ministre, M. Blanchet détenait des actions d'entreprises, dont Alcan, qui transigeait avec la SGF.
En 2002, la société d'État a notamment vendu à l'aluminerie canadienne, depuis rachetée par le géant Rio Tinto, une participation de 20 % dans l'aluminerie Alouette, en contrepartie d'une somme de 264 millions de dollars. Durant cette période, la SGF et le gouvernement se sont aussi associés à des projets d'Alcan.
Le bureau de Mme Marois a indiqué que les conjoints des ministres ne sont pas obligés de placer leurs actifs dans des fiducies sans droit de regard, contrairement aux membres du conseil exécutif.
M. Blanchet se serait aussi conformé au code d'éthique de la SGF stipulant que ses dirigeants ne peuvent posséder qu'une participation marginale dans le capital-actions d'entreprises transigeant avec la société d'État.
Selon le PQ, M. Blanchet n'a jamais possédé plus de 1000 titres d'Alcan sur les 210 millions en circulation à cette époque.
La Presse canadienne
Québec — Au lendemain d'un rapport du vérificateur général révélant des irrégularités dans l'octroi de contrats publics au ministère des Transports, le gouvernement a torpillé la période des questions, hier, en accusant la chef péquiste Pauline Marois d'être en conflit d'intérêts.
Au milieu d'échanges marqués par les insultes et les man¶uvres d'obstruction, la ministre des Transports, Julie Boulet, a tout de même réussi à annoncer qu'un rapport sur un cas de collusion a été transmis au ministère de la Sécurité publique, plus de quatre ans après sa rédaction.
«Tous les documents relatifs à l'affaire de 2004 ont été transmis, ce matin [hier], au ministère de la Sécurité publique, a-t-elle dit. Et le message, c'est que dorénavant, s'il y a de tels dossiers qui sont problématiques, j'ai dit au sous-ministre que je tenais à être informée du transfert de documents à la Sécurité publique.»
Mercredi, le vérificateur général Renaud Lachance s'était étonné que ce document, rédigé en 2004, n'avait jamais été soumis aux autorités compétentes. Cette révélation avait fait bondir l'opposition officielle, qui avait réclamé une commission d'enquête ainsi que la démission de Mme Boulet et de son ministre délégué Norman MacMillan.
Mme Boulet a soutenu hier que le sous-ministre des Transports de l'époque, Florent Gagné, avait jugé les preuves insuffisantes pour informer la police ou les ministres responsables des conclusions du rapport, révélant un cas de collusion dans l'octroi de contrats de déneigement.
«M. Gagné a pris la décision en 2004 de ne pas transférer les documents, et il n'a pas informé en aucun temps ni le cabinet, ni le ministre de l'époque», a-t-elle dit en Chambre.
Mme Boulet a laissé entendre que M. Gagné avait l'expertise pour prendre une telle décision puisqu'il a été directeur général de la Sûreté du Québec et sous-ministre de la Sécurité publique.
Le leader adjoint du gouvernement, Claude Béchard, a de son côté sonné la charge contre Mme Marois, qui a de nouveau réclamé une enquête publique ainsi que la tête des deux ministres responsables des Transports.
M. Béchard a sommé la chef péquiste de démissionner le temps qu'une enquête policière fasse la lumière sur les actions d'entreprises que son mari, Claude Blanchet, a détenues alors qu'il était président d'une société d'État, la Société générale de financement (SGF), de 1997 à 2003.
«Pendant sa présidence, il a détenu des titres de compagnies importantes qui brassaient des millions de dollars en collaboration avec les ministères du gouvernement et des sociétés comme la Caisse de dépôt et Hydro-Québec», a-t-il dit.
Mme Marois, qui était ministre du gouvernement québécois durant cette période, s'est défendue en affirmant que tout cela avait été indiqué dans sa déclaration d'intérêts.
«Les tentatives de diversion du gouvernement ne m'atteignent pas, a-t-elle dit. Dans mon cas, tout était public depuis 10 ans. Je n'avais rien et je n'ai rien à cacher. Mais qu'est-ce qu'a à cacher le premier ministre pour refuser la tenue d'une enquête publique dans le domaine de la construction?»
Lors d'un point de presse qui a suivi, M. Béchard a nié que les libéraux tentaient ainsi de faire diversion. «Mme Marois, qui vit dans une grande maison de verre, ne peut pas d'un côté nous accuser et demander des démissions et, elle, ne pas s'attendre à ce qu'il y ait des questions qui se posent aussi sur son conjoint qui était président de la SGF», a-t-il dit.
Selon Le Soleil, alors qu'elle était ministre, Mme Marois s'est conformée aux règles en divulguant ses actifs et ceux de son mari.
En 2001 et en 2002, alors que son épouse était ministre des Finances et vice-première ministre, M. Blanchet détenait des actions d'entreprises, dont Alcan, qui transigeait avec la SGF.
En 2002, la société d'État a notamment vendu à l'aluminerie canadienne, depuis rachetée par le géant Rio Tinto, une participation de 20 % dans l'aluminerie Alouette, en contrepartie d'une somme de 264 millions de dollars. Durant cette période, la SGF et le gouvernement se sont aussi associés à des projets d'Alcan.
Le bureau de Mme Marois a indiqué que les conjoints des ministres ne sont pas obligés de placer leurs actifs dans des fiducies sans droit de regard, contrairement aux membres du conseil exécutif.
M. Blanchet se serait aussi conformé au code d'éthique de la SGF stipulant que ses dirigeants ne peuvent posséder qu'une participation marginale dans le capital-actions d'entreprises transigeant avec la société d'État.
Selon le PQ, M. Blanchet n'a jamais possédé plus de 1000 titres d'Alcan sur les 210 millions en circulation à cette époque.
La Presse canadienne
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