Taillon parti, Deltell sera nommé
La direction de l'ADQ se réunit ce soir pour organiser le couronnement
Photo : Yan Doublet - Le Devoir
Gérard Deltell
Si Gilles Taillon collabore, l'Action démocratique du Québec aura un nouveau chef d'ici quelques jours: Gérard Deltell. La direction du parti se réunit ce soir pour arrêter les règles qui assureront une succession rapide pour en finir avec la crise qui secoue l'ADQ.
Québec — À moins que Gilles Taillon se braque, l'Action démocratique du Québec aura un nouveau chef d'ici quelques jours en la personne de Gérard Deltell. Il semble bien que le chef actuel, qui s'est gardé d'apparaître en public hier, lâchera prise pour céder sa place.
C'est en soirée aujourd'hui que le conseil exécutif du parti se réunit à Montréal pour décider des moyens légaux à prendre pour se débarrasser rapidement de Gilles Taillon et désigner le nouveau chef, Gérard Deltell. Il est clair qu'une lettre de démission signée par M. Taillon et effective immédiatement faciliterait les choses sur le plan juridique.
Son fidèle lieutenant, François Bonnardel, reconnaissait hier qu'il était temps que Gilles Taillon parte pour être remplacé «dans 24 heures ou dans deux, trois jours». Sur ce point, il existe une belle unanimité au sein du caucus de l'ADQ, qui s'est réuni hier. Le député de Shefford, qui a été coprésident de la campagne de Gilles Taillon, est du même avis que la députée de Lotbinière, Sylvie Roy, et le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin.
«M. Taillon n'est pas aveugle», a fait valoir François Bonnardel. Il est conscient de la situation, a soutenu le député, le seul membre du caucus à avoir parlé récemment à M. Taillon. C'est pourquoi il a demandé au conseiller juridique du parti, Me Marc-André Gravel, de formuler des recommandations pour la suite des choses. «C'est un signe important de sa part», estime M. Bonnardel.
Si M. Taillon présentait sa lettre de démission aujourd'hui, «il pourrait tourner la page et s'occuper de sa santé. Et ce serait bien pour tout le monde», a dit Sylvie Roy. Avec sa mince majorité de deux voix, Gilles Taillon était «condamné d'avance», estime-t-elle.
Janvier Grondin, qui a appuyé Gilles Taillon à la toute fin de la course à la direction à défaut de pouvoir compter sur Gérard Deltell, a dit souhaiter le départ immédiat du chef. «Rendu là, c'est mieux que ça se fasse rapidement et qu'on passe à une autre étape», a-t-il dit.
Les trois députés n'avaient que des bons mots pour celui qu'ils voient désormais comme leur prochain chef. «M. Deltell est un leader, a soutenu François Bonnardel. Il a une capacité de rassembler autour de lui, et c'est un bon communicateur et un bon tribun.»
L'objet de toute cette attention, Gérard Deltell, a répété qu'il revenait au conseil exécutif de décider. Mais il se voit déjà chef. «J'ai toujours dit que j'étais intéressé», a-t-il avancé, mettant de côté ses réserves habituelles. Il sait déjà ce qu'il va faire en premier quand il sera chef: rassembler les troupes. «La première mission d'un chef, c'est de rassembler les gens avec un objectif précis», a-t-il dit.
Nul besoin d'une course, ni même d'un vote des membres dans un congrès pour couronner Gérard Deltell, estime Sylvie Roy. «S'il n'y a qu'un seul candidat, il n'y aura pas d'élection; il sera élu par acclamation, a fait observer la députée, qui est avocate. Le parti n'a pas les moyens financiers, la santé émotive pour se payer une autre course à la chefferie.»
Bref, ce n'est plus qu'une question de formalités avant que l'on nomme le successeur de M. Taillon. Ce sont toutefois des détails qui ont leur importance puisqu'ils relèvent des statuts du parti; tout doit se faire dans les règles, a-t-on insisté hier. Ainsi, on ne peut remplacer le chef de l'ADQ que s'il meurt en fonction, s'il devient inapte ou s'il démissionne. On le voit: ce serait plus simple si Gilles Taillon offrait sa démission. On s'y attend, d'ailleurs. Mais en raison du caractère imprévisible et vindicatif qu'on lui prête, des doutes agaçants subsistent encore dans les esprits.
Québec — À moins que Gilles Taillon se braque, l'Action démocratique du Québec aura un nouveau chef d'ici quelques jours en la personne de Gérard Deltell. Il semble bien que le chef actuel, qui s'est gardé d'apparaître en public hier, lâchera prise pour céder sa place.
C'est en soirée aujourd'hui que le conseil exécutif du parti se réunit à Montréal pour décider des moyens légaux à prendre pour se débarrasser rapidement de Gilles Taillon et désigner le nouveau chef, Gérard Deltell. Il est clair qu'une lettre de démission signée par M. Taillon et effective immédiatement faciliterait les choses sur le plan juridique.
Son fidèle lieutenant, François Bonnardel, reconnaissait hier qu'il était temps que Gilles Taillon parte pour être remplacé «dans 24 heures ou dans deux, trois jours». Sur ce point, il existe une belle unanimité au sein du caucus de l'ADQ, qui s'est réuni hier. Le député de Shefford, qui a été coprésident de la campagne de Gilles Taillon, est du même avis que la députée de Lotbinière, Sylvie Roy, et le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin.
«M. Taillon n'est pas aveugle», a fait valoir François Bonnardel. Il est conscient de la situation, a soutenu le député, le seul membre du caucus à avoir parlé récemment à M. Taillon. C'est pourquoi il a demandé au conseiller juridique du parti, Me Marc-André Gravel, de formuler des recommandations pour la suite des choses. «C'est un signe important de sa part», estime M. Bonnardel.
Si M. Taillon présentait sa lettre de démission aujourd'hui, «il pourrait tourner la page et s'occuper de sa santé. Et ce serait bien pour tout le monde», a dit Sylvie Roy. Avec sa mince majorité de deux voix, Gilles Taillon était «condamné d'avance», estime-t-elle.
Janvier Grondin, qui a appuyé Gilles Taillon à la toute fin de la course à la direction à défaut de pouvoir compter sur Gérard Deltell, a dit souhaiter le départ immédiat du chef. «Rendu là, c'est mieux que ça se fasse rapidement et qu'on passe à une autre étape», a-t-il dit.
Les trois députés n'avaient que des bons mots pour celui qu'ils voient désormais comme leur prochain chef. «M. Deltell est un leader, a soutenu François Bonnardel. Il a une capacité de rassembler autour de lui, et c'est un bon communicateur et un bon tribun.»
L'objet de toute cette attention, Gérard Deltell, a répété qu'il revenait au conseil exécutif de décider. Mais il se voit déjà chef. «J'ai toujours dit que j'étais intéressé», a-t-il avancé, mettant de côté ses réserves habituelles. Il sait déjà ce qu'il va faire en premier quand il sera chef: rassembler les troupes. «La première mission d'un chef, c'est de rassembler les gens avec un objectif précis», a-t-il dit.
Nul besoin d'une course, ni même d'un vote des membres dans un congrès pour couronner Gérard Deltell, estime Sylvie Roy. «S'il n'y a qu'un seul candidat, il n'y aura pas d'élection; il sera élu par acclamation, a fait observer la députée, qui est avocate. Le parti n'a pas les moyens financiers, la santé émotive pour se payer une autre course à la chefferie.»
Bref, ce n'est plus qu'une question de formalités avant que l'on nomme le successeur de M. Taillon. Ce sont toutefois des détails qui ont leur importance puisqu'ils relèvent des statuts du parti; tout doit se faire dans les règles, a-t-on insisté hier. Ainsi, on ne peut remplacer le chef de l'ADQ que s'il meurt en fonction, s'il devient inapte ou s'il démissionne. On le voit: ce serait plus simple si Gilles Taillon offrait sa démission. On s'y attend, d'ailleurs. Mais en raison du caractère imprévisible et vindicatif qu'on lui prête, des doutes agaçants subsistent encore dans les esprits.
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