Berthier - Un vent de changement bien palpable
En vue des élections partielles qui auront lieu le lundi 15 juin, nous vous présentons chaque jour, d'ici mercredi prochain, un état de la situation dans les quatre circonscriptions québécoises de Berthier, Joliette, Vimont et Lac-Saint-Jean. Aujourd'hui, nous sommes dans Berthier, le comté laissé sans représentation par la démission du ministre Gilles Baril et où la candidate de l'ADQ, Monique Grégoire, fait une chaude lutte au ministre David Levine.
Le vent du fleuve souffle fort à Berthierville et à Lanoraie dans la circonscription de Berthier. David Levine l'a senti très vite en mettant les pieds dans l'ancien bastion de Gilles Baril. Les agriculteurs lui ont fait remarquer dès le départ que les fermes québécoises modernes étaient en fait des PME avec des chiffres d'affaires parfois impressionnants.
Élève doué, le ministre délégué à la Santé apprend vite. Il a donc plongé dans les dossiers locaux et régionaux tête première et parle aujourd'hui aussi facilement des puits situés en terres agricoles que du séchage du tabac. M. Levine est tombé amoureux de Berthier, mais s'agit-il d'un sentiment partagé?
«J'ai un bon feeling. Quand on se parle, le courant passe», dit le candidat du Parti québécois, qui abat présentement des journées de 12 heures de travail. Il dit constater que la «seule manière de gagner» reste le contact personnel avec les électeurs. «Je travaille sur les indécis. Je pense qu'ils sont en train de revenir à leurs racines, mais j'ai toujours peur du manque de temps.»
La campagne dans Berthier est d'ailleurs marquée par ces rencontres de groupe ou lors du porte-à-porte. Les trois candidats croient que les poignées de main aux électeurs seront déterminantes lors du vote le 17 juin.
«C'est une lutte à trois, croit la candidate libérale, Carole Majeau. On travaille tous sur le terrain, mais je suis optimiste. Notre plan de match est d'accélérer le rythme jusqu'à la fin avec encore plus de porte-à-porte.»
Elle mise donc sur sa personnalité pour marquer des points jusqu'au 17 juin. Elle y croit. Âgée de seulement 33 ans, Mme Majeau a déjà travaillé comme camionneur avant d'acquérir un camping et de devenir mairesse de Saint-Gabriel-de-Brandon. «Berthier est un comté orphelin en raison d'un ministre absent. Il a été délaissé et moi je suis très accessible. Les gens le voient; ils le savent.»
Fille de la place
La candidate-vedette de l'ADQ, Marie Grégoire, est aussi une «fille de la place», même si elle réside à L'Assomption depuis quelques années. Elle constate aussi un désir de changement au sein de l'électorat, un vent favorisant clairement l'ADQ dans les intentions de vote depuis le 15 avril et la victoire de François Corriveau dans Saguenay.
«L'intérêt pour l'ADQ ne se dément pas, dit-elle. Sans rien prendre pour acquis, l'opinion des gens ne change pas. La campagne de peur de nos adversaires fait en sorte que les gens posent plus de questions, mais c'est très sain. Je n'ai rien contre ça. Les gens réfléchissent et approfondissent leur adhésion.»
M. Levine est un homme intelligent, reconnaît-elle facilement, mais «il travaille avec le bilan du PQ. Il a beau dire qu'il est nouveau, on ne fait pas du neuf avec du vieux».
«La Grégoire», comme certains l'appellent, n'a pas froid aux yeux. Elle est prête à combattre le ministre délégué à la Santé sur son propre terrain. Au sujet de la pénurie des médecins, par exemple, elle souligne que le problème est davantage administratif.
«On serait capables d'arriver à de meilleurs résultats avec le nombre de médecins actuel. C'est un problème de concentration dans certaines régions.»
David Levine réplique que «l'ADQ, c'est rien d'autre que le changement, on sait pas trop pourquoi. C'est juste changer, mais quand on explique le programme adéquiste, on s'aperçoit que les valeurs ne sont pas les mêmes que celles des gens.»
Bureaucratie
En fait, le ministre délégué à la Santé pense que les électeurs n'en ont pas autant contre le gouvernement que contre la bureaucratie et l'appareil gouvernemental. «Ils ne votent pas contre le PQ, soutient-il, nos valeurs, nos politiques et notre vision, mais contre un appareil gouvernemental qui n'est pas assez aidant, contre des règles et des normes.»
Le manque de flexibilité de la machine, ajoute-t-il, peut être changé par un leadership et une culture de gestion adaptée. C'est ce qu'il propose à la santé notamment.
Le réseau et ses ratés sont d'ailleurs de toutes les conversations électorales dans Berthier. Carole Majeau pense qu'il s'agit du talon d'Achille du candidat du PQ, David Levine, puisque «les gens réclament des services depuis des années» et que le ministre délégué à la Santé représente une cible à attaquer plutôt qu'un interlocuteur réellement crédible.
La candidate libérale s'insurge contre les prétentions péquistes de vouloir faire quelque chose pour la santé dans la région. «On nous a dit auparavant que nous souffrions d'un sous-financement de 80 millions dans la région. On annonce des investissements de cinq millions et on ajoute que le sous-financement régional est soudainement tombé à 32 millions. Drôle de calcul, c'est comme rire de nous autres.»
Marie Grégoire, elle, sourit tout le temps. Elle rappelle que son parti revient de loin. Il y a une longue route derrière l'ADQ, malgré ce que pensent plusieurs: des années dans l'ombre, croulant parfois même sous les sarcasmes.
«Quand on parlait de déficit zéro au début, on passait pour des flyés, certains voulaient nous enfermer. Mais on a finalement suscité le bon débat. Personne ne dit le contraire aujourd'hui.»
Mais l'ADQ a-t-il les reins assez solides, côté organisation et financement, pour gagner, et dans Berthier et ailleurs?
«On n'a de leçon à recevoir de personne, dit-elle. C'était le cas dans Saguenay et je pense qu'on va le prouver encore cette fois-ci. On fait de la politique autrement. On n'a pas d'affiches quatre couleurs, mais les affiches ne votent pas.»
En outre, les ressources humaines à l'ADQ n'ont jamais impressionné par leur nombre, mais bien par leur volonté et la force de l'engagement. «Dans nos congrès, on n'a pas 1000 personnes, mais les gens qui viennent paient 200 $ de leur poche. Ça prend des militants convaincus pour faire ça. Ce n'est pas l'exécutif de comté qui paie. Ça donne une culture de parti intéressante, différente.»
Le vent du fleuve souffle fort à Berthierville et à Lanoraie dans la circonscription de Berthier. David Levine l'a senti très vite en mettant les pieds dans l'ancien bastion de Gilles Baril. Les agriculteurs lui ont fait remarquer dès le départ que les fermes québécoises modernes étaient en fait des PME avec des chiffres d'affaires parfois impressionnants.
Élève doué, le ministre délégué à la Santé apprend vite. Il a donc plongé dans les dossiers locaux et régionaux tête première et parle aujourd'hui aussi facilement des puits situés en terres agricoles que du séchage du tabac. M. Levine est tombé amoureux de Berthier, mais s'agit-il d'un sentiment partagé?
«J'ai un bon feeling. Quand on se parle, le courant passe», dit le candidat du Parti québécois, qui abat présentement des journées de 12 heures de travail. Il dit constater que la «seule manière de gagner» reste le contact personnel avec les électeurs. «Je travaille sur les indécis. Je pense qu'ils sont en train de revenir à leurs racines, mais j'ai toujours peur du manque de temps.»
La campagne dans Berthier est d'ailleurs marquée par ces rencontres de groupe ou lors du porte-à-porte. Les trois candidats croient que les poignées de main aux électeurs seront déterminantes lors du vote le 17 juin.
«C'est une lutte à trois, croit la candidate libérale, Carole Majeau. On travaille tous sur le terrain, mais je suis optimiste. Notre plan de match est d'accélérer le rythme jusqu'à la fin avec encore plus de porte-à-porte.»
Elle mise donc sur sa personnalité pour marquer des points jusqu'au 17 juin. Elle y croit. Âgée de seulement 33 ans, Mme Majeau a déjà travaillé comme camionneur avant d'acquérir un camping et de devenir mairesse de Saint-Gabriel-de-Brandon. «Berthier est un comté orphelin en raison d'un ministre absent. Il a été délaissé et moi je suis très accessible. Les gens le voient; ils le savent.»
Fille de la place
La candidate-vedette de l'ADQ, Marie Grégoire, est aussi une «fille de la place», même si elle réside à L'Assomption depuis quelques années. Elle constate aussi un désir de changement au sein de l'électorat, un vent favorisant clairement l'ADQ dans les intentions de vote depuis le 15 avril et la victoire de François Corriveau dans Saguenay.
«L'intérêt pour l'ADQ ne se dément pas, dit-elle. Sans rien prendre pour acquis, l'opinion des gens ne change pas. La campagne de peur de nos adversaires fait en sorte que les gens posent plus de questions, mais c'est très sain. Je n'ai rien contre ça. Les gens réfléchissent et approfondissent leur adhésion.»
M. Levine est un homme intelligent, reconnaît-elle facilement, mais «il travaille avec le bilan du PQ. Il a beau dire qu'il est nouveau, on ne fait pas du neuf avec du vieux».
«La Grégoire», comme certains l'appellent, n'a pas froid aux yeux. Elle est prête à combattre le ministre délégué à la Santé sur son propre terrain. Au sujet de la pénurie des médecins, par exemple, elle souligne que le problème est davantage administratif.
«On serait capables d'arriver à de meilleurs résultats avec le nombre de médecins actuel. C'est un problème de concentration dans certaines régions.»
David Levine réplique que «l'ADQ, c'est rien d'autre que le changement, on sait pas trop pourquoi. C'est juste changer, mais quand on explique le programme adéquiste, on s'aperçoit que les valeurs ne sont pas les mêmes que celles des gens.»
Bureaucratie
En fait, le ministre délégué à la Santé pense que les électeurs n'en ont pas autant contre le gouvernement que contre la bureaucratie et l'appareil gouvernemental. «Ils ne votent pas contre le PQ, soutient-il, nos valeurs, nos politiques et notre vision, mais contre un appareil gouvernemental qui n'est pas assez aidant, contre des règles et des normes.»
Le manque de flexibilité de la machine, ajoute-t-il, peut être changé par un leadership et une culture de gestion adaptée. C'est ce qu'il propose à la santé notamment.
Le réseau et ses ratés sont d'ailleurs de toutes les conversations électorales dans Berthier. Carole Majeau pense qu'il s'agit du talon d'Achille du candidat du PQ, David Levine, puisque «les gens réclament des services depuis des années» et que le ministre délégué à la Santé représente une cible à attaquer plutôt qu'un interlocuteur réellement crédible.
La candidate libérale s'insurge contre les prétentions péquistes de vouloir faire quelque chose pour la santé dans la région. «On nous a dit auparavant que nous souffrions d'un sous-financement de 80 millions dans la région. On annonce des investissements de cinq millions et on ajoute que le sous-financement régional est soudainement tombé à 32 millions. Drôle de calcul, c'est comme rire de nous autres.»
Marie Grégoire, elle, sourit tout le temps. Elle rappelle que son parti revient de loin. Il y a une longue route derrière l'ADQ, malgré ce que pensent plusieurs: des années dans l'ombre, croulant parfois même sous les sarcasmes.
«Quand on parlait de déficit zéro au début, on passait pour des flyés, certains voulaient nous enfermer. Mais on a finalement suscité le bon débat. Personne ne dit le contraire aujourd'hui.»
Mais l'ADQ a-t-il les reins assez solides, côté organisation et financement, pour gagner, et dans Berthier et ailleurs?
«On n'a de leçon à recevoir de personne, dit-elle. C'était le cas dans Saguenay et je pense qu'on va le prouver encore cette fois-ci. On fait de la politique autrement. On n'a pas d'affiches quatre couleurs, mais les affiches ne votent pas.»
En outre, les ressources humaines à l'ADQ n'ont jamais impressionné par leur nombre, mais bien par leur volonté et la force de l'engagement. «Dans nos congrès, on n'a pas 1000 personnes, mais les gens qui viennent paient 200 $ de leur poche. Ça prend des militants convaincus pour faire ça. Ce n'est pas l'exécutif de comté qui paie. Ça donne une culture de parti intéressante, différente.»
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