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Taillon part en alertant la SQ

Le financement de l'ADQ n'est pas sans taches, dit le chef démissionnaire

Robert Dutrisac   11 novembre 2009  Québec
Gilles Taillon
Photo : Agence Reuters
Gilles Taillon
Québec — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Gilles Taillon a annoncé hier qu'il quittera le navire en perdition tout en y laissant une bombe: il veut s'adresser à la Sûreté du Québec pour l'informer de faits «troublants» qu'il vient de découvrir dans le financement du parti depuis 2003.

C'est après une rencontre avec les quatre députés fidèles à l'ADQ — Sylvie Roy, François Bonnardel, Gérard Deltell et Janvier Grondin — que Gilles Taillon s'est présenté devant la presse en début d'après-midi en compagnie de son bras droit, François Bonnardel, pour faire une simple déclaration, refusant de répondre à quelle que question que ce soit. «J'ai avisé les autorités du parti de préparer une course au leadership», a-t-il dit, ajoutant qu'il resterait chef jusqu'à ce que le parti nomme son successeur au suffrage universel des membres. Si Gilles Taillon part, c'est «pour mettre fin aux luttes intestines stériles», a-t-il dit, louant au passage le président de l'ADQ, Mario Charpentier, qui a démissionné lundi. «Les chicanes incessantes des derniers jours l'ont convaincu de partir», a signalé le chef adéquiste.

Plus tôt en matinée, les quatre élus adéquistes s'étaient réunis sans Gilles Taillon pour constater que le nouveau chef, qui a été élu il y a à peine trois semaines, n'avait pas réussi à faire l'unité du parti.

Depuis trois semaines, Gilles Taillon, qui partage la direction générale de l'ADQ avec Jean L'Écuyer, a découvert «certains aspects un peu troublants dans la gestion des finances, du financement du parti depuis 2003, et j'ai l'intention de pousser plus avant mon analyse et probablement de demander une rencontre avec les autorités de la Sûreté du Québec», a-t-il lancé à la fin de sa déclaration, sans donner plus de détails.

Cette sortie de Gilles Taillon a eu l'effet d'une bombe parmi les élus et le personnel politique de l'ADQ. C'est hier seulement que le chef a informé ses députés de l'existence de ces allégations, et encore, dans des termes généraux; aucun député adéquiste ne pensait qu'il profiterait de l'annonce de son départ pour en faire part publiquement.

Interrogé hier à Montréal, l'ancien chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'est montré tout aussi surpris que ses anciens collègues des propos incriminants de M. Taillon. «Je ne sais pas de quoi il parle. J'ai toujours fait les choses dans les règles», a déclaré au Devoir Mario Dumont.

Le directeur général de l'ADQ, Jean L'Écuyer, qui occupe cette fonction à temps partiel, a refusé de commenter les allégations de M. Taillon, sauf pour les lier à une man¶uvre politique de la part du chef. «Dans le contexte actuel, qu'est-ce que vous en pensez ?, a-t-il lancé en riant. Moi, mon rôle de directeur général, c'est de m'occuper de la gestion, ce n'est pas de m'occuper de la politique et de tout ce qui l'entoure.»

Deltell, le prochain chef

Dans son émission Dumont 360, l'ancien chef adéquiste a indiqué que «Gilles Taillon a fait la seule chose honorable qu'il lui restait à faire, soit de quitter [son poste]». Selon M. Dumont, à la suite d'une élection gagnée avec une aussi petite marge — «le fruit du hasard», juge-t-il —, «il y avait un devoir d'unité» et «ç'a été un échec».

Puis, Mario Dumont a accordé un appui tacite mais sans équivoque à Gérard Deltell. La seule question à se poser à l'heure actuelle, selon l'ancien chef adéquiste, c'est de savoir si l'ADQ peut se permettre de tenir une course à la direction qui va durer des mois, ou s'il est souhaitable qu'il y ait «un ralliement» autour d'un candidat. Poser la question, c'est y répondre. «Il y a beaucoup d'yeux qui se tournent vers un gars qui est talentueux et qui s'appelle Gérard Deltell. Il va y avoir beaucoup de pression sur lui», a conclu Mario Dumont.

Le principal intéressé a évité les médias, hier, mais il leur fera face aujourd'hui pour leur faire part de l'état de sa réflexion après avoir affirmé, lundi qu'il était à «l'écoute». Malgré l'insistance de plusieurs adéquistes, dont le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin, Gérard Deltell avait refusé de se lancer dans la course à la succession de Mario Dumont. Il ne s'est pas prononcé par la suite pour l'un ou l'autre des trois candidats.

S'il devait prendre les rênes du parti, Gérard Deltell se retrouverait dans une situation qui n'est pas sans présenter des similitudes avec celle dans laquelle il s'est retrouvé en 2008 quand il a succédé à Gilles Taillon comme député de la circonscription de Chauveau: divisions et chicanes, sous la gouverne de Gilles Taillon, avaient littéralement massacré l'organisation adéquiste de la circonscription.

Dans un point de presse hier, Éric Caire, député indépendant depuis vendredi dernier, a affirmé qu'il n'avait aucune intention de se porter candidat à la chefferie de l'ADQ, même si on le couronnait. «J'ai eu ma chance, j'ai perdu l'élection, M. Taillon a gagné», a-t-il laisser tomber.

Selon lui, Gilles Taillon a fait un «tort irréparable» à l'ADQ. Il ne croit d'ailleurs pas qu'une nouvelle course à la direction soit salutaire. «La première nous a pratiquement détruits, je ne vois pas comment la deuxième pourrait être salvatrice», a-t-il dit. Éric Caire n'entend pas réintégrer l'ADQ,, à moins qu'un «messie» se pointe — le député de La Peltrie a mentionné le nom de Lucien Bouchard — ou que survienne «un éclair dans un ciel bleu».

Jean Allaire, cofondateur de l'ADQ, a pour sa part lancé un vibrant appel aux députés du parti afin qu'ils le remettent sur ses rails.

«Il faut que l'ADQ trouve le moyen de remettre l'harmonie, de ramener la paix partout, et la députation a un grand rôle à jouer. Sur la ligne de feu, les députés prennent une importance plus grande», a dit Jean Allaire.

D'autre part, il s'est interrogé sur le fait que Gilles Taillon compte demander une enquête policière sur le financement du parti depuis 2003. M. Allaire a dit tout ignorer à ce sujet, précisant qu'il ne fait pas de financement et qu'il n'a pas vu les livres comptables du parti.

«Plutôt que de claironner ça, il aurait dû faire ça autrement. On ne lance pas des choses comme ça dans les airs. Parler de la SQ... Y a-t-il une nouvelle grippe en cours?», a lancé M. Allaire.

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, doit rendre aujourd'hui sa décision visant les nouveaux droits de parole au Salon bleu, compte tenu de la défection de deux des six députés de l'ADQ. Les temps de parole des députés indépendants Éric Caire et Marc Picard seront pris à même le temps dévolu à l'ADQ, qui demeure toujours un groupe parlementaire, a précisé M. Vallières.

***

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 11 novembre 2009 04h38
    Occupation double
    Ressemble de plus en pas à Occupation double cettte affaire. N'ajustez pas votre appareil s.v.p...

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 06h44
    Les Partis d'un seul homme
    Les Partis politiques fondés par un seul homme, comme l'Union Nationale de Duplessis, le Crédit Social de Réal Caouette, le Bloc Populaire de Camillien Houde, Le Reform Party de Stockwell Day, l'ADQ de Mario Dumont, etc. ne survivent jamais à leur fondateur. Pour cette raison, l'ADQ aurait intérêt à se saborder. Étant donné que la Droite politique a le droit et même le devoir d'offrir sa philosophhie et sa vision de la Société aux électeurs, les militants devraient ressusciter le Parti Conservateur au Québec. Ce Parti, comme le Parti Libéral d'ailleurs, a su survivre à l'usure des temps et reprendrait vite vie au Québec. Un nouveau Parti Conservateur Québecois aurait l'avantage de rejoindre les militants du Parti Conservateur fédéral, étant donné que les principales valeurs que la Droite véhicule se rejoignent. Plusieurs Partis politiques au pays portent le même nom, màis celà ne fait pas d'eux des marionettes de leur contrepartie fédérale, comme le PQ s'efforce de faire croire aux Québécois. Cette fusion, si je peux m'exprimer ainsi, de l'ADQ et d'un éventuel Parti Conservateur, aurait l'avantage de multiplier les appuis, et de renforcer son organisation.
    Paul LaFrance
    Québec

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 06h54
    Le silence est d'or
    Je pense que mon ami Gilles a perdu une excellente occasion de se taire.

    Quant à Éric Caire, il ne devrait pas mettre la faute sur les autres pour les déboires actuels de l'ADQ. Il a été battu à la course à la chefferie et il ne l'a pas digéré. Son premier geste a été d'indiquer à son chef le poste qu'il voulait occuper au sein de l'ADQ. Ensuite, il n'a pas accepté que le chef lui préfère quelqu'un d'autre pour le poste tant convoité.

    Si Éric Caire eusse eut un peu plus de lettres et d'esprit, il aurait compris que Taillon était un chef de transition et qu'il avait des chances d'être élu chef la prochaine fois, avec ou sans diplôme universitaire.

    Quand on laisse la frustration, la colère et la rancoeur guider nos gestes, on se retrouve toujours devant un échec.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 07h49
    Quel merdier
    L`ADQ n`aura fait que passer. De plus il aura fait la démonstration de sa valeur éphémère. Le culte de la vedette n`a pu se reproduire. Allaire et Dumont la belle affaire. Dégagez bande d`intrus car vous faites honte au Québec.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 08h42
    Départ indigne
    On lui montre la porte et il met le feu avant de sortir! Taillon a bien prouvé qu'il n'était pas digne de la présidence de son parti. La remarque vaut aussi pour tous ceux qui ont fait passer leur petit ego avant le sort du parti. Quand la barque coule, on range ses états d'âme et on rame tous dans la même direction. En fait, c'est l'absence de vision nationale et le refus d'y dévouer l'ADQ qui a fait de celle-ci une formation secondaire et sans avenir. Il est vrai que le PQ et le PLQ se sont vidés eux aussi de tout idéal québécois. Installer la Cour suprême à l'Assemblée nationale aurait au moins l'avantage de la clarté!
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Pierre Tremblay
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 08h52
    ÇA, C'EST DU VRAI TAILLON ET DIRE QU'IL VOULAIT ÊTRE CHEF...
    Pas fort, pas fort, le bonhomme. "Ça marche comme je veux ou je fais exploser la boite". Je l'ai toujours dit: l'ADQ existe pour son bien être et non l'inverse. Et là Bonnardel, il fait dur et pas à peu près, en l'accompagnant toujours. C'est comme s'il cautionnait les actes de TAILLON. Pas fort lui non plus. Trop en amour pour voir clair.

  • Alain Dion
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 08h53
    Peut-on laisser mourrir l'ADQ tranquille, svp...
    C'est un parti qui n'interesse personne sauf ceux qui veulent diviser le vote quebecois pour s'assurer que le parti libéral reste en place.

    Le total de votes émi dans leur course au leadership represente au total ce qu'un candidat aux municipales de Quebec gagnant a eu en moyenne dans son compté...

    100 000 personnes votent quand il y a une course au leadership du parti québecois. dans le cas de l"ADQ, a peine 4000 votes furent exprimés... Parlez-nous de Québec Solidaire a la place, un troisième chois pas mal plus interessant et différent que l'équipe de liberaux juniors que représente l'ADQ...

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 10h45
    Pauvre humanité
    On se croirait dans le cour d'une école secondaire en train d'assister à une scène entre des élèves récalcitrants.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 11h22
    L'art de s'enterrer soi-même !
    Et, maintenant, Taillon remet sa démission comme chef de l'ADQ en lançant une bombe au sujet de son financement depuis 2003 !

    Décidément, les leaders adéquistes n'ont pas besoin de leurs adversaires pour détruire leur parti. Ils le font très bien eux-mêmes !

  • Pierre Vachon
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 11h55
    Requiem pour un parti
    L'ADQ est né d'une chicane entre libéraux. N'ayant rien de concret à proposer, les adéquistes, bien que probablement sincères en quelque part, ont voulu jouer à la politique. Ils se sont ramassés avec une bande de joyeux drilles pas vraiment drôles qui, "accidentellement", se sont d'abord retrouvés au Parlement, puis se sont retrouvés dans la rue. La chicane "a encore pogné" entre ceux qui restaient ; ils se sont élu un chef, gracieuseté d'Infoman. La chicane "a encore pogné" entre les quelques-uns qui restaient encore et maintenant, voilà que tout le monde se bouscule pour s'en aller encore dans la rue ! Et c'est "ça" qui voudrait gouverner le Québec ?! Allons, tout le monde en choeur: un beau requiem pour l'ADQ !

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 12h33
    Comparaison n'est pas raison!
    «On se croirait dans le cour d'une école secondaire en train d'assister à une scène entre des élèves récalcitrants. »

    J'ai enseigné au secondaire et n'ai rien vu de tel! N'en déplaise au fin «analyste» que vous êtes, vous vous êtes trompée une fois de plus!

  • PENSONS-Y
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 12h48
    @ Alain Dion
    Justement, pour ce qui est de diviser le vote québécois et de favoriser le PLQ aux élections depuis quelque temps, se pourrait-il que Québec Solidaire ne "donne pas sa place" ??

    Personnellement, je vois le parti de Françoise David comme la même grosse baloune opportuniste que l'ADQ, qui se dégonflera également tôt ou tard. Mais non sans avoir contribué à retarder le Québec politiquement par le maintien au pouvoir du PLQ au-delà de ce qui parait acceptable aux vrais nationalistes !

  • michel benoit
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 13h28
    le financement occulte des partis politiques
    Benoit Labonté nous a expliqué comment on finance les partis politiques municipaux.

    Gilles Taillon se prépare à nous expliquer comment ça se passe au niveau des partis provinciaux ( prête-noms, faux bénévoles, dons anonymes ).

    La loi électorale est contournée depuis sa création en 1977.

    Seulement 1% des électeurs québécois ont fait une contribution politique en 2008.

    40 % des revenus des partis politiques provinciaux viennent de sources anonymes ( activités de financement et enveloppes brunes ).

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 14h42
    Que de Questions sans RéponseS ? !
    Bon PM Ensoleillée Honorable tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot sur le Départ "controversé", "filgurant" ou "inusité" de M Gilles, Chef Élu, de l'ADQ !

    De ce Départ, une Question :

    Pourquoi Quitter un Parti qui, d'inspiration Néo Duplessiste (Voir Plate Forme Électorale), aurait pu Ne Jamais Naître ?

    Pourquoi Décrier à la SQ une Financement dit ou présumément "Litigieux" qui, depuis 2003, pourrait Impliquer les Dumont-Taillon ?

    Sommes toutes, c'est quoi Que-Ça veut Dire-Signifier cette "Étrange" Démission ?

    Que de Questions sans RéponseS ? ! - 11 nov 2009 - Jour du Souvenir !

  • Blanchet Pierre
    Inscrit
    mercredi 11 novembre 2009 23h55
    Celui qui vit par l'épée périra par l'épée
    L'ADQ (À Droite Québec), a toujours représenté pour moi un parti basé sur le négativisme. Je n'entendais que parler d'abolir ci, d'abolir ça, que les autres étaient pourris pis que c'était de leur faute. Peut-être ai-je tort? J'aurais dû aller à l'école moins longtemps...

    Dans l'épreuve, je ne peux qu'apprécier de voir leur vraie nature, les voir s'entre-détruire entre eux et s'entre-accuser. La chose que je déteste le plus est de voir des petits Éric Caire faire leur petite vedette en quittant le parti en disant que ça ne lui ressemble plus. Non, ça te ressemble. Tu es un lâche. Tu prouves que dans l'épreuve, tu lâches ta gang au lieu d'essayer de construire de quoi. Va donc finir ton BAC, j'apprécie être administré par des gens un peu instruits.

    Et puis mon futur premier ministre potentiel Taillon qui quitte la barque MAIS, c'est la mode, il y aurait eu des crosses de financement!?!?!? NOOOOONNN!!!!!! Faut que j'appelle mes amis pour leur conter!

    L'ADQ au final n'aura servi qu'à une chose: Obliger le Québec à verser des pensions d'ex-députés à quelques dizaines de personne. Et encore une fois rendre la politique ridicule au lieu de nous faire sentir concernés...

    R.I.P.

    A.D.Q.

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