Immigration - Québec accusé de tenir un double discours
Aux yeux des organismes travaillant à l'intégration des immigrants, le gouvernement du Québec sème la confusion en tenant un double discours. D'un côté, Québec souhaite accueillir plus d'immigrants et dispose d'un vaste plan de régionalisation; de l'autre, il leur impose un délai de carence pour la gratuité des soins de santé et une restriction pour obtenir un permis de conduire. Et on leur souhaitera dorénavant bienvenue de façon officielle.
Le gouvernement du Québec instituera mardi prochain une cérémonie de bienvenue destinée aux immigrants, question de faciliter leur intégration à la société québécoise. Cette nouvelle formule d'accueil se mettra en place au moment même où l'Assemblée nationale s'apprête à restreindre l'accès de ces mêmes immigrants au permis de conduire.
Au cabinet du ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l'Immigration, André Boulerice, on a indiqué hier tout ignorer du projet de loi 67, qui resserre les règles d'obtention du permis de conduire pour les nouveaux arrivants ayant déjà une expérience de conduite dans leur pays d'origine. On a toutefois confirmé que la cérémonie de bienvenue avec laquelle Québec jongle depuis un an se concrétisera en «évacuant tout le volet de la citoyenneté québécoise».
Il s'agit d'un accueil symbolique des immigrants lorsque ces derniers termineront leur formation au sein des Carrefours d'intégration. Québec ne souhaite pas attendre que ces immigrants soient reçus citoyens canadiens avant de leur ouvrir la porte. Deux cérémonies auront lieu simultanément mardi, à Montréal et à Québec, pour accueillir quelques centaines de nouveaux immigrants.
Pour des organismes qui oeuvrent auprès des immigrants, il s'agit là d'une autre démonstration de la vision incohérente du gouvernement face à l'immigration, où l'action contredit le discours. La situation soulève d'autant plus de questions que le gouvernement souhaite accroître de façon substantielle le nombre d'immigrants et ambitionne que ces derniers s'installent en région. Et l'année dernière, Québec a imposé aux nouveaux arrivants un délai de carence de trois mois avant qu'ils ne puissent obtenir leur carte d'assurance-maladie.
À la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, on ne cache pas son indignation. D'une main, Québec remettra aux immigrants une trousse d'accueil, avec épinglette et exemplaire de la Charte des droits; de l'autre, il érigera une barrière supplémentaire à l'intégration de ces mêmes immigrants.
«Ce qui révolte, entre autres, c'est la manière pour introduire ça: sans consultations, sans études», fait valoir Stephan Reicchold, porte-parole de la Table de concertation.
Selon M. Reicchold, le projet de loi 67, dont le principe a été adopté par l'Assemblée nationale il y a une dizaine de jours, discrimine toute une catégorie d'immigrants, soit les moins de 25 ans, dont on ne reconnaît plus l'expérience de conduite. «Cela ajoute à la difficulté de s'intégrer au marché du travail pour la personne immigrante. En arrivant, un immigrant doit avoir une voiture pour loger sa famille ailleurs qu'à Montréal, où il y a une crise en habitation, mais aussi pour se trouver un travail et être mobile», affirme M. Reicchold, soulignant ainsi les inconvénients concrets de la situation.
La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), qui pilote le projet de loi déposé par le ministre des Transports, souhaite ainsi freiner la circulation de faux permis de conduire étrangers. Seuls les permis de conduire des nouveaux arrivants provenant de la France, de la Corée du Sud et du Japon ainsi que de certains États américains sont reconnus car des ententes de réciprocité existent entre le Québec et ces États. De plus, selon la SAAQ, ces nouvelles mesures assureraient une plus grande équité pour l'ensemble des citoyens et une plus grande sécurité sur les routes du Québec.
«L'absurdité dans tout ça, c'est que les immigrants, comme n'importe quels touristes, peuvent conduire une voiture librement à leur arrivée. Au bout de trois mois, allez hop, on leur dit: "vous devez passer votre permis d'apprenti conducteur"», dénonce M. Reicchold.
Le projet de loi sera étudié en détail par la Commission des transports et à l'environnement. Aucun horaire n'est toutefois arrêté pour le moment. La Table de concertation entend bien faire entendre son point de vue.
Le gouvernement du Québec instituera mardi prochain une cérémonie de bienvenue destinée aux immigrants, question de faciliter leur intégration à la société québécoise. Cette nouvelle formule d'accueil se mettra en place au moment même où l'Assemblée nationale s'apprête à restreindre l'accès de ces mêmes immigrants au permis de conduire.
Au cabinet du ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l'Immigration, André Boulerice, on a indiqué hier tout ignorer du projet de loi 67, qui resserre les règles d'obtention du permis de conduire pour les nouveaux arrivants ayant déjà une expérience de conduite dans leur pays d'origine. On a toutefois confirmé que la cérémonie de bienvenue avec laquelle Québec jongle depuis un an se concrétisera en «évacuant tout le volet de la citoyenneté québécoise».
Il s'agit d'un accueil symbolique des immigrants lorsque ces derniers termineront leur formation au sein des Carrefours d'intégration. Québec ne souhaite pas attendre que ces immigrants soient reçus citoyens canadiens avant de leur ouvrir la porte. Deux cérémonies auront lieu simultanément mardi, à Montréal et à Québec, pour accueillir quelques centaines de nouveaux immigrants.
Pour des organismes qui oeuvrent auprès des immigrants, il s'agit là d'une autre démonstration de la vision incohérente du gouvernement face à l'immigration, où l'action contredit le discours. La situation soulève d'autant plus de questions que le gouvernement souhaite accroître de façon substantielle le nombre d'immigrants et ambitionne que ces derniers s'installent en région. Et l'année dernière, Québec a imposé aux nouveaux arrivants un délai de carence de trois mois avant qu'ils ne puissent obtenir leur carte d'assurance-maladie.
À la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, on ne cache pas son indignation. D'une main, Québec remettra aux immigrants une trousse d'accueil, avec épinglette et exemplaire de la Charte des droits; de l'autre, il érigera une barrière supplémentaire à l'intégration de ces mêmes immigrants.
«Ce qui révolte, entre autres, c'est la manière pour introduire ça: sans consultations, sans études», fait valoir Stephan Reicchold, porte-parole de la Table de concertation.
Selon M. Reicchold, le projet de loi 67, dont le principe a été adopté par l'Assemblée nationale il y a une dizaine de jours, discrimine toute une catégorie d'immigrants, soit les moins de 25 ans, dont on ne reconnaît plus l'expérience de conduite. «Cela ajoute à la difficulté de s'intégrer au marché du travail pour la personne immigrante. En arrivant, un immigrant doit avoir une voiture pour loger sa famille ailleurs qu'à Montréal, où il y a une crise en habitation, mais aussi pour se trouver un travail et être mobile», affirme M. Reicchold, soulignant ainsi les inconvénients concrets de la situation.
La Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), qui pilote le projet de loi déposé par le ministre des Transports, souhaite ainsi freiner la circulation de faux permis de conduire étrangers. Seuls les permis de conduire des nouveaux arrivants provenant de la France, de la Corée du Sud et du Japon ainsi que de certains États américains sont reconnus car des ententes de réciprocité existent entre le Québec et ces États. De plus, selon la SAAQ, ces nouvelles mesures assureraient une plus grande équité pour l'ensemble des citoyens et une plus grande sécurité sur les routes du Québec.
«L'absurdité dans tout ça, c'est que les immigrants, comme n'importe quels touristes, peuvent conduire une voiture librement à leur arrivée. Au bout de trois mois, allez hop, on leur dit: "vous devez passer votre permis d'apprenti conducteur"», dénonce M. Reicchold.
Le projet de loi sera étudié en détail par la Commission des transports et à l'environnement. Aucun horaire n'est toutefois arrêté pour le moment. La Table de concertation entend bien faire entendre son point de vue.
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