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La droite au Québec - Après les déchirements

Josée Boileau   11 novembre 2009  Québec
Il n'y aura donc pas de fin au mauvais téléroman qu'est devenu le quotidien de l'Action démocratique du Québec? Les électeurs de droite, toujours présents au Québec comme l'ont rappelé les élections partielles de lundi, auraient pourtant droit à plus de considération que les tirs amis d'un parti qui s'autodétruit.

Ce n'est pas de transparence, ou même de surf sur un thème à la mode, dont joue Gilles Taillon quand il fait état «d'aspects troublants» dans la gestion du financement de son parti depuis 2003. Il sombre plutôt dans l'assassinat politique, comme il l'avait fait lorsqu'il s'en était pris, sous couvert de franchise, au curriculum vitae de son adversaire à la chefferie, Éric Caire.

Un assassinat couplé d'un suicide. Avec ses déclarations d'hier, le parti est éclaboussé, tout comme Mario Dumont, mais M. Taillon aussi puisqu'il a été président de l'ADQ dans ces années «troubles». «Après moi le déluge» serait-il la devise de l'Action démocratique, qui a vu son fondateur partir sans prévenir, sans préparer la relève, sans assurer ses arrières, et dont le nouveau chef est tout aussi insouciant des torts qu'il cause?

Puisque M. Taillon entend rencontrer la Sûreté du Québec, puisque le parti, avec l'annonce de son départ, hésite entre une pseudocourse au leadership ou le couronnement d'un brave — Gérard Deltell — prêt à se sacrifier, l'ADQ fera encore la nouvelle un bon moment, et probablement pour de bien mauvaises raisons.

Les plus militants s'accrochent à un mantra: tous les retournements sont possibles en politique. Mario Dumont entonnait le même refrain à son émission hier soir. Il en voulait pour preuve le résultat des élections partielles fédérales de lundi, qui a donné aux conservateurs une victoire dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup alors qu'on les croyait en déclin au Québec.

C'est pourtant une autre leçon qu'il faut tirer de ces élections, bien résumée par notre collaboratrice Chantal Hébert dans son blogue de L'actualité: «Les conservateurs se sont beaucoup collés au PLQ en vue du vote et les résultats sont au rendez-vous.» Ainsi vont les alliances. Elle est bien loin la visite que Stephen Harper avait rendue à Mario Dumont dans sa circonscription de Rivière-du-Loup il y a deux ans et qui avait fait sortir de ses gonds Claude Béchard, le roi libéral du coin.

Il faut la foi du charbonnier pour croire que ce beau temps reviendra. Les partis politiques sont d'abord des rencontres d'idéaux. Ils peuvent commencer modestement, mettre du temps à rallier les troupes, rester loin du pouvoir; mais ils ont leur place tant qu'ils sont portés par une vision. Le dernier cas à l'illustrer fut, au cours des dernières semaines, le Projet Montréal de Richard Bergeron.

L'ADQ n'est plus un parti d'idées mais un groupuscule qui se déchire, au grand éc¶urement de ses partisans. Les plaies de l'ADQ seront si longues à panser qu'ils iront forcément voir ailleurs. Où? Les électeurs attirés par l'ADQ étaient las des grands partis, ce qui rend la tâche difficile pour le Parti québécois et le Parti libéral du Québec. Rentreront-ils tout bonnement dans leurs terres?

Mais l'autre leçon des partielles de lundi, c'est un rappel que ces électeurs de droite ont aussi envie d'être entendus. Il est dommage que ce soit un parti aussi obtus que celui de Stephen Harper qui en profite au fédéral, il le serait davantage qu'au niveau du Québec, on laisse des excités — certains se manifestent déjà — leur compter fleurette. Les grands partis ont donc un devoir d'écoute.

En fait, faute d'un mode de scrutin qui satisfasse toutes les voies, le Québec est mûr pour un redécoupage politique à l'échelle de ses partis traditionnels. Et cela devrait être autrement plus stimulant à suivre que le démembrement de l'ADQ.

***

jboileau@ledevoir.com
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 07h51
    On savait qu'il y avait de mauvais perdants, mais de si mauvais gagnants.
    Ce doit être une première dans l'histoire politique récente qu'un gagnant à une course au leadership se défasse, comme nous l'observons ici, de tous ses atouts, de tous ses alliés et de tous les pilliers du parti qui l'a élu. Et qu'il affirme en si peu de mots qu'il n'est pas un bon gagnant et qu'il faut recommencer la course.

    Georges Paquet

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 11h39
    À droite toute
    Le déclin grotesque de l'ADQ fera sans doute place à un parti officiellement et clairement de droite. Mais comme peu de Québécois sont à ce point conservateurs, un tel parti n'aurait de chance de se retrouver au pouvoir qu'en se tassant au centre, au moins dans le discours. Et l'ADQ renaîtrait sous un autre nom, probablement dirigé de mains de fer par un certain maire du sud de la Belle province. Le seul avantage serait ici de forcer les libéraux et les péquistes vers la gauche, se débattant pour ne pas être associés à la vision de Québec solidaire. OUF !
    Roland Berger
    St.Thomas, Ontario

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 11 novembre 2009 20h19
    M. Roland Berger, le PQ ne peut pas aller vers la gauche.
    Par sa définition et par son option fondametale, le Parti québécois ne peut pas se positionner à gauche. Pour réussir l'exploit qu'il s'est donné comme mission, réunir une majorité de Québécois qui diraient oui à la séparation d'avec le Canada, il doit attirer des citoyens de gauche, du centre et de droite. Autrement il n'arrivera jamais à atteindre son objectif.

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