Élections partielles - Le PC ravit Rivière-du-Loup au Bloc
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le boquiste Daniel Paillé, élu hier soir dans Hochelaga
Le Parti conservateur a mis fin hier à 16 ans de domination politique du Bloc québécois dans la circonscription englobant Rivière-du-Loup: la victoire de l'ancien maire de La Pocatière, Bernard Généreux, jumelée à un autre gain conservateur en Nouvelle-Écosse, a conclu une bonne soirée pour les troupes de Stephen Harper.
Le Parti conservateur sort ainsi renforcé des scrutins d'hier après avoir remporté la mise dans Cumberland—Colchester—Musquodoboit Valley (qui était détenue par un ex-conservateur devenu indépendant) et dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup. Il s'agit de deux gains nets. M. Généreux sera le 11e député conservateur dans le caucus québécois.
Le Bloc a maintenu son emprise dans Hochelaga, où l'ancien ministre péquiste Daniel Paillé a été élu haut la main (51% des voix, avec un taux de participation de 17 %).
Dans New Westminster-Coquitlam, en Colombie-Britannique, le candidat néo-démocrate Fin Donnelly a permis au NPD de garder la main sur la circonscription.
Autour de Kamouraska, la lutte a été vive: la candidate du Bloc, Nancy Gagnon — une attachée politique du député Pierre Paquette — a flirté avec la tête pendant quelques minutes, mais M. Généreux a pris au fil du dépouillement une avance qui s'établissait à plus de 1000 voix sur le coup de minuit. M. Généreux obtenait alors 42 % des suffrages, contre 39 % pour Mme Gagnon (taux de participation de 30 %).
Le Bloc détenait Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup depuis 1993, mais la montée des conservateurs dans la région a pu être mesurée en même temps que l'appui au député bloquiste Paul Crête diminuait d'une élection à l'autre. Entre 2004 et 2008, les conservateurs ont vu leur soutien passer de 9 à 31 %, alors que le vote pour M. Crête diminuait de 57 % à 46 % durant la même période.
Ces chiffres, jumelés à la popularité locale de M. Généreux et au fait que Paul Crête a été battu en juin dans l'élection partielle provinciale de Rivière-du-Loup, indiquaient aux conservateurs qu'une reprise de la circonscription était possible.
Durant la campagne, M. Généreux a notamment fait valoir qu'il serait plus facile pour un député conservateur d'obtenir des investissements dans la circonscription que pour un député de l'opposition.
Plainte
La journée d'élection a toutefois été marquée par le dépôt — à la Sûreté du Québec, la police de Rivière-du-Loup et Élections Canada — d'une plainte formulée par le Bloc à l'encontre... d'un message téléphonique jugé frauduleux, et que l'on attribue à mots couverts au Parti conservateur.
Plusieurs électeurs de Rivière-du-Loup ont reçu en début de journée un message enregistré les invitant à aller voter pour la candidate bloquiste Nancy Gagnon. Le message demandait aussi aux électeurs d'appeler un numéro qui s'avérait être celui du télécopieur de la députée bloquiste de Québec, Christiane Gagnon.
Mais «ledit message était fait de façon hésitante et non professionnelle, laissant une impression négative sur la candidature de Nancy Gagnon», a indiqué dans une déclaration sous serment le directeur adjoint de l'organisation de la candidate bloquiste, Hugues Belzile. L'amateurisme de la proposition — voix ridicule et numéro de téléphone non valide — ne pouvait qu'inciter à voter pour un autre candidat, estime le Bloc.
Sans le dire explicitement, le Bloc soupçonne le Parti conservateur d'être derrière le stratagème. «Il est important de noter que, dans la présente élection partielle, seul le Parti conservateur du Canada a utilisé un système de messages téléphoniques enregistrés pour contacter les électeurs», a fait remarquer Hugues Belzile dans la plainte adressée à Élections Canada.
Hochelaga
Loin de cette zizanie, Daniel Paillé l'a facilement emporté dans Hochelaga pour offrir au Bloc québécois une septième victoire consécutive. M. Paillé — qui commentera les dossiers économiques pour le Bloc — prend donc le relais de Réal Ménard, parti relever le défi de la politique municipale montréalaise aux côtés de Louise Harel.
La circonscription est un véritable bastion bloquiste depuis 1993 (M. Ménard obtenait toujours plus de 50 % des voix). La campagne a néanmoins été mouvementée, alors que le NPD a déployé beaucoup d'efforts (notamment par une série de publicités agressives) pour ravir la deuxième place aux libéraux, ce que le candidat Jean-Claude Rocheleau a réussi (20 %).
En apparence perdants des scrutins d'hier, les libéraux ne s'en formaliseront pas: les quatre élections partielles se déroulaient dans des circonscriptions où le PLC n'a jamais fait bonne figure.
Le Parti conservateur sort ainsi renforcé des scrutins d'hier après avoir remporté la mise dans Cumberland—Colchester—Musquodoboit Valley (qui était détenue par un ex-conservateur devenu indépendant) et dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup. Il s'agit de deux gains nets. M. Généreux sera le 11e député conservateur dans le caucus québécois.
Le Bloc a maintenu son emprise dans Hochelaga, où l'ancien ministre péquiste Daniel Paillé a été élu haut la main (51% des voix, avec un taux de participation de 17 %).
Dans New Westminster-Coquitlam, en Colombie-Britannique, le candidat néo-démocrate Fin Donnelly a permis au NPD de garder la main sur la circonscription.
Autour de Kamouraska, la lutte a été vive: la candidate du Bloc, Nancy Gagnon — une attachée politique du député Pierre Paquette — a flirté avec la tête pendant quelques minutes, mais M. Généreux a pris au fil du dépouillement une avance qui s'établissait à plus de 1000 voix sur le coup de minuit. M. Généreux obtenait alors 42 % des suffrages, contre 39 % pour Mme Gagnon (taux de participation de 30 %).
Le Bloc détenait Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup depuis 1993, mais la montée des conservateurs dans la région a pu être mesurée en même temps que l'appui au député bloquiste Paul Crête diminuait d'une élection à l'autre. Entre 2004 et 2008, les conservateurs ont vu leur soutien passer de 9 à 31 %, alors que le vote pour M. Crête diminuait de 57 % à 46 % durant la même période.
Ces chiffres, jumelés à la popularité locale de M. Généreux et au fait que Paul Crête a été battu en juin dans l'élection partielle provinciale de Rivière-du-Loup, indiquaient aux conservateurs qu'une reprise de la circonscription était possible.
Durant la campagne, M. Généreux a notamment fait valoir qu'il serait plus facile pour un député conservateur d'obtenir des investissements dans la circonscription que pour un député de l'opposition.
Plainte
La journée d'élection a toutefois été marquée par le dépôt — à la Sûreté du Québec, la police de Rivière-du-Loup et Élections Canada — d'une plainte formulée par le Bloc à l'encontre... d'un message téléphonique jugé frauduleux, et que l'on attribue à mots couverts au Parti conservateur.
Plusieurs électeurs de Rivière-du-Loup ont reçu en début de journée un message enregistré les invitant à aller voter pour la candidate bloquiste Nancy Gagnon. Le message demandait aussi aux électeurs d'appeler un numéro qui s'avérait être celui du télécopieur de la députée bloquiste de Québec, Christiane Gagnon.
Mais «ledit message était fait de façon hésitante et non professionnelle, laissant une impression négative sur la candidature de Nancy Gagnon», a indiqué dans une déclaration sous serment le directeur adjoint de l'organisation de la candidate bloquiste, Hugues Belzile. L'amateurisme de la proposition — voix ridicule et numéro de téléphone non valide — ne pouvait qu'inciter à voter pour un autre candidat, estime le Bloc.
Sans le dire explicitement, le Bloc soupçonne le Parti conservateur d'être derrière le stratagème. «Il est important de noter que, dans la présente élection partielle, seul le Parti conservateur du Canada a utilisé un système de messages téléphoniques enregistrés pour contacter les électeurs», a fait remarquer Hugues Belzile dans la plainte adressée à Élections Canada.
Hochelaga
Loin de cette zizanie, Daniel Paillé l'a facilement emporté dans Hochelaga pour offrir au Bloc québécois une septième victoire consécutive. M. Paillé — qui commentera les dossiers économiques pour le Bloc — prend donc le relais de Réal Ménard, parti relever le défi de la politique municipale montréalaise aux côtés de Louise Harel.
La circonscription est un véritable bastion bloquiste depuis 1993 (M. Ménard obtenait toujours plus de 50 % des voix). La campagne a néanmoins été mouvementée, alors que le NPD a déployé beaucoup d'efforts (notamment par une série de publicités agressives) pour ravir la deuxième place aux libéraux, ce que le candidat Jean-Claude Rocheleau a réussi (20 %).
En apparence perdants des scrutins d'hier, les libéraux ne s'en formaliseront pas: les quatre élections partielles se déroulaient dans des circonscriptions où le PLC n'a jamais fait bonne figure.
Haut de la page

