Le bateau prend l'eau
Si vous avez l'impression d'être sur le Titanic et si vous vous demandez comment on va se sortir de là, vous n'avez pas tort. Notre degré de stress n'a pas cessé d'augmenter depuis des semaines. On a commencé à nous parler d'un petit voyage en bateau dans les îles du Sud, un tout inclus j'imagine, de quoi en faire rêver plusieurs, et on se retrouve avec le Titanic sur les bras. Comme le dit la chanson: «Si j'étais capitaine...», je me poserais de sérieuses questions.
Quand le stress est grand, la tentation de repousser les problèmes sur le rond à l'arrière du poêle commence à faire son chemin. En communication, on appelle ça faire diversion. Sur le Titanic, ç'a consisté à faire jouer l'orchestre pendant que le bateau sombrait, histoire de garder un peu de l'esprit de la fête. Le gouvernement du Québec ne veut pas être en reste. Il s'agite donc beaucoup pour reprendre les premières pages des journaux. Il espère même que son déficit annoncé cette semaine sera assez gros pour retenir l'attention parce que l'objectif est de tout faire pour que personne n'aille fouiller dans ses poubelles.
Détourner l'attention à n'importe quel prix, c'est le mot d'ordre. N'importe quoi pour éviter une enquête publique comme pratiquement tout le Québec le réclame. Remettre à plus tard ce qu'on pourrait faire maintenant... ce qu'on DEVRAIT faire maintenant, sans hésiter. Nous devrions nous souvenir que tout retard joue contre nous.
Il est évident que ceux «qui nous ont monté un beau grand bateau» vont en profiter pour faire leur gros ménage. Si on leur donne assez de temps (quand on sait la rapidité avec laquelle la police mène ses enquêtes), il est probable que tous les papiers importants auront disparu et que les agendas auront été «shreddés» sans laisser de trace. C'est sûr qu'ils savent comment faire et en plus, ils ont des avocats qui se feront sans doute un grand plaisir de les aider de leurs précieux conseils.
Du courage
Nous en sommes là, à la veille des élections municipales, alors que nous continuons à découvrir qui a couché avec qui et combien l'aventure nous a coûté. Certains ont émis l'opinion qu'il aurait fallu annuler l'élection, mettre les villes sous tutelle, reprendre le contrôle. Rien de tout ça n'a été retenu. L'élection aura lieu dimanche. Pour le meilleur et pour le pire.
Et puis lundi matin, on va découvrir que rien n'est réglé. Que ceux qui tiraient les ficelles de la corruption et de la collusion sont toujours là. Qu'ils n'ont pas l'intention de changer leurs méthodes de travail et que pour nous punir d'avoir dérangé leur petit commerce, ils ont l'intention d'augmenter leurs prix et de s'enrichir sur notre dos encore un peu plus qu'avant. On aura secoué le pommier pour rien. Pas une pomme ne sera tombée. On va nous dire de fermer les yeux, de ne pas nous mêler de ça, que la vie est trop courte pour se faire du souci... une façon polie de nous dire de nous mêler de nos affaires.
Si nous voulons vraiment faire le ménage, il va nous falloir du courage. Il va falloir nourrir notre colère pour qu'elle dure aussi longtemps que le formidable appétit de ceux qui nous volent. Si nous sommes déjà fatigués d'entendre parler de corruption, notre révolte n'aura servi à rien.
Mauvais «timing»
C'est en plein coeur de cette tempête que les trois chefs syndicaux s'avancent sur la scène pour présenter les demandes de leurs membres en vue des prochaines négociations dans le secteur public. Sur le Titanic, les cabines de première classe étaient situées aux étages supérieurs et elles ont été atteintes par l'eau bien après les cabines du sous-sol. C'est le bateau au complet qui a fini par couler.
Le problème c'est que, vu d'où nous sommes en ce moment, les chefs syndicaux ont vraiment l'air de vrais patrons, insensibles à l'environnement du reste de la population à qui on va bientôt demander de choisir les compressions qu'elle estime pouvoir endurer pour réduire les dépenses de l'État. En pleine récession, avec un taux de chômage élevé, quand des gens de plus de 65 ans retournent faire des «jobines» sur le marché du travail pour joindre les deux bouts, quand, dans bien des cas, la semaine de travail est réduite à quelques jours alors qu'on vit dans la crainte des fermetures d'usines ou des fermetures des journaux, les trois gros syndicats du Québec vont partir en guerre pour défendre les travailleurs les mieux protégés parmi nous?
Phénomène étonnant que ces syndicats, qui ont oublié d'où ils viennent et leur véritable mission. Il est peut-être temps de leur rappeler qu'au bout du compte, comme pour tout le reste, c'est la population qui paye. Il est temps de remettre les choses en perspective.
Quand le stress est grand, la tentation de repousser les problèmes sur le rond à l'arrière du poêle commence à faire son chemin. En communication, on appelle ça faire diversion. Sur le Titanic, ç'a consisté à faire jouer l'orchestre pendant que le bateau sombrait, histoire de garder un peu de l'esprit de la fête. Le gouvernement du Québec ne veut pas être en reste. Il s'agite donc beaucoup pour reprendre les premières pages des journaux. Il espère même que son déficit annoncé cette semaine sera assez gros pour retenir l'attention parce que l'objectif est de tout faire pour que personne n'aille fouiller dans ses poubelles.
Détourner l'attention à n'importe quel prix, c'est le mot d'ordre. N'importe quoi pour éviter une enquête publique comme pratiquement tout le Québec le réclame. Remettre à plus tard ce qu'on pourrait faire maintenant... ce qu'on DEVRAIT faire maintenant, sans hésiter. Nous devrions nous souvenir que tout retard joue contre nous.
Il est évident que ceux «qui nous ont monté un beau grand bateau» vont en profiter pour faire leur gros ménage. Si on leur donne assez de temps (quand on sait la rapidité avec laquelle la police mène ses enquêtes), il est probable que tous les papiers importants auront disparu et que les agendas auront été «shreddés» sans laisser de trace. C'est sûr qu'ils savent comment faire et en plus, ils ont des avocats qui se feront sans doute un grand plaisir de les aider de leurs précieux conseils.
Du courage
Nous en sommes là, à la veille des élections municipales, alors que nous continuons à découvrir qui a couché avec qui et combien l'aventure nous a coûté. Certains ont émis l'opinion qu'il aurait fallu annuler l'élection, mettre les villes sous tutelle, reprendre le contrôle. Rien de tout ça n'a été retenu. L'élection aura lieu dimanche. Pour le meilleur et pour le pire.
Et puis lundi matin, on va découvrir que rien n'est réglé. Que ceux qui tiraient les ficelles de la corruption et de la collusion sont toujours là. Qu'ils n'ont pas l'intention de changer leurs méthodes de travail et que pour nous punir d'avoir dérangé leur petit commerce, ils ont l'intention d'augmenter leurs prix et de s'enrichir sur notre dos encore un peu plus qu'avant. On aura secoué le pommier pour rien. Pas une pomme ne sera tombée. On va nous dire de fermer les yeux, de ne pas nous mêler de ça, que la vie est trop courte pour se faire du souci... une façon polie de nous dire de nous mêler de nos affaires.
Si nous voulons vraiment faire le ménage, il va nous falloir du courage. Il va falloir nourrir notre colère pour qu'elle dure aussi longtemps que le formidable appétit de ceux qui nous volent. Si nous sommes déjà fatigués d'entendre parler de corruption, notre révolte n'aura servi à rien.
Mauvais «timing»
C'est en plein coeur de cette tempête que les trois chefs syndicaux s'avancent sur la scène pour présenter les demandes de leurs membres en vue des prochaines négociations dans le secteur public. Sur le Titanic, les cabines de première classe étaient situées aux étages supérieurs et elles ont été atteintes par l'eau bien après les cabines du sous-sol. C'est le bateau au complet qui a fini par couler.
Le problème c'est que, vu d'où nous sommes en ce moment, les chefs syndicaux ont vraiment l'air de vrais patrons, insensibles à l'environnement du reste de la population à qui on va bientôt demander de choisir les compressions qu'elle estime pouvoir endurer pour réduire les dépenses de l'État. En pleine récession, avec un taux de chômage élevé, quand des gens de plus de 65 ans retournent faire des «jobines» sur le marché du travail pour joindre les deux bouts, quand, dans bien des cas, la semaine de travail est réduite à quelques jours alors qu'on vit dans la crainte des fermetures d'usines ou des fermetures des journaux, les trois gros syndicats du Québec vont partir en guerre pour défendre les travailleurs les mieux protégés parmi nous?
Phénomène étonnant que ces syndicats, qui ont oublié d'où ils viennent et leur véritable mission. Il est peut-être temps de leur rappeler qu'au bout du compte, comme pour tout le reste, c'est la population qui paye. Il est temps de remettre les choses en perspective.
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