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Charest veut punir Sylvie Roy en l'expulsant de l'Assemblée nationale

Tentative de diversion, dit l'opposition

Antoine Robitaille   28 octobre 2009  Québec
Sylvie Roy
Photo : Le Devoir
Sylvie Roy
Québec — Le gouvernement Charest veut punir la chef parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy, s'il le faut en la faisant expulser de l'Assemblée nationale. Il souhaite ainsi lui faire payer sa fameuse question de la semaine dernière dans laquelle elle a affirmé, sans les nommer, que trois ministres du gouvernement étaient allés sur le bateau du controversé entrepreneur Tony Accurso. Les deux ministres (ainsi qu'un ex-ministre) — Norm MacMillan, Julie Boulet et David Whissell — qui ont été désignés par Jean Charest lui-même dans une entrevue accordée en soirée jeudi passé, ont nié catégoriquement le jour même, et en communiqué le lendemain, avoir séjourné le navire. Tony Accurso a aussi publié un communiqué dans lequel il nie avoir invité des élus libéraux sur le Touch.

Le gouvernement estime que Mme Roy a clairement abusé de «l'immunité parlementaire» — laquelle met les élus à l'abris des poursuites judiciaires — en faisant des «affirmations non vérifiées» qui ont jeté un doute sur l'ensemble du Conseil des ministres. Jean Charest a d'ailleurs adopté un ton grave, au Salon bleu hier, pour reprocher à la chef parlementaire de l'ADQ de ne pas avoir retiré «les propos diffamatoires qu'elle a tenus envers les membres du gouvernement». Pour sanctionner Mme Roy, le gouvernement tente de se servir d'une arme rarement utilisée au Parlement: la violation de privilège.

Ainsi, avant la période de questions d'hier, le leader Jacques Dupuis a déposé un avis de violation de privilège, dont on ignore pour l'instant le contenu exact. Le président Yvon Vallières est actuellement à l'étudier pour déterminer s'il est recevable. Inquiet des conséquences de cette mesure sur la liberté de parole des élus, le leader parlementaire péquiste, Stéphane Bédard, a exigé hier de faire valoir son point de vue sur la recevabilité de l'avis avant que le président Vallières tranche. Ce dernier n'était pas d'accord dans un premier temps. C'est après presque une heure de suspension des travaux où les parties ont négocié que le leader Bédard a obtenu de présenter un plaidoyer écrit qui doit être déposé avant 13h aujourd'hui. Notons que le leader de l'ADQ, Marc Picard, est resté silencieux sur la question de la recevabilité de l'avis.

Si l'avis est accepté, la commission ferait enquête. Le gouvernement et Mme Roy auraient 20 minutes de droit de parole pour présenter leurs points de vue respectifs. La commission de l'Assemblée nationale serait convoquée pour «faire enquête sur la question». Le Parti libéral y détient 11 sièges sur 19. Si cet avis devait franchir toutes les étapes, il pourrait conduire à la mise aux voix d'une motion qui sanctionnerait le geste de la députée.

Quelle peine pourrait découler d'une éventuelle réprimande? Le leader adjoint, Claude Béchard, soutenait hier l'ignorer, mais a soumis deux cas de figure extrêmes: «Ça peut aller d'une demande d'excuses jusqu'à une demande de quitter son siège.» Le ministre a mis en relief le caractère exceptionnel de la mesure, laquelle «ne doit pas être utilisée toutes les semaines», a-t-il admis, avant de soutenir que la «gravité» des propos de Mme Roy était telle que le gouvernement était prêt à «aller jusqu'au bout». M. Béchard a lancé: «Gilles Taillon [le nouveau chef de l'ADQ] se cherche un comté. Hé bien, qu'il prenne celui de Lotbinière», celui de Mme Roy. Du reste, qu'y a-t-il de mal à se faire dire qu'on a séjourné sur un bateau, a-t-on demandé au ministre? «Ce n'est pas juste la question d'aller sur un bateau. [...] Elle a dit des choses qui sont fausses et elle s'est servie de son immunité parlementaire pour le dire; c'est ça qui n'est pas correct», a-t-il rétorqué.

Diversion

De façon étonnante, l'ADQ a refusé de réagir officiellement, hier, soutenant qu'elle n'avait pas obtenu ni analysé tous les documents. Le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, s'est présenté devant la presse pour condamner un «procédé» qu'il a qualifié de «tout à fait inadmissible, odieux, méprisable». À ses yeux, le gouvernement cherche à intimider les députés afin de les empêcher de «poser des questions sur un sujet qui intéresse tous les Québécois». Pour M. Bédard, le débat soulevé par le gouvernement relève de la «diversion» afin d'éviter de parler de la commission d'enquête sur le domaine de la construction. Au fond, le gouvernement semble beaucoup plus prompt à instituer une enquête sur les déclarations d'un élu que sur l'ensemble du domaine de la construction et du ministère des Transports, a raillé le député.
 
 
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  • Jacques Lafond
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 04h34
    Punition
    Je pense que le gouvernement Charest devrait plutôt punir la ministre de la justice, Kathleen Weil, en la faisant expulser de l'assemblée nationale. Je pense que le passé fanatique anti loi 101 et anti protection de la langue francaise de Madame Weil sont des raisons largement suffisantes.

  • Isabelle Lefebvre
    Inscrite
    mercredi 28 octobre 2009 06h22
    Un vent de panique
    Immunité parlementaire

    Droit exceptionnel dont jouissent les parlementaires afin d'exercer librement leurs fonctions.

    En s'attaquant à l'Immunité parlementaire, les Libéraux du Québec démontrent jusqu'à
    quel point un vent de panique s'est emparé d'eux...

    Devant les caméras hier, le Ministre Béchard semblait fort mal à l'aise
    et ses explications plutôt pitoyables. On avait l'impression qu'il était
    l'agneau qu'on sacrifie sur l'autel afin de racheter les péchés de son chef d'avoir
    vendu la mèche en donnant les noms des trois ministres.

    Madame la Député à l'Assemblée Nationale Sylvie Roy n'a utilisé que son droit et de
    surplus étant avocate, elle n'aurait jamais révélé le ou les noms des personnes 'possiblement' concernées.

    Ce qui rend ce recours des Libéraux tout-à-fait ridicule.

  • Robert Henri
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 06h30
    C'est Charest qu'il faut faire expulser
    Heye, le petit Charest, si tu es député premier-ministre avec l'intention de ne répondre qu'aux questions qui te plaisent faut le camp, débarrasse.

    Une question d'une Adéquiste en plus. Ils vont disparaître d'eux-même en plus...

  • Yves Côté
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 06h50
    Question hypothétique ouverte aux spécialistes...
    Question hypothétique et purement théorique aux spécialistes en droit constitutionnel et/ou criminel, que ceux-ci soient journalistes ou avocats: Si la chose était prouvée en court, un gouvernement québécois habité jusqu'à la moelle par le monde interlope pourrait-il être destitué du pouvoir ? Le cas échéant, le Québec pourrait-il être mis en tutelle par Ottawa le temps d'organiser une nouvelle élection ? Et si la chose semble possible, par quel mécanisme cela se ferait-il ?
    Merci.

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 08h17
    La fausse colère de Jean Charest
    La fausse colère de Jean Charest est identique à celle qu'il s'était payée au sujet de l'élection de François Gendron comme président de l'Assemblée nationale, en octobre 2008. Dans ce dernier cas, il cherchait un motif pour décréter des élections générales.Ici, il crée un scénario extrême pour museler une député de l'opposition qui osa poser une question jugée impertinente. Il est tout de même curieux que cet homme qui ne voit jamais de conflits d'intérêts nulle part soit à ce point sensible quand il s'agit du bateau d'Accurso.Devrait-on expulser Mme Roy en dehors du pays pour crime de lèse-majesté Charest?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 08h26
    Là ou le bât blesse
    Les finances du Parti Libéral sous Charest me semble mis en cause. La collusion avec les avis conseils, contracteurs et membres du conseil des ministres sont autant de raisons pour douter de la ligne droite des participants. À ce rythme les finances auront mené le Québec en tutelle par le monde de la finance internationale. Charest et ses troupes nous font vivre dans le risque d`une déstabilisation sociale détestable. Il doit y a voir un plan directeur à toute cette aventure fédéraliste! Pensons à la Caisse de dépôt et les abus de Tremblay à la ville de Montréal et nous devons poser les vrais questions. Y a-t-il fourberie dans cette foire financière gigantesque? Cherche-t-on à ruiner le Québec que l`on n`aurait choisi une meilleur approche?

  • Michel St-Pierre
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 08h55
    À la manière Harper
    Je n'ai jamais compris les libéraux du Québec d'avoir choisi Jean Charest comme chef, un conservateur de la trempe de Harper, qui ne peut supporter la controverse et qui fait tout en son pouvoir pour écraser la critique. Pourquoi intervient-il moins fougueusement pour créer une enquête publique sur la collusion dans le domaine de la construction ?

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 09h02
    Tutelle
    Je ne crois pas qu'une province puisse être mise en tutelle. Notre régime en est un de souveraineté partagée: tant les provinces que le fédéral sont souverains dans leurs domaines. Seule l'Assemblée nationale peut renverser le gouvernement. Et ça signifierait des élections. À moins que le lieutenant-gouverneur, qui peut, lui, recevoir des instructions d'Ottawa, en décide autrement et passe à l'histoire (en héros ou en traitre? On verra.)

  • Marc-André Dupont
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 10h50
    Tentative de diversion
    Ne sachant plus quoi faire pour se dépétrer des nombreuses révélations à propos des liens entre les entrepreneurs en construction et certains élus et fonctionnaires municipaux, le gouvernement de Jean Charest tente par tous les moyens de faire diversion. L'odieuse et basse manoeuvre pour faire taire Mme Roy en est un parfait exemple. Mais ne soyons pas dupe. La vérité finira par triompher et les menteurs seront démasqués. Une enquête publique est plus que jamais nécessaire!

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 11h25
    Une réaction de panique qui laisse songeur
    La députée Sylvie Roy a peut-être abusé de son immunité parlementaire quand, en se basant uniquement sur des rumeurs de Benoit Labonté, elle a laissé entendre que trois ministres du gouvernement Charest étaient, eux aussi, allés faire un petit tour sur le bateau de cet entrepreneur si controversé qu'est Tony Accurso.

    N'empêche que la réaction de panique des libéraux à de tels propos laisse un songeur. Rappelons-nous les réponses des trois ministres visés quand les journalistes les ont interrogé à ce sujet : on avait l'impression qu'ils étaient mal à l'aise et ne savaient pas trop quelle raison trouver pour dire que tout cela était faux.

    Si les libéraux n'avaient eu rien à se reprocher, ils auraient probablement rejeté avec assurance les accusations lancées par Mme Roy !

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 11h37
    @ Yves Côté - Luttons pour le droit de destitution !
    Vous dites :

    « Si la chose était prouvée en court, un gouvernement québécois habité jusqu'à la moelle par le monde interlope pourrait-il être destitué du pouvoir ? »


    Si ce droit n'existe pas dans la constitution, il faudra alors que les citoyens le réclament.

    Déjà aux élections de 2001 dans Mercier avec le candidat Paul Cliche, instigateur de la gauche politique au Québec, nous réclamions une procédure de congédiement du député et une assemblée annuelle d'évaluation du représentant politique.

    En regard de toute la corruption qui règne dans l'administration publique, il n'est pas normal qu'il n'y ait «aucun» véritable chien de garde et « qu'aucune» instance démocratique ne soit au-dessus d'un gouvernement immoral, illégal, abusif ou scélérat.


    Notre démocratie remonte à Mathusalem...


    Luttons pour le droit de destitution !



    Christian Montmarquette



    Références :

    «Destitution du gouvernement Charest, les organisations populaires doivent provoquer de nouvelles élections» :

    http://www.vigile.net/Les-organisations-populaires

    «Réaction à l'article d'Antoine Robitaille - "Dépenses de député, dépenses privées» - La Révolution démocratique :
    http://www.vigile.net/LaRevolution-democratique

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 11h42
    Bizarre....
    Je trouve très bizarre que monsieur Charest nomme les 3 ministres lui-même alors que les allégations de Sylvie sont sensées être fausses. Si elles étaient fausses, d'où Charest tenait-il ces 3 noms ?
    Bizarre.....

  • Yves Bertrand
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 11h46
    Intimidation
    Pourquoi le gouvernement cherche-t-il à faire taire Mme Roy?
    C'est de l'intimidation pure et simple, surtout avec ce qui s'en vient: révélations diverses des journaux sur la collusion entre nos gouvernants et le crime organisé.

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 11h49
    Le baîllon, encore...
    Je suis en désaccord avec la grande majorité des politiques défendues par l'ADQ, mais il n'en demeure pas moins que cette manoeuvre des libéraux pour faire taire Sylvie Roy s'apparente aux poursuites baîllons. Les québécois devraient être en mesure de savoir si des élus sont en conflit d'intérêt. Le fait que Jean Charest et les députés mentionnés aient clâmé leur innocence, ne constitue pas une preuve suffisante qu'ils n'ont pas de lien avec M. Accurso. Avez-vous déjà vu un procès où seule la défense avait le droit de témoigner? Et bien c'est précisément ce que les libéraux veulent nous faire avaler !

    Le principe de l'immunité parlementaire est une supercherie. En effet, la primauté du droit stipule que nul n'est au-dessus de la loi, ce qui inclus aussi les politiciens élus. En voulant exclure Sylvie Roy sous le prétexte de l'immunité parlementaire, c'est l'essence de la démocratie que les libéraux bafouent.

    D'ailleurs, ce n'est malheureusement pas la première fois qu'ils ne respectent pas la démocratie. Rappelons-nous des nombreux projets de loi controversés qu'ils ont adopté aux baîllon.

  • Christina Berryman
    Abonnée
    mercredi 28 octobre 2009 12h55
    Expliquez-moi s.v.p.
    J'ai regardé cette période de questions, pitoyable comme d'habitude, là où on ne répond pas aux questions, là où c'est toujours la faute du précédent gouvernement. C'est comme le film "Wag the dog" où un pays dominateur dans le trouble partisan et immoral (tiens tiens), s'invente une petite guerre pour faire diversion. En réponse à la députée, c'est bien Jean Charest, avec un air théâtral dont il a le secret, qui a nommé ses trois collègues. On ne peut écarter l'hypothèse qu'il leur en avait parlé avant. Sinon pourquoi eux?. Beau sujet pour l'émission ENQUÊTE que ce sommet de cynisme présumé intitulé "Les sépulcres blanchis des Pharisiens". La période des questions contribue activement au taux d'abstention aux diverses élections. Passons maintenant à l'intimidation!

  • Michel HAins
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 13h32
    Il ya quelque chose qui pue
    Labonté ne veut pas les nommés dans son interview
    Charest s'empresse de les défendre et de les nommés.
    Charest a juste dit qu'ils n'étaient pas allés sur le bateau, non pas qu'ils n' avaient pas rencontré ce célèbre personnage.
    M. Charest scandale pour scandale, l'affaire Couillard aurait du vous indigner à la puissance 10 comparé au ton de vierge offensé qui vous anime présentement.

  • Michel Leclaire
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 14h41
    Les conséquences de la motion des libéraux (bandits de grands chemins)
    Il nous restaura que la RÉVOLUTION.

  • Phil Ippe
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 15h32
    Bonnardel
    Tous le meme petit clan...Bonnardel sort avec la vice-premiere ministre liberale!!! On se moque de nous de plus en plus...Tous les partis ont des deputes ou des acteurs influents de leurs partis qui ont deja rencotnre Accurso, c'est un gros bonnet du secteur de la construction...la corruption jusqu'a l'os.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 15h53
    @ Sylvain Auclair - Une grève générale de la fonction publique
    Sylvain Auclair nous dit que seule l'Assemblée nationale peut défaire le gouvernement.

    Je n'en suis pas aussi persuadé...

    Je crois qu'une grève générale de la fonction publique appuyée par les partis d'oppositions, les organisations populaire et la société civile pourraient être un solide moyen et bloquer le gouvernement.

    Il est à mon sens indispensable que la société civile prenne conscience de ses forces et puisse réagir en cas d'abus ; comme par exemple une conscription forcée, la loi martiale, la suspension des droits civiques comme en 1970 sous la loi des mesures de guerre, les vaccinations obligatoires etc..

    La démocratie ne se résume pas et bne doit pas se résumer à voter aux 4 ans.

    Un gouvernement doit être autre chose de changer de dictature à chaque élection.

  • Alain Rioux
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 16h20
    La preuve de la culpabilité!
    Lorsque nous ne pouvons pas détruire le message, il faut détruire le messager(ère). Par cette action, le P.L.Q. se discrédite d'office. Il faut donc agir. Le temps est passé d'une commission d'enquête provinciale, manipulable. Une commission d'enquête fédérale sur les malversations provinciales, appuyée par la G.R.C. et l'Armée, s'avère impérative!

  • Godefroy
    Abonné
    mercredi 28 octobre 2009 17h03
    Très inquiétante épidémie de psychopathie
    A quoi ça sert une oppositon parlementaire ? Tant qu'à faire, qu'on ferme l'Assembée nationale.

    Est-ce du crytoaffairisme, du cryptofascisme ou une grave épidémie de psychopathie libérale ?

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