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La Cour suprême tranche - Québec renvoyé à sa table à dessin

Les écoliers allophones pourront «s'acheter» le droit d'étudier en anglais

Hélène Buzzetti   23 octobre 2009  Québec
Ottawa — La guerre linguistique est ouverte: la Cour suprême du Canada a jugé hier que Québec n'avait pas le droit d'empêcher comme il l'a fait les écoliers québécois allophones de «s'acheter» le droit d'étudier en anglais en fréquentant quelque temps une école privée. Le gouvernement de Jean Charest peste contre cette décision qui l'oblige à revoir ses lois d'ici un an, et veut trouver un moyen de faire respecter la primauté du français en éducation.

«Nous sommes déçus de ce jugement, c'est évident, a réagi Jean Charest hier. On va travailler avec tous les parlementaires pour arriver à une solution qui est le reflet de nos valeurs québécoises. Ça inclut, au premier rang, la primauté du français dans la société québécoise et pour le peuple québécois.» Il s'est toutefois engagé à combattre «avec toutes [s]es forces» ceux qui cherchent «la chicane» à des fins partisanes. La chef du Parti québécois, Pauline Marois, lui a alors reproché de défendre davantage les juges de la Cour suprême que la Charte de la langue française. «Ce jugement aura des conséquences très sérieuses», a-t-elle insisté.

Mme Marois, comme le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dénoncé une Cour suprême d'une nation, la canadienne, qui n'est pas la sienne. «On dit reconnaître la nation [québécoise] ici et on ne reconnaît pas sa langue, a déploré

M. Duceppe. Tous les gens ici qui appuient cette décision de la Cour suprême dans les partis fédéralistes agissent en purs hypocrites.»

Personne du gouvernement conservateur n'a voulu commenter. Le député libéral Justin Trudeau estime pour sa part que l'objectif de francisation poursuivi par Québec est légitime et qu'il a simplement manqué de «subtilité» dans l'élaboration de sa loi 104. «Les immigrants qui arrivent au Québec doivent apprendre le français d'abord et avant tout.»

Le jugement unanime des sept magistrats signé par le Québécois Louis Lebel est aussi succinct — il fait à peine 42 pages — qu'il est catégorique: la loi 104 adoptée en 2002 par l'Assemblée nationale est inconstitutionnelle parce qu'elle viole les droits sur la langue d'instruction. Les parents allophones désireux d'inscrire leurs enfants à l'école anglaise les envoyaient en effet à grands frais (entre 5000 et 30 000 $ par an) dans des écoles privées non subventionnées, qui ne sont pas soumises aux lois linguistiques du Québec. Ensuite, faisant valoir que les enfants avaient reçu la «majeure partie» de leur instruction en anglais, ils demandaient une dérogation pour inscrire ces derniers à l'école publique anglaise. La loi 104 a décrété que le parcours scolaire effectué dans ces écoles dites passerelles ne serait pas pris en considération pour déterminer l'admissibilité à l'école anglaise.

Dans son jugement, le juge Lebel conclut qu'il s'agit d'une mesure «excessive» et «draconienne». «L'impossibilité d'évaluer complètement le cheminement scolaire d'un enfant pour déterminer l'étendue de ses droits linguistiques scolaires a pour effet de tronquer la réalité, en créant un parcours scolaire fictif», est-il écrit. Il ajoute plus loin: «Le refus de prendre en compte ce parcours est total et sans nuance.»


Le juge conclut que Québec devra désormais analyser chaque cas au mérite, bien qu'il reconnaisse que ce sera ardu. «Si délicate que puisse être cette tâche, seule une telle approche permettra de respecter les objectifs du constituant [l'Assemblée nationale] en évitant un retour au principe du libre choix de la langue de l'enseignement.»

Québec avait évalué que de 1997 à 2002, 4000 enfants ont fréquenté des écoles-passerelles pour acquérir le droit d'aller à l'école anglaise. Le jugement d'hier cite des chiffres plus importants: 2100 élèves fréquentant des écoles privées non subventionnées anglaises n'avaient pas le droit d'être éduqués en anglais en 2001-02. Ils étaient plus de 4000 six ans plus tard. On ignore combien de ces jeunes ont l'intention de passer au système public, mais ces chiffres démontrent la popularité croissante de cette échappatoire.

N'empêche, le juge Lebel ne croit pas qu'il y a urgence, parlant de chiffres «relativement faibles». Il reconnaît quand même la légitimité de l'objectif poursuivi par Québec, celui de préserver le caractère francophone de la province, et admet que les écoles-passerelles peuvent générer des abus.

«Lorsque des écoles sont établies principalement dans le but d'aménager le transfert d'élèves non admissibles au réseau anglophone financé par les fonds publics et que leur enseignement sert, en effet, à réaliser ce transfert, on ne saurait affirmer que l'on se retrouve devant un parcours scolaire authentique. Encore faut-il examiner la situation de chaque institution, ainsi que la nature et le comportement de sa clientèle.» Bref, Québec doit évaluer non seulement quantitativement le séjour à l'école privée, mais aussi qualitativement. Le juge laisse toutefois entendre qu'un séjour «de six mois ou d'un an au début du cours primaire» ne serait pas suffisant.

Changer la loi 101?

La Cour suprême donne un an à Québec pour revoir sa loi. D'ici là, seul un des demandeurs, le jeune Satbir Bindra, doit être admis à l'école publique anglaise immédiatement. La Cour ordonne que le cas des 24 autres demandeurs soit réévalué.

Québec pourrait décider de réécrire la loi 101 pour qu'elle s'applique à toutes les écoles, y compris aux écoles privées non subventionnées, comme le réclame la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB). «Nous allons analyser toutes les hypothèses», a répondu la ministre responsable de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre. Elle dit avoir commandé un avis juridique à cet effet. Elle s'est dite «déçue et choquée» du jugement.

L'avocat des familles, le militant pour le droit des Anglo-Québécois Brent Tyler, met en garde contre cette tentative. «Bonne chance! Ce serait manifestement invalide en vertu de la Charte», a-t-il dit hier, ajoutant qu'il contesterait un tel changement devant les tribunaux.

L'Association des écoles privées du Québec se réjouit du jugement, qui ne fait selon elle que ramener la situation au point où elle était avant l'adoption de la loi 104. Elle évalue qu'il lui permettra d'attirer 500 élèves de plus par année.

Le président de la SSJB, au contraire, croit que la solution de la Cour suprême n'est pas réaliste. «On se retrouve à la merci de l'arbitraire, sans balises précises, dit Mario Beaulieu. Comment va-t-on juger de l'intention des gens?» Selon lui, cet autre affaiblissement des lois linguistiques québécoises démontre «qu'il n'y a pas moyen d'assurer l'avenir du français au sein du Canada».

Il n'y a pas que les souverainistes qui partagent cette opinion. Le seul député québécois du NPD, Thomas Mulcair, est choqué du manque de réalisme des juges. «La Cour tient un beau discours sur le droit qu'a le Québec de protéger le français, mais elle dit que les dispositions retenues pour le faire sont excessives. Alors, qu'est-ce qui peut être fait concrètement?», se demande M. Mulcair. Le rapatriement de la Constitution canadienne sans l'approbation du Québec est à blâmer ici, croit-il. «C'est ça, la cause profonde.»

Avec la collaboration de Robert Dutrisac






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  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 01h44
    Le double discours de la Cour suprême
    Dans son jugement rendu hier, la Cour suprême tient vraiment un double discours. Elle reconnaît la légitimité des mesures prises par le Québec pour protéger le français, considère louable l'objectif visé par la loi 104, mais trouve que les dispositions qu'elle contient sont excessives et donne un an au gouvernement du Québec pour refaire ses devoirs. Bon sang, que faudra-t-il faire exactement pour satisfaire ces juges ?

    Jean Charest (qui a voté pour la loi 104 en 2002) et sa ministre Christine Saint-Pierre se sont dits fort déçus de ce même jugement (on les comprend un peu !). Ils savent pourtant très bien que, si le Québec était indépendant, la défense du français serait beaucoup plus facile à assurer, mais ça, ils n'oseront pas le dire !

  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 06h55
    Triste constat...
    ...qui démontrela faiblesse grandissante de la voix francophone du Québec.

  • Normand Carrier
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 06h59
    Un autre jugement de la cour supreme qui affaiblit le francais .....
    Depuis la promulgation de la loi 101 en 1977 , il y eu près d'une dizaine de jugements de la cour supreme qui a tronqué la charte de la langue francaise en penchant toujours du même coté ! Cette loi fut attaquée de toutes parts et a perdu de son emprise originale et de sa force car elle heurtait la charte des droits et libertés fédérale !
    LA PREUVE EST FAITE QUE NOUS NE POURRONT JAMAIS BIEN PROTÉGER NOTRE LANGUE ET NOTRE CULTURE ET EN ASSURER LA PÉRENNITÉ tant que nous seront soumis aux décisions d'une autre nation qui controle les lois et la cour supreme et de plus en plus ne nous reconnait plus comme nation distincte .....Ceux qui s'imaginent que cela va changer s'illusionnent ...
    Normand Carrier

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 07h55
    La clause dite non-obstant.
    Il est impératif de rétablir la loi 101 dans son intégralité et de la renforcer mais Charest est-il assez «Québécois» pour ça?

    Non! La Cour Suprême ne tient pas de double discours. Elle pencher encore et toujours du même bord. Du bord des Anglos.

  • Jean Lapointe
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 07h57
    Le comportement des parents est aussi à dénoncer.
    Les hommes et les femmes qui contournent la loi pour pouvoir envoyer leurs enfants dans une école anglaise publique ne doivent-ils pas aussi être dénoncés?

    N' est-il pas aussi condamnable de faire cela que de contourner la loi du financement des partis politiques?

    Ces gens-là font-ils cela de leur propre initiative ou bien sont-ils incités à le faire par des individus qui agiraient par intérêt politique?

    Et qu'en tirent leurs enfants comme leçons? Se posent-ils seulement la question?

    Utiliser ses enfants pour contester une loi n'est-ce pas répréhensible ?

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 08h36
    Nous sommes un peuple d'insignifiants.
    Par la voix de ses juges qui sont nommés exclusivement par le gouvernement fédéral et sur la base d'une constitution qui fut imposée au Québec en 1981, le Canada nous dit encore une fois comment nous gouverner sur le chapitre de la langue et de l'accès à l'école anglaise. C'est une honte mais il n'y a qu'un seul peuple sur cette terre qui peut tolérer une telle situation.Nous sommes devenus un peuple d'insignifiants,sans ressorts et sans fierté, tout juste bon à se laisser manger la laine sur le dos, comme des moutons insignifiants.

  • Paul Rodgers
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 08h45
    Encore le « haut tribunal » des partitionnistes...
    Le « haut tribunal » des partitionnistes fait encore dans la bassesse colonialiste. Il lance dans la cour du présent gouvernement du Québec l'obligation de satisfaire son électorat ethnique colonisateur et québécophobe. Le gouvernement du parti des partitionnistes qui a ouvert grande la porte aux extrémistes partitionnistes d'Alliance Québec qui occupe entre autres le Ministère de la Justice du Québec... Voilà le Québec des anglais qui mobilise John James

    Aucune occasion n'est manquée par la ministre Saint-Pierre pour étaler son haut niveau de naïveté. Serait-elle capable de croire avoir été élue par des ethnies québécophobes pour mieux défendre le droit d'exister de la majorité qui rejette sa formation politique de collaboration?

    Tant et aussi longtemps que l'État du Québec demeurera dépendant des héritiers du colonisateur, de leurs petits colonisateurs ethniques et d'une poignée de « Canayens » colonisés aliénés et sous la gouverne d'un mercenaire sans colonne, avec une tête de cochon et une face de boeuf dès qu'il est confronté a la notion de représenter TOUS les Québécois, il ne pourra que reculer. Il y a pour l'État du Québec un haut prix à payer pour le NON de nos tristes immigrés de l'intérieur.

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonnée
    vendredi 23 octobre 2009 08h49
    Il y a urgence
    Ici, il n'est pas question d'un discours électoraliste mais bien de la recherche d'une solution qui assure au français de ne pas se retrouver toujours sous la coupe de la Cour Suprême.
    La recherche de solution doit tenir compte de la Charte des droits, de notre droit de choisir le français comme langue provinciale qu'on soit fédéraliste ou souverainiste.
    Julius Grey propose une solution bien qu'imparfaite mérite qu'elle soit mise sur la table et que cette solution finale ne soit ni opportuniste ni corporative mais issue d'un profond désir de trouver un équilibre viable pour tous... en français

  • Jean Martinez
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 08h50
    Le Québec encore affaibli
    C'est de cette façon que le Québec s'affaiblit progressivement au sein du Canada. Il n'est pas normal qu'au nom des droits et libertés conçues à l'anglo-saxonne, le Québec n'ait pas les pouvoirs législatifs dont il a besoin pour assurer la pérennité de son identité.

    Mais quand les Québécois sortiront-ils enfin de leur apathie pour prendre entièrement le contrôle et de leur nation?

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 09h08
    La Loi 101, ce n'est plus de la scrap
    32 ans après l'adoption de la Loi 101, 11% des élèves au Québec étudient en anglais alors que les Anglos ne font que 8% de la population du Québec!
    La Loi 101, ce n'est plus que de la scrap

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 09h14
    Quel est le but
    Quel est le but de la loi 101?
    1. Faire du Français la langue commune, c.-à-d. connu et capable d'être utilisé par tout québécois?

    2. Faire du français la seule langue d'usage publique au Québec?

    3. Faire du français la langue maternelle de tous les québécois qui n'ont pas l'anglais comme langue maternelle?

    À moins qu'il y a une autre série de but caché à la loi 101. Assuré une audience captif au artiste francophone? Protéger les emplois des professeurs syndiqués, s'assurer que le message nationaliste soit bien inculqué à tous les enfants sans exception, surtout aux immigrants. Pour qu'un jour un vote OUI au référendumdum.

    Car si le but est vraiment ce qui nous a toujours été présenté, celui d'avoir le français comme langue commune, la solution est très simple et serait très populaire tant chez les francophone que chez les anglophones et allophones, avoir un système scolaire unique ou du primaire jusqu'à la fin du CEGEP l'éducation se fait dans les deux langues, au début du primaire, les parent définissent qu'elle langue est prioritaire pour ne pas trop brusquer les enfants puis à la fin du primaire tous aurait des cours par alternance dans chacune des langues. À la fin du secondaire la maitrise du français serait un facteur pour l'obtention du diplôme pour tous. Les écoles seraient parfaitement bilingues, TOUS maitriseraient le français sans exception et l'objectif de la loi 101 serait rempli.
    À moins que ce ne soit pas cela l'objectif.

  • Claude Smith
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 09h23
    Trouver un moyen
    M. Charest, si vous voulez véritablement protéger la langue français que ce soit dans le milieu de l'éducation ou du travail, je vous suggère comme moyen de faire l'indépendance du Québec. A mon avis, avec le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne, la cour suprême est enfermée dans une logique qui ne peut aller que dans le sens d'un affaiblissement graduel de la loi 101.

    Claude Smith
    Vendredi, le 23 octobre 2009

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 10h19
    Feuille contre fleur
    Des neufs juges de cette Cour (les juges sont nommés par le (ou la) Gouverneur Général suivant les recommandations du cabinet du Premier Ministre du Canada, dont six furent appelés par les premiers ministres libéraux et frères ennemis Chrétien-Martin) aucun juges québécois n'a pris parti pour la survie de la langue française. C'est une honte que ce jugement unanime, surtout venant des quelques juges francophones. C'est d'autant compréhensible que ces juges n'ont pas été élus mais nommés par le parti politique au pouvoir, ceci expliquant cela.

    C'est effectivement «l'autre nation» par sa majorité qui décide de notre destinée. Si on veut survivre comme peuple il va falloir se libérer de la Cour Suprême du Canada, se donner une Chartre Québécoise et faire valoir que cette nouvelle Chartre Québécoise a priorité sur la Chartre Canadienne. Pour cela il va falloir avoir du courage et de la motivation.
    D'autre part, le gouvernement Charest savait qu'il risquait de perdre en Cour Suprême, pourquoi alors n'a-t-il pas pris le temps de prévoir une manière de boucher la brèche en exigeant que le système privé anglophone (non subventionné, paraît-il!) soit assujettit à la loi 101?
    A-t-il un dessein secret connu seulement de quelques uns? Monsieur Charest est au pouvoir depuis six ans et depuis six ans le Québec n'arrête pas de reculer et de se démembrer sur tous les plans. Et dire que quelques députés libéraux de moins auraient fait toute la différence...

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 10h25
    Le fédéral a peur!
    Christine Saint-Pierre est fâchée. Ouf!

  • Michel Leclaire
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 10h26
    La solution....
    Que les Québécois aient le respect d'eux même et SE DONNE UN PAYS.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 11h33
    Ces juges nommés par une autre nation
    Même s'il s'est dit lui-même déçu du jugement rendu hier au sujet de la loi 104, Jean Charest a quand même reproché à Pauline Marois de qualifier la Cour suprême de « tribunal d'une autre nation » en lui rappelant que ce nouveau jugement s'inspirait d'une décision déjà rendue par la Cour d'appel du Québec. M. Charest sait pourtant fort bien que dans les deux cas (Cour suprême et Cour d'appel) les juges sont nommés par Ottawa !

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 11h35
    A quand une seule école nationale au Québec?
    Une seule école, en français, de la maternelle à la fin de l'élémentaire. Plus d'écoles privées, plus d'écoles juives, grecques, musulmanes, anglaises. Une seule école nationale.
    Pour les anglos, on pourrait, là où le nombre le justifie, 50% de l'enseignement en anglais.

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 11h38
    Des écoles privées exemptées de la loi 101
    Le scandale est qu'il y est au Québec « des écoles privées non subventionnées, qui ne sont pas soumises aux lois linguistiques du Québec. » Comment les Québécois peuvent-ils tolérer que les élus, tous partis confondus, fassent montre d'une telle intolérance à l"égard des droits de la majorité à ne pas être noyée dans la mer anglophone que constitue l'Amérique du Nord ? L'habitude de la soumission, semble-t-il, une soumission auquel le peuple québécois francophone a été entraînée pendant plus de deux siècles.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Nicole Roy
    Abonnée
    vendredi 23 octobre 2009 11h55
    Déménager...ou rester là
    Ce jugement de la Cour suprême démontre bien que le Québec est dans une camisole de force. On ne peut rien faire pour protéger la langue française parce que la Charte canadienne des droits et libertés défend les droits individuels plutôt que les droits collectifs, c'est le fondement de tous les jugements.

    Je me demande pourquoi les parents qui veulent à tout prix envoyer leurs enfants à l'école anglaise au Québec ne choisissent pas de résider dans les autres provinces canadiennes. Leur choix ne serait pas contesté et ne brimerait pas les droits collectifs de la majorité francophone au Québec.

  • Hubert Larocque
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 11h59
    M. Michel Lebel et le "droit" (Réponse à "La primauté du droit")
    Nous serions d'accord avec vous si le droit que vous défendez n'était pas celui du Canada anglais. Le jugement de la Cour suprême est une application de la Charte des droits inclue dans la Constitution de 1982. Or celle-ci a été imposée au Québec et continue de l'être par le biais de ce jugement, entre autres. Personne n'ignore que les auteurs de cette constitution voulaient avant tout enfermer le Québec dans une prison où continuerait à s'appliquer librement le rapport de force instauré par la Conquête de 1759 entre Anglos et Francos. Le droit est toujours le droit de quelqu'un et non une loi écrite dans le ciel. Autrement, n'importe quel conquérant pourrait instaurer son droit et l'appliquer sans obstacle comme vous semblez le prôner dans dans le cas présent. Les trous et les illogismes du jugement d'hier devraient vous inciter à plus de sens critique et à une réelle prise en considération de l'intérêt et du sort de votre peuple. Un droit n'est légitime, et ne devrait s'appliquer, que lorsqu'il est consenti par le peuple concerné, au moins par sa partie la plus authentique, et qui reste fidèle à lui-même.
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 12h21
    Solution simple
    La loi sur la langue française peut se renforcer avec courage et esprit éveillé. D`abord l`apprentissage du français doit y inclure les Cégeps. Puis le financement des écoles non-françaises soit terminé, permettant au réseau francophone plus de fonds requis pour améliorer ses services de base. Mais cela requière du courage connaissant que Charest voulait permettre un financement à 100% des coûts des écoles juives, parce que cette communauté avait contribué au financement du Parti Libéral du Québec. Collusion et favoritisme ne peuvent simplifier la solution. Rien de surprenant avec Charest et compagnie. Là ou il y a homme il y a hommerie.

  • Alexandre Dionne
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 13h16
    Sur la quête axiale de la Loi 101 : réponse aux essais psychologiques de Claude Archambault....
    Monsieur, non que je veuille accorder créance et importance à vos représentations non informées et, ce qui est plus triste, entièrement sophistiques, mais c'est par de semblables mises en doute fallacieuses et somme toute fondées sur du vent, comme comme vous en offrez une démonstration aujourd'hui, que ce que l'on appelle désinformation prend naissance. Je porte à l'attention des lecteurs du DEVOIR l'excellent ouvrage d'un haut fonctionnaire de la Révolution tranquille à la décennie '90 et qui a oeuvré de la préexistence à la défense existentielle de la CHARTE de la LANGUE FRANÇAISE, M. Claude Corbeil : « L'embarras des langues ». M. Corbeil relate l'histoire du contexte politico-linguistique avant et depuis la Loi 101 du Parti Québécois, puis donne justement les axes normatifs et une histoire sérieuse de la Charte de la langue française. Par l'un de ses pères fondateurs et continuateurs bref !

    L'argumentaire de Claude Archambault est digne, à cette comparaison, d'un OVNI, d'un Objet Volant Non Identifiable ! Au demeurant, encore faudrait-il que Claude Archambault puisse voir le morceau de légèreté et d'incohérence de sa présentation de ce que pourrait et devrait vouloir dire le but d'une « langue officielle » (qui date de la Loi 22 soit dit en passant), autrement dit « publique commune », autrement dit « nationale », sans le qualificatif associé au sujet ! Les habitués de Claude Archambault connaissent bien les raisons dogmatiques et la tendance à la tautologie qui caractérisent et animent les écrits de cet hyper-unioniste (ignorant selon toute apparence ce qu'est un fédéralisme équilibré). M. Archambault, par contre, détient un sens de la subordination féodale et une pleine ouverture à l'uniformisation de la culture nationale du Québec par le multculturalisme destructeur de la Charte individualiste et simili non-nationale de Pierre Elliott Trudeau ! Du sophisme à l'état pur, des arguments de rhéteurs consommés à ranger dans la « filière 13 ».

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 15h03
    Il s'est toutefois engagé à combattre "avec toutes ses forces"...
    L'homme avec les deux mains sur le volant s'est engagé à combattre "avec toutes ses forces" ceux qui cherchent «la chicane» à des fins partisanes. Il combattra donc la chicane que pourra amener les nationalistes inquiets de cette intrusion ultime de la cour de Pise et, s'il lui reste des forces, "pour arriver à une solution qui est le reflet de nos valeurs". Il parlait sans doute de nos valeurs "d'ouverture". Pour Pauline Marois "ce jugement aura des conséquences très sérieuses" et... elle insiste ! Quand à Gilles Duceppe il déplore l'hypocrisie des fédéralistes. Hypocrite ou pas il semble que la commission scolaire impliquée ait payé les gages de Brent Tyler ! Ils n'ont même pas besoin de l'aide fédéral !
    Ça va sûrement se corser comme à Saint-Léonard...

    Claude L'Heureux, Québec

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