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Charest nie que trois ministres aient vogué avec Accurso

L'ADQ soulève une vague d'indignation en se fiant à la parole de Benoit Labonté

Antoine Robitaille   23 octobre 2009  Québec
Jean Charest
Photo : Le Devoir
Jean Charest
Journée à donner le mal de mer à l'Assemblée nationale, hier. En affirmant que trois ministres avaient séjourné sur le luxueux yacht de l'entrepreneur controversé Tony Accurso, la chef parlementaire de l'ADQ Sylvie Roy a créé un séisme politique. Sa seule source s'est avérée controversée, soit Benoit Labonté. Source que le premier ministre a lui-même tenté de démolir, en soirée.

Québec — C'est finalement à l'ex-chef de Vision Montréal Benoit Labonté que l'ADQ s'est fiée pour affirmer, en Chambre, que trois ministres du gouvernement avaient séjourné sur le yacht de l'entrepreneur controversé Tony Accurso. L'entourage de la chef parlementaire adéquiste Sylvie Roy a confirmé au Devoir que sa seule source venait de l'entrevue accordée par M. Labonté à RDI et diffusée hier soir.

«Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu'il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d'Accurso?», a lancé Mme Roy hier matin, au Salon bleu, s'attirant les foudres des libéraux et créant instantanément un séisme dans le milieu politico-médiatique. Jean Charest a même demandé à ce que le nouveau chef, Gilles Taillon, la démette de ses fonctions, ce que M. Taillon a refusé de faire, hier.

Une information a toutefois été confirmée par le premier ministre lui-même, hier soir, au moment où l'entrevue était diffusée. (Ce dernier a refusé de faire face à la presse parlementaire et n'a répondu qu'à un seul journaliste.) Le 5 mars, M. Labonté, qui était encore chef de l'opposition à Montréal, a rencontré Jean Charest. Le but: discuter de différents dossiers en lien avec la métropole. Mais M. Labonté, pour une raison inexpliquée, a prétendu, à la fin de l'entretien, vouloir informer M. Charest que trois de ses ministres avaient séjourné sur le bateau du fameux entrepreneur. «Deux sources me disaient que trois ministres avaient été sur le bateau de Tony Accurso», a précisé M. Labonté dans l'entretien diffusé hier. Le premier ministre a tout de suite demandé à M. Labonté les noms de ces trois ministres. M. Labonté a dit les ignorer. Trois semaines plus tard, ce dernier a finalement livré les noms de Julie Boulet, David Whissell et Norm MacMillan, ce qui a été confirmé par le premier ministre en entrevue. Le chef de cabinet du premier ministre de l'époque, Dan Gagnier, a vérifié l'information auprès des trois ministres. Résultat: tout était faux, soutien le premier ministre. Quant à M. Labonté, il a été informé du résultat des vérifications, mais a soutenu maintenir «sa version», qu'il prétend fondée sur des sources policières et politiques.

«Dégueulasse»

En Chambre plus tôt, le premier ministre avait sommé Mme Roy de donner les noms des ministres qu'elle évoquait. Cette dernière avait rétorqué: «Si le premier ministre veut connaître ces trois noms-là, s'il ne les sait pas, qu'il appelle une commission d'enquête publique.» Un procédé qualifié de «dégueulasse» par le bureau du premier ministre. Il a en tout cas conduit les médias, après la période de questions, à se livrer à une chasse singulière. Chaque ministre qui circulait dans les couloirs était interrogé: «Êtes-vous déjà allé sur le bateau de Tony Accurso?»

Au moment où la question lui a été lancée, personne ne savait que Norm Macmillan faisait partie des trois ministres nommés par M. Labonté. Mais le ministre s'est réfugié dans l'humour: «La dernière fois que j'ai fait du bateau, j'avais une truite de deux livres au bout de ma ligne, et ce n'était pas avec Accurso. Lui, il n'était pas au bout de ma ligne non plus.» David Whissell paraissait insulté que la question lui soit posée de nouveau (il y avait déjà nié en avril). «J'ai déjà répondu amplement. J'ai répondu à ça il y a très longtemps. Je n'ai jamais été sur ce bateau. À part dans vos articles...» Julie Boulet a pour sa part évité le couloir dans lequel se trouvaient les journalistes. C'est son attachée de presse Jolyanne Pronovost qui a soutenu plus tard que Mme Boulet ne connaît pas M. Accurso, qu'elle n'avait même «jamais rencontré» ce personnage. Quant au ministre des Finances, Raymond Bachand, il a répondu hier matin qu'en tant qu'ancien président du Fonds de solidarité de la FTQ, il a connu

M. Accurso, mais de la même façon qu'il a connu «des centaines d'autres investisseurs». «Je ne savais même pas qu'il avait un bateau», a-t-il précisé. Les ministres Nicole Ménard (Tourisme) et Jacques Dupuis, disent souffrir du «mal de mer».






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 00h44
    Peut-on se fier à la parole de M. Charest?
    J'ai entendu cette affaire de bateau à l'émission Enquête. Pour M. Charest malheureusement j'attends encore les explications et le noms des incompétents de la Caisse de dépôt qui mérite aussi une enquête publique. M. Gomery, M. Duchainau sont devenu propre tout d'un coup ils en ont entendus et jamais ils semble avoir contacter la police.

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 01h43
    On ne sait plus qui croire.
    Plus le gouvernement va refuser de tenir une enquête publique surtout ce scandale lié à Tony Accurso, plus les révélations vont se faire sur la place publique, plus les rumeurs les plus folles vont se répandre et plus elle vont menacer les gouvernements national et municipal et par extension toute la gente politique. Allons monsieur Charest, cessez votre entêtement. Faîtes un bon move : accorder ce que toute la population demande : une enquête publique, avec un mandat assez large pour tout couvrir et nommer un juge incorruptible à la John Gomery pour la présider. Il en va présentement de la survie de votre propre gouvernement. La vérité fait mal à entendre, mais elle est drôlement plus libératrice que l'enfermement dans la rumeur publique, les médisances et toutes les calomnies qu'elle cache.

  • Pierre Valois
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 02h07
    Qui dit vrai?
    On a reproché à Mme Harel sa naïveté d'avoir posé à M. Labonté des questions sur son éthique, et d'avoir obtenu des réponses qui se sont, par la suite, avérées fausses.

    Preuve que tous les menteurs n'ont pas un nez de Pinocchio.

    Et vantons plutôt toute la perspicacité de M. Jean CHarest et de son chef de cabinet,tout au moins d'ici jusqu'au moment où nous verrons peut-être quelques nez s'allonger.

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 07h40
    Tu nous prends pour quoi Charest?
    Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des lanternes ni les vessies pour des canards sauvages ti-Jean. Tout petit Jean, il faut une enquête publique.

    Tes sinistres ministres sont choqués qu'on leur demande s'ils connaissent le bandit? Ok! Commencez l'enquête par ceux là.

  • Alain Lavallée
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 08h05
    Il faut bien lire ce que dément M. Charest
    Il faut bien lire ce que déments le premier ministre Charest:
    """D'ailleurs, je ne connais aucun ministre de mon gouvernement qui aurait été sur le bateau de M. Accurso.""""

    Donc il dément l'existence de voyage en bateau,

    mais il demeure possible que d'autres formes de "lobbying" aient existé auprès des ministres de son gouvernement et de lui mëme.

    M. Charest a reconnu s'être fait payer un voyage de 4 jours au Mexique en 2000 (avion et hôtel) par une association d'entrepreneurs en construction.

    Accurso peut fort bien offrir d'autres formes "d'aide financières "et de "douceurs de lobbying."..

    Le 30 mai 2003 la ministre Boulet a dû quitter son poste de ministre parce qu'à titre de pharmacienne elle avait accepté des cadeaux du "privé", des faveurs de lobbying (lire l'article du 31 mai 2003, de Tommy Chouinard dans le Devoir)


    Mais pour découvrir cela il faudrait qu'il y ait enquête publique et le premier ministre ne le veut pas....

    semble-t-il qu'il vaut mieux que la population n'en sache pas trop.

  • Nicole Lamoureux
    Inscrite
    vendredi 23 octobre 2009 08h38
    Pourquoi????
    Question simple à John James Charest:

    Supposons que, je dis bien supposons qu'après la supposée vérification de Dan Gagnier, pourquoi n'avez-vous pas envoyé une ""mise en démeure "" à M. Labonté de se rétracter?? Je suis impatiente de connaître votre mensonge.

  • Pierre Tremblay
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 08h45
    Je vois à l'horizon un semblant de réponse...
    La question était, à M Charest: Est-ce que trois de ses ministres ont été sur le bateau de Tony Accurso? Présentement la réponse est NON. Mais si on réussi à faire une certaine preuve, c'est la`alors que M cHarest va probablement dire: "Ils ont été sur un bateau mais dans le temps ce n'était pas le bateau de Tony Accurso" ou "Ce n'est pas Tony Accurso qui les avait invités, donc ils ont cru que le bateau appartenant à quelqu'un d'autre" M Charest est spécialiste , avec le procureur de la couronne, M Dupuis, pour dévier toute vérité.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 10h23
    Tout sera connu
    Tremblay et Charest dénient ce qui monte à la surface. Pour le reste du monde occulte il faut tenir le couvercle le plus longtemps possible. Avec une montée de pression le presto saute toujours. Comme disait l`autre ce sont de faux-naïfs mais le peuple ne sera pas dupe le 1er novembre prochain.

  • Pierre Valois
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 10h42
    Je me souviens
    Entre 1760 et 1763, à Paris, comparaissent l'intendant Bigot et ses Quarante voleurs, qui ont pigé dans la caisse de la colonie pour s'en mettre plein les poches.

    Cela m'amène à penser ceci: puisque le Québec est passé maître dans les cérémonies commémoratives de nos misères, je propose donc, pour 2010, soit pour le 250 ième anniversaire du début de ce procès, que notre gouvernement provincial nous offre le plaisir d'une belle Commission d'enquête, question de prendre un tournant pédagogique pour faire le pont entre notre passé et la vie d'aujourd'hui.

    J'en profite aussi pour citer un extrait de la Guerre de la conquête, 1754-1760 de Guy Frégault, portant sur cette période :

    '' En maints endroits, pour ne pas dire partout, l'observateur attentif pouvait voir à l'oeuvre des coalitions d'intérêts économiques et politiques--et, dans les deux ordres, publics et privés: il pouvait mesurer l'influence que les grandes affaires exerçaient sur les gouvernements et constater l'immixtion des gouvernants dans de puissantes entreprises du ''commerce''. Au sommet de toutes les sociétés, quels qu'en fussent le régime et l'idéologie, s'étaient élevés des hommes d'action, d'ambition et d'intrigues qui savaient ce qu'ils voulaient, le voulaient avec force et s'efforçaient d'entraîner dans leur suite les collectivités qu'ils dominaient''(fin de la citation).

    Sam Hammad qui s'est fait le champion de l'oubli lors des événements ayant entouré le projet de la reconstitution de la défaite des Plaines d'Abraham, devrait bien être capable de nous faire un second discours, plus savant cette fois-ci, sur un épisode dont il est maintenant et désormais pour toujours l'un des acteurs.

    Par conséquent, M. Sam Hamad, faites-moi donc la différence entre l'intendant Bigot et ses 40 voleurs, et celle de l'intendant Charest et de ses 40 Aveugles. (pour dire le moins).

  • J.M. Rodrigue
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 12h08
    Et si c'était une fausse piste! tout est possible...
    Et si Charest avait révélé les noms des trois ministres pour envoyer tout le monde sur une fausse piste et si c'était chez d'autres élus qu'il fallait chercher?

    Seule une commission d'enquête pourrait (peut-être) faire toute la lumière à la condition toutefois que le commissaire choisi par le Premier Ministre ne soit pas un ami du Parti

  • Phil Ippe
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 12h39
    Menteurs
    le mensonge est fort...quel dommage que Dumont ait demissionné...la magouille est forte. Madame Weil a nommé son amie Corte chef des juges du Québec, puisque dans nos systemes les juges sont recompensé par leurs amis ministres...qui sont recompensé par la maffia semble-t-il...en gros, Accurso et cie possede le Quebec, et indirectement ses institutions...

  • Pierre Vachon
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 12h58
    Nous avons les dirigeants que l'on mérite !
    Bravo!Bravo!Bravo!Les Québécois et les Québécoises qui ont candidement voté pour ce "grand" (sic)parti qu'est le parti Libéral doivent être fiers d'eux-mêmes aujourd'hui! On voulait se débarrasser des méchants séparatistes, n'est-ce pas? Et par qui les a-t-on remplacés? Par une belle bande de menteurs, de fraudeurs, d'incompétents et d'hypocrites qui sont, ô joie, sur le point de se faire démasquer. Avouons que ça sent plus que mauvais! Plusieurs se demandent pourquoi notre premier ministre, dont j'ai honte, ne veut pas de commission d'enquête. La réponse est pourtant plus qu'évidente: c'est qu'il ne veut surtout pas que la vérité sorte sur la place publique, ce qui signerait son arrêt de mort politique à lui et à tous ses petits magouilleurs de service. Manifestement, le gouvernement libéral du Québec cherche, par tous les moyens, à gagner du temps. Tout ce qu'il a trouvé comme échappatoire, c'est "l'opération marteau", histoire d'assommer la population pour l'empêcher de crier trop fort, sans doute.C'est pathétique! Mais hélas, il se trouvera encore une fois une bande de naïfs pour avaler non pas la couleuvre mais l'énorme serpent que Charest et ses libéraux s'apprêtent à leur enfoncer dans la gorge. Et à la prochaine élection, nous verrons encore une belle procession de moutons aller voter pour cette bande de mécréants. Et c'est comme ça que ça se passe au pays du Québec. Un peu cynique, dira-t-on ? Non, pas du tout: conscient de la triste réalité, tout simplement. Mais, n'avons-nous pas les gouvernements que l'on mérite ?

  • Alain Rioux
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 15h56
    Perversion de la liberté: exclusivisme de la propriété privée1
    De tous ces allégations, dont le peuple a depuis longtemps subodoré, sinon subi privément et individuellement, les méfaits, nous pouvons conclure que, dès que la seule notion de propriété est érigée en système(capitalisme), alors la liberté est transformée en crime. De sorte que, toutes les entorses au droit, du moment où elles n'atteignent pas EXPLICITEMENT la propriété PRIVÉE, sont tolérées, voire promues. A telle enseigne que nos sociétés occidentales autorisent l'avortement(meurtre), l'homoparentalité(déni du droit fondamental de tout enfant à avoir un Père ET une Mère), le suicide assisté, l'euthanasie, lesquels sont des meurtres, la tolérance de la prostitution éphébophile(Affaire Mitterrand) etc...

    A ce stade de corruption, comment pouvons-nous envisager que même le monde du travail n'est pas pourri, par un système de caste? Car, si les droits fondamentaux à la vie et à la dignité de la personne sont bafoués si cyniquement, alors qu'en sera-t-il, surtout, de l'accès au travail, lieu suprême de l'asservissement d'autrui? Quel effort sera encore utile? Pourquoi même continuer à soutenir, par notre labeur, une telle société de caste, cette maffia de banksters, ou de gangsters, qui nous exploitent?...

    Une réforme en profondeur du système démocratique, avec élus de proximité(départements), comme Proudhon l'avait déjà signalé, serait peut-être un piste de solution...

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    vendredi 23 octobre 2009 17h08
    @M.Robitaille, Michelle Bergeron, Gilbert Talbot et tous les intervenants
    J'adore lire vos réactions qui sont le reflet de ma propre réaction. Y a nous autres qui lisons LE DEVOIR et tous les autres qui ne le lisent pas mais qui réagissent comme nous. Plus personne ne croit ti-Jean, si bien mentionné, et s'il retarde tant la mise sur pied d'une commission d'enquête publique, c'est qu'il sait trop bien à quel point ça peut être dangereux, pour lui comme pour ses ministres. Croire un ministre simplement parce qu'il dit NON à une question? C'est la risée totale.
    Les évidences ressortent quotidiennement dans l'information.
    et s'il retarde tant la mise.....publique, serait-ce parce qu'il veut avoir tout le temps de retourner l'ascenseur???
    Comme le disent les Ex de S.Durivage, à RDI,la perception. c'est la réalité
    J.Charest est toujours le même et je me demande encore commen il se fait qu'il ait été réélu et qu'on dise encore qu'il est est le meilleur pour diriger le Québec.
    Serait-on maso?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 24 octobre 2009 10h53
    Tout m`est dû
    Libéraux ont une chose en commun. D`Ottawa à Québec et Montréal ils cherchent à créer un climat de magouilles qui humilient la nation. Une enquête sur les démarches mafieuses des politiciens pourrait débuter par le pourquoi des 3 Lexus hybrides de Jean Charest. Il me semble que la Commission Gomery a identifié les réseaux, mais les membres de ces systèmes mafieux n`ont pas compris le message. Ceux-là jouent toujours au golf sur le Titanic, avec les balles de Chrétien!

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