jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Construction - Québec adopte l'approche Carcajou

«Ça démontre que les enquêtes en cours étaient insuffisantes», répond le PQ

Antoine Robitaille   22 octobre 2009  Québec
Québec — Québec annoncera aujourd'hui qu'il crée une escouade de type «Carcajou» pour lutter contre la corruption dans le domaine de la construction. Inquiet des soupçons de complicité qui se multiplient à son endroit en raison de son refus de tenir une grande enquête, le gouvernement Charest mettra le paquet pour projeter une image d'action: trois ministres, Jacques Dupuis (Sécurité publique), Sam Hamad (Travail) et Robert Dutil (Revenu) participeront à l'annonce cet après-midi à Montréal. Le directeur général de la Sûreté du Québec, Richard Deschesnes, les accompagnera.

Parmi les mesures qui seront présentées, on prévoit faire travailler davantage les corps policiers ensemble, comme à l'époque de Carcajou, cette escouade créée en 2000 composée d'enquêteurs de la GRC, de la SQ et de corps policiers de Montréal.

Ancien de Carcajou et de la SQ, le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, a soutenu, hier au Parlement, que la création d'une escouade spéciale était une bien meilleure stratégie, face à la corruption dans la construction, que de tenir une enquête publique. Pour la guerre des motards, c'est précisément le choix que le PQ avait fait en 2000, a-t-il rappelé. Or, à l'époque, le critique libéral en matière de sécurité publique, Jacques Dupuis (aujourd'hui ministre), réclamait quotidiennement une enquête publique. «Je remercie Serge Ménard de n'avoir pas cédé à Jacques Dupuis», a dit M. Ouellette au Devoir, alors qu'il sortait du Salon bleu. «Si, en 2000, le ministre Ménard avait cédé aux pressions de Dupuis, on n'aurait jamais pogné les Hell's Angels comme on les a pognés en 2001. On a arrêté la guerre des motards. Ce n'est pas rien.» Guy Ouellette rejette l'opinion souvent entendue ces derniers jours selon laquelle le travail policier conviendrait surtout aux enquêtes portant sur un cas précis. Au contraire, plaide-t-il, «les forces policières du Québec nous ont habitués à démonter des systèmes», a-t-il dit hier après-midi lors du débat sur la motion de l'opposition péquiste réclamant une enquête publique sur la construction et le domaine municipal (elle sera mise au vote ce matin). «On l'a vu avec les gangs de rue. On l'a vu avec les motards. On l'a vu avec la mafia italienne dans le projet Colisée», a soutenu M. Ouellette. En référence à l'annonce d'aujourd'hui, il a conclu qu'il fallait donner aux «forces policières les outils dont elles ont besoin».

Mardi, Le Devoir révélait que la Commission de la construction, chargée de l'application des conventions collectives dans les chantiers, avait réclamé récemment des moyens supplémentaires. La CCQ lutte contre le travail au noir, lequel, payé en argent comptant, est une méthode de plus en plus prisée de blanchiment d'argent. «On a demandé des moyens additionnels, et ça devrait être annoncé sous peu. La balle est dans le camp du gouvernement», a dit André Martin, porte-parole de la CCQ, en évoquant la création d'escouades mixtes et la «création de nouveaux outils [...] de partage d'information interorganisme». Déjà, la CCQ travaille avec le ministère du Revenu, la Régie du bâtiment, la Commission de la construction, la CSST et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Resucée

L'opposition péquiste a été mise au courant en fin de journée hier de l'annonce que le gouvernement doit faire aujourd'hui. Elle craint que cette dernière ne soit qu'une resucée du «spectacle» du dimanche 13 septembre, où trois ministres avaient présenté des mesures pour lutter contre la fraude: Jacques Dupuis et Richard Deschesnes, cette fois en compagnie de Kathleen Weil (Justice) et Raymond Bachand (Finances), avaient entre autres annoncé la création d'une «toute nouvelle équipe mixte» composée de 17 enquêteurs de la SQ et ayant pour mission «d'enquêter sur toute forme de malversation et de corruption».

Selon le critique péquiste en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, l'annonce d'aujourd'hui est en quelque sorte un «aveu d'échec» de la stratégie adoptée le 13 septembre. De plus, «ça démontre que les enquêtes policières en cours sont insuffisantes», a-t-il dit. «Peu importe ce qui est annoncé, ça reste une action au niveau des enquêtes policières, et non pas la réflexion nécessaire que nous devons avoir sur l'ensemble d'un système, sur l'octroi des contrats, les liens entre le monde de la construction et les municipalités», a dit M. St-Arnaud au Devoir, hier soir.

«Bouette» au Salon bleu

Hier en matinée, Jean Charest et Pauline Marois se sont mutuellement accusés de n'avoir pas toujours respecté les règles éthiques. La chef péquiste avait d'abord rappelé que son vis-à-vis était «allé au Mexique sur le bras de l'industrie de la construction», à l'hiver 2000. Mme Marois faisait référence au voyage qu'un important lobby, l'Association canadienne de la construction, avait payé à Jean Charest (alors chef de l'opposition) et à sa famille. Le chef libéral s'était rendu à Puerto Vallarta pour prononcer une conférence et rencontrer des représentants du monde de la construction.

Le premier ministre a répondu à la chef péquiste en l'invitant «à un peu de retenue et de prudence» et en soulignant que cette dernière vivait «dans une maison de verre». Le leader péquiste, Stéphane Bédard, a ensuite mis le premier ministre encore plus en colère en demandant si le Parti libéral allait se conformer aux directives du DGE et présenter plus clairement, dans son rapport annuel, le salaire d'appoint que Jean Charest reçoit du PLQ. C'est le ministre Claude Béchard qui a répliqué. En reprochant au PQ de mener «une opération de qui va lancer le plus de bouette», M. Béchard a accusé Pauline Marois d'avoir reçu, par l'entremise du Groupe Réflexion Québec, qui devait préparer sa campagne à la chefferie, des dons et des prêts sans en dévoiler la provenance.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Normand Carrier
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 06h40
    Pourquoi Jean Charest a une peur bleue d'une enquête publique ?
    LORSQUE QUE L'ON CONSTATE QU'UNE DIZAINE D'ARTICLES DU DEVOIR de ce matin sont consacrés a la corruption dans les municipalités et la constrution et que les maires de Montréal , de Laval et de Québec sont financés par les mêmes firmes de construction , cela signifie que le système de corruption est généralisé et est répandu dans toutes les sphères municipales et provinciales et que la gangrène y est solidement implantée......
    LA POLICE OU UNE ÉQUIPE SPÉCIALE VA-T-ELLE RÉGLER LES PROBÈMES DE FOND comme :
    - un don corporatif camouflé par une multitude de prête-noms
    - 20% des dons en argent qui ne sert qu'a un camouflage des donateurs
    - transfert de fonds au parti provenant d'une campagne a la chefferie
    - collusion des firmes de construteurs et de professionnels
    - monopole des 14 firmes qui ont la majorité des contrats a Montréal affetueusement appellés <les faboulous fourteen>
    - monopole de huit firmes a Laval qui ont la majorité des contrats
    - un voyage payé a un chef d'opposition ou politicien dans un endroit exotique par un organiste patronal
    POSER LA QUESTION , C'EST Y RÉPONDRE ET SEUL UNE ENQUÊTE PUBLIQUE a les moyens et les pouvoirs judiciaires pour exposer toute cette racaille et la faire connaitre . Un devoir de mémoire nous rappelle l'enquête Cliche qui a fait face a la mafia , aux bandits de la construction et a nettoyé les écuries d'Augias .....
    GUY OUELLETTE EN BON DÉFENSEUR DE SES PATRONS DUPUIS ET CHAREST A TORT de comparer un groupe circonscrits comme les Hells a un système généralisé qui touche a toutes les sphères des travaux de constrution et probablement répandu dans tout le Québec !
    SI JEAN CHAREST A SI PEUR D'UNE ENQUÊTE PUBLIQUE c'est veut garder le contrôle sur l'enquête , CE QUE LE MINISTRE DUPUIS PEUT FAIRE SUR UNE ENQUÊTE POLICIÈRE avec sa main mise sur les corps policiers en demeurant leur patron !
    84% DES ÉLECTEURS SOUHAITENT UNE ENQUÊTE PUBLIQUE et il deviendra intenable pour Jean Charest d'éviter une vraie enquête qui sera la seule garanti pour nettoyer l'écurie pour plusieurs décennies et son escouade spéciale servira aux enquêtes sous la direction des commissaires enquêteurs neutres et intègres ......
    Normand Carrier

  • Daniel Francoeur
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 09h28
    Un voyage au Mexique que l'on paye maintenant...
    Encore de la magouille libérale, mais ils montrent leur bonne foi en adoptant des petites mesures pour calmer la population. On essaie d'endormir le peuple, surtout ne demandez pas d'où vient l'argent (pots de vin?) qui grossit le compte de banque de Jean Charest Le peuple veut savoir par qui est payé le salaire d'appoint que Jean Charest reçoit du PLQ. Qui donne des chèques au PLQ? Ça sent mauvais!

  • Linda Hart
    Inscrite
    jeudi 22 octobre 2009 12h58
    L'art de noyer le poisson
    Le gouvernement tente de noyer le poisson avec cette patente policière. Nous voulons une enquête publique avec un mandat large pour faire la lumière sur la corruption partout au municipal et au provincial. Le gouvernement s'apprête à dépenser des milliards dans des travaux d'infrastructure, il doit imposer un moratoire là-dessus et mettre en branle une enquête publique. Personnellement j'en ai ras le bol de cette gagne de corrompus qui nous gouverne et qui dépense notre argent comme des marins en goguette. Je veux des noms et que ces gens-là se ramassent en prison. Je me fiche de quelques enquêtes bien choisies pour éviter, comme d'habitude, que les vrais coupables aient à payer et pour distraire le bon peuple, afin que ce système pourri continue. Un gouvernement qui veut augmenter les taxes, les tarifs et probablement aussi les impôts doit accepter que nous voulions savoir combien d'argent il a gaspillé, combien d'argent il a dilapidé au profit d'entreprises mafieuses et de divers intervenants dont la seule utilité tenait à leurs liens avec le pouvoir.

  • Pierre Tremblay
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 13h34
    EXCELLENT POUR FAIRE DIVERSION, M DUPUIS...
    On peut pas demandez un meilleur lieutenant que le minsitre Dupuis. Il veut souvent déchirer sa toge à l'assemblée nationale. Si les enquêtes de CARCAJOU commence aujourd'hui, imaginez le temps que cela va prendre pour pouvoir porter des accusations. Jean Charest va retirer sa pension de vieillesse du fédéral avant... UNE BELLE DIVERSION

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    jeudi 22 octobre 2009 16h55
    escouade!!!!spéciale
    est-ce que l'escouade spéciale sera régie et organisée et dirigée selon les normes de M.Charest comme semble l'être son code d'éthique?
    selon sa convenance et les amis qu'il doit protéger..Whissel, Couillard et cie.
    pourquoi cynique? poser la question c'est y répondre.

  • Pierre Valois
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 02h30
    Opération Tourne-Vices
    De quoi se nourrira donc cette escouade si tout ce qui est rapporté par les journaux et les personnes qui ont livré jusqu'ici des témoignages ne sont que des colporteurs de rumeurs, comme l'a laissé entendre ce soir le maire Tremblay?

    Nous n'aurions pas raison, à tous les entendre, ces politiciens, à prêter foi à ces colportages. Mais alors, que vient donc faire la police dans le gestion des rumeurs et des potins?

    Si l'affaire mérite les dépenses qu'une quarantaine d'hommes, qui vont partir à la pêche aux informations, elle mérite également la nomination d'une Commission publique.

    Québec a le choix de jouer en manchot, d'un seul bras ou de le faire des deux bras...La Police et une Commission d'enquête.

    Sans quoi on pourrait aussi croire que le parti libéral a délibéremment choisi de jouer toute sa saison, contre les mafieux, en désavantage numérique.

    Les mêmes politiciens se demanderont pourquoi les gens ne se présentent plus aux urnes.

    Je suis d'avis que lorsque mon gouvernement décide de ne pas agir dans toute la largeur et dans toute la plénitude de ses prérogatives et qu'il décide, comme on le disait déjà, de jouer fessier...qu'il ne s'étonne pas que les électeurs désertent les arênes de la politique.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012