Construction - Québec adopte l'approche Carcajou
«Ça démontre que les enquêtes en cours étaient insuffisantes», répond le PQ
Québec — Québec annoncera aujourd'hui qu'il crée une escouade de type «Carcajou» pour lutter contre la corruption dans le domaine de la construction. Inquiet des soupçons de complicité qui se multiplient à son endroit en raison de son refus de tenir une grande enquête, le gouvernement Charest mettra le paquet pour projeter une image d'action: trois ministres, Jacques Dupuis (Sécurité publique), Sam Hamad (Travail) et Robert Dutil (Revenu) participeront à l'annonce cet après-midi à Montréal. Le directeur général de la Sûreté du Québec, Richard Deschesnes, les accompagnera.
Parmi les mesures qui seront présentées, on prévoit faire travailler davantage les corps policiers ensemble, comme à l'époque de Carcajou, cette escouade créée en 2000 composée d'enquêteurs de la GRC, de la SQ et de corps policiers de Montréal.
Ancien de Carcajou et de la SQ, le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, a soutenu, hier au Parlement, que la création d'une escouade spéciale était une bien meilleure stratégie, face à la corruption dans la construction, que de tenir une enquête publique. Pour la guerre des motards, c'est précisément le choix que le PQ avait fait en 2000, a-t-il rappelé. Or, à l'époque, le critique libéral en matière de sécurité publique, Jacques Dupuis (aujourd'hui ministre), réclamait quotidiennement une enquête publique. «Je remercie Serge Ménard de n'avoir pas cédé à Jacques Dupuis», a dit M. Ouellette au Devoir, alors qu'il sortait du Salon bleu. «Si, en 2000, le ministre Ménard avait cédé aux pressions de Dupuis, on n'aurait jamais pogné les Hell's Angels comme on les a pognés en 2001. On a arrêté la guerre des motards. Ce n'est pas rien.» Guy Ouellette rejette l'opinion souvent entendue ces derniers jours selon laquelle le travail policier conviendrait surtout aux enquêtes portant sur un cas précis. Au contraire, plaide-t-il, «les forces policières du Québec nous ont habitués à démonter des systèmes», a-t-il dit hier après-midi lors du débat sur la motion de l'opposition péquiste réclamant une enquête publique sur la construction et le domaine municipal (elle sera mise au vote ce matin). «On l'a vu avec les gangs de rue. On l'a vu avec les motards. On l'a vu avec la mafia italienne dans le projet Colisée», a soutenu M. Ouellette. En référence à l'annonce d'aujourd'hui, il a conclu qu'il fallait donner aux «forces policières les outils dont elles ont besoin».
Mardi, Le Devoir révélait que la Commission de la construction, chargée de l'application des conventions collectives dans les chantiers, avait réclamé récemment des moyens supplémentaires. La CCQ lutte contre le travail au noir, lequel, payé en argent comptant, est une méthode de plus en plus prisée de blanchiment d'argent. «On a demandé des moyens additionnels, et ça devrait être annoncé sous peu. La balle est dans le camp du gouvernement», a dit André Martin, porte-parole de la CCQ, en évoquant la création d'escouades mixtes et la «création de nouveaux outils [...] de partage d'information interorganisme». Déjà, la CCQ travaille avec le ministère du Revenu, la Régie du bâtiment, la Commission de la construction, la CSST et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Resucée
L'opposition péquiste a été mise au courant en fin de journée hier de l'annonce que le gouvernement doit faire aujourd'hui. Elle craint que cette dernière ne soit qu'une resucée du «spectacle» du dimanche 13 septembre, où trois ministres avaient présenté des mesures pour lutter contre la fraude: Jacques Dupuis et Richard Deschesnes, cette fois en compagnie de Kathleen Weil (Justice) et Raymond Bachand (Finances), avaient entre autres annoncé la création d'une «toute nouvelle équipe mixte» composée de 17 enquêteurs de la SQ et ayant pour mission «d'enquêter sur toute forme de malversation et de corruption».
Selon le critique péquiste en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, l'annonce d'aujourd'hui est en quelque sorte un «aveu d'échec» de la stratégie adoptée le 13 septembre. De plus, «ça démontre que les enquêtes policières en cours sont insuffisantes», a-t-il dit. «Peu importe ce qui est annoncé, ça reste une action au niveau des enquêtes policières, et non pas la réflexion nécessaire que nous devons avoir sur l'ensemble d'un système, sur l'octroi des contrats, les liens entre le monde de la construction et les municipalités», a dit M. St-Arnaud au Devoir, hier soir.
«Bouette» au Salon bleu
Hier en matinée, Jean Charest et Pauline Marois se sont mutuellement accusés de n'avoir pas toujours respecté les règles éthiques. La chef péquiste avait d'abord rappelé que son vis-à-vis était «allé au Mexique sur le bras de l'industrie de la construction», à l'hiver 2000. Mme Marois faisait référence au voyage qu'un important lobby, l'Association canadienne de la construction, avait payé à Jean Charest (alors chef de l'opposition) et à sa famille. Le chef libéral s'était rendu à Puerto Vallarta pour prononcer une conférence et rencontrer des représentants du monde de la construction.
Le premier ministre a répondu à la chef péquiste en l'invitant «à un peu de retenue et de prudence» et en soulignant que cette dernière vivait «dans une maison de verre». Le leader péquiste, Stéphane Bédard, a ensuite mis le premier ministre encore plus en colère en demandant si le Parti libéral allait se conformer aux directives du DGE et présenter plus clairement, dans son rapport annuel, le salaire d'appoint que Jean Charest reçoit du PLQ. C'est le ministre Claude Béchard qui a répliqué. En reprochant au PQ de mener «une opération de qui va lancer le plus de bouette», M. Béchard a accusé Pauline Marois d'avoir reçu, par l'entremise du Groupe Réflexion Québec, qui devait préparer sa campagne à la chefferie, des dons et des prêts sans en dévoiler la provenance.
Parmi les mesures qui seront présentées, on prévoit faire travailler davantage les corps policiers ensemble, comme à l'époque de Carcajou, cette escouade créée en 2000 composée d'enquêteurs de la GRC, de la SQ et de corps policiers de Montréal.
Ancien de Carcajou et de la SQ, le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, a soutenu, hier au Parlement, que la création d'une escouade spéciale était une bien meilleure stratégie, face à la corruption dans la construction, que de tenir une enquête publique. Pour la guerre des motards, c'est précisément le choix que le PQ avait fait en 2000, a-t-il rappelé. Or, à l'époque, le critique libéral en matière de sécurité publique, Jacques Dupuis (aujourd'hui ministre), réclamait quotidiennement une enquête publique. «Je remercie Serge Ménard de n'avoir pas cédé à Jacques Dupuis», a dit M. Ouellette au Devoir, alors qu'il sortait du Salon bleu. «Si, en 2000, le ministre Ménard avait cédé aux pressions de Dupuis, on n'aurait jamais pogné les Hell's Angels comme on les a pognés en 2001. On a arrêté la guerre des motards. Ce n'est pas rien.» Guy Ouellette rejette l'opinion souvent entendue ces derniers jours selon laquelle le travail policier conviendrait surtout aux enquêtes portant sur un cas précis. Au contraire, plaide-t-il, «les forces policières du Québec nous ont habitués à démonter des systèmes», a-t-il dit hier après-midi lors du débat sur la motion de l'opposition péquiste réclamant une enquête publique sur la construction et le domaine municipal (elle sera mise au vote ce matin). «On l'a vu avec les gangs de rue. On l'a vu avec les motards. On l'a vu avec la mafia italienne dans le projet Colisée», a soutenu M. Ouellette. En référence à l'annonce d'aujourd'hui, il a conclu qu'il fallait donner aux «forces policières les outils dont elles ont besoin».
Mardi, Le Devoir révélait que la Commission de la construction, chargée de l'application des conventions collectives dans les chantiers, avait réclamé récemment des moyens supplémentaires. La CCQ lutte contre le travail au noir, lequel, payé en argent comptant, est une méthode de plus en plus prisée de blanchiment d'argent. «On a demandé des moyens additionnels, et ça devrait être annoncé sous peu. La balle est dans le camp du gouvernement», a dit André Martin, porte-parole de la CCQ, en évoquant la création d'escouades mixtes et la «création de nouveaux outils [...] de partage d'information interorganisme». Déjà, la CCQ travaille avec le ministère du Revenu, la Régie du bâtiment, la Commission de la construction, la CSST et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Resucée
L'opposition péquiste a été mise au courant en fin de journée hier de l'annonce que le gouvernement doit faire aujourd'hui. Elle craint que cette dernière ne soit qu'une resucée du «spectacle» du dimanche 13 septembre, où trois ministres avaient présenté des mesures pour lutter contre la fraude: Jacques Dupuis et Richard Deschesnes, cette fois en compagnie de Kathleen Weil (Justice) et Raymond Bachand (Finances), avaient entre autres annoncé la création d'une «toute nouvelle équipe mixte» composée de 17 enquêteurs de la SQ et ayant pour mission «d'enquêter sur toute forme de malversation et de corruption».
Selon le critique péquiste en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, l'annonce d'aujourd'hui est en quelque sorte un «aveu d'échec» de la stratégie adoptée le 13 septembre. De plus, «ça démontre que les enquêtes policières en cours sont insuffisantes», a-t-il dit. «Peu importe ce qui est annoncé, ça reste une action au niveau des enquêtes policières, et non pas la réflexion nécessaire que nous devons avoir sur l'ensemble d'un système, sur l'octroi des contrats, les liens entre le monde de la construction et les municipalités», a dit M. St-Arnaud au Devoir, hier soir.
«Bouette» au Salon bleu
Hier en matinée, Jean Charest et Pauline Marois se sont mutuellement accusés de n'avoir pas toujours respecté les règles éthiques. La chef péquiste avait d'abord rappelé que son vis-à-vis était «allé au Mexique sur le bras de l'industrie de la construction», à l'hiver 2000. Mme Marois faisait référence au voyage qu'un important lobby, l'Association canadienne de la construction, avait payé à Jean Charest (alors chef de l'opposition) et à sa famille. Le chef libéral s'était rendu à Puerto Vallarta pour prononcer une conférence et rencontrer des représentants du monde de la construction.
Le premier ministre a répondu à la chef péquiste en l'invitant «à un peu de retenue et de prudence» et en soulignant que cette dernière vivait «dans une maison de verre». Le leader péquiste, Stéphane Bédard, a ensuite mis le premier ministre encore plus en colère en demandant si le Parti libéral allait se conformer aux directives du DGE et présenter plus clairement, dans son rapport annuel, le salaire d'appoint que Jean Charest reçoit du PLQ. C'est le ministre Claude Béchard qui a répliqué. En reprochant au PQ de mener «une opération de qui va lancer le plus de bouette», M. Béchard a accusé Pauline Marois d'avoir reçu, par l'entremise du Groupe Réflexion Québec, qui devait préparer sa campagne à la chefferie, des dons et des prêts sans en dévoiler la provenance.
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