mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 15h17


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Québec ne contrôle pas ses dépenses

Le gouvernement a largement dépassé les objectifs fixés dans le budget

Robert Dutrisac   21 octobre 2009  Québec
Raymond Bachand
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Raymond Bachand
Québec — Le gouvernement Charest est incapable de contenir ses dépenses, dont la croissance a largement dépassé les objectifs fixés dans le budget.

Les comptes publics pour l'année 2008-2009, dévoilés hier par le ministre des Finances, Raymond Bachand, révèlent que les dépenses de programmes du gouvernement ont connu une croissance réelle de 6,8 % l'an dernier, alors qu'une hausse de 4,2 % était inscrite dans le budget 2008-09. Il s'agit d'un écart de 1,4 milliard par rapport aux prévisions.

Raymond Bachand a toutefois donné l'assurance qu'un tel dépassement ne se reproduira pas pour l'année en cours, alors que la croissance des dépenses prévue est de 4,5 %, ni pour les trois années subséquentes, pendant lesquelles le gouvernement prévoit limiter la hausse à un maigre 3,2 % par année.

«Presque trois quarts de l'écart, c'est du non récurrent», a fait valoir Raymond Bachand, qui doit rendre publique la semaine prochaine une mise à jour économique et financière et donner ainsi un aperçu des résultats pour l'année en cours. «Avec la mise à jour, vous verrez que la moyenne des deux années 2008-09 et 2009-10 va revenir [...]. C'est un petit scoop», a dit le ministre sans vouloir préciser.

Le Québec affiche une croissance moyenne de ses dépenses de programmes de 4,9 % depuis six ans, et de 4,6 % si on exclut la flambée exceptionnelle de l'an dernier. Pour revenir à la moyenne de 4,9 %, comme l'a évoqué M. Bachand, il faudrait que le gouvernement parvienne à dépenser moins que prévu, du jamais vu depuis au moins une décennie.

L'objectif de limiter à 3,2 % la croissance des dépenses dès l'an prochain, «ça va être difficile», a reconnu M. Bachand, rappelant les hausses de dépenses en santé, en éducation, en transport et dans l'Aide à la famille.

En se comparant aux provinces canadiennes, le Québec peut trouver une source de réconfort, croit M. Bachand. En Ontario, le taux de croissance annuel des dépenses de programmes est de 6,9 % en moyenne depuis six ans, et la moyenne canadienne s'élève à 7,3 %. Seule la Colombie-Britannique fait mieux que le Québec, avec une croissance de 4,4 %, ce qui est d'autant plus remarquable qu'il s'agit d'une province dont la croissance démographique est forte, contrairement au Québec.

«Nous avons plus de dettes [que les autres provinces], mais leurs budgets sont un peu plus hors de contrôle que les nôtres pour les douze derniers mois et à l'avenir», a souligné M. Bachand.

Selon les comptes publics, l'écart de 1,4 milliard entre la croissance réelle des dépenses et les prévisions s'explique par différents facteurs. L'arrivée de la récession à la fin du dernier exercice fait partie de la donne: ainsi, Investissement Québec a dû hausser de 220 millions sa provision pour pertes en raison de ses interventions auprès des entreprises.

De même, Revenu Québec a relevé de 414 millions sa dépense pour créances douteuses. Les conditions économiques difficiles y sont pour quelque chose, mais aussi l'intensification de la lutte contre l'évasion fiscale, qui doit procurer au gouvernement quelque 900 millions d'ici 2013-14. Il semble que le fisc réussisse à débusquer un plus grand nombre de contribuables qui se livrent à l'évasion fiscale, mais ces derniers sont souvent insolvables.

En outre, en 2008-09, le fiasco de l'Îlot voyageur a coûté 200 millions au gouvernement, qui a renfloué l'UQAM. Les comptes publics font aussi état d'un imprévu de 132 millions pour les infrastructures locales, d'un dépassement de 88 millions à la santé et du coût de l'élection du 8 décembre 2008, une facture de 63 millions.

Enfin, l'intégration des réseaux de la santé et de l'éducation dans le périmètre comptable du gouvernement a coûté 195 millions.

Raymond Bachand s'est réjoui, hier, du fait que le vérificateur général ait approuvé les comptes publics sans restriction, et ce, pour une troisième année de suite.

C'est grâce à la réserve constituée par Monique Jérôme-Forget que le budget 2008-09 s'est équilibré. Le déficit annuel de 1,258 milliard est plus élevé de 630 millions que ce qui était prévu à l'origine, une somme de 587 millions a été versée au Fonds des générations et la réserve a comblé le vide pour un montant de 1,845 milliard, soit 475 millions de plus que prévu.

La dette nette du Québec s'élève à 128,8 milliards au 31 mars 2009, soit 2,2 milliards de plus que projeté il y a plus d'un an.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Nathalie Picard
    Abonnée
    mercredi 21 octobre 2009 01h48
    jonglerie
    En voyant tous ces chiffres, je ne peux m'empêcher de penser au directeur de l'école secondaire près de chez moi, qui nous révélait que le gouvernement a exceptionnellement saisi à la fin de la dernière année scolaire, tous les surplus et coussins budgétaires de toutes les écoles, y compris le fond discrétionnaire des parents, dans une "grande opération comptable virtuelle". Voilà comment ce gouvernement équilibre ses comptes, et comment il récompense une gestion prudente. Nous renouerons ainsi avec la mentalité à courte vue qui consiste à dépenser systématiquement tout son budget même si ça serait mieux d'attendre, de peur que la même manoeuvre se reproduise. La panique politique fait faire bien des conneries.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 03h36
    Nous sommes en belle dette
    Grosses dettes fédérales et provinciales du Canada, un pays riche mais endetté.

    Est-ce qu'on se doit le pays aux Chinois ? Aux plus riches Canadiens ? Aux Allemands peut-être ? En partie, à la mafia ? À qui et pourquoi ça augmente tant ? Simple, nos gouvernements nous donnent des bonbons à crédit pour mieux se faire élire prochainement en endettant les prochaines générations qui s'arrangeront.

    Une économie capitaliste basée sur la consommation qui est basée sur les dettes individuelle et collective. Un genre de cercle infernal qui va finir par être très vicieux.

  • Pierre Tremblay
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 08h43
    PEUT-ON CROIRE LES LIBÉRAUX ET LE BUDGET?
    Les péquistes ont fait pareil. On fait le déficit que l'on a annoncé et le reste, on le balaie sous le tapis. Comme ça, on peut dire à la population que l'on a fait exactement ce que l'on a dit.

    MOI AUSSI JE PEUX ÊTRE UN BON ADMINISTRATEUR ET POLITICIEN DANS CE TEMPS LÀ. hum!!!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 09h21
    l'état providence
    On veut tout maintenant et gratuitement, on ne veut pas de coupure et un gèle des tarifs.
    Garderie à $7 qui en coute réellement une fortune de plus
    Frais de scolarité les plus bas en Amérique, gèle depuis des lunes... une autre vache sacrée
    La plus grosse fonction publique au pays.
    Et maintenant des fonctionnaires qui veulent non seulement du rattrapage mais un enrichissement.

    Ce n'est pas le gouvernement qui a perdu le control ce sont les québécois qui ne contrôlent pas leur demandes.

    Bref l'état providence s'essouffle en ce temps de crise économique, surtout que le Québec est une des provinces les plus pauvres, mais qui fournit plus de service que les provinces les plus riches.
    Çà doit être la faute d'Ottawa, des immigrants qui ne s'intègrent pas, des CEGEP anglophones, du manque de français dans les rues de Montréal.............. j'oubliais aussi peu être que c'est de notre faute à nous tous.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 09h32
    Quelle surprise
    La dette du Québec croit par la faute du ministre des finances Bachand et collègues. Souvenez-vous des cadeaux aux Molson de %75 millions, à l`Oratoire Saint-Joseph $25 millions, bientôt $100 millions pour un future club Les Nordiques, et cetera. À en croire ces sbires du irréel l`argent de Monopoly a sa raison d`être. Bientôt Bachand fera face à une décote de la dette du Québec et vos impôts doubleront. Et puis nous passerons sur les abus des universités avec campus multipliés et super-hopîtaux de Montréal à l`horizon. La dette aura crû de $100 milliards en 2013 soit seulement après 10 ans, avec les deux mains sur le volant, de ces brigands politiciens. Sans parler des affaires municipales qui enrichissent les contracteurs-supporteurs, faiseurs d`élections.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 09h32
    Et combien coute le 128 milliards?
    7 milliads à peine. Des pinottes

  • Normand Carrier
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 10h29
    Ces maudits Québécois monsieur Archambault......
    C'est la faute des Québécois qui ont perdu le control de leur demandes !!!!Wow , wow les moteurs monsieur Archambault ! Se pourrait-il que votre <bon ouernement> comme dirait Gilles Proulx manque de leadership et de pédagogie ? C'est a lui de prendre les décisions appropriées et c'est pourquoi il a été élu .....
    Pour se faire élire il nous a dit que la crise éviterait le Québec , qu'il n'y aurait pas de déficit et que la C.D.P.Q. ne ferait pas de déficit et les Québécois qui l'ont cru et ont voté pour Jean Charest étaient sûrs de voter pour un gouvernement en moyen ! Maintenant vous vous attendez a ce qu'ils ne revendiquent rien et ne veulent pas participer a cette richesse ...
    C'est donc dure de voir la vérité lorsqu'aveuglé par la partisannerie et en aucun moment vous blamez le gouvernement de Jean Charest . Tout le monde est coupable mais pas lui ... Des fois vous faites dure mais dans le fonds , vous faites pitié ....
    Normand Carrier

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 11h21
    À Normand Carrier
    Trop facile de toujours blâmer le gouvernement. Dans l'état actuel des choses, n'importe quel gouvernement ferait exactement pareil. Scusez, j'oubliais, sauf un gouvernement péquiste dans un Québec indépendant qui, lui, a une baguette magique et réglerait tous nos problèmes en un tourne-main en faisant sortir des lapins de son chapeau!
    M. Archambault a en partie raison. Ce n'est pas normal que nous subventionnions les études universitaires d'une armée de jeunes qui vont en cours en auto, un iPod attaché à la ceinture et, au bout de quatre ans, ne sont même pas foutus de parler un français correct pour enseigner à nos enfants. Les frais de scolarité sont moitié moins chers au Québec qu'en Ontario, cherchez l'erreur.
    Les garderies à 5, puis 7 dollars, c'est une bonne chose, mais le Québec n'a pas les moyens de ses ambitions. Nous sommes une province pauvre.
    Comme dirait l'autre : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que VOUS pouvez faire pour votre pays. »
    Astère, ce n'est que l'avis d'un taré qui a voté Libéral aux dernières élections et qui attend toujours que vous le traîniez en justice.
    Espèce de guignol, va!

  • Jerome Letnu
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 11h53
    Retour du boomerang
    Quand le PQ retournera au pouvoir, il pourra servir au libéraux la même excuse que celle que Charest sert en pareille situation: "le gouvernement précédent a laissé les finances dans un état désastreux". ça leur permettra de se dédouané de toute obligation de discipline, et il pourront dépenser sans compter eux aussi.

  • Normand Carrier
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 12h06
    Beaucoup de mots pour rien monsieur Merven ......
    Ce n'était pas nécessaire d'utiliser tous ces arguments pour me répondre car je suis en mesure d'en apprécier la teneur et souvent j'utilise certains de ces arguments ! Mais l'essence de ma réponse a monsieur Archambault etait basée sur les mensonges , l'hypocrisie et les fausses présentations de monsieur Charest en campagne électorale que vous avez ignoré dans votre lonque missive qui éludait mes propos .... Ne croyez- vous pas qu'il y a une limite a la fourberie sur le bon peuple qui veut aussi profiter de la manne et que le gouvernement a un devoir de vérité et de pédagogie ! Comment demander aux contribuables des sacrifices et des hausses de tarifs quant ils voient ses politiciens au pouvoir se servir allègrement dans l'assiette au beurre et que les travaux de construction nous côute plus de 35% a cause de la magouille . Après il y a des zinzins pour nous reprocher notre pauvreté !
    Tant qu'au reste je n'ai aucune lecon a recevoir de vous et votre show de grand gignol ne m'impressionne pas car votre chef nous a habitué a du grand gignol....
    Normand Carrier

  • Alain Bonin
    Abonné
    mercredi 21 octobre 2009 16h54
    Bravo Mr.Carrier.
    Vous avez très bien répondu au courriel de Mr.Merven. Ce sont les gens qui détiennent le pouvoir qui peuvent changer les choses. Le seul moyen pour la population de pouvoir décider ce qui est bien pour elle serait des lois pour une transparence gouvernementale totale ( avec toutes les informations objectives et non biaisées). Malheureusement je ne crois pas que cela se produise de mon vivant.

    Donc il ne nous reste que les gouvernements en place.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 16h59
    Il n'y a rien d'étonnant
    Nous sommes gouvernés par des pelleteux de nuages depuis cinquante ans. On n'en finit plus de créér des programmes sans savoir combien ils coûteront. Une seule solution pour remettre les finances à flots: Sabrer dans les programmes. Il n'est pas normal que nous devions recruter des ouvriers au Mexique aux Philippines et ailleurs pour la cueuillette annuelle des pommes ou pour travailler dans les porcheries ou au salaire minimum. Les deux Partis de gauche qui nous gouvernent depuis cinquante ans n'ont jamais eu le courage de s'attaquer aux vrais problêmes.
    Paul LaFrance
    Québec

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 16h59
    Félicitations M. Carrier!
    Je suis d'accord avec vous que l'approche des les libéraux, tout comme celles de MM Archambault et Merven, ne tient pas la route. Ils essaient de se faire du capital politique en montant en épingle des cas particuliers. Pareilles généralisations basées sur des anecdotes porte un nom : sophisme.

    S'il vivaient pendant une seule journée dans la peau d'une famille qui doit tirer le diable par la queue (ou d'un étudiant universitaire qui doit travailler et étudier à temps plein en même temps pour avoir un toit et de quoi se nourrir) à cause de l'idéologie néolibérale de Charest et ses collègues, je suis persuadé que leur discours changerait considérablement.

    Une très bonne partie des problèmes de la société s'explique par la croissance des inégalités sociales (en matière d'économie, d'emploi, de santé, etc.) qui ne peuvent faire autrement que provoquer la division et la haine au détriment de la solidarité.

    Peut-être est-ce cette même haine qui a motivé M. Archambault (que je ne connais pas...), à m'envoyer personnellement un courriel où il se réjouissait outrageusement de la mort de Pierre Falardeau. Ce brave patriote a d'ailleurs dédié sa vie à promouvoir la liberté, la justice économique et le droit du Québec de devenir réeelement maître chez lui... drôle de coïncidence !

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 21 octobre 2009 19h16
    Une solution bien pratique
    Montréal a deux fois plus d`échevins que Toronto pour la moitié de la population. Longueuil a deux fois plus d`échevins que Laval pour une même population. Les échevins sont élus pour réclamer une partie du budget municipal pour leur quartier. Sous ce scénario on est confronté par une pression insoutenable pour les payeurs de taxes sur le contrôle des dépenses. Réduisons le nombre d`échevins, trop bien payés, de moitié et toutes les villes impliquées seront à l`intérieur de l`enveloppe budgétaire. Solution simple et pratique bien que les maires n`ont pas le courage nécessaire pour se tenir debout et réduire le nombre d`échevins dans leurs villes respectives.

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
14 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010