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Gouvernement Charest - Chercher le nord

Bernard Descôteaux   16 octobre 2009  Québec
On le sait maintenant, le plan Nord dont le premier ministre Jean Charest aime émailler ses discours n'existe pas. C'est d'abord un slogan publicitaire conçu à l'automne 2008 pour attirer le vote des électeurs des régions nordiques du Québec. Néanmoins, l'idée d'un tel plan est bonne... à la condition que l'on ait une vision bien structurée du développement du Nord québécois. Bref, que l'on se donne un vrai plan.

La ministre Nathalie Normandeau, à qui le premier ministre a confié la responsabilité (on ne peut parler de mise en oeuvre d'une chose qui n'existe pas), a admis cette semaine que ce « plan » n'était pour l'instant rien de plus qu'une « démarche ». Que dire d'autre puisqu'elle n'a même pas de politique du Nord à proposer aux participants à la première rencontre la « Table des partenaires du Nord » qui aura lieu à Québec au début de novembre. Une façon de dire qu'on amorce un processus de concertation qui, un jour, débouchera sur un plan.

S'il était amusant de voir la ministre Normandeau s'enferrer dans un débat sémantique autour du mot « plan », il faut constater au moins une chose positive. Il existe bel et bien de la part du premier ministre Charest et de son gouvernement une volonté d'accentuer le développement des régions nordiques. Il faut s'en réjouir. Il suffit de regarder une carte des ressources naturelles du Québec pour constater que le Nord peut être une véritable « mine d'or » ces prochaines décennies.

L'actuel premier ministre n'est pas le premier à avoir cette intuition. Dans les années 1920 et 1930, Alexandre Taschereau a fait de la colonisation de l'Abitibi « le grand oeuvre » de son régime. Maurice Duplessis ouvrait pour sa part la porte au développement minier de la Côte-Nord avec la construction de Schefferville à la fin des années 1940. Pour Jean Lesage, ce fut le développement hydroélectrique avec la Manic, voie suivie à son tour par Robert Bourassa avec le développement de la baie James. L'entente de la baie James conclue avec les Cris et les Inuits mit en place pour la première fois une approche structurée du développement des territoires nordiques, que vint compléter sous Bernard Landry l'accord dit de la « Paix des braves ».

Le gouvernement Charest ne part pas de zéro dans l'élaboration d'un véritable plan Nord. Le défi qui l'attend est de rassembler ce qui est pour l'instant des morceaux épars et d'élaborer une vision d'ensemble à laquelle pourront adhérer les ministères du gouvernement, des sociétés d'État comme Hydro-Québec et la SGF, les grandes entreprises privées présentes sur ce territoire, des minières essentiellement, puis les municipalités et les communautés autochtones.

Vaste programme que celui-là puisque mettre au même diapason tous ces intervenants prendra des années. Entre la signature de l'entente de la baie James et celle de la Paix des braves, il y aura eu 25 ans de heurts juridiques entre les Cris et Hydro-Québec. Sur la Côte-Nord, des Innus ont déjà forgé une alliance stratégique contre le plan Nord. On peut entrevoir des années de contestation avant d'en venir à une « Paix des braves 2 ».

La « démarche » qu'entreprend aujourd'hui la ministre Normandeau est la bonne. Elle nécessitera de la patience. Il s'agit là du projet d'une génération. En fait, de plusieurs générations qui trouveront là les ressources pour assurer le développement du sud du Québec. Tant mieux si, comme elle dit, les sceptiques sont un jour confondus.
 
 
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  • Andre Vallee - Abonné
    16 octobre 2009 19 h 39
    Belle mise au point
    M. Charest es un politicien qui a le sens du spectacle. Plusieurs de ses balounes lui ont pété au visage. Dans le cas du Nord, il a essayé de paraître comme un précurseur; il n'est qu'un successeur qui a de la difficulté à suivre ses prédécesseurs. Tentera-t-il encore de faire des cadeaux à ses amis et de diminuer nos capacités locales?
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  • Frédéric Pearson - Abonné
    11 novembre 2009 08 h 53
    Petite correction
    Vous dites, M. Descôteaux que le Plan nord a été un beau slogan pour attirer le vote des régions nordiques lors des dernières élections. Je crois plutôt que cela a servi à faire vibrer la corde sensible des électeurs du sud, plus nombreux, qui voient le Québec comme un peuple de grands bâtisseurs. Juste à voir comment les élus du sud de la province salivent en voyant les richesses du nord et vous voyez que la stratégie était surtout destinée à gagner le vote au sud du 49e parallèle...
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