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Un tournant ?

Michel David   10 octobre 2009  Québec
Stephen Harper serait-il sur le point de réaliser le rêve que tous ses prédécesseurs conservateurs ont poursuivi en vain depuis les beaux jours de sir John A. MacDonald, soit remplacer le PLC comme parti naturel de gouvernement au Canada?
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  • Pierre Tadros
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 00h03
    Vrai mais pathétique
    Il est vrai que la conjoncture est importante pour le mouvement indépendantiste; mais c'est aussi vrai pour l'ensemble du monde politique. Faire l'indépendance d'un pays est une révolution en soi. Or, nous sommes passablement loin d'un esprit révolutionnaire au sein d'un PQ figé et qui se fait maintenant gloire d'éloigner tout ce qui est un peu créatif en dehors des dirigeants. Bref, tout comme l'ADQ a profitée de la conjoncture, le PQ pourrait aussi en profiter. Mais, si rien ne change, il n'y a rien d'emballant là dedans. C'est même plutôt pathétique...

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 02h33
    Les prochaines élections fédérales et la souveraineté
    Si les prochaines élections fédérales se déroulent comme la conjoncture actuelle semble le postuler, le Québec sera isolé du reste du Canada et peu de Canadiens se rendront à Montréal pour déclarer leur attachement aux Québécois comme on l'a fait au moment du dernier référendum. Finies les déclarations d'amour !

    Quelle sera la réaction de Jean Charest devant les rebuffades d'Ottawa à verser au Québec les deux milliards que devrait lui rapporter son harmonisation des taxes, devant son indifférence à soutenir l'industrie forestière, devant la peau de chagrin dont on doit constater qu'elle affecte le soutien aux arts et à la culture, et que pourra obtenir le Bloc québécois dans une telle conjoncture et cela alors que le parti québécois apparaît dominé face aux libéraux de Jean Charest ? Est-il illusoire de penser que Jean Charest impose de nouvelles conditions pour maintenir son fédéralisme ?

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 06h39
    Que faut-il faire?
    Si le nombre de sièges à la Chambre des communes s'élevait à 342, comme le propose le gouvernement de Stephen Harper et que le Québec ne maintienne que ses 75 sièges, il deviendrait non seulement possible de gouverner sans le Québec, mais la chose deviendrait également plus facile. Il suffirait qu'un parti obtienne 172 sièges, même sans en avoir aucun au Québec, pour former un gouvernement majoritaire. Cela serait réalisable, comme lde dit l'éditorialiste, si l'Ontario et quelques provinces de l'Ouest votaient massivement, mais pas unanimement pour ce parti. Ce qui veut dire que les conservateurs et les libéraux pourraient former, alternativement, des gouvernements majoritaires sans que les électeurs Québécois ne puissent y faire entendre leurs voix.

    Que faut-il faire pour que le Québec ne soit pas éternellement dans l'opposition?

    Il faut songer à des propositions nouvelles et hardies pour assurer une place essentielle aux Québécois et autres francophones canadiens dans le système fédéral. J'en avance une. Former une association entre les trois grandes nations canadiennes.

    Ma suggestion consiste à pousser un peu plus loin l'initiative que la classe politique canadienne avait prise en 2006 de faire reconnaître le fait que les Québécois forment une nation au sein de la fédération. On se souvient que c'est le parti libéral qui avait pris cette initiative, et Michael Ignatieff en réclame encore la paternité. On sait maintenant que le gouvernement conservateur a été opportuniste, qu'il a saisi la balle au bond et qu'il a fait adopter par la Chambre des communes en novembre de la même année, la résolution qui reconnaît que "les Québécois forment une nation dans un Canada uni".

    Les observateurs ont cependant remarqué que les déclarations du Premier ministre, des ministres et des leaders des partis l'Opposition ont confirmé le sens qu'il fallait donner à l'expression "Québécois" utilisée dans cette résolution, en français comme en anglais. Pour tout observateur sérieux, le mot Québécois, dans cette résolution, englobe tous les Canadiens-français quel que soit l'endroit où ils habitent au Canada. On comprend qu'il s'agît de ceux qui s'appelaient autrefois les Canadiens par opposition aux Anglais, qui se sont ensuite appelés les Canadiens-français et plus récemment les Québécois.

    Il me semble que la même définition de nation pourrait s'appliquer aux Canadiens-anglais et aux Autochtones, quel que soit l'endroit où ils habitent au Canada. Il est facile de constaters d'ailleurs qu'il y a des "Québécois" dans toutes les provinces du Canada, qu'il y a également des Autochtones dans toutes les provinces et la même chose pour les anglophones. Nous aurions alors la reconnaissance d'une réalité incontournable, l'existence de trois nations fondatrices. Les Anglais et ceux qui ont adopté la langue anglaise, les Québécois et ceux qui ont adopté la langue française, et les Autochtones. Les trois piliers d'un Canada bilingue et multiculturel, bordé par trois océans.

    Le grand avantage de cette initiative serait de placer les questions constitutionnelles et nationalistes dans un nouveau contexte où les trois nations seraient appelées à se parler et à se concerter dans un forum qui leur serait propre et où chacun serait traité comme un égal et disposerait d'un droit de proposition et de veto. Il ne serait pas illusoire de penser qu'un jour cet arrangement serait reflété dans la Constitution canadienne.
    Le gouvernement libéral, au pouvoir à Québec depuis plus de cinq ans, surveille et généralement défend sincèrement et avec agressivité les intérêts des Québécois, mais il ne semble pas disposé à proposer pour l'instant de grands débats constitutionnels.

    Le parti Québécois soulève de moins en moins souvent les questions relatives à un prochain référendum sur la souveraineté, presque jamais la notion d'indépendance totale et ne formule pas souvent les détails de ce que comprendrait éventuellement le concept d'association. Il a proposé récemment un projet de transferts de certaines compétences en faveur du Québec, mais il semble que ces revendications, suceptibles de provoquer des crises politiques, ne seront formulées formellement qu'une fois que le PQ aura accédé au pouvoir, ce qui peut bien ne pas se produire avant plusieurs années.

    L'Action démocratique, pour sa part se rabat sur la notion d'autonomie revendicative, mais ne fournit aucune ligne de combat ni aucune avancée politique ou économique qu'il considérerait comme essentielle à la poursuite des intérêts du Québec.

    Les Québecois, dans le sens que lui donne la résolution de la Chambre des communes, se retrouvent ainsi dans une espèce de limbes politiques, les canadiens-français du Québec et de partout ailleurs au Canada se voient souvent bien seuls à défendre leur existence comme groupes et à maintenir leur langue et leurs traditions. Et ils n'ont pas de porte-parole officiel qui prenne en permanence fait et cause pour leurs intérêts à la grandeur du Canada. Il me semble donc urgent de mobiliser les énergies des leaders nationalistes, où qu'ils se trouvent, afin de mettre en chantier le Canada des régions et des peuples. Ceci devrait se faire à trois. Trois peuples, trois partenaires, les Canadiens-anglais, les Québécois et les Autochtones qui s'associeraient en respectant la spécificité des partenaires dans ce nouvel arrangement qui prendrait la forme d'un Forum des nations dont le statut et le rôle confirmeraient l'égalité des partenaires dans cette nouvelle association.
    Il serait donc très intéressant qu'un parti politique propose dès maintenant une résolution qui demanderait à la Chambre des communes de reconnaître que les Autochtones, les Canadiens-anglais et les Québécois forment trois nations distinctes dans une Canada uni, et que les institutions devraient éventuellement refléter au mieux cette réalité. D'ailleurs, un des premiers projets, suivant l'adoption de cette résolution pourrait être de demander à ce nouveau "Forum des trois nations" de proposer une réforme du Sénat qui tiendrait compte de cette réalité que la Chambre des communes aurait reconnue.

    Il me semble qu'il y a dans ce projet un potentiel important de mobilisation des énergies et des leaders déterminés qui depuis trop longtemps se sont employées à formuler, chacun dans son secteur, des revendications qui sont sans doute encore d'actualité mais qui ont eu du mal à être reconnues comme légitimes parce que visiblement elles transcendent les frontières des Provinces et des Territoires de ce grand pays. Le Canada donnerait ainsi une réponse positive et stimulante aux questions qui se posent à l'ONU et au Comité des droits de la personne au sujet de la condition des Autochtones au Canada, et, en plus il donnerait un sens et une portée réelle à la reconnaissance des Québécois comme nation. Il il créerait une nouvelle dynamique politique qui marquera un très grand pas pour faire disparaître cette impression que le Canada sera toujours composé de "deux solitudes", avec une solitude plus isolée que l'autre.

  • Normand Carrier
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 06h39
    Le grand rêve de l'intelligentia canadienne pourrait se réaliser .......
    Il s'agit de lire plusieurs chroniqueurs , éditorialistes , économistes , intellectuels et penseurs du R.O.C. pour constater jusqu'a quel point ce désir de se passer du Québec et de ses récriminations est fort ! Pour eux les Québécois depuis Duplessis et tous partis confondus , ne sont que des revendicateurs qui ne sont jamais satisfaits car ils n'ont jamais accepté le concept de nation , de bilinguisme et de biculturalisme et notre différence les abhorre . Ils ne comprennent pas notre refus d'être une province comme les autres !
    SELON UN SONDAGE CROP effetué par André Pratte sur le fédéraliste , on y notait que 63% des Québécois étaient insatisfaits du fonctionnement du fédéralisme et de la facon dont le Québec était traité dans le Canada ....Cela fait apparaître une cassure profonde entre le Québec et le R.O.C. et ces deux solitudes sont au seuil d'une rupture.....Nous faisont face a une plus grande intolérance et la seule période ou le Québec y a trouvé son compte fut les quelques années ou Lester B. Pearson accepta un accroc constitutionnel en donnant la Caisse de dépot et placements et traita le Québec comme une nation distincte .
    TOUT les GRANDS CHANGEMENTS arrivent lors de conjoncture favorable et monsieur David a raison de le souligner et les meilleurs idées ne peuvent aboutir parfois sans une conjoncture favorable .....
    Normand Carrier

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 07h30
    La conjoncture
    Le Canada est à un tournant. S'il fallait que le Parti Conservateur soit majoritaire sans l'appui du Québec, c'est parce que Les Libéraux n'auront pas su avoir des gains sur le Bloc. En ce sens, ce sera une victoire pour le Bloc. Dans un tel scénario, M. Ignatieff sera remplacé et un nouveau chef se mettra en place. Le désintérêt des Québécois pour le Canada existe depuis longtemps. Ils se désintéressent de la monarchie et de d'autres choses. Le Canada est intéressant seulement s'il permet d'avoir une porte sur le monde, comme l'accord libre-échangiste. Si la porte se referme, l'intérêt du Canada s'étiolera encore plus.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 10 octobre 2009 11h18
    @Georges Paquet
    "Il serait donc très intéressant qu'un parti politique propose dès maintenant une résolution qui demanderait à la Chambre des communes de reconnaître que les Autochtones, les Canadiens-anglais et les Québécois forment trois nations distinctes dans une Canada uni, et que les institutions devraient éventuellement refléter au mieux cette réalité." (Georges Paquet)

    Bien d'accord avec vous sur ce prémisse!

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 11h59
    Un tournant, certes
    Oui, il y aura un tournant : le gouvernement d'Ottawa, conservateur ou libéral, passera de "What Quebec wants?" à" Shut up!" Et le Québec se retrouvera devant l'ultime alternative : disparaître en quémandant se donner sa souveraineté politique.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • roger montreal
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 12h55
    Quand les Québécois vont-ils se réveiller
    Depuis environ 40 ans, les LÉVESQUE PARISAU MORIN LANDRY MAROI ETC. Nous disent que le pouvoir du QUÉBEC diminu dans le CANADA. Quand les gens vont ils se réveiller, lorsque nous serons minoritaire dans le QUÉBEC,« il sera trop tard»
    roger montreal

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 14h05
    M. Roland Berger semble souhaiter un troisième referendum en 2017, et un quatrième en 2032.
    Si ce n'est pas celà, il faudrait demander à M. Berger ce qu'il propose.

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 15h37
    La conséquence de l'effritement de notre poids démographique
    Comme la langue Française devient de plus en plus marginale à l'extérieur du Québec, il ne faudra pas se surprendre de voir l'élimination du bilinguisme des institutions fédérales. Stephen Harper voulait s'y attaquer, alors attendez-vous à ce qu'il le fasse s'il devient majoritaire. Comme si ce n'était pas déjà le cas, le Canada sera un pays anglophone tout à fait assumé, avec une minorité récalcitrante. Nos fédéralistes auront beau accuser les souverainistes de tous les maux, faudra bien admettre que les prédictions les plus pessimistes se sont réalisées.
    Quand je pense au nombre de rendez-vous manqués de notre histoire, faudra admettre qu'on a couru après.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 18h50
    Parmi les occasions ratées dont parle Jean-François Trottier, il y a eu la Charte de Victoria de 1971.
    L'accord de Victoria de 1971 qui prenait la forme d'une Charte constitutionnelle selon laquelle le Québec aurait obtenu un droit de veto. Le Québec, croyant déjà détenir ce droit de veto, a refusé de signer cette Charte. Et c'est après ce droit de veto que que le Québec a courru jusqu'à ce que la cour sûprême déclare en 1981 qu'il n'avait jamais existé.
    Le premier ministre Robert Bourassa avait expliqué à l'époque que les éléments nationalistes de la population n'étaient pas d'accord avec cette Charte qui, entre autres, confirmait les droits linguistiques des minorités, qui donnait aux provinces un droit de regard sur la nomination des juges de la Cour suprême, qui déterminait le rôle et les pouvoirs du Gouverneur général...

  • Jean-François Trottier
    Abonné
    lundi 12 octobre 2009 11h13
    @Georges Paquet: Suite à ton email
    J'ai l'impression qu'on a manqué le fédéralisme que la souveraineté. Je considérais les référendums comme des occasions manquées mais Meetch, Victoria et Charlottetown le sont tout autant. À force de récriminations, on n'a choisi ni le fédéralisme, ni l'indépendance. Avec comme résultat qu'on se retrouve avec le pire. Le Canada se fait sans nous, et bientôt malgré nous.
    Certains mettront la faute sur le Bloc. Je signalerais qu'on a voté Libéral ou Conservateur pendant au moins un siècle. Si maintenant, on se réfugie dans un parti de minoritaires, les membres Québécois des grands partis fédéraux doivent assumer leur part de responsabilité.

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 12 octobre 2009 22h45
    À Jean-Francois Trottier. Vous avez raison. À trop chialer, on manque le train.
    Les Québécois, comme vous le dites ont voté libéral ou conservateur pendant des décennies, mais ils ont aussi voté PQ et Bloc tout aussi longtemps.

  • Chryst
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 15h02
    Michael Bliss voit juste
    Les prochaines élections seront différentes. Les nouvelles technologies feront la différence pour ceux qui les maîtriseront. Impossible de leurs résister.

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