Dupuis trouve justifiée l'utilisation d'un Taser contre un trisomique
Photo : Le Devoir
Le ministre Jacques Dupuis
Québec — Il est justifié que des policiers utilisent un pistolet à impulsion électrique contre une personne qui leur désobéit, même si celle-ci est trisomique. C'est ce que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a soutenu hier en Chambre lorsqu'il a été questionné au sujet d'un incident survenu le 6 août à Québec, dans un Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI).
Quatre policiers avaient alors choisi d'utiliser le pistolet à impulsion électrique Taser contre « Martin », un trisomique de 43 ans qui était en état de « désorganisation ». « Il y a une vérité toute simple, toute simple: quand on n'obtempère pas aux ordres d'un policier, on s'expose à un certain nombre de choses », a lancé Jacques Dupuis.
L'opposition péquiste s'est indignée des propos du ministre Dupuis. Le leader parlementaire Stéphane Bédard lui a demandé de « revenir sur sa déclaration voulant qu'au Québec, quand on [n'obtempère] pas, on est électrocuté? Franchement! C'est complètement fou ». La critique du PQ en matière de services sociaux, Danielle Doyer, qui a soulevé cette question en Chambre hier matin, s'est dite « sidérée par la réponse du ministre ». Pauline Marois a réclamé des excuses de la part du ministre. Invité dans les tribunes du Salon bleu hier, Marc Gourdeau, le père d'une trisomique habitant le même CRDI que « Martin », a qualifié ainsi la réponse du ministre: « Choqué? Je ne sais pas si c'est le bon mot. Ça m'a fait: "Il comprend-tu quelque chose? Il est complètement déconnecté de ce type de réalités-là, pour répondre une aberration pareille". Ce n'est pas choquant, ça me fait tomber à terre. »
Le ministre Dupuis, qui a répondu à toutes les questions hier matin, a toutefois précisé qu'il avait de la « compassion » pour les parents qui ont vécu cet événement, qu'il a qualifié de « triste ». Il a souligné ensuite que seules les personnes qui étaient sur le terrain peuvent « porter un jugement de valeur » sur l'opportunité d'utiliser cette arme ou non. À ses yeux, son gouvernement a fait les gestes nécessaires pour « baliser l'utilisation de cet instrument ». De toute façon, a-t-il précisé, le Taser n'est utilisé que « dans des cas exceptionnels », lorsque « la personne est dangereuse pour elle-même ou dangereuse pour les autres ».
Enquête ou non?
L'opposition a tenté de savoir s'il y avait eu enquête dans cette affaire ou s'il y aurait enquête, mais en vain. D'abord, lors de la période de questions, la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, est restée assise. On l'a entendue toutefois, de son siège, pourfendre l'opposition en lançant des « ça n'a pas de bon sens » hors micro. Plus tard, lors d'un débat de fin de séance, Mme Thériault a toutefois déclaré: « Si j'avais un enfant dans un CRDI qui vivait ce genre de situation, je me poserais de sérieuses questions. Les questions sont légitimes. » Elle n'a toutefois pas précisé si elle demanderait une enquête sur ce cas, et a même ajouté: « Je ne peux pas arriver, du jour au lendemain, dire: "Oui, non." Ce n'est pas ça. Je pense qu'il faut regarder plus loin parce que ce n'est pas sur un cas qu'on va régler le sort de tout le monde. »
Le Parti québécois, qui réclame un moratoire sur l'utilisation des pistolets à impulsion électrique depuis quelque temps, a précisé hier qu'il n'était pas contre « contre l'intervention des policiers pour appuyer, pour aider les intervenants ou les centres », mais plutôt « contre l'utilisation du Taser pour essayer de calmer ou de juguler une crise chez des gens qui sont en état de désorganisation ». Danielle Doyer ajoute que le Taser n'était probablement pas de mise puisque « Martin » était sous médication. La formation des policiers n'est pas suffisante, a-t-elle dit.
Pas le premier cas?
C'est dimanche, dans le journal Le Soleil, que Jeannine et Claude, les parents de « Martin », ont révélé ce qui était arrivé à leur fils. Ce ne serait peut-être pas le premier cas où le Taser aurait été utilisé dans des circonstances semblables. Marc Gourdeau, le père d'une trisomique, a soutenu hier que dans le réseau du CRDI, « ce n'est pas la première fois où c'est arrivé. J'ai eu connaissance d'un autre cas, qui se serait produit il y a à peu près un an, où le Taser aurait été utilisé sur un bénéficiaire du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec ». Au Service de police de Québec (SPQ), on a toutefois dit ignorer s'il y avait eu des précédents au cas de « Martin ».
Gino Lévesque, capitaine à la section des communications du SPQ, a expliqué au Devoir que dans le cas de « Martin », l'utilisation de deux décharges de Taser était « vraiment la meilleure option » compte tenu du niveau d'agressivité de « Martin ». Depuis « quelques mois », « Martin » avait eu plusieurs épisodes de « désorganisation » qui avaient conduit les responsables du CRDI à composer le 911 à « près d'une dizaine de reprises », a révélé M. Lévesque. « La négociation a souvent fonctionné » avec ce patient, mais lors de certaines interventions, il avait « causé des blessures » à des personnes présentes, a dit M. Lévesque en refusant de préciser s'il parlait de policiers. Le capitaine du SPQ a indiqué qu'il y a des « éléments au dossier » que la police « ne peut révéler pour préserver la vie privée », mais qui amèneraient plusieurs à comprendre pourquoi les policiers ont agi ainsi. L'intervention a fait l'objet d'un rapport, qui a conclu que l'utilisation de l'arme était « la meilleure option ».
Le 14 octobre, des policiers participeront à une table de concertation d'adaptation du système judiciaire afin d'éviter que ce genre d'événements se reproduise.
Quatre policiers avaient alors choisi d'utiliser le pistolet à impulsion électrique Taser contre « Martin », un trisomique de 43 ans qui était en état de « désorganisation ». « Il y a une vérité toute simple, toute simple: quand on n'obtempère pas aux ordres d'un policier, on s'expose à un certain nombre de choses », a lancé Jacques Dupuis.
L'opposition péquiste s'est indignée des propos du ministre Dupuis. Le leader parlementaire Stéphane Bédard lui a demandé de « revenir sur sa déclaration voulant qu'au Québec, quand on [n'obtempère] pas, on est électrocuté? Franchement! C'est complètement fou ». La critique du PQ en matière de services sociaux, Danielle Doyer, qui a soulevé cette question en Chambre hier matin, s'est dite « sidérée par la réponse du ministre ». Pauline Marois a réclamé des excuses de la part du ministre. Invité dans les tribunes du Salon bleu hier, Marc Gourdeau, le père d'une trisomique habitant le même CRDI que « Martin », a qualifié ainsi la réponse du ministre: « Choqué? Je ne sais pas si c'est le bon mot. Ça m'a fait: "Il comprend-tu quelque chose? Il est complètement déconnecté de ce type de réalités-là, pour répondre une aberration pareille". Ce n'est pas choquant, ça me fait tomber à terre. »
Le ministre Dupuis, qui a répondu à toutes les questions hier matin, a toutefois précisé qu'il avait de la « compassion » pour les parents qui ont vécu cet événement, qu'il a qualifié de « triste ». Il a souligné ensuite que seules les personnes qui étaient sur le terrain peuvent « porter un jugement de valeur » sur l'opportunité d'utiliser cette arme ou non. À ses yeux, son gouvernement a fait les gestes nécessaires pour « baliser l'utilisation de cet instrument ». De toute façon, a-t-il précisé, le Taser n'est utilisé que « dans des cas exceptionnels », lorsque « la personne est dangereuse pour elle-même ou dangereuse pour les autres ».
Enquête ou non?
L'opposition a tenté de savoir s'il y avait eu enquête dans cette affaire ou s'il y aurait enquête, mais en vain. D'abord, lors de la période de questions, la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, est restée assise. On l'a entendue toutefois, de son siège, pourfendre l'opposition en lançant des « ça n'a pas de bon sens » hors micro. Plus tard, lors d'un débat de fin de séance, Mme Thériault a toutefois déclaré: « Si j'avais un enfant dans un CRDI qui vivait ce genre de situation, je me poserais de sérieuses questions. Les questions sont légitimes. » Elle n'a toutefois pas précisé si elle demanderait une enquête sur ce cas, et a même ajouté: « Je ne peux pas arriver, du jour au lendemain, dire: "Oui, non." Ce n'est pas ça. Je pense qu'il faut regarder plus loin parce que ce n'est pas sur un cas qu'on va régler le sort de tout le monde. »
Le Parti québécois, qui réclame un moratoire sur l'utilisation des pistolets à impulsion électrique depuis quelque temps, a précisé hier qu'il n'était pas contre « contre l'intervention des policiers pour appuyer, pour aider les intervenants ou les centres », mais plutôt « contre l'utilisation du Taser pour essayer de calmer ou de juguler une crise chez des gens qui sont en état de désorganisation ». Danielle Doyer ajoute que le Taser n'était probablement pas de mise puisque « Martin » était sous médication. La formation des policiers n'est pas suffisante, a-t-elle dit.
Pas le premier cas?
C'est dimanche, dans le journal Le Soleil, que Jeannine et Claude, les parents de « Martin », ont révélé ce qui était arrivé à leur fils. Ce ne serait peut-être pas le premier cas où le Taser aurait été utilisé dans des circonstances semblables. Marc Gourdeau, le père d'une trisomique, a soutenu hier que dans le réseau du CRDI, « ce n'est pas la première fois où c'est arrivé. J'ai eu connaissance d'un autre cas, qui se serait produit il y a à peu près un an, où le Taser aurait été utilisé sur un bénéficiaire du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Québec ». Au Service de police de Québec (SPQ), on a toutefois dit ignorer s'il y avait eu des précédents au cas de « Martin ».
Gino Lévesque, capitaine à la section des communications du SPQ, a expliqué au Devoir que dans le cas de « Martin », l'utilisation de deux décharges de Taser était « vraiment la meilleure option » compte tenu du niveau d'agressivité de « Martin ». Depuis « quelques mois », « Martin » avait eu plusieurs épisodes de « désorganisation » qui avaient conduit les responsables du CRDI à composer le 911 à « près d'une dizaine de reprises », a révélé M. Lévesque. « La négociation a souvent fonctionné » avec ce patient, mais lors de certaines interventions, il avait « causé des blessures » à des personnes présentes, a dit M. Lévesque en refusant de préciser s'il parlait de policiers. Le capitaine du SPQ a indiqué qu'il y a des « éléments au dossier » que la police « ne peut révéler pour préserver la vie privée », mais qui amèneraient plusieurs à comprendre pourquoi les policiers ont agi ainsi. L'intervention a fait l'objet d'un rapport, qui a conclu que l'utilisation de l'arme était « la meilleure option ».
Le 14 octobre, des policiers participeront à une table de concertation d'adaptation du système judiciaire afin d'éviter que ce genre d'événements se reproduise.
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